VIE DE MERE : TOUS AU FRONT !

Un des problèmes dans l’égalité homme/femme c’est que bien souvent, c’est sur les femmes que repose l’éducation des enfants. C’est pas un jugement, c’est une statistique.

Du coup, dans une carrière, ça fait des trous. Et au final, ça impacte la retraite des femmes. Sans parler du frein que ça met à leur progression de carrière. Ca impacte aussi la santé de celles qui se retrouvent à faire des fausses couches sur leur lieu de travail.

Mais du coup aussi, est-ce que ça n’affecte pas du tout ces messieurs ? Est-ce qu’ils ne souhaitent pas eux aussi s’investir dans leur vie familiale ? Est-ce qu’au minimum ils ne devraient pas en avoir la possibilité ? Est-ce qu’ils peuvent en avoir la possibilité tant qu’existe cet état d’inégalité entre « le parent impliqué dans sa vie de famille » et « le parent qui sacrifie sa vie de famille à sa carrière » (pour faire un immense raccourci) ?

Alors qu’est-ce qu’on peut faire ?

Mieux indemniser le congé parental

Aujourd’hui, sa rémunération est faible : son montant forfaitaire de base est de 390€. Cela incite d’autant moins les pères à prendre un congé parental qu’ils gagnent en général plus que la mère, de sorte qu’une prise du congé par cette dernière représente un manque à gagner moins important pour le ménage que si c’est le père qui cesse ou réduit son activité. Un autre type de calcul de la prestation, au bénéfice des pères comme des mères, pourrait être imaginé avec une allocation forfaitaire de base à laquelle s’ajouterait un montant variable proportionnel au salaire antérieur à la cessation de l’activité.

Obtenir la validation gratuite des périodes de congé parental pour tous les droits à retraite et non plus seulement du régime de base des salariés comme aujourd’hui mais également pour le régime complémentaire (Agirc-Arrco).

 

Allonger la durée du congé de paternité

 Allonger la durée du congé de paternité et d’accueil de l’enfant à 1 mois avec maintien intégral du salaire.

30% des pères ne prennent pas leur congé de paternité. Dans un contexte où il y a encore trop souvent des discours culpabilisateurs pour les pères qui le prennent, les accords d’entreprise et de branche doivent se donner comme objectif d’arriver à 100% de pères faisant valoir ce droit avec des mesures les incitant à le prendre. Le rallonger et mieux le rémunérer peut permettre un meilleur partage des tâches parentales et domestiques.

Aujourd’hui, le congé de paternité est d’une durée maximale de 11 jours consécutifs (samedi, dimanche et jour férié compris). L’indemnité journalière versée pendant ce congé est égale au gain journalier de base (salaire moins un taux forfaitaire de 21%) calculé sur les salaires des 3 mois précédant le congé, pris en compte dans la limite du plafond mensuel de la sécurité sociale (3 218,00 euros au 1er janvier 2016).

Aujourd’hui, le montant maximum au 1er janvier 2016 de l’indemnité journalière versée pendant le congé de paternité et d’accueil de l’enfant est de 83,58 euros par jour.

C’est le même mode de calcul que pour les femmes en congé de maternité.

Au niveau de la branche et de l’entreprise, de meilleures conditions d’indemnisation peuvent être négociées jusqu’au maintien intégral du salaire. Au niveau légal, une meilleure indemnisation de ces congés pourrait consister en la prise en compte du gain journalier de base au-delà de la limite du plafond de la sécurité sociale.

Instaurer des autorisations d’absence de l’entreprise

Instaurer des autorisations d’absence de l’entreprise pour motif familial avec maintien intégral du salaire. Il peut s’agir par exemple de congés de présence parentale, de jours enfants-malade, de temps pour accompagner sa conjointe enceinte à tous les examens médicaux obligatoires, pour l’acclimatation à la crèche, pour la rentrée des classes ou bien encore pour les rencontres parents-professeurs.
POUR OBTENIR DE NOUVEAUX DROITS :
TOUS EN GREVE LE 8 MARS 2017 !

BILAN SOCIAL 2016 : CE QU’IL AURAIT FALLU NOUS DIRE

BB CGTDans le Bulletin d’Information du Personnel n°37 de septembre/octobre, on nous présente le Bilan Social de la collectivité – qui a été étudié lors de la séance commune du Comité Technique / CHS CT du 21 juin 2016.

