PRÉAVIS DE GREVE POUR LE MOIS DE JUILLET 2019

Monsieur le Maire,

 Vous voudrez bien prendre en compte ce nouveau préavis de grève.

En dépit de votre engagement à faire de l’année 2019 « l’année du bien être au travail », vous persistez à ne pas prendre en compte la parole des agents et des représentants du personnel.

Bien qu’ayant reçu le 28 mai dernier les agents du service entretien des écoles vous démontrez dans les paroles, les écrits et les actes que vous ne souhaitez ni écouter ce que les agents vous disent, ni honorer les engagements que vous prenez devant eux.

Vous avez par ailleurs refusé d’entendre les revendications en matière d’embauche, de mise au stage et de remplacement des agents.

Il est inacceptable que vous adoptiez lorsque vous nous recevez une posture d’écoute, voire de compréhension, que vous nous souteniez que vous comprenez les problèmes que nous rencontrons dans les services, et que dans le même temps vous diffusiez par voie de courriers aux parents d’élèves ou dans la tribune du VNV de propos calomnieux qui remettent en cause tant le droit de grève que la probité et l’intégrité des agents de cette ville.

Vous vous êtes engagé lors de la rencontre du 24 mai à ce que les personnels de l’association qui vient en soutien des agents  arrivent plus tôt. C’est le seul engagement qui soit tenu, mais cela ne résout en rien la situation du service. Vous vous étiez également engagé à ce que des embauches soient réalisées pour l’école Simon Veil, il a été annoncé aux agents que ça ne serait pas le cas et qu’il serait fait appel au privé, tant pour le gardiennage que pour l’entretien de cette nouvelle école.

Nous ne pouvons l’accepter. Nous ne pouvons continuer de tolérer ce double langage, et votre refus répété d’infléchir la politique que vous appliquez au personnel de cette ville et qui s’appuie sur trois ressorts :

  • Pratiquer à tout coût, notamment celui de la santé de vos agents, une politique de non remplacement des départs en retraite et de précarisation des personnels ;
  • Soutenir votre Directeur Général dans son entreprise violente et répressive de brimades et de coercition dont les seuls buts sont d’éteindre toute contestation et d’inciter au départ ou au silence les agents qui ont consacré leur carrière à cette collectivité ;
  • Ignorer systématiquement toute expression du syndicat majoritaire au sein de votre personnel au prétexte que celui-ci vous déplaît, et ainsi refuser d’écouter les agents de la ville.

Le service entretien des écoles est loin d’être le seul à être impacté par cette politique. L’obsession de la réorganisation avec des dossiers incomplets au comité technique et sans concertation des équipes génère dans tous les secteurs un mal-être grandissant, qui se traduit par de multiples saisines de nos syndicats et par un nombre accru de demandes de sanctions disciplinaires.

Cette augmentation n’est pas la preuve que le « management » du Directeur Général des Services fonctionne bien : c’est le contraire !

Par une culture de la sanction, de l’opacité des procédures, de l’entre-soi, de l’inégalité de traitement et du double langage, la direction générale place les agents de cette ville en porte-à-faux vis-à-vis des usagers et de leurs missions et engendre un climat de défiance, d’insécurité qui sera néfaste sur le long terme tant pour l’organisation du travail que pour la santé des agents et ultimement pour la continuité du service public !

Aussi, nos organisations restent disponibles pour toute négociation sur les revendications du personnel dans son ensemble :

  • La mise au stage des agents en CDD ou CDI,
  • le subventionnement du CASC,
  • une solution de stationnement pour une plus grande partie du personnel,
  • la suppression du CIA et l’augmentation globale de l’IFSE dans le cadre du RIFSEEP tant que celui-ci n’a pas été abrogé par l’état,
  • une meilleure prise en charge de la mutuelle,
  • la prise en charge d’une assurance prévoyance pour vos agents,
  • une meilleure participation à la restauration des agents,
  • le respect des prérogatives des instances de représentation du personnel,
  • une prise en compte réelle des maladies professionnelles et des accidents de service,
  • et surtout un terme à la politique de management par la terreur menée par votre direction générale.

Nous appelons les employés municipaux à des journée de mobilisation et de grève de  0 à 24 h pour les journées 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30 et 31 Juillet 2019 inclus.

