1607 RAISONS DE DIRE NON A LA LOI DE TRANSFORMATION DE LA FONCTION PUBLIQUE

C’est un refrain connu : les fonctionnaires ne travailleraient pas assez… On l’entend à chaque fois que le débat des bud- gets publics revient sur la table : « Si la France est endettée, c’est parce que nous avons trop de fonctionnaires et qu’ils ne travaillent pas assez… » C’est bien évidemment un argument fallacieux des chiens de garde du libéralisme et du capitalisme, mais cette fois-ci, il a porté ses fruits : avec la loi de transformation de la fonction publique, votée le 6 Août 2019, c’est officiel : le temps de travail des fonctionnaires va augmenter.

Vous trouvez que vous avez trop de jours de congés, vous ?

Le maire de Villejuif s’est prononcé sur la question, ainsi que plusieurs maires du dé partement : il ne passera pas aux 1607 heures… à moins que le préfet ne l’y oblige. Les syndicats CGT ont eu l’occasion d’aborder cette question avec lui dès le mois de juillet 2020 et pour l’instant, sa position n’a pas changé… Mais il faut tout de même nous y préparer.

Concrètement, les 1607 heures ont déjà été mises en œuvre dans plusieurs mairies du département et cela se solde par une diminution des jours de congés, une augmentation du temps de travail (une demi-heure de plus par jour dans cer- taines mairies), compensé e souvent par une augmentation du nombre de RTT. Mais les RTT ne sont pas des jours de congés : si vous êtes absent (par exemple pour maladie) vous ne générez pas de RTT…

NOUS DEVONS NOUS MOBILISER CONTRE CETTE REMISE EN CAUSE DE NOS ACQUIS SI NOUS NE VOULONS PAS PERDRE DE JOURS DE CONGES ET TRAVAILLER PLUS SANS GAGNER PLUS !

L’exigence de la CGT :
ABROGATION DE LA LOI DE LA FONCTION PUBLIQUE !

 

20210909 – Tract 1607 heures

MARDI 15 JUIN 2021


POUR LES VAL-DE-MARNAIS :

RENDEZ-VOUS A 11H DEVANT LA PREFECTURE A CRETEIL
pour remettre les pétitions au préfet.

PUIS DIRECTION LA MANIFESTATION PARISIENNE
(après un rassemblement dès 12h) DEPART DE BERCY 
EN DIRECTION DE L’HOTEL DE VILLE

Contactez les 06 12 54 60 76 pour se donner rendez-vous pour un départ en commun du local syndical, soit pour Créteil, soit pour Bercy !

20210601 – Préavis de grève 15 juin 2021

 

En route pour les 32 heures !


Une des plus grandes conquêtes du début du XXe siècle a été la journée de 8h. 8h de travail, cela permettait 8h de repos et 8h pour la vie personnelle et aussi la vie citoyenne.

La durée légale de la journée de travail est ensuite passée à 39h en 1982 puis à 35h en 1998.

L’instauration des 35h a été cependant marquée par une intensification du travail, une aggravation de la flexibilité et la mise en place de l’annualisation du temps de travail.

Il existe ainsi de moins en moins d’horaires de travail collectifs et réguliers, à temps plein et fondés sur le décompte hebdomadaire de la durée du travail. La tendance à la réduction du temps de travail, toutefois moins observable pour les cadres, s’est accompagnée de multiples dispositifs de flexibilité permettant aux employeurs d’organiser la durée du travail de manière atypique (aménagement du temps de travail sur l’année, temps partiel, travail de nuit et dominical…). De plus, les créations d’emplois n’ont pas été d’un niveau suffisamment élevé à la mise en place des 35h, faute d’obligations imposées aux employeurs : l’hôpital public est un exemple criant en la matière, ce qui s’est traduit par une explosion des heures supplémentaires et la dégradation des conditions de travail.

Plus récemment, les encouragements au « travailler plus pour gagner plus » ont encore affaibli le repère collectif des 35h. Avec le télétravail, la frontière entre activité professionnelle et vie personnelle est devenue de moins en moins étanche.