L’article du Bulletin d’Information du Personnel présente les choses sous un angle positif, mais notre analyse est légèrement différente. Elle porte sur une comparaison des chiffres, des rapports sur l’état de la collectivité au 31 décembre 2013 et 2015, chiffres communiqués par notre employeur au Comité Technique et au Comité d’Hygiène et de Sécurité et Conditions de Travail.

Elle a été réalisé par les représentants du personnel pour mesurer ‘’l’évolution négative’’ des services de la mairie (et du CCAS). C’est beaucoup de chiffres, mais c’est tout de même assez parlant…

 

LES EFFECTIFS : EMPLOIS PERMANENTS RÉMUNÉRÉS

Nature 2013 2015 Différences
Fonctionnaires permanents TC 1018 962 -56
Dont TP 28 28 0
Fonctionnaires permanents TNC 10 7 -3
Sous-total 1028 969 -59
Non titulaires 183 159 -24
Dont TP 0 0 0
Effectif global des permanents 1211 1128 -83

TP : temps partiel                  TNC : temps non complet

Une perte sèche de 83 postes sur 2 ans ! Postes qui n’ont pas été nécessairement supprimés au tableau des effectifs, mais gelés. Il est à noter que le rapport du médecin de prévention présenté lors de la séance commune du 21 juin 2016 fait état d’un nombre de plus de 200 agents stagiaires et titulaires en moins entre les chiffres déclarés en 2014 et ceux de 2015.

Encore une fois, il faut garder à l’esprit que ça, c’est juste le bilan de l’année 2015 : il y a fort à parier qu’en 2016, le mouvement s’accélère.

 

LA CARRIÈRE

Nature 2013 2015 Différences
Stagiaires titularisés 55 33 -22
Prolongations de stage 1 2 +1
Non titulaires nommés stagiaires 21 10 -11
Avancements de grade 111 62 -49
Avancements d’échelon 401 450 +49
Promotions 8 12 +4
Globalisation des actes 597 569 -28

Un bon point pour la promotion et les avancements d’échelon, mais qui n’est dû qu’à un simple effet mécanique : le Glissement Vieillesse Technicité et non pas à une volonté locale de promouvoir les agents. Pour le reste, nous sommes dans le négatif.

 

LES TRAVAILLEURS HANDICAPÉS

Mesure 2013 2015 Différences
En nombre 76 73 -3
En % 76×100/1211= 6,28 73×100/1128= 6,47 +0,19
Unités déductibles 0,11 0,22 +0,11

A priori, notre obligation en termes d’emploi de travailleurs handicapés est conforme (6% au minimum).

 

RÉMUNERATIONS BRUTES ANNUELLES TITULAIRES ET NON TITULAIRES

Personnel 2013 2015 Différences
Fonctionnaires

Rémunérations annuelles brutes

Dont primes et indemnités

Dont autres primes et indemnités, IHTS

Dont NBI

 

 

26 570 241

1 554 114

 

3 913 615

189 836

 

 

25 796 326

1 490 721

 

3 870 929

170 876

 

-773 915

 

Non titulaires

Rémunérations brutes annuelles

Dont primes et IHTS

 

 

3 563 258

634 014

 

 

3 136 103

697 039

 

 

-427 155

 

Emplois non permanents

Assistantes maternelles

Autres agents

Sous total

 

totaux

 

165 676

1 730 702

1 896 378

 

32 029 877

 

?

306 985

306 985

 

29 239 414

 

?

/

-1 589 393

 

–          2 790 463

 

Les 773 915 € de moins pour les stagiaires et titulaires sont la conséquence logique des suppressions ou gels de postes par dizaines, les moins 427 155 € pour les non titulaires correspondent aussi à des suppressions et ceci est encore plus vrai pour les emplois non permanents, avec une dépense minorée de 1 589 393 €. Que du négatif !

Ces totaux correspondent a priori aux rémunérations indiciaires et nous constatons une différence significative de l’ordre de -2 790 463 €, soit une diminution de 9,54%. Or, si nous prenons le total des dépenses en personnel des années 2013 et 2015, il s’avère que nous sommes passés de 46 994 558 € (2013) à 48 599 361 € (2015), alors pourquoi cette différence positive de 1 604 803 € qui correspond à une augmentation de 3,41% ?

