Préavis de grève de 0 h à 24 h pour les journées du 3, 5 et 8 mars 2020

Source : Fédération CGT des Services Pubics.

Madame et Messieurs les Ministres,

À l’occasion de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes, nous appelons les salarié.e.s et agents territoriaux à se mobiliser pour que les questions d’égalité femme-homme dans la société et au travail soient une priorité, tant dans le secteur public que dans le privé, considérant que la lutte collective contre les inégalités, les stéréotypes sexistes et les discriminations subis par les femmes sont l’affaire de toute la CGT !

Pour les femmes, de fortes inégalités existent dans l’emploi et l’insertion professionnelle, au travail et après, devant la retraite. L’écart salarial moyen stagne autour de 25 %. Dans la Fonction publique territoriale, les femmes perçoivent en rémunération nette moyenne 8,3% de moins que les hommes. Exiger cette égalité salariale, c’est 6 milliards d’euros de cotisation pour les caisses de retraite, et cela permettrait à une majorité de femmes d’acquérir une autonomie, en les sortant de la dépendance financière de leur conjoint.

Alors que depuis plus de 30 ans, elles sont plus diplômées que les hommes, 48 % des femmes occupant un emploi sont cantonnées dans quatre secteurs d’activité : la santé et les services sociaux, l’éducation, l’administration publique et le commerce de détail, dont les qualifications ne sont pas reconnues. À qualifications égales, les inégalités salariales persistent.

De plus, avec la loi de « transformation de la Fonction publique », le gouvernement aggrave les inégalités entre les femmes et les hommes, avec notamment plus de précarité et de flexibilité, mais également du fait de la fusion des instances représentatives du personnel une régression de la prise en charge par les CHSCT des problématiques de santé, de sécurité et de conditions de travail, dont les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes. Les femmes sont les premières victimes des politiques d’austérité et de dérèglement du droit du travail et elles seront les grandes perdantes de votre contre-réforme des retraites en cours.

La lutte pour l’égalité professionnelle constitue donc un levier de premier plan pour parvenir à une égalité réelle entre les femmes et les hommes, et, l’urgence à obtenir l’égalité est toujours là.
La Fédération CGT des Services publics a des propositions pour que l’égalité entre les femmes et les hommes soit une réalité :
-  une loi spécifique
-  la revalorisation des grilles rémunérations des métiers à prédominance féminine afin d’accéder à l’égalité salariale et la reconnaissance des qualifications ;
-  la titularisation des contractuel-le-s ;
-  la reconnaissance de la catégorie active pour les professions à prédominance féminine dont la pénibilité est incontestable ;
-  la suppression des ratios promus promouvables pour l’accession aux grades supérieurs (pouvant être la conséquence des temps partiels, des congés maternité) ;
-  la sauvegarde et le développement de notre système de protection sociale et de retraite, et le retrait du projet de système par points voulu par le gouvernement ;
-  l’abrogation de la loi dite de « transformation de la Fonction publique » ;
-  la revalorisation des pensions de retraite pour tous, notamment pour les femmes qui subissent le blocage de leur carrière et des bas salaires dans des métiers pénibles et peu reconnus.
-  l’arrêt de tout processus d’augmentation du temps de travail et sa réduction à 32h par semaine ;
-  un budget dédié pour la revalorisation des filières à prédominance féminine ;
-  des mesures contraignantes pour les employeurs avec une obligation de résultat sur la suppression des écarts de rémunération et des inégalités.

Il est urgent de mettre en place un vrai plan d’action avec des moyens pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles au travail comme dans la vie.

Afin de permettre aux personnels de notre champ fédéral de participer aux initiatives de mobilisation qui seront organisées, la Fédération CGT des Services publics dépose un préavis de grève de 0 à 24 h pour les journées du 3, 5 et 8 mars 2020, couvrant l’ensemble des agents de la Fonction publique territoriale et les salariés relevant de la partie privée de notre champ fédéral (entreprises de l’eau et de l’assainissement, thanatologie, secteur privé du logement social).

Notre organisation reste disponible pour toute négociation sur les revendications des personnels.

Nous vous adressons, Madame et Messieurs les Ministres, nos sincères salutations.

Pour la Fédération CGT des Services publics
Natacha POMMET,
Secrétaire générale


Préavis adressé le 24 février à :
• Mme Muriel PENICAUD, Ministre du Travail
• M. Gérald DARMANIN, Ministre de l’Action et des Comptes publics
• M. Olivier DUSSOPT, Secrétaire d’État chargé de la Fonction publique


UNE MANIFESTATION EST ORGANISEE LE 7 MARS A 11h A VILLEJUIF.

