LETTRE OUVERTE A MONSIEUR LE MAIRE DE VILLEJUIF

Monsieur le maire,

 

L’année 2019 est l’année du renouveau des instances de représentation du personnel. Après des élections professionnelles dont la CGT sort première organisation syndicale avec 76,6% des suffrages exprimés, nous avons pour ces 4 ans la lourde tâche de vous faire entendre les intérêts des agents de la collectivité.

Pour ce faire, nous devons, vous et nous, entretenir un dialogue social à la hauteur des besoins des agents de la ville et qui permette la mise en œuvre d’un service public répondant toujours mieux aux villejuifois.

Ce dialogue social ne peut exister si vous n’accordez pas les moyens aux représentants élus que nous sommes de rencontrer les agents qui œuvrent au quotidien pour le service public, de travailler avec notre administration les dossiers qui passent en Comité technique et si vous ne répondez jamais à nos sollicitations. Le projet de règlement intérieur que vous nous avez remis ne permettra pas d’atteindre cet objectif. Il trahit une volonté manifeste de museler la parole des agents. Vous ne pouvez tenir à l’écart les agents de cette ville alors que vous affirmez à ces mêmes agents que vous souhaitez une gestion du personnel bienveillante ou que 2019 sera l’année du bien-être au travail.

Où est la bienveillance quand sont mises en place des réorganisations de service sans concertation, mettant les agents aux pieds du mur ? Où est le bien-être au travail quand l’avenir est incertain, et que le sentiment d’injustice et d’aléatoire va croissant ?

Ces changements, si nécessaires soient-ils, sont annoncés comme des impératifs ne répondant à aucune nécessité de transparence ni de concertation, dans le mépris des procédures légales imposées par notre statut.

Nous sommes profondément attachés à la démocratie qui doit s’exercer au sein de notre collectivité, comme partout dans la société française. Associer à part égale chaque agent dans l’expression et l’analyse des évolutions des missions de nos services en vue d’offrir à la population un service public de qualité dans le respect des conditions de travail de chacun : tel doit être votre choix en matière de gestion du personnel. D’autant plus si vous souhaitez que chacun se sente bien dans son travail. Être acteur de l’organisation de son propre travail, est un facteur non négligeable des enjeux que vous avez annoncé vouloir atteindre lors de vos vœux aux personnels.

Jusqu’à présent les agents de cette ville, et nous-même élus du personnel sommes le plus fréquemment exclus de toutes les réflexions de réorganisation des services de la collectivité. Vous avez supprimé toute forme de consultation et/ou d’implication ce qui annihile toute réflexion collective.

Seul un petit groupe de personnes que vous avez choisi réfléchit et impose son analyse sans se soucier de la viabilité de son projet. Cette oligarchie que vous avez installée au mépris du plus grand nombre œuvre à son gré, comme si nous, les agents, qui sommes l’ossature de ce service public, n’étions pas capables d’apporter notre savoir-faire, notre expérience, notre réflexion. Cette forme de gestion, qu’on pourrait apparenter à une forme de totalitarisme, ne génère pas un ressenti de bienveillance et ne produit aucun bien-être.

Dans de nombreux secteurs de la collectivité, les agents viennent nous trouver pour s’en plaindre. C’est ce qui nous a poussés, entre autres facteurs, à émettre un préavis de grève pour le mois de Janvier. Encore une fois, en aucun cas nous ne sommes sollicités par des agents disant s’opposer à une réorganisation. Ils souhaitent simplement que leur parole, leur expérience, leurs savoirs faire et leur bon sens de gens de terrain soient pris en compte afin de pouvoir s’acquitter aux mieux du service au Villejuifois, et de permettre à votre politique d’être la plus efficace possible.

Monsieur le Maire, nous émettons le vœu pour cette nouvelle année que vous respectiez les agents de cette ville en prenant le temps de les écouter, de les impliquer, de les concerter et qu’ensemble nous puissions offrir un service public répondant aux besoins de nos concitoyens.