Considérant que ces rapports d’activités ne sont pas accompagnés par des notes explicatives, nous avons cherché à comprendre ces écarts considérables et nous avons pu dégager quelques explications plausibles dues à des décisions locales ou nationales qu’il conviendrait de vérifier et d’ajuster : Une cotisation ASSEDIC (choix politique), le versement des Allocations Perte d’Emploi (APE) (choix politique), une augmentation des cotisations ‘’retraite’’ (mesure nationale), un Glissement Vieillesse Technicité, plusieurs congés spéciaux pour (choix politique), des réintégrations (choix politique), des emplois d’avenir (choix politique), régime complémentaire de protection sociale (mesure nationale)…

Il est à noter aussi que le montant des heures supplémentaires rémunérées est passé de 16 164,72 € en 2013 à 14 096,24 € en 2015, soit 9% de moins. Cela ne correspond pas à une diminution des heures supplémentaires effectuées…

Qui plus est avec une telle économie, comment justifier – par exemple – le fait de vouloir à toute force passer du CASC au CNAS, ce qui de l’aveu de monsieur le maire lui même ne constitue une économie que de soixante mille euros ?

LES ABSENCES

Base de calcul :

Pour 2013 : 365 (jours) x 1 211 (nombre d’agents permanents) = 442 015 jours

Pour 2015 : 365 (jours) x 1 128 (nombre d’agents permanents) = 411 720 jours

Soit une différence (théorique) de moins 30 295 jours travaillés, soit – 7,30% en 2 ans

 

Cause 2013 (jours) 2015 (jours) différences
Maladie ordinaire 20 083 (4,54%) 20 855,5 (5,06%) +772,5 j
Longue maladie/ Longue durée/ Grave maladie 8 398,5 (1,90%) 12 237 (2,97%) +3 838,5 j
Accident de travail imputable au service 6 410 (1,45%) 3 037 (0,74%) -3 373 j
Accident de travail imputable au trajet 1 390 (0,31%) 550 (0,13%° -840 j
Maladie professionnelle 1 581 (0,36%) 803 (0,20%) -778 j
Maternité/adoption 2 961 (0,67%) 3 377 (0,82%) +416 j
Paternité/adoption 99 (0,02%) 205 (0,05%) +106
Autres raisons 1 635 (0,37%) 1 259,5 (0,31%) -375,5 j
Totaux 38 364,5 (8,67%) 42 324 (10,28%) + 3 959,5 j

 Nous constatons une augmentation significative de plus de 10% des absences malgré une baisse des accidents du travail, des maladies professionnelles déclarées et d’autres raisons ( ?), due essentiellement aux absences pour maladie ordinaire, longue maladie, longue durée et grave maladie (nous sommes passés de 6,44% en 2013 à 8,09% en 2015. Mais aussi aux absences pour maternité et paternité, ce qui est plutôt positif (+522 jours). Par ailleurs, la maladie ordinaire, la maladie longue durée… constituent à elles seules plus de 70% du total des absences, plus précisément 74% en 2013 et 78% en 2015 5 (+4%) et ce malgré un nombre de jours travaillés inférieur de 7,30% entre ces deux années de référence.

Il serait judicieux de rapprocher ces chiffres à ceux des collectivités de même strate de la région parisienne, afin de pouvoir les comparer et de connaître la cause de ces absences, même si globalement nous étions en deçà de la moyenne nationale en 2013.

LE NOMBRE DE VISITES MEDICALES A LA DEMANDE DE L’AGENT

2013 2015
? 58

Il serait utile de connaitre le chiffre de 2013, en contactant si nécessaire les services de l’ex ACIST. Mais si le chiffre 2013 était égal à zéro, la situation serait très inquiétante. Pour rappel, les visites chez le médecin de prévention qui se font à la demande des agents, entrent dans le champ d’appréciation des Risques Psycho-Sociaux.

A quand, donc, le début de l’enquête sur les Risques Psycho Sociaux, votée à l’unanimité par le CHS CT le 15 mars 2016 ?

CHSCT Entrave

LA PRÉVENTION

  2013 2015
Nombre d’acmo 8 8
Autres 3 2
Dépenses 31 179 € 33 609 €

L’augmentation de la dépense est essentiellement due à la formation obligatoire des représentants du personnel au CHS CT (en juillet 2015) et ces mêmes représentants sont toujours dans l’attente d’une formation aux RPS (pourtant obligatoire).