Avec la loi de Transformation de la fonction publique (TPF), le gouvernement a pris la responsabilité de rouvrir le dossier du temps de travail de manière conflictuelle, en faisant des 1607 heures un plancher annuel obligatoire. Dans la Fonction publique territoriale, cela signifie la suppression de tous les accords passés avec un temps de travail inférieur à 1607 heures. La remise en cause de ces accords représente souvent entre 5 et 12 jours de congés supprimés !

Personne n’est dupe sur les intentions du gouvernement et de nombreux employeurs : l’augmentation du temps de travail avec le même effectif permet de supprimer des postes, de réaliser des économies, de faire baisser la masse salariale. Les personnels sont considérés comme une variable d’ajustement économique. À la clé,des cadences plus difficiles, une charge de travail croissante, une aggravation des risques psycho-sociaux.

La loi TFP n’entrave par contre en rien l’inflation des heures supplémentaires et ne prévoit aucun dispositif empêchant par exemple qu’une partie des millions d’heures supplémentaires travaillées dans la Fonction publique puisse n’être ni récupérée ni payée, comme on le constate à l’hôpital public ou au ministère de l’Intérieur.

Cette situation absurde appelle des mesures fortes pour créer les postes nécessaires et respecter les agents en augmentant leurs salaires afin qu’elles et ils ne soient plus contraint·e·s de s’épuiser au travail pour gagner leur vie sans avoir la garantie que tout leur travail supplémentaire soit reconnu !

La réduction du temps de travail est humainement nécessaire et économiquement possible.

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ASSEMBLEE GENERALE DU PERSONNEL : FAUDRAIT FAIRE COMME SI TOUT ALLAIT BIEN !

Rien ne va plus. C’est le triste constat que nous sommes contrains de faire après trois ans de règne de l’actuel exécutif. Cette fois ci, nous ne voyons pas comment réparer la confiance qui doit exister entre les agents et leur employeur. Entre silence et mensonge, non seulement aucune avancée n’a pu avoir lieu dans le dialogue social, mais maintenant, nous en sommes aux viles attaques et aux crises d’autoritarisme.

Les dernières réunions des instances, conseil municipal compris, révèlent que nous sommes entrés dans une nouvelle phase : avant on n’écoutait pas, maintenant on ne laisse plus parler ! Et ceux qui parlent, les représentants du personnel, ont été gravement attaqués déjà : mises au placard, refus de promotion interne, amputations de salaires, disparition même de l’organigramme de la ville ! On nous attaque pour mieux vous atteindre ensuite !

Un exemple : l’exécutif exige des gardiens d’effectuer 400 heures annuelles gratuitement pour justifier leur logement. Selon la directrice des ressources humaines, c’est le seul moyen de justifier une nécessité absolue de service. À côté de ça 2800 € de loyer sont pris en charge par la ville pour le logement du directeur général des services. 7 millions d’euros d’économie sur le budget de fonctionnement en 2016. Une centaine de poste a disparu. 93 postes sont restés inoccupés en 2016. Et c’est aux présents de compenser. Le personnel trinque, se précarise (20% de contractuels) et rien n’avance. Certains collègues voient leurs salaires amputés. Des primes disparaissent. Les processus d’avancement de grade et de promotion interne se réalisent dans l’opacité la plus totale. Les avis des instances ne sont suivis d’aucun effet. Les négociations avec les organisations syndicales n’ont rien donné depuis novembre 2015…