Nous vous rappelons que le dernier alinéa de l’article L. 2512-2 du Code du travail est applicable à la Fonction Publique Territoriale et il impose aux parties à la grève (employeur et employés), de négocier pendant la durée du préavis. Ces parties ont 5 jours pour tenter de trouver une solution et éviter la grève.  Aussi, nous nous réservons le droit de recourir à tout moyen légal pour que vous soyez rappelé à cette obligation.

20190621 – Préavis de Grève Juillet

OPACITÉ DU CIA !

Le CIA (Complément Indemnitaire Annuel) a déjà trouvé son petit nom autour des machines à café et dans les bureaux de la mairie de Villejuif : « La prime des copains », ou encore le « Complément Indemnitaire pour les Amis »…

C’est ce qui arrive quand les choses sont faites en secret, sans transparence, sans communication (ou alors avec des communications tellement contradictoires). Du coup, on est repassé à l’ambiance de guerre froide (pour ne pas dire de Mac Carthysme) en mairie. Les agents se saluent en rigolant : « tu l’as eu toi ? Moi j’ai aucune chance de l’avoir… Par contre, untel, lui, il l’a eu… »

Ce sera pas faute d’avoir prévenu : la CGT avait refusé de se prononcer sur le dossier du RIFSEEP en comité technique justement à cause de son opacité (impossible d’y comprendre qui toucherait combien en fonction de quoi dans le rapport) et s’était prononcée contre un CIA (qui est clairement une prime au mérite à la tête du client, la porte ouverte à toutes les discriminations) mais en faveur d’une augmentation plus conséquente de tous les agents de la ville… Le CIA, applicable seulement à partir de cette année, en était absent et nous n’avons eu à ce sujet aucun dialogue en Comité Technique… Le dossier n’a même pas été présenté. Comme d’habitude…

Bilan des opérations : alors que monsieur le maire a entamé l’année en nous expliquant que ce serait celle du bien être au travail, le Directeur Général des Services provoque l’ire des agents en se vantant du nombre de sanctions qu’il a infligé depuis son arrivée, et la Direction des Ressources Humaines distribue des ballotins sans avoir expliqué les critères d’attribution, ce qui génère une méfiance de la grande majorité des agents contre leur employeur et la minorité de collègues qui a été gratifiée…

Nous, on ne sait pas qui évalue le bénéfice de ce genre de méthodes, mais on trouve qu’il serait temps de se pencher sur la question : est-ce que c’est véritablement en récompensant seulement ceux qui, du coup, sont considérés par tous les autres comme les meilleurs lèche-bottes, qu’on obtient une meilleure efficacité du service public ?

Pas sûr…

FORTE CHALEUR

Alors qu’une vague de chaleur s’installe en France, à partir de quelle température la loi vous autorise-t-elle à quitter votre poste de travail ?

Le code du travail ne prévoit pas de niveau précis de température vous permettant de quitter l’entreprise en cas de températures extérieures élevées. En revanche, certaines dispositions du code du travail, concernant la sécurité des salariés et la ventilation des locaux de travail, peuvent s’appliquer aux situations de forte chaleur.

Le code du travail ne prévoit pas de niveau précis de température vous permettant de quitter l’entreprise

D’une manière générale, l’employeur doit prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir la sécurité et protéger la santé des salariés. Cela implique qu’il évalue les risques professionnels, informe les salariés de ces risques et aménage les postes de travail en conséquence, y compris en fonction des changements de températures (art. L. 4121-1 du C. Trav.).

L’employeur doit veiller à ce que l’air soit renouvelé et ventilé de façon à éviter les élévations exagérées de température (art. R. 4222-1 du C. Trav.). Par ailleurs, quelle que soit la température, l’employeur a l’obligation de mettre de l’eau fraîche et potable à la disposition des salariés (art. R. 4225-2 du C. Trav.).

Dans le cas où les conditions de travail amènent les salariés à se désaltérer fréquemment, l’employeur doit prévoir une boisson non alcoolisée, en accès gratuit (art. R. 4225-3 du C. Trav.).

L’usage du droit de retrait

Par ailleurs, si un salarié a un motif raisonnable de penser qu’une situation présente un danger grave et imminent pour sa santé et celle des autres travailleurs, il peut utiliser ses droits d’alerte et de retrait (art. L. 4131-1 et suivants du C. Trav.). Une température excessive dans un local de travail, liée aux fortes températures extérieures et à l’absence de climatisation et de ventilation, peut éventuellement constituer une situation de danger, par exemple être source de malaises, notamment si le rythme de travail est intense. Cependant, en cas de litige, seul le juge pourra estimer la légitimité de l’exercice du droit de retrait.