#8mars15h40 : Soyons les grandes gagnantes ! Tou-te-s dans la rue !

En ce 8 mars 2020, journée internationale de lutte pour les droits des femmes, marchons tou·te·s pour exiger l’égalité femmes-hommes et le retrait de la réforme des retraites.

 

 

Une réforme des retraites sexiste.

Contrairement à ce que prétend le gouvernement, les femmes sont les grandes perdantes de la réforme des retraites :

•   les 2 annuités de cotisation par enfant (et un an dans le public) dont bénéficient les mères seront supprimées ;

  • la pension de réversion, dont les bénéficiaires sont à 90% des femmes, ne sera plus accessible en cas de divorce ;
  • la prise en compte de toute la carrière au lieu des 25 meilleures années (et des 6 derniers mois dans le public) ne permettra plus de neutraliser les périodes de temps partiels, ou d’interruption pour s’occuper des proches ;
  • 400 000 femmes fonctionnaires (aides-soignantes, infirmières, sages-femmes…) perdront la « catégorie active » et la reconnaissance de la pénibilité. Alors qu’elles peuvent partir à compter de 57 ans aujourd’hui, elles devront attendre 62 ans ;
  • il faudra travailler toujours plus longtemps, ce qui est particulièrement défavorable aux femmes qui sont déjà aujourd’hui 40 % à partir avec une carrière incomplète.

Pour que les femmes soient les grandes gagnantes, nous voulons au contraire :

1.            Sanctionner les employeurs qui discriminent.

Mettre fin au 26 % d’écart de salaire entre les femmes et les hommes permettrait d’augmenter de 6,5 milliards par an les cotisations versées à notre régime de retraite par répartition.                  Pour ce faire, il faut réviser en profondeur l’index égalité salariale et sanctionner enfin les entre- prises qui discriminent ! En Île-de-France, plus de 8 entreprises sur 10 n’ont pas mis en place de plan pour réduire les écarts de salaires entre les femmes et les hommes malgré l’obligation de la loi.

Changeons cela !

2.          Lutter contre la précarité et les temps partiels subis.

80 % des salarié·e·s à temps partiel sont des femmes, avec des salaires souvent en dessous du seuil de pauvreté et une flexibilité maximum (travail de nuit, le dimanche, horaires variables, amplitudes horaires énormes). Il faut instaurer un droit automatique au passage à temps plein, instaurer une surcotisation patronale sur les emplois à temps partiel de moins de 24 heures par semaine, majorer toutes les heures complémentaires à 25 % et 50 % et rémunérer les temps de trajet entre deux

3.            Revaloriser les métiers à prédominance féminine.

Les femmes sont concentrées dans les métiers du soin, des services, de l’éducation, du social… dans lesquels les salaires sont les plus faibles. Comment expliquer qu’à l’embauche une sage-femme soit rémunérée 400 € de moins qu’un ingénieur hospitalier, alors qu’il s’agit du même niveau de qualification (bac + 5), de responsabilité et de charge physique et nerveuse ? Les qualifications doivent être reconnues et rémunérées. Les conditions de travail doivent être améliorées et la pénibilité reconnue.

4.            Prévenir les violences sexistes et sexuelles et protéger les victimes.

La CGT, avec la Confédération syndicale internationale, a gagné l’adoption en juin dernier de la première convention internationale contre les violences et le harcèlement au travail ! Cette convention OIT doit maintenant être ratifiée par la France. Il est urgent de mettre en place des mesures de protection des victimes et de prévention des violences

sur tous les lieux de travail, par exemple : la sanction de tous les employeurs qui n’ont pas de plan de prévention des violences, un droit à congé et à mobilité géographique ou fonctionnelle et l’interdiction du licenciement des victimes de violences conjugales, la sensibilisation de tou·te·s les salarié·e·s sur les violences et la formation de tou·te·s les professionnel·le·s…

5.            Des droits pour la maternité et la parentalité.

La maternité n’est toujours pas acceptée au travail. Pour permettre à toutes et tous d’avoir des enfants et une carrière professionnelle, nous proposons de réduire le temps de travail, d’allonger et rendre obligatoire le congé paternité, d’allonger le congé maternité et de protéger les femmes enceintes au travail. Il est urgent de mettre en place un service public de prise en charge de la petite enfance et des personnes âgées dépendantes pour permettre à toutes les familles d’avoir une prise en charge abordable et améliorer la qualité de l’emploi dans ces secteurs précarisés… et féminisés.

