COMMUNIQUE INTERSYNDICAL DES UNIONS REGIONALES D’ILE DE FRANCE

Les mobilisations de salariés, jeunes, retraités ou Gilets jaunes se poursuivent, s’inscrivent dans la durée malgré toutes les mesures répressives et liberticides prises par le pouvoir. Les revendications qui s’expriment sont légitimes, et c’est dans ce contexte que les Unions Régionales Île de France (URIF) CGT, FO, FSU, SOLIDAIRES, avec l’UNEF et l’UNL, ont contribué aux succès des manifestations et à la grève interprofessionnelle du 19 mars dernier.

Les URIF considèrent qu’en refusant de répondre aux exigences formulées par les organisations syndicales de salariés, par les jeunes qui ont marché pour le climat, par le mouvement des Gilets jaunes…, l’exécutif s’enferme dans une dérive autoritaire.

L’adoption de la loi dite « anticasseurs » au Parlement, l’interdiction de parcours de manifestations, le recours à l’armée en renfort des compagnies de CRS, la répression antisyndicale qui s’amplifie dans une série de secteurs, etc. ces mesures témoignent d’une escalade dangereuse pour la démocratie, d’ailleurs le Conseil Constitutionnel déclare non conforme les interdictions administratives de manifester : en ce sens, les URIF décident de s’engager dans la manifestation du samedi 13 avril pour la défense de la liberté de manifester, pour le retrait de la loi dite « anticasseurs » et des mesures liberticides.

Dans ce contexte, les conclusions du « grand débat national » n’ont pour unique objet que de chercher à imposer à marche forcée des reculs sociaux d’une gravité sans précédent, en particulier en matière de services publics et de retraites, ce qui confirme que nos confédérations et organisations nationales ont eu raison de ne pas y participer.

Alors que la population souhaite légitimement bénéficier de services publics de proximité, le gouvernement envisage de supprimer 120 000 emplois dans la fonction publique. Les URIF exigent le retrait du projet de loi de transformation de la fonction publique, matrice du plan « ma santé 2022 » dans les hôpitaux et du projet de loi Blanquer pour une « école de la confiance » dans l’éducation, véritable application de la loi El Khomri et des ordonnances Macron dans la Fonction publique. Elles appellent à la mobilisation Fonction publique du 9 mai.

S’agissant des retraites, les URIF rappellent qu’elles se sont prononcées depuis le début pour le maintien intégral des 42 régimes de retraite existants, contre tout système universel de retraite par points qui porte en germe – entre autres – la disparition de tout âge légal de départ à la retraite. De ce fait, et en réaction aux récentes annonces gouvernementales, les URIF affirment qu’elles sont opposées à tout recul de l’âge légal de départ à la retraite et exigent le maintien de notre système solidaire par répartition.

Les URIF appellent à renforcer dès maintenant les actions en cours, notamment la mobilisation qui prend de l’ampleur dans l’enseignement et qui a abouti au succès de la mobilisation du 30 mars et de la grève du 4 avril pour le retrait du projet de loi « Blanquer ». Les URIF appuient la manifestation appelée par 9 organisations syndicales de retraités, jeudi 11 avril, notamment pour la suppression de la hausse de la CSG et la revalorisation des pensions.

Les URIF confirment leurs revendications :

 

  • HAUSSE immédiate du SMIC à 1800€ – AUGMENTATION générale des salaires et des pensions
  • REVALORISATION immédiate du point d’indice pour les fonctionnaires
  • RÉINDEXATION des salaires, des pensions et des retraites sur le coût de la vie
  • HALTE à la répression policière – RETRAIT du projet de loi « anticasseurs »
  • RETRAIT du projet de loi de transformation de la fonction publique et du plan « ma santé 2022 »
  • ABROGATION des lois « Rebsamen », « El Khomri », « Macron » qui cassent le droit du travail
  • NON à l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiants étrangers, la sélection à l’Université
  • RETRAIT des reformes dans l’éducation : Bac, lycée, lycée pro et projet de loi « Blanquer »
  • RETOUR à la retraite à 60 ans et ABANDON de toute réforme de retraite par points

C’est sur ces bases que les URIF entendent préparer le 1er mai prochain.

RDV MANIFESTATION SAMEDI 13 AVRIL – 14H RÉPUBLIQUE

28 JUIN : MANIFESTATION INTERPROFESSIONNELLE ET INTERSYNDICALE

Réunies le 12 juin 2018, les organisations syndicales et de jeunesse CGT, FO, Unef, UNL et FIDL apportent leur soutien aux étudiants et aux travailleurs, actifs, chômeurs ou retraités, des secteurs public comme privé, mobilisés pour la défense de leurs droits et l’aboutissement de leurs revendications.

Ces luttes s’inscrivent dans la contestation de la politique idéologique menée par le gouvernement, y compris dans l’éducation en instaurant la sélection à l’université et laissant des milliers de lycéens sur le côté, en mettant fin au caractère national qu’est le baccalauréat, vecteur d’égalité.

La journée de mobilisation du 22 mai, menée à l’appel de l’ensemble des fédérations de fonctionnaires et avec la présence de toutes nos organisations, tout comme l’ensemble des actions menées dans le privé, constitue un signal fort.

Nos organisations saluent et soutiennent la lutte unitaire des Cheminots et réaffirment la nécessité d’un service public du ferroviaire.

Nos organisations s’inquiètent d’une remise en cause de notre modèle social et républicain et, ce, dans un contexte d’explosion des inégalités. La persistance de l’austérité entraîne des réductions drastiques de missions publiques et sociales et menace les services publics comme l’intégralité de la protection sociale. La modération salariale et plus largement la non-redistribution des richesses, ainsi que les choix fiscaux qui sont faits en faveur des riches, viennent réduire le pouvoir d’achat des travailleurs et aggrave la paupérisation.

Les politiques mises en œuvre relèvent d’une logique d’individualisation au prix de la casse des statuts et des droits collectifs à tous les niveaux, dès les études. Elles mettent à mal la solidarité et la justice sociale, valeurs essentielles de la cohésion sociale.

Nos organisations affirment que leur rôle est essentiel à la démocratie sociale, notamment au travers de la négociation et du paritarisme. Elles constituent un contrepoids plus que jamais nécessaire dans une société qui se fracture et où le social devient une « simple » variable d’ajustement budgétaire.

Face à cette situation et à des décisions régressives qui s’opposent aux demandes légitimes des travailleurs et de la jeunesse, l’heure est à la défense des valeurs essentielles comme notre modèle social. Les organisations syndicales et de jeunesse CGT, FO, Unef, UNL et FIDL s’engagent, dès à présent, dans la construction d’un rapport de force interprofessionnel.

Dans la perspective d’une mobilisation interprofessionnelle, avec la plus grande unité possible, elles invitent leurs structures fédérales, départementales et locales à se rencontrer et à faire de la journée du 28 juin 2018 une grande journée de revendications et de mobilisations en allant, notamment, à la rencontre des travailleurs et de la jeunesse. Des initiatives seront organisées partout sur le territoire.

Au-delà des signataires de ce communiqué, l’ensemble des organisations syndicales et de jeunesse est invité à se réunir dès fin août pour analyser la situation sociale et envisager les initiatives à prendre, dans le cadre d’une démarche unitaire la plus large possible.

Montreuil, le 13 juin 2018