En ce qui concerne la mairie de Villejuif, une Procédure Canicule a été validée lors de la séance commune du CT/CHSCT du 21 juin 2016 et est d’ores et déjà applicable.

Elle implique notamment :

Dès le déclenchement de l’alerte niveau 3, des horaires aménagés seront mis en place sous la responsabilité du chef de service et du directeur :

Dans les services ouverts à la population (affaires générales, État Civil, logement, Action Sociale, annexes mairies, médiathèque) les agents pourront bénéficier soit d’une heure de pause supplémentaire à organiser en fonction des besoins du service, soit de la mise en place de la journée en horaires continus de 8 h à 15 h.

Dans les services non ouverts au public (ateliers, DRH, direction des finances…) les horaires seront organisés dans une plage horaire continue de 8h-15h. Néanmoins une permanence par direction devra être assurée jusqu’à 18h. Au delà le gardien et l’astreinte prendront le relais.

Dans les services « prestataires d’activités » (CMS, accueils de loisirs, SMR, sports, jeunesse, culture…) ainsi que la DSIO et la Direction Générale, les horaires traditionnels seront maintenus sachant que ces services bénéficient ou seront équipés de systèmes de rafraichissement (brumisateurs, climatiseurs) ou d’adaptation de leurs activités à la température. Pour autant dans chacun de ces secteurs, une étude par unité de travail sera nécessaire puisque leurs activités sont situées dans plusieurs bâtiments.

Un dispositif de renfort sera organisé pour apporter un soutien spécifique par l’ensemble des services auprès du Service Municipal des Retraités en cas de besoin. Pour cela, une liste nominative des cadres et des référents canicule par service sera à disposition de la cellule de crise, chaque semaine, durant les mois de Juillet et Août.

Un rappel des consignes spécifiques à certains activités sera fait auprès des agents -déplacements limités, activités physiques réduites pendant les heures les plus chaudes) et chaque direction rédigera une fiche précisant les modalités de mis en œuvre de ses actions en tenant compte de ces recommandations. La nouvelle fiche « procédure canicule » permettra de faire un bilan annuel des mesures envisagées par unité de travail et de recenser les besoins matériels notamment. Ce bilan sera soumis pour avis au CHSCT.

Pour rappel, en cas de canicule, un certain nombre de règles sont à appliquer pour tous :

Maintenir le corps frais

  • Habits amples, légers, clairs Préférer le coton, qui laisse passer l’air et absorbe la transpiration
  • Boire régulièrement ans attendre d’avoir soif. De l’eau essentiellement, des fruits pressés éventuellement. Jamais d’alcool. Éviter sodas et autres boissons sucrées. Évitez les boisons à forte teneur en caféine (diurétiques)
  • Utilisation de ventilateur et brumisateur. L’usage simultané est le plus efficace : brumiser d’abord les parties découvertes puis ventiler les parties mouillées avec le ventilateur manuel. A répéter autant de fois qu’on le veut, dès qu’on est sec.
  • Utilisation répétée des douches fraîches (mais pas froides)
  • Si l’habitation ne peut pas être rafraîchie, prévoir de passer plusieurs heures par jour, chaque jour, dans un endroit frais, proche de son domicile et repéré à l’avance.
  • Dans tous les cas, respecter si possible l’heure de la sieste. Pendant les heures les plus chaudes, se reposer, dans un lieu frais.

Alimentation

  • Préférer les fruits et légumes crus et les plats froids.
  • Si une cuisson est nécessaire, opter pour celle qui peut être effectuée hors de toute surveillance afin de ne pas être en contact avec une source de chaleur (ex au four).

Limitez au maximum votre activité physique

  • Proscrire tout effort (sport, jardinage, bricolage),
  • Reporter ce qui est urgent aux heures fraîches,
  • Si une activité est obligatoire : jamais au soleil.
  • Mouiller son T shirt et sa casquette avant de les enfiler, les laisser sécher sur la peau et renouveler le procédé.
  • On peut aussi s’asperger d’eau, régulièrement, si l’on est obligé de travailler. Garder des relations sociales régulières
  • Appeler les membres de sa famille au téléphone
  • Demander l’aide de ses voisins
  • Proposer son aide aux plus fragiles : soyons solidaires face à une menace collective.