Nous prenons, pour notre part, la résolution d’être acteurs de tout changement qui améliorera le quotidien des agents et leur permettra de ressentir un bien-être au travail.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le maire, l’assurance de notre considération.

 

LES BONS VOEUX DU DIALOGUE SOCIAL

Au fait on vous a pas dit : en 2019, à moins d’une victoire majeure des gilets jaunes, ça va être pareil qu’en 2018 niveau dialogue social et prise en compte de la parole qui monte du bas vers le haut. Le haut, comme l’a démontré le président lors de ses voeux aux français, n’est pas très croc de la parole du bas. Et c’est pareil à la mairie de Villejuif…

Nous, on a eu la chance de rencontrer notre employeur peu de temps avant les congés de fin d’année. Il voulait nous féliciter de la victoire de la CGT aux élections professionnelles. En ces périodes de fêtes on a même naïvement  cru un temps qu’il nous convoquait à 16h pour péter les petits gâteaux et le champomy, mais non…

En fait c’était pour nous prévenir de ce que désormais, le règlement intérieur des instances (CT et CHSCT) serait modifié pour le mandat à venir : fin de la parité du comité technique (ce ne seront plus des conseillers municipaux qui siègeront pour l’employeur mais des représentants de l’administration), baisse du nombre d’heures que les représentants du personnel auront pour préparer les séances et informer les agents, raccourcissement du délai entre une convocation et la tenue d’une séance, possibilité pour l’administration de recourir  des experts sans l’accord préalable des représentants du personnel…

Le but annoncé : « fluidifier le processus du comité technique »…

Curieusement, cela se solde encore par une moindre prise en compte de la parole des agents, au sein même des seules instances où ils sont représentés.

Qui disait : « Le dialogue social c’est cause toujours, la dictature c’est ferme ta gueule » ?

Mais faut reconnaître dans le dialogue social, y a deux choses qui gênent : le dialogue et le social…

 

 

PETIT GUIDE DE SURVIE AU HARCÈLEMENT

On ne sait jamais, à toutes fins utiles :

  • Tenez un agenda à part où vous noterez les demandes contradictoires, les insultes, les menaces de votre harceleur. Ne faites pas confiance uniquement à votre mémoire.
  • Gardez tous ses écrits vers vous et toutes vos réponses. Notez les dates d’envoi et les intitulés des mails dans votre agenda.
  • Installez un enregistreur sur votre téléphone portable, et enregistrez les entretiens, systématiquement. Ça n’est pas recevable comme preuve au pénal, mais si les choses en viennent là, la police et/ou les instances administratives peuvent l’écouter. A Bobigny, c’est comme ça qu’une élue a obtenu la mise en examen d’un adjoint au maire – qui a ensuite été condamné pour violence en réunion.
  • Ne restez pas seul. Parlez en à vos collègues, parlez en au syndicat (de votre choix). Si un syndicat ne vous écoute pas, allez voir un autre syndicat.

Et surtout, surtout, n’oubliez pas : si on vous harcèle, ce n’est pas parce que vous êtes un mauvais professionnel, ou une mauvaise personne. C’est le harceleur, ou celui qui accepte de harceler sur ordre qui a un problème dans sa tête, pas vous. Vous, vous êtes une victime et c’est normal de vous sentir atteint, puisque quelqu’un exerce sur vous une forme de violence contre laquelle vous n’êtes pas en mesure de vous défendre seul, au quotidien. Gardez, autant que possible, chevillée à l’esprit la conscience de votre valeur professionnelle, et souvenez vous que vous n’êtes ni votre fonction, ni votre grade, ni votre mission, ni votre métier et qu’aucun harceleur, aucune brute, ne peut vous retirer ce que vous êtes.

Même en cas de faute, que ce soit dans le public ou le privé, vous conservez tous vos droits à un traitement mesuré et encadré par des règles et il est important de les faire valoir.

 

ET QUI FAIT LA VOIRIE ?