Les amputations de salaires dont nous avons tous été prévenus par mail le 22 mai ont touché une dizaine de collègues. Mais ça n’en restera pas là. Si pour l’instant, au prétexte fallacieux que le trésorier payeur aurait relevé une non-conformité dans une délibération de 2014, des collègues ont touché fin-mai un salaire diminué d’une partie, voire de la totalité de leur régime indemnitaire. Pourquoi ? La délibération ne prévoit pas l’existence sur la ville de Chargés de Mission et ceux-ci ont été ramenés par défaut sur un NR3. Du coup, certains perdent une partie de leur RI. D’autres en perdent la totalité, soit plus du tiers de leur salaire. Le tout sans le moindre écrit, sans arrêté… Le maire annonce qu’il s’agit d’une décision du Comptable Public. Mais c’est impossible. La libre administration des collectivités territoriales lui garantit de pouvoir anticiper et résoudre ce genre de problème sans difficulté majeure. Il y a eu deux séances du Conseil Municipal depuis le 22 mai. Il aurait suffi de compléter, avec l’accord du Comité Technique, la délibération défectueuse. Ça n’a pas été fait. Et pour ce qui est de contacter les organisations syndicales pour trouver une solution… Ni mail, ni courrier, ni coup de fil… Encore une fois : un effet d’annonce suivi de rien du tout.

Et nos collègues, qui continuent d’effectuer leur travail, avec un salaire diminué, sans perspective de solution, qui voient leur ancienneté, leur qualité, leur carrière remise en cause non seulement arbitrairement mais illégalement, de s’entendre dire : « Le comptable public a commencé par les catégories A de la filière administrative. Il regarde maintenant les autres filières, mais aussi les catégories B et C+ ».  La menace est émise : À Villejuif, on peut travailler pendant vingt, trente ans, et du jour au lendemain voir son salaire baissé sans que l’administration en fournisse le moindre justificatif ! Demain quoi ? Nos jours de congés ? Nos primes annuelles ?

Déjà les fonctionnaires ont été la bête à abattre de la période électorale. C’était au candidat qui en supprimerait le plus ! Aujourd’hui il n’y a plus de ministère de la fonction publique, ce qui augure d’une grave menace sur notre statut. Villejuif est précurseure : de nouveaux élus qui n’ont pas la notion de ce qu’ils ont besoin de bras pour réaliser leurs programmes sont aux manettes !

Comme par hasard, la moitié des agents concernés par cette première vague sont nos représentants ! Ce sont ceux qui disent le malaise de la collectivité au quotidien, qui sont en première ligne. En se cachant derrière le Comptable Public, l’exécutif espère pouvoir nous abattre en mode sniper les uns après les autres ! D’abord les A, puis tous les autres !

 

NOUS SOMMES TOUS CONCERNES !

Aussi nous appelons à une

ASSEMBLEE GENERALE DU PERSONNEL

Le Jeudi 22 juin 2017 de 13 h 30 à 15 h 30

Rassemblement à la Bourse du Travail

20170612 – tract AG Juin 2017

20170619 – tract AG Juin 2017 salaires amputés

Cinq arguments pour aller vers les 32 heures

32-heures travailler moins pour travailler tous

1) La réduction du temps de travail sauvera et créera des emplois
Contrairement aux idées reçues, la réduction du temps de travail est une réalité de longue date : entre 1970 et 2010, la durée réelle du temps travail est en baisse dans tous les pays de l’OCDE.
Les gains de productivité et les ruptures technologiques sont à l’origine de cette baisse de la durée réelle du temps de travail.
En période de crise comme lors des chocs pétroliers précédents ou encore des crises financières et économiques actuelles, la RTT est massivement utilisée : elle est imposée par le patronat et payée par les salariés au travers du chômage, de la précarité, des temps partiels et de l’utilisation massive du chômage partiel.
Le vrai débat se situe donc entre, d’une part, une RTT imposée aux salariés par le patronat, subie et payée par les salariés au travers du chômage et de la précarité et, d’autre part, une RTT choisie, encadrée par la loi et négociée par accords collectifs de branches et d’entreprises.

Les lois Aubry ont permis la création de 350 000 emplois directs, elles ont permis une période inédite de croissance, un niveau du dialogue social inégalé depuis et une réduction réelle du temps de travail à moins de 40 heures hebdomadaire. Les semaines de congés payés ont permis à des millions de familles de profiter de vacances et ont créé des millions d’emplois et une nouvelle industrie du tourisme et des loisirs. La retraite à 60 ans a permis à des millions de travailleurs de vivre une partie de leur vie en bonne santé, c’est un facteur indéniable de l’amélioration de l’espérance de vie, mais aussi un apport considérable pour le PIB du pays. A contrario, relever l’âge de la retraite laisse des millions de seniors au chômage et des millions de jeunes sans emploi.

