PETIT GUIDE DE SURVIE AU HARCÈLEMENT

On ne sait jamais, à toutes fins utiles :

  • Tenez un agenda à part où vous noterez les demandes contradictoires, les insultes, les menaces de votre harceleur. Ne faites pas confiance uniquement à votre mémoire.
  • Gardez tous ses écrits vers vous et toutes vos réponses. Notez les dates d’envoi et les intitulés des mails dans votre agenda.
  • Installez un enregistreur sur votre téléphone portable, et enregistrez les entretiens, systématiquement. Ça n’est pas recevable comme preuve au pénal, mais si les choses en viennent là, la police et/ou les instances administratives peuvent l’écouter. A Bobigny, c’est comme ça qu’une élue a obtenu la mise en examen d’un adjoint au maire – qui a ensuite été condamné pour violence en réunion.
  • Ne restez pas seul. Parlez en à vos collègues, parlez en au syndicat (de votre choix). Si un syndicat ne vous écoute pas, allez voir un autre syndicat.

Et surtout, surtout, n’oubliez pas : si on vous harcèle, ce n’est pas parce que vous êtes un mauvais professionnel, ou une mauvaise personne. C’est le harceleur, ou celui qui accepte de harceler sur ordre qui a un problème dans sa tête, pas vous. Vous, vous êtes une victime et c’est normal de vous sentir atteint, puisque quelqu’un exerce sur vous une forme de violence contre laquelle vous n’êtes pas en mesure de vous défendre seul, au quotidien. Gardez, autant que possible, chevillée à l’esprit la conscience de votre valeur professionnelle, et souvenez vous que vous n’êtes ni votre fonction, ni votre grade, ni votre mission, ni votre métier et qu’aucun harceleur, aucune brute, ne peut vous retirer ce que vous êtes.

Même en cas de faute, que ce soit dans le public ou le privé, vous conservez tous vos droits à un traitement mesuré et encadré par des règles et il est important de les faire valoir.

 

Le saviez-vous ? QU’EST CE QUE LE HARCELEMENT SEXUEL ?

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Le harcèlement sexuel se caractérise par le fait d’imposer à une personne, de façon répétée, des propos ou comportements à connotation sexuelle qui :

  • portent atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant,
  • ou créent à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante.

Est assimilée au harcèlement sexuel toute forme de pression grave (même non répétée) dans le but réel ou apparent d’obtenir un acte sexuel, au profit de l’auteur des faits ou d’un tiers.

Dans les 2 cas, le harcèlement sexuel est puni quels que soient les liens entre l’auteur et sa victime.

Dans le milieu professionnel, il y a harcèlement sexuel même s’il n’y a aucune relation hiérarchique entre vous et l’auteur des faits (entre collègues de même niveau, de services différents…)

Si l’auteur des faits a eu un contact physique avec vous il peut s’agir d’une agression sexuelle, plus gravement punie.

(Définition de service-public.com)

Ce qui peut passer pour de simples plaisanteries, ou pour cette fameuse gauloiserie invoquée jusque dans les hémicycles peut devenir, très facilement, source d’angoisse, de souffrance et détruire psychiquement une personne.

Mais, comme toujours, il n’y a pas les bons et les méchants, ceux qui seraient des harceleurs et ceux qui auraient la noblesse d’âme nécessaire pour ne jamais l’être. Les choses sont un peu plus compliquées. Il y a des relations entre les personnes et des limites qui sont différentes pour les uns et pour les autres, en fonction des individus auxquels ils s’adressent et du degré d’affectivité que va revêtir leur relation. Il est fort peu probable que qui que ce soit se lève un matin et décidé d’être un harceleur… Malheureusement, les chiffres sont là…

Aussi, dans toutes les situations de la vie courante il est de bon ton de toujours se demander quelles sont les limites, d’éviter de les dépasser. Sur son lieu de travail, il convient de se garder de tout comportement équivoque. En d’autres termes, il faut adapter le type de rapport qu’on entretien à autrui en fonction du lieu dans lequel on se trouve et de l’objectif social qui lui est dévolu… Les personnes ne sont pas censées interagir entre elles de la même façon en boîte de nuit et sur leur lieu de travail – si surprenant que cela puisse être pour certains… Et dans tous les cas s’assurer que son comportement n’indispose pas l’autre est le B.A. BA des relations humaines.

QUELQUES CHIFFRES

80% des femmes salariées considèrent que, dans le monde du travail, les femmes sont régulièrement confrontées à des attitudes ou comportements sexistes (contre 56% des hommes).

Source : CSEP / Avis n°2014-0403-001, L’étude sur les relations de travail entre les femmes et les hommes sur la base d’une consultation des salariés de neuf grandes entreprises françaises 

1 femme sur a été victime de harcèlement sexuel au cours de sa vie professionnelle.

5% seulement des cas ont été portés devant la justice.

 Source : Enquête IFOP pour le Défenseur des droits – mars 2014

Des cas de harcèlement sont dénoncés par 17% des femmes, d’agressions verbales par 8,5% des femmes, d’agressions physiques par 0,6% des femmes, de destructions du travail et de l’outil de travail par 2,2%.

