Réforme des retraites : la triple peine pour les travailleuses et travailleurs précaires et les privés d’emploi

En septembre 2018, Emmanuel Macron affichait l’objectif d’éradiquer la pauvreté extrême. Un an après, on constate que le nombre de personnes en situation de pauvreté est le plus élevé depuis 20 ans, avec 500 000 personnes de plus vivant sous le seuil de pauvreté en 2018. Et pourtant, le gouvernement continue d’engager des réformes qui ont comme ambition de faire des économies sur le dos des plus précaires, plutôt que de les protéger mieux

Une précarité qui explose…

Le taux de CDD a doublé en 25 ans passant de 6 à 12% des contrats et, les CDD sont de plus en plus courts. Ainsi chez les 15-24 ans qui travaillent, le taux d’emploi en CDD plutôt qu’en CDI est passé de 17% en 1980 à 53% en 2018. Et surtout, il faut attendre l’âge de 29 ans en moyenne pour signer son premier CDI !

La première des difficultés est d’arriver à vivre d’un travail stable : entre 8 et 11 millions de personnes sont dans le « mal emploi », selon l’observatoire des inégalités, entre chômage, précarité, halo du chômage, temps partiels subis (surtout par les femmes), soit 1 quart des personnes en âge de travailler qui ont du mal à se loger, obtenir un crédit, tenir jusqu’à la fin du mois…

Baisse drastique des droits à l’assurance chômage …

Au 1er novembre, sont entrées en application les premières mesures. Bilan : 1,3 million de perdants, dont 250 000 personnes qui n’ouvriront pas de droits et 420 000 personnes qui verront leur allocation baisser de 20 % en moyenne… Les premiers perdants, ce sont les précaires, le plus souvent des jeunes, qui enchaînent petits boulots et périodes de chômage. Cela se fait en deux temps :

  • Depuis le 1er novembre, relèvement du seuil d’ouverture de droits de 4 mois de travail sur une période de 28 mois à 6 mois sur 24 et dégressivité pour les cadres ;
  • Le 1er avril 2020, baisse des allocations pour tous les travailleurs en emploi discontinu : les allocations ne plus calculées uniquement en prenant en compte les périodes travaillées mais également celles sans activité et donc sans revenu. C’est mathématique : si on fait une moyenne entre les périodes ayant permis le versement d’un salaire et celles sans revenu, le total baisse nécessairement…

Avant même la réforme de l’assurance chômage, 1,6 million de personnes ne s’inscrivaient pas à Pôle Emploi, et sur les 6 millions inscrits, seuls 42% étaient indemnisés en 2018. Avec la réforme, la moitié de ces derniers perdront tout ou partie de leurs droits. Et dans ses tuyaux, le gouvernement veut réformer tous les minima sociaux !

Des conséquences dramatiques pour les droits à retraite

Aujourd’hui, le projet de réforme des retraites laisse imaginer le pire, notamment pour les travailleurs précaires. Le gouvernement répète dans les médias que ce projet est plus favorable aux travailleurs. La CGT démontre le contraire:

  • La modification du calcul du montant des pensions, qui repose actuellement sur la prise en compte des 25 meilleures années dans le privé et des 6 derniers mois dans le public, conduira nécessairement à une baisse des pensions. En effet, si l’on fait la moyenne des salaires perçus pendant les 43 années de travail, on prend en compte les années de galère. Ce qui fait nécessairement baisser la moyenne et donc le montant des pensions… On se demande encore où est l’augmentation des pensions promise par le gouvernement !

  • Pour bénéficier de la pension de 1000 € par mois garantie, il faut avoir eu une carrière complète : il s’agirait d’avoir cotisé pendant 43 années et de ne pas prendre sa retraite avant d’avoir atteint l’âge d’équilibre (64 ans pour l’instant) ? Encore faut-il atteindre cette durée de 43 ans, ce qui est difficile en cas d’interruptions de carrière (chômage, temps très partiels, etc), donnant lieu à l’acquisition de points, mais pas forcément de mois de cotisation à hauteur d’une année complète. Les 1000 euros, c’est du pipeau!

  • Prise en compte des « petits boulots » : fausse bonne nouvelle. Ces petits boulots seront pris en compte pour les mois de cotisation (516 mois ou 43 années), mais cela ne permettra pas de travailler moins longtemps, puisqu’il faudra atteindre l’âge pivot pour prendre sa retraite à taux plein (64 ans, voire plus). Par contre, ces petits boulots mal payés seront pris en compte pour calculer le montant des pensions, ce qui fera nécessairement baisser leur montant moyen. Les comptes ne sont pas bons, M. Macron !

