Le 4 février, par la grève et la manifestation DÉFENDONS NOS DROITS SOCIAUX ET NOS LIBERTÉS DÉMOCRATIQUES !

Le gouvernement s’acharne à imposer brutalement sa politique de casse des conquis sociaux.

Nous constatons toutes et tous l’explosion du nombre de luttes en cours pour défendre les emplois, les salaires, les conditions de travail, menées par les travailleur-ses notamment de la Culture, ainsi que celles et ceux de la Santé, des enseignant.es, des étudiant.es, du médico-social, des entreprises électriques et gazières, de la RATP, des raffineries, du commerce, etc…

Alors que les entreprises du CAC40 ont versé à leurs actionnaires des dividendes qui ont augmenté de 70%, en 10 ans, le salaire minimum n’a lui augmenté que de 12 % sur la même période creusant de plus en plus d’inégalités, de pauvretés et de précarités

La Loi « Sécurité Globale » aggravée des décrets permettant le fichage massif des militant.es ainsi que de leurs proches, pour opinion politique ou syndicale, n’a d’autres but que de réprimer davantage les mouvements sociaux qui ne cessent de s’accroitre, de faire taire toutes les dissidences et toutes formes de contestations.

Les batailles pour nos droits sociaux et la lutte pour les libertés démocratiques du plus grand nombre sont indissociables.

Il s’agit bien de deux conceptions de la société qui s’opposent, celle issue des principes d’une sécurité sociale pour toutes et tous, et celle que porte ce gouvernement au service des intérêts du monde économique et des plus riches.

Pour exiger :

  • Le développement du Service public sans sous-traitance, avec des créations de postes massives
  • L’augmentation immédiate de la valeur du point d’indice pour les fonctionnaires
  • L’augmentation des salaires et des minima sociaux
  • Contre les licenciements et la précarité
  • De nouvelles mesures fortes pour l’égalité entre les femmes et les hommes
  • Le retrait de la « réforme » des retraites et la revalorisation des retraites et des pensions
  • L’abandon de la réforme de l’assurance chômage
  • Le respect de la liberté d’expression, du droit à s’exprimer, du droit de manifester et donc l’abandon de la loi « Sécurité globale » et des décrets sur le « fichage »
  •  Pour la jeunesse, le maintien définitif de l’aide à la recherche du premier emploi (ARPE)
  • La création d’un RSA jeune général et non surcritérisé pour les moins de 25 ans
  • Face à la précarité étudiante un investissement immédiat de 1,5 milliard d’euros dans les établissements du supérieur ainsi qu’une réforme des aides sociales avec la mise en place de l’allocation d’autonomie

Les Unions Régionales CGT-FSU-Solidaires et les organisations de jeunesse l’UNEF et l’UNL appellent l’ensemble des salarié.es, étudiant.es, lycéen.nes à se mobiliser. Nos organisations soutiennent l’ensemble des actions y compris la grève que les salarié.es, du public comme du privé, décideront collectivement.  

Nos organisations soutiennent l’ensemble des actions y compris la grève que les salarié.es et les agent.es de la Fonction publique décideront collectivement.

Elles appellent à manifester le 4 février à Paris, à 14H Place de la République en direction de la Nation, pour rejeter les politiques antisociales du gouvernement et du patronat.

 

Paris, le 29 janvier 2021

Téléchargez une  ATTESTATION DE DEPLACEMENT DEROGATOIRE

Réforme des retraites : la triple peine pour les travailleuses et travailleurs précaires et les privés d’emploi

En septembre 2018, Emmanuel Macron affichait l’objectif d’éradiquer la pauvreté extrême. Un an après, on constate que le nombre de personnes en situation de pauvreté est le plus élevé depuis 20 ans, avec 500 000 personnes de plus vivant sous le seuil de pauvreté en 2018. Et pourtant, le gouvernement continue d’engager des réformes qui ont comme ambition de faire des économies sur le dos des plus précaires, plutôt que de les protéger mieux.

Une précarité qui explose…

Le taux de CDD a doublé en 25 ans passant de 6 à 12% des contrats et, les CDD sont de plus en plus courts. Ainsi chez les 15-24 ans qui travaillent, le taux d’emploi en CDD plutôt qu’en CDI est passé de 17% en 1980 à 53% en 2018. Et surtout, il faut attendre l’âge de 29 ans en moyenne pour signer son premier CDI !

