Une conférence de presse qui confirme la nécessité de mobiliser massivement dans la Fonction publique

Le président de la République a exprimé hier sa volonté obstinée de maintenir une politique injuste menée au profit des plus fortunés.

L’absence de mesures générales, en particulier sur les salaires, démontre que le président continue de refuser d’entendre la forte exigence qui s’exprime en la matière à travers les mobilisations.

Concernant la Fonction publique, deux annonces attestent de l’impossibilité pour le pouvoir de continuer d’ignorer les besoins de service public et les luttes menées pour la préservation et le développement des missions publiques.

Macron a en effet été contraint hier de remettre en cause son objectif des 120 000 suppressions de postes de fonctionnaires. Il a par ailleurs annoncé un moratoire sur les fermetures d’écoles et d’hôpitaux jusqu’en 2022.

Si ces annonces sont bien loin des nécessités, elles sont néanmoins le signe d’un gouvernement qui se place sur la défensive sous la pression des luttes.

C’est un moratoire sur toutes les fermetures de services publics, sur les fermetures de lits, sur les fermetures de classe et sur toutes les suppressions de postes que nous devons et pouvons gagner !

Nous continuons aussi d’exiger l’augmentation de la valeur du point d’indice, des recrutements massifs dans la Fonction publique pour faire face aux besoins de la population et le retrait du projet de loi Dussopt portant atteinte aux garanties démocratiques qui fondent la Fonction publique.

C’est ce à quoi s’emploiera la CGT Fonction publique dans les jours et les semaines à venir, notamment les 1er et 9 mai, et au-delà dans le cadre de l’indispensable processus de lutte qu’exige la situation.

Montreuil, le 28 avril 2019

 

ON BOUGE LE 9 MAI

#ONBOUGELE9MAI

PLUS QUE JAMAIS, SOYONS FIER-E-S D’ÊTRE FONCTIONNAIRES !

Depuis l’arrivée du gouvernement Macron , les mesures négatives s’accumulent pour les agent.e.s de la Fonction publique : gel de la valeur du point indice, rétablissement de la journée de carence, perspective de 120 000 suppressions d’emplois sur les 3 versants de la Fonction publique…

Rappelons-nous que rien ne nous a été donné sans combat collectif et que tout nous sera repris si nous restons isolés et si nous nous laissons bercer par cette minorité qui veut nous diriger, diriger nos vies, et s’enrichir sur notre dos. Ne sombrons pas dans la désespérance et la résignation.

Soyons fier-e-s d’être fonctionnaires ,soyons fier-e-s de notre statut de la fonction publique garant de l’indépendance du fonctionnaire et de sa protection contre toutes formes de pression ou d’intérêt partisan !

PREAVIS DE GREVE POUR LE MOIS DE FEVRIER

A Villejuif, au mois de Janvier, les ATSEM, les Agents d’Entretien des Ecoles, les Animateurs des Accueils de Loisirs se sont mis en grève pour protester contre la précarisation de la fonction publique, l’inégalité de traitement, et les réorganisations sauvages qui altèrent les conditions de travail en dehors de tout dialogue social !

Les réorganisations sauvages continuent ? Nos missions sont transférées au privé ? La durée des CDD diminue ? Toujours pas de transparence pour le RIFSEEP ?

 

Une seule réponse possible :

ET TOUS ENSEMBLE LE 5 FEVRIER !

LES ATSEM ENFIN ECOUTEES

Après deux mobilisations, le 14 décembre 2016 et le 1er février 2017, les Atsem ont finalement été reçus par le ministère de la Fonction publique territoriale le 3 février au sujet de leurs revendications.

Source : site de la coordination des syndicats CGT services publics

Les conditions de travail des Atsem – agents territoriaux spécilisés des écoles maternelles – ont beaucoup évolué suite aux récentes réformes scolaires. Pour autant, ils ne bénéficient toujours pas de la reconnaissance qu’ils méritent, et les salariés (en grande partie des femmes) sont bloqués dans leur déroulement de carrière.

Face à cette situation, deux manifestations d’ampleur nationale ont été organisées, le 14 décembre 2016 et le 1er février 2017. Les revendications des salariés sont les suivantes :

  • un Atsem par classe et leur remplacement par une équipe d’Atsem volants ;
  • la clarification des missions des Atsem ;
  • une solution réelle à la problématique de la double hiérarchie Éducation nationale-collectivité ;
  • de la formation professionnelle tout au long de la carrière ;
  • un déroulement de carrière avec la possibilité d’intégrer la catégorie B ;
  • la reconnaissance de la pénibilité ;
  • la reconstruction de carrière par la prise en compte de l’ancienneté (supprimée lors des transpositions des accords Jacob en 2007).

Dès le lendemain, le CSFPT (Conseil supérieur de la fonction publique territoriale) a présenté son rapport sur les Atsem. Il y indique notamment le besoin de fixer un « taux d’encadrement » et considère qu’une réflexion sur le sujet doit être menée avec l’Éducation nationale.

Les organisations syndicales – CGT, FAFPT, FO, FSU et Solidaires – ont été reçues par le ministère de la Fonction publique territoriale le 3 février. Myriam Bernard, directrice adjointe du cabinet de la ministre, leur a indiqué que le rapport Atsem du CSFPT sera présenté à cette dernière le 13 février prochain.

 

LES BATAILLES DE L’INDUSTRIE ET DES SERVICES PUBLICS SONT INDISSOCIABLES

Baptiste Talbot, secrétaire général de la Fédération CGT des services publics, nous dit que les services publics structurent le territoire et sont gage d’attractivité économique.