Durant ces trente dernières années, aucun autre dispositif que les lois sur les 35 heures n’a permis la création d’emplois massifs combinée à la croissance et au dynamisme du dialogue social.
Mettre en place les 32 heures hebdomadaires c’est donc créer de l’emploi rapidement, massivement. C’est relancer la croissance, notamment par la consommation, en remettant dans le jeu des millions de personnes qui sont actuellement privés d’emploi, qui subissent le temps partiel et la précarité.
Le passage réel à 32 heures est potentiellement source de création de 4 millions d’emplois. Le financement du passage aux 32 heures pourrait être assuré, d’une part, par la réorientation des exonérations de cotisations sociales et des aides publiques évaluées aujourd’hui à 10 points de PIB et, d’autre part, par la dynamique de croissance qu’engendreront les créations d’emplois. Les ressources nouvelles seront apportées par les emplois créés, la résorption des inégalités salariales et de temps de travail entre femmes et hommes, la croissance, l’amélioration de la santé des travailleurs.

Réduire le temps de travail, c’est aussi anticiper les nouvelles ruptures technologiques comme l’arrivée massive du numérique dans nos économies et nos industries. Les analyses prospectives [1] démontrent que d’ici vingt ans, c’est plus de 42 % des métiers qui seront impactés par le numérique, l’automatisation et la robotisation. Après la casse de l’outil industriel et la suppression de milliers d’emplois d’ouvriers depuis le premier choc pétrolier, ce sont maintenant les emplois intermédiaires qui sont concernés, avec 3 millions pouvant être détruits d’ici à 2025. Le seul moyen de renouer avec les créations d’emploi est donc de lier la révolution numérique à une réduction massive du temps de travail, hebdomadaire et sur la vie toute entière.

Enfin l’impact sera européen, partant de la directive européenne, pour protéger la santé des travailleurs, mettre fin aux distorsions de concurrences sociales, une nouvelle directive réduisant le temps de travail devra voir le jour. Ce sera une des réponses aux politiques austéritaires et concurrentielles menées en Europe contre les travailleurs et les citoyens.

2) Mieux vivre et travailler mieux : concilier productivité, qualité du travail, santé et sécurité des travailleurs

Historiquement la RTT a été conquise pour permettre aux salariés d’être en meilleure santé et améliorer leur sécurité au travail
Ce fut le cas de la journée de 8 heures, de la semaine de 40 heures puis celle des 35 heures hebdomadaires. La directive sur le temps de travail à l’échelle européenne a d’abord été adoptée pour assurer aux travailleurs une meilleure santé et une meilleure sécurité face à leurs employeurs.
Les semaines de congés payés, les congés paternité et maternité, les temps de repos obligatoires, de récupération sont aussi des réponses pour améliorer la vie et protéger la santé des travailleurs face a leurs employeurs.

Pour cela, la nouvelle RTT que nous proposons, encadrée par la loi, doit s’accompagner de créations d’emplois et doit aussi prendre en compte une meilleure organisation du travail négociée avec les salariés et leurs syndicats dans les entreprises. La réduction du temps de travail ne doit pas se traduire par une hausse de l’intensification du travail, au contraire. Dans cet objectif, il est nécessaire de transformer le travail et son organisation pour permettre aux salariés d’avoir la possibilité de s’y épanouir. C’est en libérant la parole des salarié-e-s sur leur travail qu’on contribuera à éviter les dérives auxquelles nous avons assistées lors de la mise en place des 35 heures, comme dans les secteurs des services, de l’industrie ou des services publics comme le secteur hospitalier, par exemple.