La première des difficultés est d’arriver à vivre d’un travail stable : entre 8 et 11 millions de personnes sont dans le « mal emploi », selon l’observatoire des inégalités, entre chômage, précarité, halo du chômage, temps partiels subis (surtout par les femmes), soit 1 quart des personnes en âge de travailler qui ont du mal à se loger, obtenir un crédit, tenir jusqu’à la fin du mois…

Baisse drastique des droits à l’assurance chômage …

Au 1er novembre, sont entrées en application les premières mesures. Bilan : 1,3 million de perdants, dont 250 000 personnes qui n’ouvriront pas de droits et 420 000 personnes qui verront leur allocation baisser de 20 % en moyenne… Les premiers perdants, ce sont les précaires, le plus souvent des jeunes, qui enchaînent petits boulots et périodes de chômage. Cela se fait en deux temps :

  • Depuis le 1er novembre, relèvement du seuil d’ouverture de droits de 4 mois de travail sur une période de 28 mois à 6 mois sur 24 et dégressivité pour les cadres.
  • Le 1er avril 2020, baisse des allocations pour tous les travailleurs en emploi discontinu : les allocations ne plus calculées uniquement en prenant en compte les périodes travaillées mais également celles sans activité et donc sans revenu. C’est mathématique : si on fait une moyenne entre les périodes ayant permis le versement d’un salaire et celles sans revenu, le total baisse nécessairement…

Avant même la réforme de l’assurance chômage, 1,6 million de personnes ne s’inscrivaient pas à Pôle Emploi, et sur les 6 millions inscrits, seuls 42% étaient indemnisés en 2018. Avec la réforme, la moitié de ces derniers perdront tout ou partie de leurs droits. Et dans ses tuyaux, le gouvernement veut réformer tous les minima sociaux !

Des conséquences dramatiques pour les droits à retraite

Aujourd’hui, le projet de réforme des retraites laisse imaginer le pire, notamment pour les travailleurs précaires. Le gouvernement répète dans les médias que ce projet est plus favorable aux travailleurs. La CGT démontre le contraire:

  • La modification du calcul du montant des pensions, qui repose actuellement sur la prise en compte des 25 meilleures années dans le privé et des 6 derniers mois dans le public, conduira nécessairement à une baisse des pensions. En effet, si l’on fait la moyenne des salaires perçus pendant les 43 années de travail, on prend en compte les années de galère. Ce qui fait nécessairement baisser la moyenne et donc le montant des pensions… On se demande encore où est l’augmentation des pensions promise par le gouvernement !
  • Pour bénéficier de la pension de 1000 € par mois garantie, il faut avoir eu une carrière complète : il s’agirait d’avoir cotisé pendant 43 années et de ne pas prendre sa retraite avant d’avoir atteint l’âge d’équilibre (64 ans pour l’instant) ? Encore faut-il atteindre cette durée de 43 ans, ce qui est difficile en cas d’interruptions de carrière (chômage, temps très partiels, etc), donnant lieu à l’acquisition de points, mais pas forcément de mois de cotisation à hauteur d’une année complète. Les 1000 euros, c’est du pipeau!
  • Prise en compte des « petits boulots » : fausse bonne nouvelle. Ces petits boulots seront pris en compte pour les mois de cotisation (516 mois ou 43 années), mais cela ne permettra pas de travailler moins longtemps, puisqu’il faudra atteindre l’âge pivot pour prendre sa retraite à taux plein (64 ans, voire plus). Par contre, ces petits boulots mal payés seront pris en compte pour calculer le montant des pensions, ce qui fera nécessairement baisser leur montant moyen. Les comptes ne sont pas bons, M. Macron !
  • La cotisation à l’euro. Dans la réforme, à la notion de trimestre s’ajoute la notion de points. Il faudrait travailler au moins jusqu’à 64 ans et partir avec une pension dont le montant dépendrait des points acquis tout au long de la carrière. Le résultat pour les chômeurs indemnisés ? Leur nombre de point sera peu élevé puisqu’il dépendra de leurs allocations (or, 50 % des allocataires touchent moins de 860 € par mois, somme qui devrait diminuer avec la réforme de l’assurance chômage). Quant aux périodes non indemnisées, il semblerait qu’elles ne permettent d’acquérir aucun point. Le résultat ? Les travailleurs précaires deviendront des retraités pauvres !

Conclusion ? C’est la triple peine pour des millions de personnes

Des contrats précaires qui explosent ;
Des droits en baisse au cours de la carrière : les périodes de chômage non indemnisées vont continuer d’exploser ;
Un impact très fort sur les retraites : périodes de chômage non indemnisées ne comptant plus, périodes indemnisées qui compteront moins, mauvais calcul abandonnant les 25 meilleures années…
Les personnes ayant connu la précarité, surtout dans les jeunes générations, sont de plus de plus nombreuses. Après avoir galéré pendant tout ou partie de leur vie professionnelle, elles vont aussi galérer à la retraite si la réforme gouvernementale entre en vigueur.

Pour lutter contre cela, amplifions les distributions de tracts, l’organisation d’informations publiques, de réunions dans les entreprises, pour élargir encore le mouvement.