Souffrance au Travail

LA PROTECTION SOCIALE COMPLÉMENTAIRE

Catégorie 20 13 20 15 Diffé rences
  Nombre Nombre Nombre
A 17 1 580 32 5 820,99 +15 +4 240,99
B 24 2 431 52 10 446,66 +28 +8 015,66
C 112 13 235 200 42 611,09 +88 +29 376,09
Totaux 153 17 246 284 58 878,74 +131 +41 632,74

 Il s’agit là des premiers effets de la mise en place des régimes complémentaires obligatoires en matière de protection sociale, est-ce que cette forme de privatisation du système de protection sociale est une bonne chose ? Cela reste à démontrer !

 

LA FORMATION

Catégorie Nombre de journées Nombre

ayant participé

d’agents

au moins 1j

diffé rences
  2013 2015 2013 2015 Jours Agents
A 988

Dont 39 DIF

531

Dont 38 DIF

215

Dont 15 DIF

124

Dont 11 DIF

-457

-86%

-91

-73%

B 847

Dont 48 DIF

481

Dont 28 DIF

217

Dont 12 DIF

128

Dont 8 DIF

-366

-76%

-89

-69%

C 2851

Dont 286 DIF

2020

Dont 247 DIF

814

Dont 46 DIF

530

Dont 38 DIF

-831

-41%

-284

-54%

Autres 10

0 DIF

30

Dont 3 DIF

6

0 DIF

10

Dont 2 DIF

+20

+200%

+4

+67%

Emploi cabinet 1 8 ? 1 +7

700%

?
Emplois d’avenir 11 52 ? 11 +41

+370%

?
Apprentis 706 742 ? 3 +36

+5%

?
Assistantes maternelles 2 0 ? 0 -2

-200%

?

Que ce soit en nombre de jours formation ou en nombre d’agents, la formation a été divisée par 2, voire 3 selon les catégories, seuls quelques chiffres à la marge (en nombre) restent positifs ou augmentent avec les emplois d’avenir, les emplois de cabinet et dans une moindre mesure les apprentis.

 

Coût de la formation (€)

Prestataire 2013 2015 différences En %
CNFPT obligatoire 258 711 263 619 +4 908 +1,90%
CNFPT hors cotisation 29 640 15 247 -14 213 -92%
Autres organismes 55 642 39 272 -16 370 -42%
Frais de déplacement 17 971 5 680 -12 291 -216%
Totaux 361 964 323 998 -37 966 -12%

Malgré une base plus forte qui majore la cotisation obligatoire au CNFPT de 1,90% due à une cotisation obligatoire qui est passée de 0,90 à 1%, le budget consacré à la formation accuse une perte globale de 12% marquée par une différence négative sur l’investissement en formation à tous les niveaux hors cotisation obligatoire. Le ratio en € des dépenses pour la formation des agents permanents rémunérés était de 299 € en 2013 et il est tombé à 287 € en 2015.

LES RÉUNIONS STATUTAIRES

Année Comité Technique CHS CT
2013 5 6
2015 3 3
Heures de décharge d’activités de service 2194 heures sur les 6000 autorisées 1939 heures sur les 6000 autorisées

Moins de CT, moins de CHS CT et moins de décharges d’activités ! Il est important de préciser que les comptes rendus sont rédigés et rendus aux membres des deux comités avec des semaines, voire des mois de retard et que notre employeur ne remplit absolument pas ses obligations en termes de restitution aux agents que nous sommes, d’où un flou sur les positions des uns et des autres. À ce titre, Monsieur le Préfet l’a rappelé à plusieurs reprises à ses obligations, en vain.

 

LES CONFLITS DU TRAVAIL

Année Nombre de jours de grève nationale  

National et local

 

Local

 

Totaux

2012 462 ? 94 556
2013 1043 182 284 1509
2014 1267 ? 335 1602
2015 937 ? 751 1688

 Il n’y a qu’à lire les chiffres et notamment les conflits locaux du travail pour l’année 2015 pour constater la situation ‘’tendue’’, qu’il conviendra de comparer avec 2017. A suivre…

Pour conclure, l’état de la collectivité est déplorable sur tous les plans : les effectifs, la rémunération, la formation, la santé physique et mentale des agents, la prévention, le dialogue social… Il n’existe pas un seul point positif et il est important de préciser que ces documents de données sur la situation de la mairie et du CCAS ne sont qu’une image au 31 décembre des années impaires.