#8mars, marche des #grandesgagnantes, un appel unitaire féministe des syndicats et associations.

 

Pour plus d’informations, rendez-vous sur egalite-professionnelle.cgt.fr

 

Autour du 8 mars, agissons sur nos lieux de travail pour exiger l’égalité professionnelle et la fin des violences. Arrêtons-nous à 15 h 40, heure à laquelle chaque jour les femmes arrêtent d’être payées.

 Portons tou·te·s un foulard violet !

 

Marche des grandes gagnantes

Dimanche 8 mars 2020

14h00 – place d’Italie vers République

(Pique-nique à 12h00)

On ne bat pas en retraite !

Avec l’appel de l’intersyndicale CGT, FO, SOLIDAIRES, FSU, UNEF, UNL, FIDL et MNL, la journée de mobilisation interprofessionnelle de ce jeudi 20 février a encore fortement mobilisé.

Des cortèges colorés, dynamiques et intergénérationnels, avec des slogans et des airs de musique engagés qui ont donné la pêche à plusieurs centaines de milliers de manifestants – dont beaucoup de grévistes – ont rassemblé sur plus de 200 lieux de manifestation partout sur le territoire. Pour exemple, l’usine Arquema, dans les Pyrénées-Atlantiques, est totalement fermée avec l’ensemble des salariés en grève.
Encore une étape de franchie pour gagner le retrait de ce projet de loi sur les retraites !
Il faut rajouter à ces manifestations de nouvelles initiatives originales, un peu partout en métropole comme dans les DOM TOM. Toujours plus rassembleuses, elles donnent à cette mobilisation – dont la durée est historique – des envies d’en découdre encore et encore : concerts, spectacles, projections de films, retraites aux flambeaux, bals, signatures de pétition, carnavals de luttes…
Après la première réunion de la Conférence sur le financement des retraites où nous avons porté notre analyse argumentée sur l’enfumage des chiffres de déficit en mettant en face nos propositions, nous sommes dans l’attente d’une réponse du gouvernement.
L’intersyndicale de ce soir travaillera à l’organisation d’une Vraie conférence fin mars que nous voulons contradictoire et constructive. Nous y exposerons nos propositions pour améliorer notre système de retraite par répartition en nous appuyant tout particulièrement sur nos propositions en matière de conditions de travail et de financement.
Dès jeudi prochain, la CGT organise une autre grande journée d’action afin de revendiquer l’arrêt de toutes les formes de répression syndicale et de discrimination. Les campagnes du gouvernement pour amplifier les mises en examen, les menaces, les sanctions, à l’encontre de ceux et celles qui luttent, sont inacceptables. Quand un-e militant-e CGT est attaqué-e, c’est toute la CGT qui se mobilise pour elle ou lui.
Ensemble, nous devons continuer de lutter et d’expliquer encore et encore afin d’élargir toujours plus la mobilisation. La victoire est à notre portée, nous devons aller l’arracher !

Montreuil, le 20 février 2020

La Conférence de Financement de la Réforme des Retraites

 

Financement des retraites : la CGT propose 70 milliards !
La Conférence de Financement a démarré. La CGT a fait la démonstration au Gouvernement et au MEDEF qu’il existe de l’argent pour pérenniser et améliorer le système actuel de retraite solidaire.

Un rejet universel (Communiqué intersyndical CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires, Fidl, MNL, Unef et UNL)

Largement majoritaire et de plus en plus confortée, l’intersyndicale CFE-CGC ; CGT ; FO ; F.S.U ; SOLIDAIRES ; FIDL ; MNL ; UNEF ; UNL renouvelle son exigence du retrait du projet de réforme des retraites. Le rejet de ce texte est grandissant.