  • La cotisation à l’euro. Dans la réforme, à la notion de trimestre s’ajoute la notion de points. Il faudrait travailler au moins jusqu’à 64 ans et partir avec une pension dont le montant dépendrait des points acquis tout au long de la carrière. Le résultat pour les chômeurs indemnisés ? Leur nombre de point sera peu élevé puisqu’il dépendra de leurs allocations (or, 50 % des allocataires touchent moins de 860 € par mois, somme qui devrait diminuer avec la réforme de l’assurance chômage). Quant aux périodes non indemnisées, il semblerait qu’elles ne permettent d’acquérir aucun point. Le résultat ? Les travailleurs précaires deviendront des retraités pauvres


FOCUS – CHOMAGE INDEMNISE / CHOMAGE NON INDEMNISE

Actuellement, les périodes de chômage indemnisées sont prises en compte (50 jours indemnisés valident un trimestre) et génèrent un droit à pension sur la base du salaire antérieur (et non en fonction de l’allocation, dont le montant est nécessairement inférieur).

Quant aux périodes non indemnisées, elles permettent d’accumuler des droits à retraite dans une certaine mesure : la première période est prise en compte dans la limite d’un an et demi (6 trimestres), les périodes ultérieures dans la limite d’un an (4 trimestres) à condition qu’elles fassent suite à une période indemnisée et passé 55 ans la limite est reportée à 5 ans (20 trimestres)

Pour tous les privés d’emplois non indemnisés, supprimer la prise en compte de ces périodes pour les droits à retraite serait dramatique. Pour rappel, Pôle emploi indemnise seulement 1 demandeur d’emploi sur 2 en moyenne. Cela fait plus de 3 millions de laissés pour compte, sans compter les non-inscrits et les bénéficiaires du RSA… L’observatoire des inégalités considère que ces victimes du mal-travail, qui n’ouvriront pas de droits à la retraite, sont entre 8 et 11 millions en France.


Conclusion ? C’est la triple peine pour des millions de personnes :
Des contrats précaires qui explosent ;
Des droits en baisse au cours de la carrière : les périodes de chômage non indemnisées vont continuer d’exploser ;
Un impact très fort sur les retraites : périodes de chômage non indemnisées ne comptant plus, périodes indemnisées qui compteront moins, mauvais calcul abandonnant les 25 meilleures années…

Les personnes ayant connu la précarité, surtout dans les jeunes générations, sont de plus de plus nombreuses. Après avoir galéré pendant tout ou partie de leur vie professionnelle, elles vont aussi galérer à la retraite si la réforme gouvernementale entre en vigueur.

Pour lutter contre cela, amplifions les distributions de tracts, l’organisation d’informations publiques, de réunions dans les entreprises, pour élargir encore le mouvement.

7 DECEMBRE : 17ème manifestation des chômeurs et précaires

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Le 7 décembre, manifestation nationale

Stoppons la politique anti-chômeurs de Macron

CGT Chômeurs précaires

RDV 12H à Paris Montparnasse

Des départs collectifs sont organisés dans toute la France !

11 millions de travailleurs victimes du profit capitaliste

Chômage, précarité: il faut en finir !

Dans notre société, c’est le patronat qui décide de licencier ou non, d’embaucher ou non. C’est lui qui, à chaque fermeture d’usine et de magasins, condamne autant de travailleurs à la misère.

Aujourd’hui, les embauches c’est 87% de CDD de mois d’un mois ! Cette précarité permet au patronat d’accroître toujours plus la concurrence entre les travailleurs pour augmenter leurs profits.

Cette course aux profits est au détriment de nos besoins : nous sommes 11 millions de travailleurs privés d’emploi et précaires à ne pas pouvoir dignement nous nourrir, nous loger, nous chauffer…

Pour encore plus de profits, les patrons veulent en finir avec la sécurité sociale et ce pourquoi elle a été conçue : le maintien du salaire lorsque nous ne sommes plus au travail (chômage, retraite, maladie, maternité…) et la solidarité entre les travailleurs grâce au financement par les cotisations.

