SUICIDE D’UN AGENT DE LA POLICE MUNICIPALE

Vendredi 27 septembre nous avons rendu un dernier hommage à notre collègue Grégori Licari, qui s’est suicidé le 11 septembre dernier, à l’âge de quarante-six ans.

En tant que syndicat, nous ne pouvons que nous interroger sur le parcours qui amène un agent à cette extrémité.

Grégori, entré dans la collectivité en tant qu’ASVP, a servi pendant douze ans en tant que Garde Champêtre pour la ville de Villejuif, métier qu’il aimait dans son rapport de proximité avec la population. En 2016, à la création de la police municipale, il avait été intégré dans ses effectifs et il lui avait été demandé de passer des examens pour devenir policier municipal. De nombreux témoignages, et ce qu’il nous en disait lui-même, indiquent qu’il se sentait mis à l’écart, au rebut, déconsidéré, depuis notamment sa non-réussite aux examens.

Cela a entrainé chez lui un état dépressif. Il continuait pourtant à venir travailler, ce qui dans ces conditions demande chaque jour plus de courage que la veille. Puis il y a eût cet accident de trajet qui a entraîné son arrêt de travail puis il n’a pu reprendre, n’a pas envoyé ses arrêts de travail. Sa dépression en était la cause.

Sans chercher d’avantage, il a été radié purement et simplement de la fonction publique. Et donc, parce qu’il était en dépression, non seulement il a perdu son emploi, mais il lui était demandé de rembourser ses derniers salaires, une somme considérable pour un agent. Quelques jours après, il se suicidait.

Pouvons-nous aujourd’hui affirmer que tout a été fait pour permettre une autre issue ? Sommes-nous certains qu’un tel drame ne pourra pas se reproduire ? La CGT ne peut que répondre par la négative. Parce que comme d’habitude, personne ne répond aux questions légitimes que nous posons.

Devons-nous tous nous résoudre à voir ainsi partir un collègue sans nous demander ce que chacun d’entre nous aurait pu faire de plus pour lui, que nous soyons syndicaliste, élu municipal, chef de service, directeur ou simple collègue ?

Le premier drame est que Grégori n’est plus. Le second est que nous avons collectivement été incapables de le convaincre que cette issue est inacceptable.

Ces drames seraient sans doute aggravés si nous renoncions à nous soutenir les uns les autres, à nous montrer humains les uns envers les autres au milieu des réorganisations administratives, des changements de missions, des droits et des devoirs de la fonction publique. Tout cela ne vaut pas qu’on en vienne à renoncer à la vie. Tout cela ne vaut pas qu’on se montre violent ou méprisant les uns vis-à-vis des autres. Il faut que cela cesse. Il faut que nous revenions à de vraies valeurs humaines, ces mêmes valeurs qui insufflent le souffle à notre service public : la bienveillance, l’équité, la solidarité, les vertus d’égalité, de fraternité…

Grégori avait sans doute le sentiment que ces valeurs avaient disparu. Et quoi qu’il en soit, il n’a sans doute plus vu la lumière au bout du tunnel, et il n’a pas pu continuer. De nombreuses études le montrent : la qualité du travail, la marge de manœuvre au travail, la considération sont des éléments extrêmement importants pour aller bien. Il nous incombe donc collectivement de raviver cette lumière.

Grégori n’est pas le premier agent qui met fin à ses jours à Villejuif, et le Comité Hygiène Sécurité et Conditions de Travail a demandé une enquête sur la façon dont son dossier a été pris en charge. Il est impératif de chercher les causes (on ne parle pas de coupables) afin de pouvoir trouver des chemins autres qui permettent d’éviter que les choses en arrivent là à l’avenir. Ne pas vouloir s’y pencher serait criminel.

Aujourd’hui nos pensées vont à sa maman, son papa, à son épouse, à sa fille, dont nous partageons la douleur.

CHSCT : LE MESSAGE EST CLAIR…

Ne jamais commencer une phrase par « donc »…

Donc, cette fois ci ça y est, les déménagements des services ont commencé. Que le CHS CT se soit prononcé contre le 22 novembre dernier et ait posé un certain nombre de questions… Que la présidente du CHS CT ait demandé que les déménagements soient retardés pour respecter ces engagements… Le maire n’en a eu cure…

Donc : il est question de faire entrer dans des locaux inadaptés à ses besoins une police municipale, en bougeant pour cela trois ou quatre services (dans des locaux aussi inadaptés) qu’on regroupe avec deux ou trois autres (qui viennent de locaux inconfortables, certes) parce que… Parce que ! Et tout ça au détriment des services qui, chassés par l’incendie de Novembre 2015, sont toujours en train de camper et attendent la réhabilitation de leurs locaux (mais c’est pour bientôt, promis juré avec les doigts croisés)…

Bilan : la parole des instances, on s’assoit dessus… La concertation des agents, c’est même pas la peine d’y penser… Le bien être des agents et des conditions de travail qui prennent en compte leurs missions, on se demande bien pourquoi… Et respecter les normes en vigueur dans notre pays, c’est pas nécessaire…

On verra bien à l’usage, mais en tous cas, avec…

Déménageurs Bretons

… pas la peine de prendre le temps de la réflexion !

 

CHSCT2

Débrayage du 16 octobre (3)

16 octobre 3

Également entendu le 16 octobre. Une adresse aux élus, lue par une de nos militantes :

Nous avons pensé qu’il était important de revenir ensemble sur le contenu de notre engagement professionnel.

Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les élus, Mesdames et Messieurs les Directeurs Généraux et Généraux adjoint, vous avez devant vous des hommes et des femmes qui travaillent pour subvenir à leur besoin et à ceux de leur maisonnée. En cela ils méritent votre respect.

Vous avez devant vous des hommes et des femmes dotés de compétences professionnelles et la Ville a besoin de compétences professionnelles pour que ses actions se fassent dans le respect de la règlementation en vigueur.

Ces hommes et ces femmes perçoivent un salaire pour un temps de travail bien défini, en échange de leurs compétences. Ils ont le sens du service public et sont dotés de cerveaux qui leur permettent de faire face aux aléas quotidiens de la vie, tout en étant présents à leur poste le lendemain matin.

Vous avez des projets pour cette ville et nous avons les compétences. Nous sommes conscients des conséquences des baisses des dotations de l’état sur le budget de la ville, nous savons que nous pouvons rationaliser notre fonctionnement, mais ne nous demandez pas de faire rentrer un éléphant dans une boîte de conserve. Il nous faut des moyens Monsieur le Maire, pour travailler dans la sérénité, nous concentrer sur vos objectifs et les atteindre. Il nous faut un cadre honnête et protecteur. Aujourd’hui, des services se déchirent, l’absentéisme augmente, certains de nos collègues craquent et sont hospitalisés, d’autres nous parlent de suicide. Ce n’est pas un signe de bonne santé, ça Monsieur le Maire.

Le déni, la répression, le mépris, le mensonge, l’irrespect n’ont jamais produit de la richesse intellectuelle car le respect ne s’impose pas, il se gagne mutuellement. Nous vous donnons des clés Monsieur le Maire, saisissez-les et mettons-nous au travail.