GREVE DES CANTINES : LE MOT DE LA FAIM

Plus encore que par la concertation avec les agents d’entretien des écoles, le maire et sa direction générale ont répondu par une tribune politique dans le Villejuif Notre Ville aux agents des cantines. Et donc, ça se confirme : ceux qui pensaient qu’on était dans l’incompréhension avaient tort, c’est bien du mépris.

En étalant sur une demi page contre-vérités et sentences tendancieuses, l’employeur montre une nouvelle fois qu’il est incapable de recevoir la parole des agents. Dont acte.

Nous pourrions répondre point par point. Nous pourrions objecter que ça n’était pas « quelques dizaines d’agents », mais la quasi totalité des agents en charge des cantines. Nous pourrions redire que si les agents se sont mis en grève, c’est dans l’intérêt des enfants. Mais justement, tout cela nous l’avons déjà dit.

Alors à quoi bon ?

Le discours « officiel » de tribune ne trompe personne.

Les secrétaires généraux des syndicats et les agents qui étaient à la concertation avec le maire savent très bien ce qu’ils ont entendu et qui est en complet décalage avec le contenu de cette tribune infâme. Ils ont entendu un Directeur Général des Services et un Maire qui vantent le professionnalisme de leur interlocuteur, qui se disent conscients des écueils (au point qu’ils ont justement recruté de nouveaux cadres pour y remédier), qui sont prêts à prendre la souffrance physique des agents en compte, qui demandent plus de retours du terrain pour mieux répondre à ces difficultés…

Alors quel est le vrai visage de l’employeur ? Est-ce celui du bon papa qui nous offre des chocolats pour le Printemps ou celui du tribun calculateur qui jette ses agents à la vindicte populaire en dénonçant le fait qu’ils s’en sont « pris » à des enfants ?

Qui s’en est pris à des enfants ? Ceux qui laissent la situation pourrir dans les écoles ? Ou ceux qui dénoncent ce pourrissement et renoncent à une partie de leur salaire pour tenter de convaincre leur employeur de changer les choses ?

Nul ne détient la vérité, sans doute. Et la CGT n’entrera pas sur un terrain politique où, depuis le début du mandat, le maire veut l’amener. Ce confusionnisme est navrant. Nous devrions être dans le dialogue social et pas dans l’invective.

A chacun de décider, donc, quel est le vrai visage de qui.

 

 

 

4ème Information concernant le mouvement social des agents

Chers Parents et citoyens de Villejuif, chers enseignants, et chers directeurs d’école

Pendant la période du mois de mai, les agents d’entretien des écoles ont mené un mouvement de grève pour revendiquer de meilleures conditions de travail, un retour des effectifs à un niveau acceptable, et une prise en compte des spécificités de leur métier. À l’issue de ce mouvement, ils ont été reçus par le maire et le directeur général des services. Malheureusement, ce qu’ils ont obtenu n’est pas suffisant pour lever le préavis de grève, mais justifie de reprendre le travail, ne serait-ce que pour s’assurer que vos enfants, vos élèves, déjeunent dans de bonnes conditions :

  • Ni embauches, ni mise au stage des contractuels. Comme toujours, le fonctionnaire est stigmatisé et précarisé, soit disant moins efficace que les contractuels…
  • La fin de l’opacité des primes. Il n’en a même pas été question…
  • L’arrêt de l’intervention d’entreprises privées : elles interviendront prioritairement pour renforcer les équipes en sous effectifs et les travailleurs de l’association AEF qui intervenaient à partir de midi a été avancée.
  • Une réorganisation du service avec l’implication des personnels: De ce côté-là, c’est un succès, puisque les réunions de concertation impliquant un représentant de chaque école ont commencé au moment où vous lisez ce tract.

EN CONSÉQUENCE LES AGENTS ONT DÉCIDÉ MAJORITAIREMENT DE REPRENDRE LE TRAVAIL, SANS LEVÉE DU PRÉAVIS DE GRÉVE !

En effet, ces revendications concernaient également tous les autres services de la mairie de Villejuif : Les services d’entretien des écoles et la restauration scolaire ne sont que la partie visible de l’iceberg.

Par ailleurs, l’attitude de l’employeur lors de ce mouvement, qui a envoyé des agents pour suppléer aux grévistes plutôt que de négocier, et qui a ensuite récompensé les casseurs de grève en leur offrant un goûter au champagne a été scandaleuse ! Elle reflète le mépris du maire et de sa direction générale pour les agents !

Pourquoi y-a-t-il des volontaires quand les agents sont en grève, alors que c’est tous les jours qu’il manque du personnel ?

Dans tous les services, les personnels territoriaux alertent leur hiérarchie sur les sous effectifs, sur le manque de moyens techniques… Tous les jours, en ignorant les alertes de son personnel, c’est vous que le maire maltraite en premier lieu !

Ce modèle de gestion, avec une direction générale aux méthodes brutales, a déjà été mis en place dans d’autres collectivités, dont celle de Bobigny, avec des résultats désastreux pour le service public, la gestion financière de la ville et qui ont été signalés par la Chambre Régionale des Comptes, ce qui a débouché sur une enquête de police ! Les Villejuifois méritent mieux !

LE COMBAT DES AGENTS EST CELUI DU SERVICE PUBLIC ! C’EST LE VÔTRE !

 Aussi nous tenons à remercier les parents, directeurs, enseignants, Villejuifois, qui ont apporté leur soutien aux agents. Le peu que nous avons obtenu, nous l’avons obtenu ensemble, avec vous !