Pour une vie digne, avec la CGT, imposons

La sécurité sociale intégrale:

  • 100% des privés d’emploi indemnisés
  • 100% des risques couverts (chômage, maladie, retraite)
  • 100% de l’ancien salaire maintenu !

et

  • Une sécurité sociale 100% financée par les cotisations et gérée par les travailleurs
  • La fin des exonérations et cadeaux fiscaux aux employeurs alors qu’ils détruisent des emplois
  • La fin des assureurs privés qui volent nos cotisations et qui font de nos vies un business
  • Pour le droit au travail : 11 millions d’emplois créésc’est 220 milliards d’euros de cotisations sociales

En finir avec le chômage et la précarité
c’est possible par la lutte !

Macron détruit l’assurance chômage

En détruisant l’assurance-chômage, le gouvernement et les patrons préfèrent éliminer les chômeurs plutôt qu’éliminer le chômage dont ils sont responsables ! L’Etat autoritaire fait 3.4 milliards d’euros d’économies sur le dos des privés d’emploi !

1,4 millions de privés d’emploi

seront victimes des nouvelles règles de l’assurance chômage !

  • 750 000: C’est le nombre de chômeurs qui vont perdre toute indemnisation car il faudra travailler 6 mois au lieu de 4 mois actuellement pour ouvrir ou recharger des droits !
  • 650 000: C’est le nombre de chômeurs dont les allocations vont baisser de 30% à 50% car la période de recherche des mois travaillés se fera sur 24 mois contre 28 actuellement et que les jours non travaillés seront comptés dans le calcul de l’allocation

Au lieu de répondre à l’urgence sociale,

Le gouvernementenfonce toujours plus les chômeurs dans la misère !

  • 20%: seulement de chômeurs indemnisés
  • 950€: d’allocation en moyenne par chômeur

Le 7 décembre stoppons la politique anti-chômeurs de Macron

Manifestation nationale à paris pour:

  • L’abrogation du décret sur les radiations !
  • L’indemnisation de 100% des privés d’emploi !
  • +10€ par jour et par chômeur immédiatement !
  • Une prime de Noël de 500€ pour tous les chômeurs !

Des départs collectifs sont organisés dans toute la France !
Réserve ta place en contactant le comité national des travailleurs privés d’emploi et précaires
https://fr-fr.facebook.com/CGTchomeursprecair…
01 55 82 82 20
chomeur@cgt.fr

ATSEM EN LUTTE LE 1er FEVRIER 2017

 

Depuis plusieurs années, les ATSEM se battent pour faire reconnaître leur qualification, et gagner l’amélioration de leur condition de travail.

Ces personnels ne bénéficient d’aucune reconnaissance, que ce soit en termes de niveau de rémunération, de déroulement de carrière, du niveau de pénibilité,
Le tout conduit à une souffrance professionnelle liée à la perte de sens du travail (consignes contradictoires, surcharge de travail, perte de la qualité des missions auprès des enfants et le manque de moyen alloué aux remplacements des absences).

Nous revendiquons :
- La clarification des missions des ATSEM ;
- La résolution du problème de double hiérarchie (Éducation nationale – Collectivité territoriale) ;
- Formation professionnelle tout au long de la carrière et le rétablissement à 1% de la cotisation CNFPT ;
- La titularisation sur des postes ATSEM des « faisant fonction de » ;
- Un déroulement de carrière sur la catégorie B ;
- La reconnaissance de la pénibilité : catégorie active pour tous ;
- La reconstruction de carrière : lors des transpositions des accords JACOB, les ATSEM ont toutes vu leur ancienneté remise à zéro. ;
- Que les collectivités ne suppléent pas à l’éducation nationale qui doit assurer son rôle (remplacement enseignant, AVS) ;
- La titularisation des précaires ;
- La mobilisation des moyens financiers nécessaires au bon fonctionnement dans les écoles dans les collectivités territoriales.
- L e respect des principes statutaires en matière de formation et de pénibilité, à l’inverse de la logique portée par les projets de Compte Personnel de Formation et de Compte Personnel d’Activité ;
- Le minimum Fonction publique à 1 800€ brut mensuels, le rattrapage des pertes de pouvoir d’achat accumulées depuis 2000, le rétablissement de l’avancement d’échelon à la durée minimale, la revalorisation des grilles et la juste reconnaissance des qualifications, à l’opposé de ce qu’impose le protocole minoritaire PPCR dont nous demandons l’annulation.