Contrairement à ce que fait croire le patronat, l’augmentation de la productivité horaire est directement liée à la baisse du temps de travail.
Dans son rapport de 2013 [2] sur la prévention des maladies professionnelles, l’OIT a chiffré le coût du mal-travail à 4 points de PIB par an. Ce niveau est jugé sensiblement équivalent au sein de l’Union européenne, selon cette même étude. Agir pour préserver la santé des salariés est aussi efficace pour les comptes sociaux et sur le plan économique.

Selon l’INSEE, les 35 h sont à l’origine de gains de productivité de 4 à 5 % pour les entreprises. Suite aux 35 h, en 2004, la France se place au 2e rang mondial pour la productivité horaire du travail (devant les Etats-Unis, l’Allemagne, le Japon, le royaume Uni, l’Italie,…) et à 20 % au-dessus de la moyenne européenne.

3) Gagnez enfin l’effectivité des droits en matière d’égalité entre les femmes et les hommes, concilier la vie professionnelle et la vie privée

Le premier facteur d’inégalité Femmes/Hommes est le temps de travail :
• en matière de taux d’activité : Celui des femmes de 25-54 ans est inférieur de 10 points à celui des hommes ;
• en matière de sous-emploi et de temps de travail : près de 10 % sont en situation de sous-emploi, contre 4 % des hommes ;
• le nombre de femmes travaillant la nuit a doublé en vingt ans ;
• les tâches ménagères sont toujours assumées à 80 % par les femmes ;
• en matière de temps partiel : 30 % des femmes travaillent à temps partiel, 80 % des salariés à temps partiel sont des femmes ;
• la différence de temps de travail est donc la première cause des 27 % d’écarts salariaux entre hommes et femmes.
Les temps partiels enferment les femmes dans la précarité, avec des amplitudes horaires dignes de cadres supérieurs, mais des salaires inférieurs au seuil de pauvreté et n’ouvrant aucun droits sociaux. Les femmes subissent également des carrières discontinues, étant contraintes de s’arrêter pour élever les enfants ou pour prendre en charge les personnes âgées ou dépendantes. Ceci se répercute ensuite sur la retraite et explique l’essentiel des 40 % d’écart de pension entre hommes et femmes. Baisser le temps de travail, c’est mieux le partager et permettre aux femmes à temps partiel d’accéder enfin à un temps plein.

Dans une perspective de progrès pour toutes et tous, baisser le temps de travail hebdomadaire, annuel et sur la vie entière, c’est permettre à toutes et tous de travailler à temps plein tout en assumant sa parentalité.
L’enjeu est de permettre à toutes et tous d’articuler vie privée et vie professionnelle. Les pratiques managériales et la mauvaise utilisation des outils numériques, encouragées par les directions d’entreprises, conduisent à prolonger le lien de subordination du salarié au-delà de sa durée contractuelle. Cela porte atteinte à l’équilibre vie privée – vie professionnelle.
Les salarié-e-s adoptent des comportements pour préserver la qualité du travail, leur vie personnelle et leur santé afin de prévenir l’épuisement physiologique et psychologique lié aux modes d’organisation du travail. Le burn out, les suicides liés aux pratiques managériales, au mode d’organisation comme le lean, impactent désormais l’ensemble du salariat. La mode consiste à faire croire que tous les secteurs économiques doivent tourner 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Aux salariés de s’y adapter et d’y laisser leur vie familiale et leur santé.

4) La nouvelle RTT s’attaquera aux inégalités et à la précarité : RTT négociée et choisie par les salarié-e-s face à la RTT imposée par le patronat

En matière de RTT comme en matière salariale, les inégalités se sont creusées en France.
Si la durée légale du temps de travail en France est fixée à 35 heures hebdomadaires, la durée effective moyenne par salarié est de 39 heures et celle des travailleurs à temps partiel est de 23,5 heures. En 1983, 9 % des salariés étaient à temps partiel, ils ou plutôt elles représentent 20 % aujourd’hui.
En effet, huit salariés à temps partiel sur dix sont des femmes et neuf sur dix travaillent dans le tertiaire.
Or, 60 % des travailleurs à temps partiels subissent le temps partiel et souhaiteraient exercer leur activité à temps plein. En outre, plus d’un demi-million de salarié-e-s sont en intérim avec une durée moyenne de mission inférieure à deux semaines. En tout, ce sont 6 millions de personnes qui sont privées d’emploi sans aucune activité ou avec une activité réduite.