Source : Enquête nationale sur les violences envers les femmes en France (ENVEFF) 2000, in Chiffres Clés 2010, l’égalité entre les femmes et les hommes, encadré p. 56.

 

 

 

HARCÈLEMENT MORAL ET SOUFFRANCE AU TRAVAIL

SuperCHSCT

Le site Espace CHSCT revenait récemment sur la question du harcèlement moral au sein de France Télécom (devenu Orange). Cet exemple de France Télécom nous interpelle d’autant plus qu’il a été évoqué lors du Conseil Municipal du 24 juin, dans le cadre du débat autour des rapports de la Médecine du Travail, de la Psychologue du Travail et de l’assistante sociale, présentés lors de la séance commune CT/CHSCT du 21 juin, et suscité un vif débat entre les conseillers municipaux – l’un d’entre eux arguant que la souffrance des agents n’était pas imputable à la politique managériale de l’entreprise – ni à Villejuif, ni donc, à France Télécom.

En gros, le problème ce sont les agents qui sont trop sensibles.

Il semble bien que la justice ne l’ait pas entendu de cette oreille et qu’une évolution des mentalités au sein des entreprises ait généré quelques progrès en la matière. Ce n’est pas dommage…

Aussi nous espérons que notre employeur, prendra, malgré les postures de certains élus municipaux, la mesure de ce que représentent les Risques Psychos Sociaux, de ce que sont véritablement le harcèlement, la souffrance au travail, le burn-out, le bore-out, avant que nous ayons à déplorer une tragédie.

C’est à cette fin d’ailleurs que le CHSCT a décidé que devait être dressé un diagnostic des Risques Psycho Sociaux, dont la première étape sera la réalisation d’une enquête auprès de tous les agents de la collectivité. La première nécessité c’est de se poser des questions.

En effet, il est simpliste de décrier toujours les agents qui seraient « trop fragiles », de ne pas réaliser que le harcèlement nait souvent de la pression exercée par les décideurs de l’entreprise « pour le bien de l’entreprise » (ou de la collectivité), de croire que ça n’arrive qu’aux autres et d’être harcelé ou de devenir harceleur, et qu’une éventuelle fragilité ne naîtrait pas de conditions de travail difficiles… Le premier pas est forcément une prise de conscience, la reconnaissance de l’existence de ces problématiques et leur prise en compte dans la politique managériale d’une entreprise, ou d’une mairie.

Espérons qu’à Villejuif, nous saurons apprendre rapidement.

Espace CHSCT – Harcèlement au travail : ce qui a changé depuis l’affaire France Télécom

Le parquet de Paris a récemment demandé le renvoi en procès pour « harcèlement moral » contre France Télécom et son ex-patron Didier Lombard. Entre 2008 et 2009, 35 cas de suicides ont été recensés. Depuis, les entreprises ont pris des mesures.

Il y a eu un processus de déni et d’attaque de la part de France Télécom », affirme Sébastien Crozier. En 2008, le président du syndicat CFE-CGC Orange, rapporte auprès des dirigeants de l’entreprise la situation d’urgence dans laquelle se trouvent les salariés de France Télécom. En vain. Les signaux d’alerte lancés par les syndicats ne sont pas entendus. Au cours des années 2008 et 2009, 35 suicides sont recensés.

« Ceux qui ont refusé de nous écouter à cette époque, ce sont eux qui sont inculpés aujourd’hui », explique François Cochet, directeur des activités santé au travail de Secafi.”

Le 7 juillet dernier, c’est-à-dire sept ans plus tard, les anciens dirigeants sont amenés à comparaître devant la justice. Le parquet de Paris a demandé un procès pour harcèlement moral contre France Télécom et son ex-patron Didier Lombard, ainsi que sept des dirigeants de l’époque. L’entreprise et son ancien PDG sont soupçonnés d’avoir mis en place une politique de déstabilisation des salariés pour accélérer les départs au sein de l’entreprise qui ont entraînés une vague de suicides. Le scandale a déclenché « une prise de conscience collective », selon Jean-François Naton, conseiller confédéral CGT. Mais qu’en est-il aujourd’hui ?

Les modes d’organisation sont délétères »

France Télécom est un contre-modèle pour les entreprises et « reste dans les esprits, explique Sébastien Crozier. Les entreprises ont pris conscience que les personnes fragiles pouvaient retourner la violence sociale contre elle-même ». A la suite du choc provoqué par cette affaire très médiatisée, les pouvoirs publics lancent un plan d’urgence pour la prévention du stress au travail en 2009. L’objectif ? Aborder la question des risques psychosociaux dans les entreprises françaises.

« Ce plan a permis de donner des moyens et de caractériser les choses », rapporte le ministère du Travail. Pour Jean-François Naton, conseiller confédéral de la CGT en charge de l’activité Travail/santé/Protection-Sociale, la situation a évolué dans certaines entreprises car cela à fait surgir le débat sur la qualité de vie au travail.