Les Villejuifois et les collègues l’auront remarqué : depuis plusieurs semaines, des camions de sociétés privées s’occupent à certaines heures de nettoyer les rues.

Cela, au détriment des collègues du service voirie qui voient leurs missions partir vers le privé, sans que cela aie jamais fait l’objet d’un passage en comité technique.

Encore un exemple de l’incurie du dialogue social à Villejuif : on ne fait même plus semblant…

Et passer des missions du service public au privé, ce n’est pas défendre les services publics !

 

EGALITE FEMME HOMME, C’EST PAS GAGNE…

Le rapport égalité femmes-hommes a été présenté lors du dernier conseil municipal… On en apprend des choses…

La problématique a été abordée lors de la présentation du Rapport sur l’Etat de la Collectivité, lors d’un précédent Comité Technique et au CHS CT du 12 novembre dernier.

Et c’est pas reluisant : l’écart salarial entre les hommes et les femmes se creuse à la mairie de Villejuif. On a beau nous expliquer que tout est normal, que c’est lié au départ en retraite de femmes cadres, et que donc ça va se corriger tout seul, cette explication est parfaitement incomplète – voire un peu hypocrite.

Les faits sont les suivants : femmes représentent 63,4 % des effectifs, mais surtout 86% des temps partiels et 71% des agents contractuels. Elles sont donc plus fréquemment sur des emplois précaires que leurs collègues masculins. Le personnel féminin constitue la très large majorité des maladies professionnelles (75%), mais continue d’être moins souvent bénéficiaire des promotions internes. Sur 3 directeurs généraux, une seule est une femme. Et sur l’ensemble des directeurs, il ne reste que deux femmes… Le plafond de verre est solidement accroché.

Et de fait, comme les salaires des « nouveaux » cadres est plutôt en augmentation, mais que ce sont majoritairement des hommes, il résulte que les hommes gagnent mieux leur vie en mairie de Villejuif que les femmes…

Et pourtant, dans la fonction publique le statut est garant que ces inégalités ne peuvent pas grandir. Le recours systématique aux contractuels et le RIFSEEP, avec sa part variable et sa prime au mérite, ne feront, à terme qu’empirer la situation. C’est l’une des raisons pour lesquelles la CGT a dénoncé ce nouveau régime indemnitaire et continuera à dénoncer le recours aux contractuels.

Et pendant ce temps là, si on s’en réfère aux statistiques et à la moyenne nationale, c’est comme les femmes travaillent pour rien depuis la mi-novembre, par rapport à leurs collègues hommes… Tout le monde trouve ça anormal, soit disant… Par contre, si les efforts pour atteindre une égalité salariale femmes-hommes continuent à ce rythme, la fracture devrait être réduite aux alentours de 2070…

Seules 15,86% des entreprises ont mis en place, depuis 2016 un plan pour favoriser l’égalité professionnelle. La loi les y oblige pourtant depuis trois ans. A la mairie de Villejuif, on attend toujours, et ce rapport n’a pas été présenté en propre aux instances : ces données étant contenues dans le Rapport sur l’Etat de la Collectivité, l’égalité femmes-hommes n’a pas été débattue comme un point à part entière… Sans doute parce que ce sujet n’est pas une priorité.

JE PEUX PAS J’AI RACLETTE

Les organisations syndicales UGICT-CGT et Ouvriers-Employés CGT proposent aux agents de la mairie de Villejuif, de partager un moment convivial autour d’une raclette.

VENDREDI 30 NOVEMBRE 2018 à partir de 12h
L’Union Locale de Villejuif
16 rue Jean-Jaurès
(Tarif de 4,50 € par personne)

CT : La dernière séance

Emotion ? Nostalgie ? C’était ce mardi 20 novembre la dernière séance du comité technique… Malheureusement, une fois de plus les irrégularités – et notamment l’absence des comptes rendus des séances précédentes – rendait caduque tous les débats. C’est donc par la déclaration ci-dessous que se conclut le mandat des actuels représentants du personnel qui seront remplacés après les prochaines élections professionnelles :

Mesdames et messieurs les représentants de l’employeur,

Mesdames et messieurs de l’administration,

Nous pouvons considérer que cette séance est une des dernières sinon la dernière avant le renouvellement des représentants du personnel  aux élections professionnelles le 6 décembre prochain.

