REOUVERTURE DES ECOLES : LETTRE OUVERTE AU MAIRE DE VILLEJUIF.

Monsieur le Maire,

 

Lors de son allocution du 13 avril dernier, le Président de la République a annoncé le maintien du confinement le « plus strict » jusqu’au 11 mai. Selon ses mots : « le 11 mai, il s’agira de permettre au plus grand nombre de retourner travailler, redémarrer notre industrie, nos commerces et nos services. Le gouvernement préparera sans délai ces réouvertures avec les partenaires sociaux pour que des règles soient établies afin de protéger les salariés au travail. C’est la priorité… »

Vous le savez, la CGT, comme de très nombreuses autres organisations, constate le lien entre cette annonce et celle de la réouverture des crèches, écoles, collèges et lycées. Pourtant, cette décision est totalement incompréhensible si l’objectif est de combattre efficacement la propagation du virus. Elle l’est d’autant plus, qu’elle se trouve en totale contradiction avec la position et le choix prioritaire du gouvernement dès le début, puisqu’au nom de la sécurité et de l’efficacité le 16 mars dernier, il avait décidé de fermer tous les établissements de petite enfance et scolaires. Qu’est-ce qui a changé depuis le 16 mars pour que ce danger n’existe plus La seule explication est que l’école servira uniquement de garderie pour les enfants de salariés sommés de reprendre leur activité.

Cette annonce inquiète à juste titre vos administré.es pour la santé de leurs enfants, mais aussi pour le risque de propagation du virus qu’elle induit. Elle inquiète également les personnels des établissements scolaires et les enseignants eux-mêmes. Le simple bon sens les amène à faire le constat que même avec la meilleure volonté de tous les acteurs, le respect des gestes barrières, le respect des gestes barrière en milieu scolaire, la mise à disposition de protections individuelles, la distribution et la bonne utilisation de savon, constituent de grosses difficultés et un défi dangereux !

Et pourtant, si de son côté le Président de la République s’est contenté de l’annonce, la décision et les conditions de la mise en œuvre vous incombent. C’est vous, au titre des compétences qui vous ont été conférées en 2014 par les Villejuifois qui porterez la responsabilité de la propagation du virus si vous ne remplissez pas les conditions d’un accueil parfaitement sécurisé face au COVID-19 pour les élèves et pour l’ensemble des personnels des écoles.

Mais qui dit propagation, dit les premiers visés à savoir les familles, mais également tous les personnels dont le Code du travail et les Statuts engagent également votre responsabilité pénale d’employeur en matière de santé et de sécurité au travail.

C’est pourquoi, face à ce dilemme, la CGT vous demande de ne rouvrir les crèches, les écoles, à partir du 11 mai, que si l’ensemble des conditions et interrogations sont levées à savoir :

1°) Sommes-nous assurés que les opérations de nettoyage et de désinfection des locaux puissent être garanties le 11 mai tout en donnant les protections indispensables aux agents?

2°) L’ensemble des protections tant des personnels que des élèves sera-t-il disponible partout, notamment les masques pour toutes et tous ?

3°) Est-on assuré de pouvoir faire respecter les mesures barrières auprès des publics tous âges confondus notamment chez les plus jeunes ?

4°) Quelle organisation du suivi des agents par la médecine préventive, tant concernant leur situation familiale et personnelle, en amont de leur reprise d’activité ?

5°) La restauration scolaire pourra-t-elle se réactiver à la hauteur des besoins, dans le respect des mesures de protection et de sécurité, idem pour les activités périscolaires ?

6°) Quel accueil pour les enfants qui ne sont pas immédiatement concernés par la reprise de la classe et du statut des agents / parents, qui choisiront de les garder au domicile par peur du risque de transmission, ou bien dans la nécessité de garder un enfant non concerné par la reprise ?

7°) La collectivité a-t-elle les moyens de sonder les familles quant à leurs intentions de mettre ou pas leurs enfants à l’école afin d’adapter les moyens nécessaires en amont ?

Voilà autant de questions que nous sommes en droit de nous poser, et la liste n’est pas exhaustive. En conséquence, nous vous demandons de n’ouvrir écoles et crèches que si vous êtes convaincu qu’il n’y ait pas de risques pour la population ainsi que pour les agents.

En ce qui nous concerne, nous continuerons de défendre les intérêts professionnels et moraux des agents et seront vigilants, en responsabilité, aux garanties de protection sanitaire qui leurs seront dues si vous deviez choisir la réouverture des écoles et crèches.

Nous réitérons également notre demande de revenir immédiatement sur l’imposition de 5 jours de congés annuels et de 5 RTT ou de 6 CA pour tous les agents n’ayant pas de RTT, à l’ensemble du personnel municipal. Aussi, pour votre parfaite information, la fédération CGT des Services Publics a par ailleurs déposé un préavis de grève pour la période du mois de mai 2020 et que Nous déposerons également un préavis afin de protéger l’ensemble des personnels de la ville.

