GOODYEAR : L’ACHARNEMENT CONTINUE

GoodyeaLa mobilisation des Goodyear visait en premier lieu à défendre l’emploi dans une région sinistrée industriellement. Le tribunal d’Amiens vient de rendre son verdict dans le procès en appel.

Une relaxe totale pour l’un des huit ex-salariés et des peines de prisons avec sursis jusqu’à 12 mois pour les sept autres, avec une mise à l’épreuve de cinq ans et l’inscription au casier judiciaire.

C’est totalement inacceptable que la justice s’acharne, alors même qu’il n’existe plus aucun plaignant, la direction de l’entreprise et les cadres ayant retiré leurs plaintes.

Comment donc, justifier cette décision, si ce n’est de vouloir éteindre toute forme de contestation des salariés face à des décisions d’entreprise iniques et injustes.

C’est une nouvelle atteinte contre la démocratie sociale et le droit dans notre pays.

Le combat pour la relaxe doit continuer, être syndiqué, défendre l’emploi, ne doit pas être un délit.

La CGT restera mobilisée contre toute atteinte aux libertés syndicales.

Montreuil, le 11 janvier 2017

GOODYEAR : PREMIÈRE VICTOIRE

Ce sera la première victoire d’une longue série.

La prison ferme est évitée, la mise à l’épreuve abandonnée.

La condamnation à 24 mois de prison avec sursis reste un scandale immonde.

On a pu lire dans la presse que la sévérité envers les Goodyear par rapport à ceux d’Air France était injustifiée parce qu’à Goodyear aucune violence n’avait été exercée…

Pourtant dans les deux cas, deux violences ont bien été exercées : la violence des patrons qui licencient alors que leur entreprise engrange de confortables profits et que leurs actionnaires bénéficient de larges dividendes, et la violence de l’état qui envoie sa police pour faire le sale travail et arrêter chez eux ceux qui se battent pour garder leur emploi.

A l’heure où le « dialogue social » se résume trop souvent à un dialogue de sourds, il est grand temps que ceux qu travaillent rappellent à ceux qui gagnent de l’argent grâce à ce travail qu’ils ne sont pas des esclaves ou des serfs et que la justice vaut pour tous.

Les Goodyear ont raison.


Et vous pouvez retrouver toutes les images de la mobilisation du 19 et 20 octobre à Amiens sur le site de Là bas si j’y suis.

LIBERTES SYNDICALES…

GoodyeaLa CGT donnait rendez-vous aujourd’hui à Amiens comme dans plus de 40 villes dans toute la France, aux salariés et aux citoyens qui refusent la criminalisation de l’action syndicale.

Aujourd’hui comparaissaient en appel au tribunal 8 salariés dont 5 militants CGT de Goodyear ; 10000 manifestants ont accompagné les camarades jusqu’au palais de justice et leur ont apporté leur entière et franche solidarité.

Une journée confédérale d’action rythmée par un meeting permanent sur Amiens, alimenté de prises de paroles de plusieurs responsables syndicaux comme Philippe Martinez, mais aussi du monde du spectacle, du secteur associatif et des personnalités politiques. Tous sont venus soutenir les Goodyear mais aussi défendre les libertés syndicales et demander un autre traitement de l’action collective dans ce pays.

Un grand moment de débats, d’expressions et de fraternité pour dire non à l’arbitraire patronal et gouvernemental, car pour la CGT comme pour beaucoup d’autres mobilisés ce 19 octobre, il ne s’agit là que d’une décision éminemment politique visant à poursuivre la criminalisation de l’action syndicale et une attaque grave contre les libertés d’expressions, contre ceux qui contestent les contours d’une société imposés par les libéraux ou pseudo libéraux de tous bords.

Trop régulièrement, les militants syndicaux sont discriminés, intimidés, mis à pied, bloqués dans leur carrière, licenciés, quand ils ne sont pas traînés devant les tribunaux. La liberté syndicale est un droit humain universellement reconnu, parce que, sans elle, «  il n’y a pas de conquêtes sociales  », il s’agissait aujourd’hui de lancer sur tout le territoire et particulièrement d’Amiens un signe fort de mécontentement, de colère au gouvernement, au patronat, et à certaines formations politiques.

La CGT sera toujours aux côtés de ceux qui luttent pour un avenir meilleur. Parce que les salariés qui ont décidé de ne plus rester seul face à leur direction et de se rassembler avec d’autres collègues dans un syndicat et de porter leurs aspirations, leurs revendications, ne sont ni des criminels, ni des délinquants mais aspirent tout simplement à mieux vivre dans et hors du travail.