FONCTIONNAIRE, QUE FAIRE SI ON VOUS POSE DES QUESTIONS ?

De nombreux agents se renseignant auprès de nous pour savoir ce qu’ils doivent dire si la chambre régionale des comptes leur pose des questions, nous ne pouvons que leur répondre : Répondez de façon précise aux questions posées. Et surtout dites la vérité. » Et si jamais vous faites l’objet de pression de quelque nature que ce soit, informez-en immédiatement la Cour Régionale des Comptes qui vous interrogerait.

D’autant que l’article L241-5 du code des juridictions financières nous enseigne que :

La chambre régionale des comptes est habilitée à accéder à tous documents, données et traitements, de quelque nature que ce soit, relatifs à la gestion des collectivités publiques, des établissements publics et des autres organismes soumis à son contrôle ou nécessaires à l’exercice de ses attributions, et à se les faire communiquer.

Le fait de faire obstacle, de quelque façon que ce soit, à l’exercice des pouvoirs attribués aux magistrats et rapporteurs de la chambre régionale des comptes par le présent code est puni de 15 000 euros d’amende. Le ministère public près la chambre régionale des comptes peut saisir le parquet près la juridiction compétente en vue de déclencher l’action publique.

Il vaut toujours mieux répondre avec honnêteté, sans jugement, aux questions en notre qualité de fonctionnaire. C’est un devoir du fonctionnaire. Et l’employeur ne pourrait être fondé à le détourner de ce devoir sans être lui-même sanctionné.

 

GREVE DES CANTINES : LE MOT DE LA FAIM

Plus encore que par la concertation avec les agents d’entretien des écoles, le maire et sa direction générale ont répondu par une tribune politique dans le Villejuif Notre Ville aux agents des cantines. Et donc, ça se confirme : ceux qui pensaient qu’on était dans l’incompréhension avaient tort, c’est bien du mépris.

En étalant sur une demi page contre-vérités et sentences tendancieuses, l’employeur montre une nouvelle fois qu’il est incapable de recevoir la parole des agents. Dont acte.

Nous pourrions répondre point par point. Nous pourrions objecter que ça n’était pas « quelques dizaines d’agents », mais la quasi totalité des agents en charge des cantines. Nous pourrions redire que si les agents se sont mis en grève, c’est dans l’intérêt des enfants. Mais justement, tout cela nous l’avons déjà dit.

Alors à quoi bon ?

Le discours « officiel » de tribune ne trompe personne.

Les secrétaires généraux des syndicats et les agents qui étaient à la concertation avec le maire savent très bien ce qu’ils ont entendu et qui est en complet décalage avec le contenu de cette tribune infâme. Ils ont entendu un Directeur Général des Services et un Maire qui vantent le professionnalisme de leur interlocuteur, qui se disent conscients des écueils (au point qu’ils ont justement recruté de nouveaux cadres pour y remédier), qui sont prêts à prendre la souffrance physique des agents en compte, qui demandent plus de retours du terrain pour mieux répondre à ces difficultés…

Alors quel est le vrai visage de l’employeur ? Est-ce celui du bon papa qui nous offre des chocolats pour le Printemps ou celui du tribun calculateur qui jette ses agents à la vindicte populaire en dénonçant le fait qu’ils s’en sont « pris » à des enfants ?

Qui s’en est pris à des enfants ? Ceux qui laissent la situation pourrir dans les écoles ? Ou ceux qui dénoncent ce pourrissement et renoncent à une partie de leur salaire pour tenter de convaincre leur employeur de changer les choses ?

Nul ne détient la vérité, sans doute. Et la CGT n’entrera pas sur un terrain politique où, depuis le début du mandat, le maire veut l’amener. Ce confusionnisme est navrant. Nous devrions être dans le dialogue social et pas dans l’invective.

A chacun de décider, donc, quel est le vrai visage de qui.