Au quotidien, les deux comités ne reçoivent aucune réponse à leurs questions, préconisations… En dépit des obligations légales, des rappels à l’ordre du Préfet qui font suite à nos courriers ; aucun engagement n’est pris et les choses se font bon an mal an, sans concertation, avec un grand mépris pour les instances paritaires, y compris lorsque la majorité émet un avis défavorable sur un dossier ; la machine à broyer est en marche.

PRIORITÉ A LA FORMATION ?

pour-toutes-les-droites-definitivement-ce-qui-predomine-c-est-la-haine-des-fonctionnaires_5124182-MDepuis le temps qu’on nous répète en mairie de Villejuif que priorité est donnée à la formation… Que le moyen ultime de management était la montée en compétence des agents, leur valorisation… Que le budget formation devait être exécuté dans son entier,qu’il avait été doublé… Bref, qu’il fallait mettre le paquet là dessus !

Eh non ! A Villejuif, le temps qu’on obtienne l’aval pour une formation, les dates de la formation sont déjà passées. Un moyen comme un autre de faire des économies sur le dos des agents.

Mieux. Nous venons d’apprendre que la formatrice qui s’occupait de la remise à niveau des agents, notamment ceux qui se trouvent en grande difficulté face à l’écrit, voyait venir… la fin de son CDD… Ex abrupto… Elle n’avait été informée de rien avant et personne ne sait ce qu’il va advenir de ses stages et de sa mission…

Il est donc, contrairement à ce qui nous avait été annoncé, mis fin à de nombreux CDD et les tâches qui restent sont réparties sur les collègues…

Quant à l’objectif de permettre aux agents de monter en compétence et de se former, on voit bien ce qu’il en est.

LA COUR DES COMPTES VEUT LA MORT DU CNFPT

pour-toutes-les-droites-definitivement-ce-qui-predomine-c-est-la-haine-des-fonctionnaires_5124182-MMoins de deux mois après la baisse de la cotisation de 1 à 0,9 %, la Cour des comptes vient de rendre son rapport annuel dans lequel il consacre à nouveau une insertion sur le CNFPT, dans la continuité de son rapport de mai 2015.

Intitulé « Former mieux, prélever moins », le rapport de la Cour des comptes, réjoui de l’affaiblissement financier de l’établissement, poursuit sa croisade contre ses missions de service public, le statut de la FPT, le paritarisme et la libre administration des collectivités territoriales.

Il prône en effet :
- l’accueil en formation de publics précaires de droits privés : contrats aidés et emplois d’avenir. Ainsi, ce serait les agents de la fonction publique territoriale qui via la cotisation – leur salaire socialisé – financerait le développement de la précarité de la jeunesse dans les collectivités et accentuerait toujours plus la rupture entre la formation et le statut issue de la loi Hortefeux de 2007.
- Plus de rationalisation, de dématérialisation, plus d’évaluation. Le rôle pédagogique, de formation de l’établissement, pourtant mission légale de service public, n’est jamais retenu.
- Un accès égal à la formation que l’on soit fonctionnaire ou agent public.

Il dénonce :
- L’autonomie de gestion du CNFPT. Pour la Cour, les évolutions technologiques, les différents systèmes d’information, l’avènement du numérique sont autant d’arguments qui devraient inciter l’établissement à maîtriser ses dépenses de personnel. Fonctionnaires territoriaux, les agents du CNFPT sont bien entendus trop nombreux, trop bien payés, ont trop d’avantages sociaux et trop de droits syndicaux ! Pour la Cour, le CNFPT devrait cesser de remplacer systématiquement les agents partant à la retraite. De l’augmentation de 27 % de l’activité à effectifs constants (et de l’augmentation de 25 % d’arrêts maladie qui l’a accompagnée) absorbée par les agents du CNFPT, nulle mention.
- Des reports de charge sur les collectivités, notamment les frais de déplacement de stagiaires.
- Une ressource financière « trop dynamique », la cotisation devrait non pas être indexée sur la masse salariale, mais sur les effectifs à former.

Enfin la Cour, au motif d’une prétendue ambigüité sur le statut juridique du CNFPT, renouvèle ses attaques contre le paritarisme et milite pour sa mise sous tutelle en tentant l’exercice d’expliquer que la cotisation serait de l’impôt alloué par l’État au CNFPT alors qu’il s’agit de notre salaire différé !