Parce que le mouvement syndical permet de gagner des avancées sociales et de défendre le salarié dans l’entreprise et qu’il ouvre par son renforcement de véritables perspectives d’émancipation, le droit syndical doit être renforcé et non pas stigmatisé ou criminalisé. Dans ce sens, la CGT demande la relaxe des huit de Goodyear, l’arrêt de toutes les entraves à l’action syndicale et une loi d’amnistie pour tous les militants syndicaux condamnés ou traduits devant la justice.

Montreuil, le 19 octobre 2016

RELAXE POUR LES GOODYEAR

Ci dessous, un message de Mickael Wamen, ancien secrétaire de la CGT Goodyear, qui nous appelle tous à être présents le plus nombreux possibles les 19 et 20 octobre à Amiens, pour soutenir les 8 anciens employés de l’usine, syndicalistes, condamnés à 24 mois de prison pour avoir « séquestré » leur ancien DRH dans le cadre d’un mouvement social généré par l’annonce de la fermeture de leur usine.

Bien évidemment les organisations syndicales des territoriaux de Villejuif ont, comme la Fédération CGT des Services Publics, déposé un préavis de grève pour ces deux journées.

Le combat des Goodyear, qui a commencé longtemps avant les arrestations et les salles d’audience, c’est malheureusement notre combat à tous, que nous soyons syndiqués ou non. C’est un combat que nous menons toute notre vie, que nous le voulions ou non. Toute notre vie, nous devons lutter pour assurer notre subsistance. Et constamment, la société qui se prétend solidaire, qui nous reconnaît même dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, le droit à travailler, le droit à  nous loger, impose que nous gagnions notre vie.

Ce que les patrons de Goodyear ont fait, c’est d’empêcher ces gens, et tous leurs collègues de l’usine, de gagner leur vie.

On pouvait entendre ce matin un candidat à la primaire de droite affirmer qu’il fallait en finir avec le chômage de masse et que la suppression des allocations inciterait les chômeurs à se remettre au travail. Mais le chômage de masse est avant tout causé par la disparition de l’emploi, pas par un manque de volonté de travailler. De quel droit peut-on culpabiliser les gens ainsi pour un état de fait qui leur est complètement étranger ?

Nous sommes à la merci de nos employeurs.

Et ce qui nous défendait de l’esclavage, jusque là, c’était le droit.

Aujourd’hui, la justice se retourne contre des syndicalistes.

Aujourd’hui des collectivités veulent supprimer les Bourses du Travail.

On oublie un peu facilement quel prix la classe ouvrière a payé pour que nous en soyons aujourd’hui à une société de service, où la majorité de l’emploi est dans le tertiaire. On oublie les morts, les fusillades pendant les manifestations du début du XXème siècle, les morts… Par exemple lors de la manifestation de 1908 à Villeneuve Saint Georges

On a oublié tout cela. On a oublié comment le syndicalisme est né, et pourquoi.

Mais pour que la justice et l’État veuillent aujourd’hui mettre ces camarades en prison, alors qu’ils ne faisaient que lutter pour le maintien de leurs emplois et ceux de tous leurs collègues, il faut bien que dans ces sphères certains se souviennent que les syndicalistes sont la voix de ceux qui n’en ont aucune autre. Et c’est cette voix là qu’ils veulent faire taire.

Tous à Amiens.

Parce qu’aujourd’hui, tous les syndicalistes veulent que le dialogue social fonctionne. Mais ce sont les seuls à vouloir jouer le jeu.

Et que si la punition doit être la prison, ou pire, quand le dialogue n’aboutit pas, alors nous ne sommes plus dans une démocratie – et cela impose d’en tirer les conséquences.


Les 19 et 20 octobre 2016 à Amiens avec les 8 Goodyear : LE MESSAGE de Mickaël WAMEN

À nos camarades, collègues, frères de lutte ….

Les 19 et 20 octobre 2016 à Amiens nous serons 8 ex Goodyear devant la cours d’appel pour exiger une relaxe , nous avons été condamné à 24 mois de prison dont 9 fermes.

Cette condamnation nous a plongé dans un profond désarroi, une profonde colère face à une injustice énorme.

Chacune et chacun d’entre vous aurait pu être à notre place, Comme l’a dit le procureur, dommage pour vous c’est votre nom qui a été donné !!!