Au final, charge au gouvernement de prendre ses responsabilités, en arrêtant de souffler le chaud et le froid dans la gestion de cette crise partagée entre la lutte contre le virus et les intérêts financiers.

Sachant compter sur votre compréhension et prenant la pleine mesure de la situation qui vous incombe.

 Veuillez agréer, Monsieur le Maire, l’expression de notre haute considération.

 

LETTRE OUVERTE AUX CANDIDATS AUX ELECTIONS MUNICIPALES

Mesdames et Messieurs les candidats à l’élection municipale 2020 à Villejuif,

Vous avez décidé de présenter une liste pour briguer au mandat vous plaçant en position de gérer les affaires de la commune de Villejuif. Comme vous en avez certainement conscience, celui-ci implique non seulement d’organiser la vie de la commune et le service public rendu aux Villejuifois pour les affaires courantes comme pour les années à venir,  mais vous placera également en position d’employeur pour près de 1200 agents.

Nous, représentants du personnel CGT, souhaiterions recueillir votre positionnement sur ce que représentent pour vous d’une part  le service public, et d’autre part ceux et celles qui œuvrent à sa bonne exécution, à savoir les agents.

La situation des agents de la ville est critique : d’un côté, la précarisation des fonctionnaires est aggravée à cause de réformes gouvernementales, de l’autre, les agents de Villejuif souffrent d’une ambiance délétère et de conditions de travail très difficiles. Du mouvement social initié suite à une insuffisance des fournitures (parfois aussi basiques que le papier toilette dans les écoles) en 2015, au droit de retrait exercé par les agents de l’Épi d’Or en janvier dernier parce que le site était encombré de déchets à la suite d’une panne de leur outil de travail, les agents de Villejuif n’ont pas cessé de dire qu’ils voulaient mieux servir les Villejuifois mais qu’on ne leur en donnait plus les moyens.

À cela s’ajoutent les problèmes liés à des décisions prises sans transparence, et sans jamais associer les personnels en matière d’organisation du travail.

Les agents de la ville se posent des questions concrètes :

  • Quels sont vos engagements en matière de consultation du personnel et de dialogue social ?
  • Comment comptez-vous lutter contre les inégalités femme-homme au sein de la collectivité ?
  • Êtes-vous prêts à remettre à plat les questions de régime indemnitaires, et à faire en sorte que les critères et les conditions soient transparents, objectifs et accessibles par tous ?
  • Êtes-vous favorable à la prise en charge des activités sociales et culturelles par les agents eux-mêmes, par le biais du Comité d’Action Sociale et Culturelle, géré par les agents, plutôt que par le biais d’un prestataire privé ?
  • Êtes-vous prêt à l’arrêt de recrutements de précaires sur des besoins permanents ?
  • Êtes-vous prêt à développer une démarche de management alternatif au « management par la terreur et par le cri » actuellement en place ?
  • Êtes-vous prêt à de titulariser les agents en contrat à durée déterminée, leur permettant ainsi de sécuriser leur emploi, et d’accéder plus facilement, par exemple, à des logements ?
  • Êtes-vous prêt à l’arrêt des privatisations et le retour en régie de toutes les délégations de service public vendues au privé par l’exécutif sortant (entretien des rues, des écoles, travaux dans les bâtiments municipaux, etc…) ?
  • Êtes-vous favorable à une prise en charge des complémentaires « santé » et « maintien de salaire » pour les fonctionnaires à la même hauteur que celle pratiquée dans le privé (c’est-à-dire au minimum de 50%) ?

Nous espérons que vous voudrez bien apporter des réponses à ces questionnements. Nous ne manquerons pas de faire parvenir à nos syndiqués, et à tout agent qui réclamerait ces informations, voire, avec votre accord, à publier vos réponses sur notre blog.

Nous vous prions de croire, Mesdames, Messieurs, en l’expression de nos salutations distinguées.

LETTRE OUVERTE AUX AGENTS de la CGT-UGICT, en réponse aux mails de la DG sur les rémunérations des agents

Monsieur le Directeur Général  des Services,

Tous les agents de la collectivité de la ville de Villejuif ont été destinataires de votre courrier en date du 22 mai 2017, nous informant tous à quelques jours du paiement de notre salaire, que certains de nos collègues recevraient une rétribution diminuée.

Nous tenons à vous exprimer notre atterrement devant le procédé utilisé, tant sur  la forme que sur le fond.

1/ Tous les agents sont informés d’une diminution de rémunération qui ne concernerait que quelques-uns, entraînant un climat particulièrement anxiogène dans une collectivité où les risques psycho sociaux ont explosé.