Il nous semble juste de partager avec vous notre bilan de ces quatre années de mandat. Quatre années pendant lesquelles nous n’avons eu de cesse de réclamer le respect du règlement intérieur, règlement intérieur qui pour rappel, a été rédigé et validé à l’unanimité des deux collèges, le respect de la loi, le respect de cette instance, le respect des représentants du personnel, le respect des agents… Mais pour paraphraser un DGA de cette collectivité : « il est plus facile de contourner la loi que de la respecter. »

Pendant ces quatre ans, vous avez fait passer les représentants du personnel  pour des enfants un peu attardés, capricieux et surtout irresponsables.

Alors que nous avons toujours eu pour objectif d’avoir une contribution positive et constructive au bon fonctionnement et au développement de la collectivité, à améliorer les organisations, les processus et les méthodes de travail. Nous avons eu pour attache de créer un climat de travail humain, positif et ouvert, porteur de sens.  Nous avons essayé de redonner du sens au travail, de remettre du collectif, du respect, des lois, des cultures, de l’épanouissement, du lien social.

Mais nous nous sommes heurtés au dogme de l’employeur qui est que « le salarié est un coût qu’il faut réduire ». Puis très vite, la position s’est amplifiée par  votre vérité que les syndicats, les représentants du personnel, la loi, TOUS ne sont que parasites inutiles, à éliminer, malintentionnés et saboteurs. Alors vous avez démarré lentement mais surement, et toujours de votre plein gré, l’organisation de la dégradation des conditions de travail, la casse des agents, la casse du service public…

Vous avez accentué vos méthodes dont l’exécutrice de vos basses œuvres est la direction de la RH. Celle-ci porte et répand avec zèle vos souhaits de briser le syndicat, les représentants du personnel, les agents. De se débarrasser de ceux qui remettent en cause les méthodes inhumaines, les injonctions paradoxales, qui font preuve de liberté de pensée, qui défendent un ou une collègue, qui ne sont  pas contrôlable, qui manifestent une forme plus ou moins aigue de contestation, de résistance. En fait, tous les agents qui étaient là avant le changement de municipalité, avant 2014. Il faut les briser, leur couper la tête,  les pousser à partir d’eux-mêmes, les opprimer, les humilier…

La répression est accélérée et centralisée en une seule Direction. Par celle qui doit être au service des agents et de la collectivité, celle qui doit protéger et former, celle qui est  garante du respect de l’intégrité physique, émotionnelle et psychique des agents. La Direction RH maîtrise l’art de s’occuper de ceux qui ne servent pas les ambitions de l’employeur.

Toute résistance est vaine et se paiera au prix de la santé des agents. Nous avons pu voir l’explosion des burn-out, des troubles psychosomatiques, le développement du mal-être au travail, la démotivation, le désengagement des agents, le mort d’un agent et la tentative de suicide d’un autre

Vous souhaitez des agents atomisés, lobotomisés, serviles, vous souhaitez des syndicats faibles ou collabos.

Ces quatre années n’ont pas été au service du dialogue social, au service de l’amélioration de l’organisation et du fonctionnement des services de la collectivité.

Encore aujourd’hui vous en faîtes la démonstration en nous imposant cette séance de CT en pleine campagne électorale des élections professionnelles. Séance, Madame la présidente, que vous avez décidé de manière unilatérale et autoritaire d’ajouter au calendrier, séance dont la commission d’ordre du jour s’est encore une fois tenue sans les représentants du personnel qui en avaient demandé le report pour cause de grève nationale le 9 octobre dernier.