- Les différentes institutions et caisses de sécurité sociale ont désormais rendu leur avis sur le projet de loi retraites. Et ils sont affligeants pour le gouvernement, aucune des consultations, de la CNAV à la CNNCEFP, n’est de nature à encourager à poursuivre le projet présenté. Bien au contraire.
- Le Conseil d’État a rendu un avis d’une violence extraordinaire, pointant des insuffisances, des lacunes et des problèmes institutionnels. Du jamais vu !
- Le Conseil Supérieur de la Fonction Militaire a lui aussi rendu un avis négatif. Un fait rare !
- 100 % des barreaux et pratiquement toutes les professions libérales sont opposées et toujours en lutte contre le projet.
- Les salariés du public et du privé prennent des initiatives multiples pour manifester leur opposition à ce projet.
- Le monde de l’éducation donne un bel exemple d’unité intergénérationnelle puisque la mobilisation concerne tout autant personnels, lycéens et étudiants.
- Les experts de tout bord et de toute tendance se rejoignent tous dans l’analyse très critique du projet, confirmant les 3 rapports à charge de l’Institut de la Protection Sociale, y compris les inspirateurs de l’idée de régime universel qui viennent de dénoncer les impasses et les incertitudes du texte annexé au projet de loi actuellement examiné à l’Assemblée Nationale.
- L’opinion publique, dont le fort soutien aux opposants n’a fait que croître, confirme dans toutes les enquêtes récentes très majoritairement le désaveu.

Et, pourtant, le gouvernement s’entête.

- Il est sourd à la contestation massive de la grande majorité de la population.
- Il n’a pas éclairci les innombrables points obscurs du projet.
- Il n’a pas de solution pour juguler le déficit créé par les exonérations de cotisations décidées par ce même gouvernement.
- Il fait peu de cas du débat démocratique en présentant un projet incomplet et mensonger et ce dans une urgence parlementaire que rien ne justifie.

Jusqu’où ira ce gouvernement, jusqu’où devrons-nous aller ?

Renforcée par tous ces soutiens unanimes, l’intersyndicale CFE-CGC ; CGT ; FO ; F.S.U ; SOLIDAIRES ; FIDL ; MNL ; UNEF ; UNL demeure déterminée et convaincue du bien fondé de poursuivre la mobilisation tout le temps nécessaire sur l’ensemble du territoire et parallèlement de renforcer l’information pour rétablir la vérité jusqu’au retrait de ce projet inutile et dangereux.

Paris, le 13 février 2020

Réforme des Retraites : Rien n’est joué

Rien n’est joué !
 
Le projet de loi sur la réforme des retraites entre en phase d’examen en vue de son vote par le parlement.
Le gouvernement semble vouloir encore accélérer le rythme de la marche forcée qu’il impose depuis des mois au pays. Et pour cause, chaque jour amène son flot de révélations précisant un peu plus l’injustice de ce projet.
 
Chaque jour, la contestation contre ce projet de loi se renforce dans le pays et conduit 60 % des Français à demander son rejet. Le doute s’installe jusque dans la majorité isolant un peu plus le président Macron et son Premier Ministre.
 
La lutte continue !
 
Mais si le mouvement reprend son souffle après deux mois d’une intensité rare, il continue aussi de se renforcer en inventant de nouvelles formes, en investissant les entreprises, les territoires et en accrochant à la banderole des retraites de nouvelles revendications.
 
S’il ne cesse d’affirmer le contraire, le gouvernement ne s’y trompe pas. Il multiplie la répression contre les militants syndicaux pour casser cette dynamique et empêcher que les braises encore rouges de colère ne redonnent de la flamme.

LE RETRAIT, POINT !

 

Les journées des 5 et 6 février ont été de nouveaux temps forts de mobilisations et de grèves, de la jeunesse et des salarié.es.
Chaque semaine et ce depuis le 5 décembre, des A.G se multiplient sur les lieux de travail, dans les lycées et universités malgré les diverses pressions. En aucun cas la réponse à la crise sociale ne peut être une répression à l’encontre de celles et ceux qui expriment un désaccord.
Chaque jour des actions et des initiatives sont organisées dans tous les territoires. Le rejet de la réforme et la détermination d’obtenir le retrait sont intacts et se propagent de manière inéluctable.
Notre intersyndicale partage et porte des propositions sur le financement et l’amélioration de notre système de retraite solidaire et intergénérationnel. Elle travaille à l’organisation d’une contre-conférence nationale courant mars, déclinée localement, pour débattre largement et publiquement des solutions et propositions envisageables pour un projet sérieux d’amélioration des régimes de retraite.
De même, au-delà de l’opinion publique défavorable au projet de réforme, les différentes caisses de retraites comme les institutions, dont la plus haute, celle du Conseil d’Etat, ont toutes acté un avis critique voire négatif. Continuer à vouloir imposer ce projet relève de la part du gouvernement d’un vrai déni de démocratie.
Nos organisations syndicales CGT, FO, FSU, Solidaires, FIDL, MNL, UNL et UNEF sont persuadées que cette mobilisation inédite et historique vaincra.
Elles appellent au renforcement et à la continuité de la mobilisation et de la grève là où les salarié.es le décident. Elles engagent à tenir des AG, à poursuivre durant la période à venir des actions diverses de mobilisations et d’informations larges de la population, à multiplier les initiatives locales et interprofessionnelles pour créer les conditions d’une journée d’ampleur.
Elles appellent à préparer d’ores et déjà de nouveaux temps forts de mobilisation, autour du 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes. Elles seraient effectivement les plus grandes perdantes, avec ce projet de loi sur les retraites.
C’est dans ce contexte de mobilisation continue que nos organisations syndicales et de jeunesse, appellent l’ensemble de la jeunesse, des salarié.es, des privé.es d’emploi, des retraité.es à une nouvelle journée de convergence de grèves et de manifestations le 20 février.
L’intersyndicale se réunira le 20 février pour définir les suites.