« L’irresponsabilité managériale peut maintenant être sanctionnée. Ils ne peuvent pas dire ‘on ne savait' », précise-t-il.”

Nouvelle formation en management, meilleure prise en compte de l’équilibre vie professionnelle-vie privée, mise en place de baromètres sociaux afin de détecter les cas complexes ou difficiles… De nombreuses sociétés ont pris des mesures et lancé des états des lieux sur les risques psychosociaux. Des mesures nécessaires mais qui sont encore « insuffisantes », selon Martine Keyrer du syndicat CFE-CGC. « Ce qui a été fait après France Télécom n’a pas fonctionné. Les sociétés refusent de toucher à l’organisation du travail. Des lignes d’écoute sont mises en place, les salariés sont redirigés vers le médecin du travail mais ça ne suffit pas. Nous n’avons pas avancé sur les risques psychosociaux », ajoute-t-elle.

« Les entreprises adoptent encore un modèle d’organisation du travail productiviste qu’elles pensent efficace alors que ce n’est plus le cas, explique François Cochet. Il y a beaucoup de conformisme dans la façon d’organiser le travail. Les modes d’organisation sont délétères ».

« France Télécom est désormais en avance »

Chez France Télécom, devenu Orange, la situation s’est apaisée. Et le dialogue social a été rénové. Un accord pour la prévention du stress a été conduit. Tous les trois ans, une enquête de grande ampleur est menée à ce sujet.

“Cela permet d’analyser les évolutions avec du recul, souligne le directeur des activités santé au travail de Secafi. Il y a une réelle écoute de ce que disent les représentants du personnel. Au final, France Télécom est désormais en avance sur certaines entreprises”.

Mais pour Jean-François Naton, « les changements radicaux » ont été opéré dans les « sociétés exposées mais pas dans les autres entreprises ».

Le conseiller confédéral CGT a participé auprès du ministère du Travail à l’élaboration du nouveau plan santé au travail pour 2016-2020. « Le contenu du plan est jugé positif. Nous sommes passés d’une politique de réparation à une politique de prévention. Il faut désormais passer à l’action », ajoute-t-il. Le plan s’appuie sur un changement d’approche de la prévention. Il met l’accent sur ses retombées positives, en termes d’amélioration du bien-être des travailleurs comme de la performance de l’entreprise. Comme l’affirme Martine Keryer :

« Un salarié serein dont le travail est reconnu va être plus productif et créatif ».

LETTRE OUVERTE

FB_IMG_1449813745570Lettre ouverte à Monsieur le Maire de Villejuif,

Un article a été publié le 26 avril par le journal « Le Parisien » relatant les témoignages d’agents sur la façon inacceptable dont ils sont traités, leurs conditions dégradées de travail comme celles d’autres personnels et ce sans motif inhérent à la qualité du service qu’ils rendent.

De votre côté, vous avez été interviewé et dans ce cadre vous avez affirmé ne pas être informé des faits relatés par ces agents.

En notre qualité de représentants syndicaux du personnels, nous vous avons à plusieurs reprises, oralement et par courrier, informé et sollicité sur les conditions de travail de nombreux agents et sur l’ambiance générale délétère à laquelle est confronté l’ensemble des personnels de la collectivité.

Monsieur le Maire, comment pouvez-vous ainsi nier éhontément nos interpellations ?

Nous tenons à démentir publiquement vos affirmations erronées, ne serait-ce que pour faire savoir aux personnels concernés qu’ils ne sont pas seuls, que comme c’est déjà le cas pour beaucoup d’entre eux s’ils le souhaitent nous les accompagnerons et nous battrons à leurs côtés à chaque fois que nécessaire pour que leurs droits soient respectés, pour que la gestion des personnels au sein de la collectivité soit conforme aux droits des travailleurs et aux statuts de la fonction publique territoriale, pour que les valeurs de la république française en matière de liberté d’opinion et de respect des personnes ainsi que les lois qui en découlent soient appliquées.

Non, Monsieur le Maire, vous et vos adjoints n’êtes pas sans savoir qu’un grand nombre de personnels est en souffrance, que ceci est imputable à la façon dont vous, vos adjoints, vos conseillers municipaux, vous comportez vis-à-vis des agents quels qu’ils soient et à commencer par les cadres à toutes les strates de l’organisation hiérarchique de la collectivité.

Non, Monsieur le Maire, dans les faits relayés par « le Parisien », vous ne pouvez pas vous défausser de votre responsabilité sur l’équipe de la Direction générale qui travaille dans un climat et selon des procédures de décision qui la privent des moyens élémentaires nécessaires pour pouvoir garantir des conditions propices à un management favorable au bon fonctionnement de la collectivité.

Nous dénonçons et refusons régulièrement l’absence totale de considération pour les personnels, votre refus systématique de tout dialogue social, la façon dont vous bafouez les instances statutaires pour ce faire. Nous nous battrons pour nous faire respecter collectivement.

Les organisations syndicales.