Séance pour laquelle nous n’avons aucun des comptes-rendus des séances précédentes à approuver et ce malgré notre demande écrite. Pour mémoire, l’Art.22  du décret du  30 mai 1985 stipule qu’ « Un procès-verbal est établi après chaque séance du CT. Il est signé par le Président du CT, contresigné par le secrétaire et le secrétaire adjoint et transmis dans un délai de 15 jours à compter de la date de la séance aux membres du CT. ».

Tout est organisé pour faire de cette instance une chambre d’enregistrement, vous ne souhaitez ni dialogue social ni débat ni démocratie, vous faîtes parce qu’il faut faire.

Votre prédécesseure avait au moins le mérite de faire semblant, elle était polie et répondait aux courriers que nous lui adressions, elle participait aux réunions préparatoires aux dossiers  complexes qui devaient passer en CT. Eh oui nous en sommes même venus à regretter le pipeautage et l’enfumage, pour dire la médiocrité dans laquelle vous arrivez à nous mettre madame la présidente.

Pour conclure, nous dénonçons la légitimité de cette séance et nous ne siègerons pas.

 

ELECTIONS PROFESSIONNELLES : IMMACULEE CONCEPTION…

Après le recours imposé au vote électronique, nous avons eu la bonne surprise de découvrir qu’un autre syndicat se présente contre la CGT aux élections professionnelles de la mairie de Villejuif…

Miracle en faveur de l’employeur ! Voici qu’apparaît par immaculée conception une liste CFTC (Confédération Française des Travailleurs Chrétiens).

Opération du saint esprit ? Génération spontanée ? Que nenni… Ceux qui cherchent une preuve de l’existence d’un être supérieur n’y verront peut être que du feu, mais ce sont des mains très familières qui ont façonné ce syndicat. Les mêmes mains que celles qui jour après jour cherchent à abattre les collègues qui tentent simplement de faire leur travail… Aussi nous n’avons pas été surpris de cette apparition, et n’avons pas signalé la chose au Pape François. A notre sens, ce n’est pas un miracle authentique.

Un nouveau syndicat ? Pourquoi pas ? Nous n’avons rien contre. Si c’est le souhait des collègues, nous ne craignons ni le débat d’idée, ni la confrontation dans les instances. Tant qu’il s’agit d’une organisation dont le but est de conquérir de nouveaux droits pour les travailleurs, nous sommes résolument favorables à toute forme d’expression syndicale.

Mais il s’agit là d’un syndicat « maison » et concocté dans le secret d’un cabinet sis au cœur de la mairie. Et quand on sait que certains de ceux qui sont sur la liste CFTC sont déjà venus nous trouver pour nous indiquer qu’il n’ont jamais fait acte de candidature, on peut légitimement douter de la sincérité de cette liste.

Et c’est dommage, parce que la sincérité, c’est ce qu’il y a de plus beau dans la CFTC…

Aussi, hier à 16h, fortes de ces doutes, nos déléguées de liste se sont rendues en RH pour vérifier les statuts de ce nouveau syndicat, ainsi que les actes de candidature des personnes inscrites sur la liste. Bien entendu, en dépit d’une attente patiente, aucun de ces documents n’a été produit par l’administration. Il faut croire que la multiplication des petits pains ne fonctionne pas avec les actes administratifs réglementaires.
En conséquence, nous avons produit un recours qui a été envoyé dans la foulée au tribunal administratif de Melun, pour dénoncer la sincérité de cette liste. Nous avons également écrit en urgence au préfet pour demander son intervention !

LE RECOURS AU VOTE ELECTRONIQUE

A la fin de cet été, les organisations syndicales CGT du personnel de la mairie de Villejuif, ont eu la stupéfaction de découvrir que le Maire avait décidé de recourir au vote électronique comme unique moyen de vote pour les élections professionnelles du 6 décembre 2018.

A notre grand regret et malgré nos nombreuses demandes, une seule réunion de préparation à ces élections s’était tenue le 26 mars 2018 à laquelle participait Mme Loudière, Adjointe au maire aux ressources Humaines,  et l’administration. Le sujet avait été abordé bien entendu mais très vite balayé car trop onéreux et le calendrier ne s’y prêtait pas.