Nos propositions visent à permettre à des millions de salarié-e-s d’accéder à un temps plein à 32 heures, à résorber la précarité et les contrats courts subis, à permettre aux salariés de partir plus tôt en retraite pour cause de pénibilité et à prévenir celle-ci par des aménagements du temps de travail négociés. Enfin nous proposons de mieux encadrer l’utilisation de l’activité partielle, devenu un mode de gestion et d’optimisation pour les grandes entreprises.

5) Aujourd’hui, les salariés travaillent bien plus que 35 h

La durée réelle du travail en France est d’environ 36 heures hebdomadaires (temps plein et partiel inclus), nous nous situons au-dessus de l’Allemagne dans ce domaine. En réalité, elle est de 39 h 30 heures pour les temps pleins. Les cadres travaillent en moyenne 44 h 30 par semaine (et 46 h 30 pour ceux qui sont au forfait jours), les techniciens 42 h 30 par semaine. Ces chiffres sont sous-estimés, car nombreux sont les salariés qui effectuent des heures supplémentaires sans paiement ni récupération (les professions techniciennes disent que c’est le cas pour 50 % de leurs heures supplémentaires). Les technologies de l’information et de la communication amplifient ce phénomène et conduisent à une intensification du travail et à un brouillage des frontières entre vie privée et vie professionnelle. 75 % des cadres disent utiliser les outils numériques à des fins professionnelles en-dehors de leur lieu et temps de travail, on assiste ainsi à une explosion du travail au noir.
Ainsi, du fait du numérique et de l’assouplissement des 35 h avec l’augmentation des plafonds d’heures supplémentaires, on assiste à un mouvement d’augmentation du temps de travail, de la charge de travail et de l’intensification du travail des salariés à temps complet.

En France, pour les salariés à temps complet, l’essentiel de la baisse de la durée hebdomadaire s’est accompli entre 1966 et 1982. Elle est passée d’environ 45,5 heures à un alignement sur la durée légale, soit 40 puis 39 heures en 1982. Mais l’explosion des temps partiels et des contrats courts qui s’est généralisée dans tous les pays développés à partir des années 70 a contribué à une RTT imposée par le patronat et subie par les salariés.
Les meures européennes et nationales prises au nom de la compétitivité et des emplois visant à augmenter la durée légale du temps de travail, ou à la contourner pour y déroger, ont toutes abouti à l’échec : croissance atone voire déflation, explosion de la précarité, chômage de masse. Casser ce cycle austéritaire passe par une nouvelle RTT sans perte de salaires à l’échelle nationale et une nouvelle directive européenne baissant le temps de travail hebdomadaire.

Nous souhaitons un grand débat national et européen sur ces propositions à commencer par un état des lieux réel sur l’application de la directive européenne dans les pays de l’Union et sur l’impact de la RTT en France. Nous souhaitons que ce débat fasse la lumière sur les effets des politiques d’aides publiques et d’exonération de cotisations sociales depuis ces vingt dernières années, notamment leurs effets sur la recherche, la production industrielle, les exportations, l’impact sur les services publics, le financement de la protection sociale, la croissance, l’emploi et les salaires.

Quelles conséquences aussi sur les comptes publics et sociaux, sur la santé des travailleurs, des retraités, sur l’égalité entre les femmes et les hommes ? La CGT revendique ce débat national et européen car les raccourcis économiques et de compétitivité ont été trop souvent avancés par les politiques pro-actionnariales. Elles ont empêché ce débat et toute la lumière qui doit être faite sur les piètres résultats économiques et sociaux de ces politiques. Nous proposons de conduire ce débat avec les salariés et de construire avec eux les propositions pour conquérir cette revendication de progrès social qu’est la nouvelle réduction du temps de travail.