Montreuil, le 6 février 2020

Réforme des retraites : la triple peine pour les travailleuses et travailleurs précaires et les privés d’emploi

En septembre 2018, Emmanuel Macron affichait l’objectif d’éradiquer la pauvreté extrême. Un an après, on constate que le nombre de personnes en situation de pauvreté est le plus élevé depuis 20 ans, avec 500 000 personnes de plus vivant sous le seuil de pauvreté en 2018. Et pourtant, le gouvernement continue d’engager des réformes qui ont comme ambition de faire des économies sur le dos des plus précaires, plutôt que de les protéger mieux

Une précarité qui explose…

Le taux de CDD a doublé en 25 ans passant de 6 à 12% des contrats et, les CDD sont de plus en plus courts. Ainsi chez les 15-24 ans qui travaillent, le taux d’emploi en CDD plutôt qu’en CDI est passé de 17% en 1980 à 53% en 2018. Et surtout, il faut attendre l’âge de 29 ans en moyenne pour signer son premier CDI !

La première des difficultés est d’arriver à vivre d’un travail stable : entre 8 et 11 millions de personnes sont dans le « mal emploi », selon l’observatoire des inégalités, entre chômage, précarité, halo du chômage, temps partiels subis (surtout par les femmes), soit 1 quart des personnes en âge de travailler qui ont du mal à se loger, obtenir un crédit, tenir jusqu’à la fin du mois…

Baisse drastique des droits à l’assurance chômage …

Au 1er novembre, sont entrées en application les premières mesures. Bilan : 1,3 million de perdants, dont 250 000 personnes qui n’ouvriront pas de droits et 420 000 personnes qui verront leur allocation baisser de 20 % en moyenne… Les premiers perdants, ce sont les précaires, le plus souvent des jeunes, qui enchaînent petits boulots et périodes de chômage. Cela se fait en deux temps :

  • Depuis le 1er novembre, relèvement du seuil d’ouverture de droits de 4 mois de travail sur une période de 28 mois à 6 mois sur 24 et dégressivité pour les cadres ;
  • Le 1er avril 2020, baisse des allocations pour tous les travailleurs en emploi discontinu : les allocations ne plus calculées uniquement en prenant en compte les périodes travaillées mais également celles sans activité et donc sans revenu. C’est mathématique : si on fait une moyenne entre les périodes ayant permis le versement d’un salaire et celles sans revenu, le total baisse nécessairement…

Avant même la réforme de l’assurance chômage, 1,6 million de personnes ne s’inscrivaient pas à Pôle Emploi, et sur les 6 millions inscrits, seuls 42% étaient indemnisés en 2018. Avec la réforme, la moitié de ces derniers perdront tout ou partie de leurs droits. Et dans ses tuyaux, le gouvernement veut réformer tous les minima sociaux !

Des conséquences dramatiques pour les droits à retraite

Aujourd’hui, le projet de réforme des retraites laisse imaginer le pire, notamment pour les travailleurs précaires. Le gouvernement répète dans les médias que ce projet est plus favorable aux travailleurs. La CGT démontre le contraire:

  • La modification du calcul du montant des pensions, qui repose actuellement sur la prise en compte des 25 meilleures années dans le privé et des 6 derniers mois dans le public, conduira nécessairement à une baisse des pensions. En effet, si l’on fait la moyenne des salaires perçus pendant les 43 années de travail, on prend en compte les années de galère. Ce qui fait nécessairement baisser la moyenne et donc le montant des pensions… On se demande encore où est l’augmentation des pensions promise par le gouvernement !