 

 

 

4ème Information concernant le mouvement social des agents

Chers Parents et citoyens de Villejuif, chers enseignants, et chers directeurs d’école

Pendant la période du mois de mai, les agents d’entretien des écoles ont mené un mouvement de grève pour revendiquer de meilleures conditions de travail, un retour des effectifs à un niveau acceptable, et une prise en compte des spécificités de leur métier. À l’issue de ce mouvement, ils ont été reçus par le maire et le directeur général des services. Malheureusement, ce qu’ils ont obtenu n’est pas suffisant pour lever le préavis de grève, mais justifie de reprendre le travail, ne serait-ce que pour s’assurer que vos enfants, vos élèves, déjeunent dans de bonnes conditions :

  • Ni embauches, ni mise au stage des contractuels. Comme toujours, le fonctionnaire est stigmatisé et précarisé, soit disant moins efficace que les contractuels…
  • La fin de l’opacité des primes. Il n’en a même pas été question…
  • L’arrêt de l’intervention d’entreprises privées : elles interviendront prioritairement pour renforcer les équipes en sous effectifs et les travailleurs de l’association AEF qui intervenaient à partir de midi a été avancée.
  • Une réorganisation du service avec l’implication des personnels: De ce côté-là, c’est un succès, puisque les réunions de concertation impliquant un représentant de chaque école ont commencé au moment où vous lisez ce tract.

EN CONSÉQUENCE LES AGENTS ONT DÉCIDÉ MAJORITAIREMENT DE REPRENDRE LE TRAVAIL, SANS LEVÉE DU PRÉAVIS DE GRÉVE !

En effet, ces revendications concernaient également tous les autres services de la mairie de Villejuif : Les services d’entretien des écoles et la restauration scolaire ne sont que la partie visible de l’iceberg.

Par ailleurs, l’attitude de l’employeur lors de ce mouvement, qui a envoyé des agents pour suppléer aux grévistes plutôt que de négocier, et qui a ensuite récompensé les casseurs de grève en leur offrant un goûter au champagne a été scandaleuse ! Elle reflète le mépris du maire et de sa direction générale pour les agents !

Pourquoi y-a-t-il des volontaires quand les agents sont en grève, alors que c’est tous les jours qu’il manque du personnel ?

Dans tous les services, les personnels territoriaux alertent leur hiérarchie sur les sous effectifs, sur le manque de moyens techniques… Tous les jours, en ignorant les alertes de son personnel, c’est vous que le maire maltraite en premier lieu !

Ce modèle de gestion, avec une direction générale aux méthodes brutales, a déjà été mis en place dans d’autres collectivités, dont celle de Bobigny, avec des résultats désastreux pour le service public, la gestion financière de la ville et qui ont été signalés par la Chambre Régionale des Comptes, ce qui a débouché sur une enquête de police ! Les Villejuifois méritent mieux !

LE COMBAT DES AGENTS EST CELUI DU SERVICE PUBLIC ! C’EST LE VÔTRE !

 Aussi nous tenons à remercier les parents, directeurs, enseignants, Villejuifois, qui ont apporté leur soutien aux agents. Le peu que nous avons obtenu, nous l’avons obtenu ensemble, avec vous !

 Ensemble, nous pouvons tout obtenir !

 

LE PRÉAVIS N’EST PAS LEVÉ : L’ACTE SUIVANT SE PRÉPARE !

 MANIFESTATION POUR LA DÉFENSE DU SERVICE PUBLIC

ET POUR PLUS DE DÉMOCRATIE !

Mardi 11 juin à 18h00 devant la mairie

une manifestation est organisée par un collectif de défense des services publics (syndicats, gilets jaunes, parents d’élèves, associations…).

MANIFESTATION DES GILETS JAUNES EN SOUTIEN AU SERVICE PUBLIC

C’était sympa, cette manifestation en soutien des services publics (images du 27 mai 2019).

Elle était organisée conjointement par les Gilets Jaunes, plusieurs syndicats (territoriaux et enseignants) et les Associations de Parents d’élèves.

Il y en aura une autre bientôt, et nous invitons tous les Villejuifois qui veulent défendre le service public à nous rejoindre.

GREVE DES AGENTS DES ECOLES : LA RÉALITÉ EN FACE…

On a tenté de la jouer cool dans notre compte rendu de la rencontre des agents avec le maire.