35 heures : cachez ce rapport que je ne saurais voir

Bonhomme 32 heures

Les 35 heures, les lois Aubry sont une question tellement polémique que la direction de l’Inspection Générale des Affaires Sociales a cru bon fin juin de censurer un rapport qui infirme bon nombre d’âneries assénées depuis des lustres par les gouvernements de tous bords et les libéraux les plus décomplexés. Du coup, ce rapport n’a pas été transmis au gouvernement qui se trouve opportunément délivré d’un sujet de fâcherie avec Pierre Gattaz.
Il est vrai qu’il est plus simple pour Manuel Valls d’aller déclarer sa flamme aux universités d’été du Medef que d’aller y défendre les lois Aubry. Mais cette censure n’a pas été du goût des inspecteurs de l’Igas dont certains ont choisi de faire fuiter ce rapport qui apporte enfin une réponse sur le nombre d’emplois créés par les lois Aubry. Les inspecteurs de l’Igas les chiffrent à 350 000 en quatre ans (1998-2002) et commentent : «Les arguments avancés pour contester ces créations d’emploi apparaissent fragiles. […] S’agissant de l’effet négatif des lois Aubry sur la compétitivité, aucun élément ne permet de confirmer cette affirmation.» Voilà donc un pavé dans le jardin de Pierre Gattaz et un argument décisif pour engager une réflexion pour aller au-delà des 35 heures vers une RTT à 32 heures que préconisent la CGT…et l’Igas. La première proposition de ce rapport est en effet de mettre en place les 32h au volontariat dans les entreprises, en les finançant avec un redéploiement de 3% du montant du pacte de responsabilité. Ce rapport, à la suite du rapport parlementaire rendu fin 2015, démontre que des centaines de milliers d’emplois ont été créés entre 1998 et 2002 grâce aux 35 heures, ce qui justifie une nouvelle réduction du temps de travail pour créer davantage d’emplois.

On peut imaginer pourquoi ce document de 105 pages, est embarrassant. Il relance en effet le débat sur la RTT alors même que l’exécutif vient de tordre le bras de la représentation nationale afin d’imposer un texte, la loi Travail, qui va justement permettre de déroger par accord d’entreprise aux règles sur le temps de travail. Les inspecteurs de l’Igas enfoncent le clou en affirmant que «les politiques de réduction de la durée légale du travail permettent de créer, au moins à court terme, de l’emploi à condition de respecter des conditions strictes». Plusieurs recommandations des inspecteurs, qui n’ont pas signé nommément leur rapport en raison de son caractère «polémique», laissent penser que l’emploi se porterait mieux si l’on favorisait la réduction du temps de travail. Et notamment l’emploi des cadres… au sujet desquels les inspecteurs de l’Igas recommandent la mise en place d’accords permettant de ramener la durée de travail maximale des cadres à 44 heures par semaine assortie d’une aide de l’Etat contre la promesse d’embauches de cadres.

Voilà qui devrait nourrir les débats avec nos collègues dès cette rentrée. Mais en attendant, savourez donc, si ce n’est pas encore fait, les congés payés dont nous pouvons célébrer les 80 ans. Vous avez le droit de déconnecter, la Lettre prend ses quartiers d’été.

Article paru sur le site de l’UGICT

Travailler toutes, travailler tous, travailler mieux et travailler moins !

cropped-cgt_icone512.pngLa CGT a lancé, ce mardi 13 octobre 2015, une grande campagne en faveur de la réduction du temps de travail à 32 heures. Elle a présenté, en conférence de presse, ses cinq arguments en faveur de l’abaissement de la RTT et propose une mise en débat avec les salariés.

De nombreuses initiatives jalonneront la campagne, à commencé le 26 novembre prochain. Une journée d’études sera organisée avec l’Union générale des ingénieurs, cadres et techniciens de la CGT sur la RTT et le numérique. Le 3 décembre, la CGT fera un bilan des 35 heures, de leur mise en œuvre avec celles et ceux qui les ont négociées. Et tout au long du premier semestre 2016, des initiatives seront organisées (actions de formations, journées d’études,etc).

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