Eau, production de l’énergie, éducation, formation, recherche, santé, etc. les services publics s’avèrent essentiels au développement des entreprises et représentent un apport essentiel pour la croissance économique.

 

Source : http://cgt.fr/Services-publics-et.html

 

CONSTRUIRE LE CODE DU TRAVAIL DU XXIème SIECLE

Article de la Fédération CGT des Services Publics

 

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La violence du combat idéologique et l’inégalité des armes conduisent en général à adopter une position défensive alors que des progrès sont encore possibles.

Il est nécessaire de fortifier le code du travail pour lutter contre l’explosion de la précarité et la dégradation de la vie au travail. La flexibilité, il n’y en a que trop ; un chiffre : 8 salariés sur 10 sont recrutés sur des CDD, pour une période de plus en plus courte. Il ne s’agit pas de réduire le Code à une sorte de déclaration de principes ou de droits fondamentaux. La mission en a été confiée à une commission de « sages » présidée par Badinter. De telles déclarations existent déjà. Les plus importantes sont au demeurant des traités ou des chartes ratifiées par la France. Il ne s’agit pas non plus de réaliser une nouvelle recodification à droit constant. La modernisation du code du travail ne peut se concevoir que visant à faire progresser le droit du travail et
non pas à encourager ou à accompagner son dépérissement.

L’objectif doit être clairement posé. Il s’agit de bâtir un code du travail plus fort, plus solide pour tous les travailleurs d’aujourd’hui, plus engageant parce que sans surprise pour les employeurs.

Le droit au travail est un droit constitutionnel. Le garantir nécessite non pas d’abaisser les garanties collectives, mais d’élargir le droit du travail aux enjeux d’aujourd’hui : l’hyper précarisation du salariat, l’ubérisation de l’économie, les salariés détachés, l’auto-entreprenariat, le portage salarial forcé, etc.

Une réforme du droit du travail, digne de ce nom, devrait plutôt viser à établir un cadre juridique assurant à tous les travailleurs – salariés ou indépendants – qui concourent à cette chaîne de production des valeurs, les conditions d’un travail décent.

Les modifications induites par le numérique affectent tous les secteurs de l’économie et la société. Elles ont donc des incidences sur le travail et l’emploi, comme le reconnaît l’avis exploratoire du Conseil Économique et Social Européen du 16 septembre 2015. Elles imposent la mise en place de droits nouveaux pour garantir la liberté d’expression et les droits fondamentaux dans les conditions d’un monde du travail numérisé.

Le droit du travail doit prendre en compte les enjeux liés à la transformation de l’activité professionnelle et aux nouvelles technologies d’information et de la communication.

Ces nouvelles technologies donnent lieu à de nouveaux modes de travail parfois qualifiés d’« uberisation » de l’économie. Avec ces transformations, les salariés
deviennent des travailleurs soi-disant indépendants, liés à leurs clients par des contrats commerciaux. Lorsque ces travailleurs dits indépendants subissent en réalité un lien de subordination, en se voyant « dicter leur conduite » par l’entreprise, il est possible de requalifier leur contrat commercial en contrat de travail. A l’image de ce qu’il s’est passé aux États-Unis, avec des chauffeurs Uber. Ou encore en France, avec la requalification de salariés devenus autoentrepreneurs pour l’entreprise qui les employait auparavant et ceci pour effectuer les mêmes tâches.

Lorsque la dépendance économique à son emploi est telle qu’elle génère une domination diffuse, c’est-à-dire que le travailleur n’est pas libre de rompre avec son client sans remettre son équilibre financier en cause et que cette dépendance induit une forme de subordination nouvelle, il nous semble qu’il faut octroyer le statut
de salariat à tous les travailleurs qui subissent cette dépendance et faire contribuer financièrement le recruteur (plateforme collaborative). Le salariat peut alors être envisage de façon plus large.

N’oublions pas que la priorité reste le maintien d’une grande majorité des travailleurs dans le salariat.

Dans cet objectif, il est important de revoir la définition du salariat dans le cadre de notre revendication de nouveau statut du travail salarié (NSTS).

C’est pourquoi, la CGT propose de faire évoluer les droits des salariés vers moins de subordination, plus d’autonomie, tout en sécurisant leur évolution professionnelle. Ces droits – emploi, carrière et reconnaissance des qualifications, formation, professionnelle, protection sociale – garantis collectivement ne doivent plus dépendre du contrat de travail mais être attachés au salarié et cumulables, transférables et opposables à tout employeur.

Cela nécessite d’inscrire le droit à l’emploi dans une vision nouvelle de travail impliquant la reconnaissance d’un droit à l’évolution et à la progression professionnelle, à la mobilité professionnelle choisie permettant à chacun de mettre le lien de subordination à distance.

De la même façon, nous proposons que les contrats soient maintenus entre deux emplois. C’est donc le dernier employeur qui verse le revenu socialisé, et ceci en cas de licenciement, de départ à la retraite, congé parental, bénévolat, congés sabbatiques … Cette continuité du contrat permet le maintien d’un lien entre le
salarié hors emploi et sa communauté de travail, ses représentants du personnel.

Des expériences récentes illustrent la possibilité de créer ces droits nouveaux, permettant d’éviter la rupture du contrat. Ainsi en Bretagne, un CDI « temps plein de formation » a été créé. Cette idée de la CGT a permis à une trentaine de salariés saisonniers de signer un contrat à durée indéterminé (CDI) « temps plein – formation » leur permettant d’alterner six mois de travail dans le secteur du tourisme avec six mois de formations pouvant mener jusqu’à la licence tourisme. Une centaine de nouveaux salariés devraient pouvoir signer un tel contrat.

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