Mais bon, des fois c’est dur…

Et ce qui a été particulièrement dur le vendredi 24 mai, quand nous avons été reçus par le maire et son DGS, c’est d’entendre une critique de tout ce qui se faisait avant (« cette ville a 20 ans de retard« ), de ceux qui travaillaient là avant (« on ne va pas faire le procès des absents, mais au moins avec nos nouveaux cadres tout va aller vite mieux…« ), et des partenaires avec lesquels les agents travaillent au quotidien (« les directeurs d’école sont de mauvaise foi« , « je connais des Atsem qui sont plus compétentes que certains instits« )…  Le DGS nous vante son opiniâtreté et sa grande tolérance pour tous les corps de métier : « J’ai fait l’armée, moi, ça ne me gêne pas de nettoyer la merde » (et c’est pour cela que ça ne le gêne pas d’aller faire des cantines le midi). Sans parler des chiffre qui nous ont été donnés sur « l’absentéisme » des fonctionnaires titulaires, opposé à celui des agents en CDD, qui étaient complètement faux.

Mais la réalité de la condition des agents, elle, est niée : il ne s’agit pas d’un problème organisationnel ou hiérarchique. Pas uniquement, au moins. Les agents sont en souffrance, comme ils l’expliquaient eux mêmes, et sont au bout du rouleau !

Par ailleurs, toutes les problématiques du type réorganisation sans concertation, non-prise en compte de la parole des agents, violence managériale, sont purement et simplement niées. Selon le directeur général des services, ça n’existe pas. Ou alors c’est normal. A minima, lui ça ne le choque pas. 

Par contre, il demande de la patience aux agents, même en souffrance : « On est pas dans un album d’Astérix. Je n’ai pas un gland magique. » 

En résumé, des agents sont venus simplement, avec des problèmes concrets, des question organisationnelles simples et se sont plaints d’un quotidien de plus en plus insupportable. Leur parole a été niée, pas juste remise en cause. La réalité est venue voir le maire en face, et il n’a pas été capable de la voir.

Les agents qui nous accompagnaient, eux, se sont pris une autre réalité en pleine face, derrière le déni, derrières les faux fuyants et les prétextes : ce que c’est que le mépris de classe…

D’ailleurs, c’est encore plus frappant quand on sait que les agents qui ont « suppléé » à l’absence des agents grévistes (certains diront « à ceux qui ont accepté d’aller casser la grève de leurs collègues ») ont été invités à un petit pot de remerciement au champagne, le mercredi 29 mai à 17h. Pas d’argent au quotidien pour embaucher assez de monde, mais suffisamment pour champagniser les chouchous, quand même…

En conséquence, le préavis de grève n’est pas levé, et il est fort possible que les grèves dans les cantines ce ne soit pas terminé : les agents ne demandent ni un Rambo, ni un gland magique, ni même du champagne. Juste de quoi travailler décemment pour que les enfants Villejuifois puissent fréquenter des écoles propres tous les jours de l’année.

 

GREVE DES AGENTS DES CANTINES : LA NEGOCIATION.

Vendredi 24 mai, à 17h, une délégation composée de représentants du personnel CGT et d’agents grévistes, a été reçue par monsieur le maire et son directeur général des services.

Nous vous livrons le texte qu’avaient écrit les agents pour se préparer à cette rencontre, et qu’ils ont lu à leur employeur :

Comment se fait-il que nous soyons en sous-effectif quasiment en permanence, alors que vous trouvez des volontaires pour se mobiliser « par solidarité » quand nous sommes en grève ? Ne méritons nous pas cette même solidarité ? Les enfants ne la méritent-ils que quand nous sommes en grève ?

Nous sommes 77. Il y en deux qui partent dans moins de trois mois. Il y en a six autres qui partent dans moins de trois ans.

Nous avons des agents qui ont des restrictions médicales à cause d’un travail intense et très physique. Il induit beaucoup de gestes répétitifs. Beaucoup d’entre nous sont usés, et prennent de l’âge. Nous donnons beaucoup de nos personnes, mais trop nous demander pour un service de qualité n’est pas possible. Nous ne refusons pas le travail, mais avec les effectifs qui baissent chaque année sur chaque école alors que le nombre d’élèves et la superficie des espaces à entretenir ne changent pas ou augmentent, comment continuer sur le même rythme ?

On demande également aux agents d’entretien de suppléer en cas d’absence du gardien. Ils ne sont pas formés sur ces postes, et ne connaissent pas les codes des alarmes, par exemple, ni l’alarme intrusion, ni les spécificités liées à l’application du plan vigipirate. Pourquoi les agents d’entretien doivent-ils être polyvalents, sans la moindre compensation ?