2/ Au contraire,  les quelques agents concernés n’ont toujours pas été contactés par la RH à l’heure où s’écrivent ces lignes (les représentants du personnel en auraient été informés au moins par l’un d’entre eux, voire par tous !). Les agents  touchés ne sauront donc qu’à la veille du paiement de leur rétribution ou en constatant son montant amputé et  qu’en outre, ils devraient rembourser ce qu’ils auraient trop perçu !

Or, le Maire et la DG de cette collectivité sont informés depuis plusieurs mois de cette situation. Comment est-il possible que ces agents n’aient pas été contactés dès l’information reçue avec l’indication des risques encourus, et ce afin qu’ils puissent s’organiser et procéder aux contestations utiles ?

3/ Il est plus que regrettable que ce ne soit qu’à quelques jours de la rémunération défalquée que les organisations syndicales soient saisies d’une telle problématique, et sur laquelle il leur est demandé de contribuer à trouver une solution. Il y a plusieurs mois, nous aurions pu rencontrer le trésorier payeur général. Aujourd’hui, pour la paye de mai, la Direction Générale nous a rendus impuissants.

4/ Les organisations syndicales sont accusées de cette situation dramatique. Un comble !!! Cette présentation des faits totalement mensongère a manifestement pour but de dresser les agents contre leurs représentants syndicaux.

Doit-il vraiment être rappelé que c’est le Maire lui-même qui a réclamé un audit au trésorier payeur général  sur les rémunérations des chargés de mission, dont l’existence depuis longtemps pour une raison inconnue lui pose problème et des directeurs, ce dont il s’est targué lors du Conseil municipal du 14 octobre 2016 ?

Nous tenons à vous dresser un petit rappel des faits, puisque vous n’étiez pas présent ces 3 précédentes années :

A/ Les représentants du personnel n’ont eu de cesse de réclamer depuis 3 ans de la transparence tant sur la rémunération que sur les évolutions de carrière des territoriaux ainsi que des critères clairs, objectifs, vérifiables. Sans succès. L’opacité la plus totale leur a toujours été opposée !

B/ Le 12 Mars 2015, un rapport au Comité Technique, visant à augmenter la rémunération d’une seule personne de la Direction Générale, dont sa présentation démontre une illégalité, reçoit un avis défavorable.  Nous vous invitons à consulter le verbatim de la séance, les raisons qui ont mené au rejet de cette proposition y sont clairement exprimées.

Malgré plusieurs demandes des représentants du personnel, il n’a jamais été possible d’obtenir confirmation du respect de l’avis du CT, comme d’ailleurs pour tous les autres dossiers dont il est absolument impossible de soutirer le moindre suivi.

En conséquence, au regard de la suspicion légitime d’infraction, et comme c’est le droit mais aussi le devoir des représentants du personnel, nous avons interpellé le Trésorier afin que celui-ci procède au  contrôle nécessaire. Ce courrier, du 06 octobre 2016, nous allons le rendre public, puisque nous sommes livrés à la vindicte des agents. Ils pourront constater par eux-mêmes quelle était la demande. L’exemplarité nous paraissait plus  que nécessaire dans le cas d’espèce.

Mais comment osez-vous écrire aux agents ce mensonge éhonté : « À la suite d’un courrier envoyé par les Organisations Syndicales CGT-UGICT au trésorier principal, remettant en cause la rémunération de cadres de l’administration Générale, un contrôle par ce dernier a été réalisé sur les paies de la Direction Générale et des attachés de la ville. »

Ce alors qu’il s’agissait d’une réclamation du Maire, revendiquée par lui !

Donc nous posons la question : la volonté du premier magistrat de cette ville et de vous-même est-elle de distiller un climat de terreur en sous-entendant : « Voyez ce qui se passe quand vos représentants élus se permettent de réclamer l’application de la loi par ceux qui vous gouvernent ! »

Avons-nous bien compris le message ?

Enfin, plusieurs points de votre “Lettre aux agents” soulèvent de nombreuses interrogations : nous notons par exemple que Monsieur Le Maire “ordonne” à l’administration d’accélérer la mise en œuvre du RIFSEEP. Cet ordre est particulièrement ironique, voire particulièrement déplacé,  lorsqu’on  se souvient que nous sommes dans l’attente d’une date de réunion sur ce sujet,  dernière date promise pour “au plus tard décembre 2016”. Cela fait bientôt 3 ans que Monsieur le Maire s’est engagé à aborder la question du  régime indemnitaire, afin de lancer une négociation dessus. Si elle avait eu lieu, convenez que l’on n’en serait pas là aujourd’hui.

Toujours est-il que nous percevons une volonté de l’autorité territoriale de passer en force, sans concertation sur ce sujet comme sur tant d’autres. Nous en prenons bonne note et en tirerons toutes les conséquences qui s’imposent.

 

20170526 – LO UGICT au DGS