La CGT dit STOP au dévoiement de la cotisation au CNFPT. Elle constitue une part du salaire socialisé et mutualisé au profit de la formation des personnels territoriaux et elle doit le rester.

Elle assurera une vigilance accrue sur toute tentative d’entrainer le CNFPT vers un statut d’OPCA (organismes paritaires collecteurs pour la formation des salariés du privé) comme un autre et non plus un opérateur de formation propre à la fonction publique territoriale, à la fois collecteur de la contribution des collectivités à la formation de leurs agents et dispensateur d’actions de formation.
La CGT revendique avec force le rétablissement immédiat du 1 % et la prise en charge intégrale par le CNFPT des frais de déplacement de stagiaires.

Attaque contre le CNFPT

bandeau08102015Après PPCR, le gouvernement s’en prend au CNFPT

Communiqué de presse de la Fédération CGT des Services publics
Montreuil, le 1er octobre 2015

Il y a quelques jours, le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, attaquait frontalement le Statut des fonctionnaires en déclarant qu’il n’était plus justifiable. Aujourd’hui, Marylise LEBRANCHU, ministre de la Fonction publique, passe aux actes en proposant, dans le cadre du projet de loi de finances pour 2016, une baisse scandaleuse de la cotisation au CNFPT de 20 %, l’abaissant de 1 à 0,8 % !

Le CNFPT est un établissement national paritaire, unique et déconcentré, en charge de la formation professionnelle de près de 1 900 000 agents de la Fonction publique territoriale.

Moins 20 % du budget, c’est l’austérité du pacte de responsabilité au CNFPT !
C’est une mesure encore plus brutale que l’amendement Arthuis qui avait conduit, il y a 4 ans, à une baisse de la cotisation à 0,9 %. La mobilisation des agents et de leurs organisations syndicales des collectivités avait permis son rétablissement à 1 % en 2012.

La Fédération CGT des services publics avait été le fer de lance de cette mobilisation.

Elle s’était par ailleurs opposée aux mesures d’adaptation prises par l’établissement – le non-remboursement des frais de déplacement car cette mesure portait atteinte à l’accès à la formation des agents des collectivités locales.

Elle continue à défendre l’exigence du remboursement intégral des frais de déplacement.

Le droit à la formation est un élément essentiel du développement du service public, du Statut de la fonction publique territoriale, garant de la séparation du grade et de l’emploi, outil au service de la carrière des agents.

Il ne saurait faire l’objet d’aucune économie.

La cotisation, mutualisée, garantit un accès égal à la formation de tous les agents de la Fonction publique territoriale, qu’ils soient agents d’une petite ou d’une grande collectivité.

Avec le passage en force sur PPCR, c’est une seconde attaque contre le Statut
Deux fois ce 30 septembre 2015, ce gouvernement au service du patronat a illustré sa politique d’austérité en portant atteinte au Statut de la Fonction publique territoriale.

Après l’échec des négociations sur le protocole d’accord PPCR, Valls-Lebranchu ont annoncé vouloir imposer son application à marche forcée. En cherchant à étrangler financièrement le CNFPT, ils veulent réduire la capacité du Service public territorial à répondre toujours plus et mieux aux be¬soins des usagers.

En effet, la baisse à 0,8 % représente une perte de 70 millions d’euros par an pour le CNFPT, soit près de 50 % du budget affecté à la formation.

Il n’y a pas à rechercher de solutions alternatives à l’austérité que veut imposer le gouvernement au CNFPT. Il faut la combattre !

La Fédération CGT des Services publics combat le pacte de responsabilité et partout les mesures d’austérité qui en découlent dans les collectivités locales.

Elle exige le maintien à 1 % de son taux de cotisation, étape vers la conquête du 3 %.

La Fédération CGT des Services publics s’opposera à toute mesure d’austérité conduisant à remettre en cause le droit à la formation des agents des collectivités locales.

Elle prendra toute sa place pour combattre cette attaque sans précédent contre le CNFPT, contre le Statut de la Fonction publique territoriale.

La Fédération CGT des Services publics appelle d’ores et déjà les agents des collectivités locales à se saisir de la journée de grèves et manifestations du 8 octobre pour défendre le CNFPT et sa mission de service public de la formation professionnelle des agents des collectivités locales.

Source : http://www.spterritoriaux.cgt.fr/