  • Pour bénéficier de la pension de 1000 € par mois garantie, il faut avoir eu une carrière complète : il s’agirait d’avoir cotisé pendant 43 années et de ne pas prendre sa retraite avant d’avoir atteint l’âge d’équilibre (64 ans pour l’instant) ? Encore faut-il atteindre cette durée de 43 ans, ce qui est difficile en cas d’interruptions de carrière (chômage, temps très partiels, etc), donnant lieu à l’acquisition de points, mais pas forcément de mois de cotisation à hauteur d’une année complète. Les 1000 euros, c’est du pipeau!

  • Prise en compte des « petits boulots » : fausse bonne nouvelle. Ces petits boulots seront pris en compte pour les mois de cotisation (516 mois ou 43 années), mais cela ne permettra pas de travailler moins longtemps, puisqu’il faudra atteindre l’âge pivot pour prendre sa retraite à taux plein (64 ans, voire plus). Par contre, ces petits boulots mal payés seront pris en compte pour calculer le montant des pensions, ce qui fera nécessairement baisser leur montant moyen. Les comptes ne sont pas bons, M. Macron !

  • La cotisation à l’euro. Dans la réforme, à la notion de trimestre s’ajoute la notion de points. Il faudrait travailler au moins jusqu’à 64 ans et partir avec une pension dont le montant dépendrait des points acquis tout au long de la carrière. Le résultat pour les chômeurs indemnisés ? Leur nombre de point sera peu élevé puisqu’il dépendra de leurs allocations (or, 50 % des allocataires touchent moins de 860 € par mois, somme qui devrait diminuer avec la réforme de l’assurance chômage). Quant aux périodes non indemnisées, il semblerait qu’elles ne permettent d’acquérir aucun point. Le résultat ? Les travailleurs précaires deviendront des retraités pauvres


FOCUS – CHOMAGE INDEMNISE / CHOMAGE NON INDEMNISE

Actuellement, les périodes de chômage indemnisées sont prises en compte (50 jours indemnisés valident un trimestre) et génèrent un droit à pension sur la base du salaire antérieur (et non en fonction de l’allocation, dont le montant est nécessairement inférieur).

Quant aux périodes non indemnisées, elles permettent d’accumuler des droits à retraite dans une certaine mesure : la première période est prise en compte dans la limite d’un an et demi (6 trimestres), les périodes ultérieures dans la limite d’un an (4 trimestres) à condition qu’elles fassent suite à une période indemnisée et passé 55 ans la limite est reportée à 5 ans (20 trimestres)

Pour tous les privés d’emplois non indemnisés, supprimer la prise en compte de ces périodes pour les droits à retraite serait dramatique. Pour rappel, Pôle emploi indemnise seulement 1 demandeur d’emploi sur 2 en moyenne. Cela fait plus de 3 millions de laissés pour compte, sans compter les non-inscrits et les bénéficiaires du RSA… L’observatoire des inégalités considère que ces victimes du mal-travail, qui n’ouvriront pas de droits à la retraite, sont entre 8 et 11 millions en France.


Conclusion ? C’est la triple peine pour des millions de personnes :
Des contrats précaires qui explosent ;
Des droits en baisse au cours de la carrière : les périodes de chômage non indemnisées vont continuer d’exploser ;
Un impact très fort sur les retraites : périodes de chômage non indemnisées ne comptant plus, périodes indemnisées qui compteront moins, mauvais calcul abandonnant les 25 meilleures années…

Les personnes ayant connu la précarité, surtout dans les jeunes générations, sont de plus de plus nombreuses. Après avoir galéré pendant tout ou partie de leur vie professionnelle, elles vont aussi galérer à la retraite si la réforme gouvernementale entre en vigueur.

Pour lutter contre cela, amplifions les distributions de tracts, l’organisation d’informations publiques, de réunions dans les entreprises, pour élargir encore le mouvement.

Le Premier ministre ne dit pas la vérité

Dans son discours au CESE, pour tenter de rendre présentable le projet de retraite universelle par points et faire cesser la légitime mobilisation de millions de citoyens, le Premier ministre n’a pas hésité à proférer un certain nombre de contre-vérités.

Il nous a semblé important de démontrer, principalement à partir de la situation dans la Fonction publique, le caractère spécieux et même mensonger des arguments brandis par Edouard Philippe.

En pièce jointe le 4 pages argumentaires Fonction publique

Source : Fédération CGT des Services Publics.