Avant il y avait deux responsables d’office par école. Il ne s’agit pas de postes d’encadrement, mais de postes d’exécutants. Cela induit une charge de travail supplémentaire pour la responsable d’office qui se répercute sur les agents d’entretien qui doivent l’assister après leur service. Ce n’est pas le même métier. Certains ne sont pas formés à la méthode HACCP. Cela se répercute sur le repas du midi, et sur le goûter qui doit être assuré par des agents d’entretien. Quand allons-nous retrouver notre deuxième responsable d’office ?

Certains agents ont des restrictions médicales qui ne sont pas prises en compte. Ils ne bénéficient pas d’aménagements de poste. Parfois, ils sont censés en bénéficier, mais n’en ont pas été informés par la Direction RH. Comment pouvez vous y remédier concrètement ?

Les « hommes de sol », le gros nettoyage, intervenaient sur les écoles. Ils ont de nouvelles missions et on nous demande de faire ce qu’ils faisaient avant. Avant, on choisissait le nombre d’agents par école en fonction de la superficie de l’école. Aujourd’hui on ne nous parle que des services à table et pas de l’entretien des écoles – donc pas de nos missions, dans leur multiplicité. La question de la mobilité entre différentes écoles pour suppléer aux manques ponctuels d’effectifs est un problème supplémentaire. On prend à Paul pour habiller Jacques.

Qui remplira les missions sur l’école Simone Weil ? Avez-vous l’intention de recourir au privé ? Quelle école allez-vous « déshabiller » pour remplir le réservoir ? Quand recrutez-vous ?

L’heure d’arrivée des AEF est trop proche de la prise de service et ne nous permet pas de leur donner les instructions nécessaires pour que leur aide soit efficiente. Pourquoi recourir aux AEF plutôt que de recruter ? Pourquoi les AEF ne peuvent-ils pas arriver plus tôt ?

Nous demandons le remplacement des agents qui sont reclassés et des agents qui partent en retraite ou sont en longue maladie.  Nous demandons la titularisation des gens qui sont en CDD depuis six ans dans certains cas.s

En quoi consiste le chronométrage dans les classes ?

Les interventions des cadres sont de plus en plus violentes, à l’emporte -pièce. Nous avons subi des menaces, des remarques insultantes et non justifiées. D’autant moins justifiées que nos difficultés ne sont jamais prises en compte, que nos restrictions médicales ne sont pas reconnues dans certains cas, et que nous sommes en sous effectifs, ce qui n’est pas de notre responsabilité.

Tous les corps de métier au-dessus des agents nous traitent par-dessus la jambe, se montrent hautains. Cela ajoute à notre mal être.

En réponse à ces alertes, monsieur le maire et le directeur général des services, après dix jours de grève, ont apporté les réponses suivantes :

  • Ils reconnaissent la dureté des conditions de travail et l’épuisement et l’usure des personnels d’entretien. Ils affirment y travailler le plus rapidement possible. Une réorganisation de toute la direction de l’éducation viendra y remédier. Elle commencera au mois de septembre et sera menée par les chefs de service. D’ici là, il demande aux agents de « tenir » et « d’être patients ».
  • Il n’y aura aucune titularisation, sinon au cas par cas.
  • Les AEF, travailleurs qui viennent en soutien des équipes en cas d’absence de deux agents (un AEF pour deux agents) arriveront à 11h30 au lieu de midi.
  • Il n’est pas question de revenir sur la polyvalence des agents d’entretien sur la cantine et les loges, même si les agents sont en difficulté sur ces missions.
  • Il n’y aura pas de recrutement, sauf pour la nouvelle école Simone Weil (qui commencera petit, avec très peu d’élèves). Il n’y aura plus de deuxième responsable d’office.
  • Rien ne bouge cet été sur le gros nettoyage, pas d’augmentation de la prime.
  • Une intervention plus importante de la société privée n’est pas prévue, mais elle pourrait être sollicitée pour soulager les agents…
  • Et le Maire accepte de réfléchir à l’échelonnement des retenues sur salaire des grévistes.

 

C’EST BIEN ENTENDU AUX AGENTS DE DÉCIDER DES SUITES À APPORTER À CETTE NÉGOCIATION AVEC L’EMPLOYEUR. ILS SE REUNIRONT RAPIDEMENT AFIN DE DECIDER DE LA SUITE DU MOUVEMENT !