Nous étions plus de 1000 quand Goodyear a fermé notre usine et vous étiez plus de 1000 à m’applaudir alors que je m’effondrais de savoir que plus jamais nous ne serions tous ensemble dans notre usine.

Aujourd’hui encore, je souffre énormément de savoir que ce groupe qui fait des milliards de profits nous a jeté à la rue comme des moins que rien…

Nous sommes une grande majorité à n’avoir trouvé aucune solution viable pour notre avenir, malgré les annonces mensongères de Goodyear, la réalité pour nous c’est le chômage …

Mais pour 8 d’entre nous, c’est en plus le risque d’aller en tôle et là être détruit totalement !!!

Je n’ai jamais compté mes jours, mes mois, mes années à vous défendre, j’ai souvent été l’homme à abattre , j’ai mis toute mon énergie à vous défendre le mieux possible ET j’aurai tant aimer de pouvoir encore aujourd’hui vous rencontrer sur le site, sur les machines et dans les bureaux…

J’ai vécu la fermeture comme la chose la plus difficile à vivre de toute ma vie, j’ai perdu énormément le jour où le site à cessé de produire et à fermé ses portes …

Pendant des mois, dans les commissions de suivi, j’ai œuvré avec mes camarades à améliorer sans cesse le contenu de vos droits et alors que j’essayais d’avancer. Ce jugement est venu me rappeler que Goodyear avait comme allié l’État pour ce venger !!!

Cette condamnation est aussi la vôtre, elle vient nous rappeler à toutes et tous que la multinationale n’a jamais accepté notre combat de plus de 7 ans et qu’ils veulent nous le faire payer !!!

Les 19 et 20 octobre, je serai aux côtés des 7 autres condamnés, tous des frères de lutte qui n’ont rien fait de plus ou de moins que celles et ceux qui, pendant cette période, sont entrés et sortis de cette salle …

Je n’ai jamais hésité une seule seconde à venir dès qu’il fallait vous défendre, j’ai toujours mis en avant notre combat et il est toujours passé avant d’autres intérêts pour moi …

Aujourd’hui j’ai besoin de vous, nous avons les 8 condamnés besoin de vous, de votre présence en nombre, depuis la condamnation nous avons parcouru toute la France et même au delà des frontières, partout nous avons eu le même accueil de personnes à la fois choquées et déterminées à venir le jour de l’appel à Amiens.

Il y aura énormément de monde pour venir nous soutenir et au delà soutenir tou(te)s celles et ceux qui souffrent de répression dans notre pays, votre place à vous les Goodyear est donc d’être à nos côtés comme je l’ai toujours été quand vous en aviez besoin.

Au nom des 8 martyrs de Goodyear je vous remercie par avance de votre présence et vous donne rendez avec mes 7 autres camarades devant le tribunal d’Amiens les 19 et 20 octobre 2016.

Nous vous donnons rendez-vous à 8h au parc Saint Pierre devant la scène, je prendrai la parole dès 8 heures et vous nous accompagnerez, nous les 8 de Goodyear jusqu’au tribunal.

Fier d’être un Goodyear, fier d’être des vôtres…

Pour les 8 condamnés

Mardi 11 octobre 2016
Mickaël WAMEN
Secretaire CGT Goodyear


TOUS A AMIENS

Le 19 octobre est prévu un grand rassemblement à Amiens afin de lutter contre toutes les discriminations syndicales ainsi que pour soutenir nos 8 camarades de GOODYEAR qui risquent 9 mois de prison ferme pour avoir essayé de sauver leurs emplois !
L’UD CGT 94 affrète 3 cars dont 1 au départ de l’UL de Villejuif le 19/10 à 7h00 pour un retour dans la soirée.

VOUS POUVEZ VOUS Y INSCRIRE

JUSQU’AU 12 OCTOBRE.
Soyons nombreux à défendre nos droits lors de cette initiative très importante !
Plus que jamais nous avons besoin de toutes et tous pour réussir ce rapport de force et ainsi venir en aide aux camarades victimes de ces discriminations.
ON LÂCHE RIEN NI PERSONNE !

SYNDICALISTES, PAS VOYOUS…

Rendez-vous libertés syndicales

Après le passage en force de la loi Travail, les représailles pour ceux qui ont osé contester l’autorité d’un gouvernement de plus en plus répressif. La criminalisation de l’action syndicale est en cours. Soyons nombreux pour soutenir nos camarades.

Des préavis de grève ont été déposés pour ces dates.

Nous tâcherons de vous tenir au courant des rendez-vous de nos camarades devant les tribunaux…