Nous ne pouvions que nous en satisfaire car la CGT est bien entendu opposée au vote électronique depuis des années. Cette position est renforcée par le rapport du Conseil constitutionnel de juin 2007 qui reconnait que « l’intrusion des machines à voter (…) rend opaque ce qui était visible » et le rapport sénatorial de 2014 qui confirme dans ses analyses l’incapacité à concilier parfaitement la technique du vote électronique avec les principes fondamentaux de notre démocratie.

La municipalité a présenté le rapport sur le vote électronique au comité technique du 7 septembre dont le quorum était atteint pour tenir régulièrement la séance. Elle, seule, a décidé d’interrompre la séance et de convoquer à nouveau l’instance au 25 septembre, séance à laquelle nous avons pris connaissance d’un rapport complémentaire que l’administration avait omis de communiquer aux représentants du personnel. Ces derniers, ont répété leur position contre le vote électronique, déjà énoncée à la séance du 7 septembre. La municipalité a alors décidé de reconvoquer une troisième fois l’instance le 4 octobre. Nous n’en avons pas été surpris car nous avions vécu la même chose sur le changement du régime indemnitaire en novembre 2017. Nous savons pertinemment que lorsque la municipalité n’est pas à l’aise avec un rapport qu’elle présente, elle multiplie les erreurs juridiques. Nous ne pouvons que constater le gaspillage des deniers publics à financer toutes ces réunions. Il était inutile pour la municipalité de convoquer trois fois l’instance, la loi le précise pourtant que deux fois sont suffisantes pour récolter les avis de ses membres.

La CGT est un caillou dans la chaussure du maire. Elle l’empêche au quotidien de mener sa politique d’acharnement sur les employés de la mairie, il n’a de cesse depuis son arrivée en 2014 de vouloir se débarrasser du plus grand nombre d’employés présents avant 2014, sous n’importe quel prétexte. Les représentants du personnel, depuis 2015 dénoncent les méthodes de la municipalité qui visent à maltraiter le personnel, les menaçant, les intimidant, les mettant au placard, les rétrogradant, les humiliant, en mettant fin à leur contrat de travail à un mois de leur date sans aucun motif…

La CGT qui a fait plus de 70 % de participation aux dernières élections professionnelles de 2014, est un ennemi à abattre pour le maire de Villejuif. Car elle accompagne les agents, les soutient, les défend et surtout affiche les droits des agents. Ce qui est insupportable pour le maire qui ne souhaite qu’anéantir toute opposition, toute forme de débat contradictoire, de démocratie, de libre arbitre…

Après avoir menacé les agents de sanctions disciplinaires si ils se rendaient aux réunions syndicales, aujourd’hui le maire accentue sa campagne de dénigrement des syndicats CGT de la ville, il mise sur le recours au vote électronique. A quelle fin peut-on s’interroger alors que cela coûtera plus cher ? Ce que nous savons c’est qu’à ce jour, nous n’avons pas connaissance du choix du prestataire, de son nom et sa qualité, aucun retour de l’expertise pourtant obligatoire à mettre en oeuvre avant la mise en place du vote électronique ou encore de la formation de ces membres. Par contre le maire a refusé de signer un protocole pré-électoral définissant les moyens mis à disposition au personnel et à la CGT pour la campagne électorale. Nous savons que les professions de foi ne seront pas diffusées par courrier à chaque agent comme habituellement et que près de la moitié des agents n’ont pas d’ordinateur professionnel, et que ceux qui seront mis à disposition, seront placés à la Direction des ressources humaines !

Dans une ville où dire bonjour à son représentant du personnel est passible de sanction, aller voter pour l’organisation syndicale CGT sans aucune garantie de confidentialité, ne nous laisse pas augurer d’une forte mobilisation du personnel. Aujourd’hui « garder son emploi »est plus qu’une priorité et à Villejuif, et pour cela, il faut être prêt à mettre de côté sa liberté d’opinion et de pensée, ses droits de citoyen, pendant les heures de travail…