 Ensemble, nous pouvons tout obtenir !

 

LE PRÉAVIS N’EST PAS LEVÉ : L’ACTE SUIVANT SE PRÉPARE !

 MANIFESTATION POUR LA DÉFENSE DU SERVICE PUBLIC

ET POUR PLUS DE DÉMOCRATIE !

Mardi 11 juin à 18h00 devant la mairie

une manifestation est organisée par un collectif de défense des services publics (syndicats, gilets jaunes, parents d’élèves, associations…).

GREVE DES AGENTS : LETTRE OUVERTE AUX PARENTS

Chers Parents de Villejuif,

Chers enseignants, chers directeurs d’école

 

Les agents d’entretien et de la restauration des écoles n’ont plus d’autre choix que de rentrer en lutte.

Par lettre ouverte du 18 avril 2019 accompagné du tract aux parents le Maire a été informé que les personnels des écoles n’avaient plus les moyens d’exercer leurs missions dans des conditions dignes. Le maire a préféré le passer sous silence comme tous les préavis de grève que la CGT a envoyé depuis janvier 2019.

En l’absence d’écoute de l’employeur et d’ouverture de dialogue, les agents ont décidé de se mettre en grève lors de la pause méridienne.

Le maire se contente de demander aux  personnels de la ville non formé de remplacer les gréviste prenant le risque de transgresser des règles d’hygiène, et mettant potentiellement en danger la santé des enfants de la ville.

Ils dénoncent des conditions de travail de plus en plus difficiles, ils sont mis sous pression par leur hiérarchie exigeant d’eux qu’ils remplissent des taches de 2 voire 3 agents.

Ils sont épuisés, cassés stigmatisés, brimés et pour certains humiliés.

Après 2 jours de mouvement, le Maire refuse de recevoir son personnel en souffrance et affiche un total mépris, tant pour les agents que pour les conditions dans lesquelles vos enfants sont reçus quotidiennement à la cantine. Les quotas d’agents d’entretien par école ont été revus à la baisse, ce qui dégrade considérablement les conditions de vie de vos enfants.

La politique managériale instaurée par le maire est basée sur la répression. Les agents sont menacés soit de sanction soit pour ceux étant sous CDD de se voir privés d’emploi.

Malgré cela, les agents ont le courage de se mettre en grève, tellement le service qu’ils rendent est mis en danger.

Aux effectifs déjà insuffisants dans toutes les écoles, se rajoutent actuellement:

  • Une organisation inadaptée avec le non remplacement systématique des départs à la retraite, des congés et des absences pour raison de santé.
  • Des demandes de remplacement au pied levé des collègues gardiens et responsables de restauration. Cette demande de polyvalence de trois métiers est inacceptable !
  • L’épuisement du personnel qui engendre du stress, des accidents et des maladies professionnels.
  • L’aide humaine ponctuelle délivrée par l’association AEF94 n’est plus disponible dans certaines écoles sans explication de la municipalité.
  • L’obligation d’utiliser des produits d’entretien ménager de très mauvaise qualité.

Les conséquences directes pour vos enfants sont :

  • Un environnement indigne car les agents ne peuvent plus fournir un travail de qualité !
  • Un entretien et une hygiène des locaux défaillants.
  • Des échanges et un relationnel quasi inexistants avec les adultes qui les entourent au
  • quotidien !
  • Une augmentation significative des délais d’attente avant d’être servis à table, ce qui entrave totalement le moment convivial et serein que doit être un repas.

La CGT revendique

  • Un plan de titularisation de tous les agents sous CDD sur des postes « vacants ».
  • Le recrutement de contractuels pour remplacer tout fonctionnaire en congés (maladie, maternité, …)
  • l’augmentation des effectifs à la hauteur des besoins des usagers et afin de prévenir les risques de maladies professionnelles liées à une surcharge de travail ou de cadences insoutenables.
  • L’arrêt de l’intervention d’entreprises privées au sein des écoles.
  • La mise en place d’un RIFSEEP basé sur des critères objectifs mettant fin à l’opacité d’attribution des primes.
  • Une réorganisation du service avec l’implication des personnels et des élus  représentants du personnel.

 Ces revendications valent également pour tous les autres services en souffrance à la mairie de Villejuif : les services d’entretien des écoles et la restauration scolaire ne sont que la partie visible de l’iceberg.

Les agents des écoles luttent pour la préservation  du service public, pour l’amélioration de ce service avec les moyens nécessaire pour le rendre.

Les personnels territoriaux ont à cœur leur devoir de servir la population villejuifoise mais pas au détriment de leur santé physique et mentale et de celle des enfants de cette ville.

 

Nous appelons Parents, enseignants, directeurs d’établissement

à venir soutenir ce mouvement en participant

au rassemblement devant la mairie de 12h30 à 14h00,

soit en envoyant un courrier de soutien aux agents (adressé au maire de Villejuif.)

L’ENTRETIEN PROFESSIONNEL

Logo UgictNous avons tous été informés, d’abord par l’intranet municipal puis par courrier, que la campagne d’entretiens professionnels, mis en place pour remplacer la notation qui avait cours jusqu’ici, commençait. Jusque là, pas de surprise, nous autres cadres avons suivi des formations pour pouvoir mener ces entretiens à bien au cours de l’année 2015. Il s’agit de se mettre en conformité avec la loi, puisque celle-ci nous impose cet entretien d’évaluation depuis 2014.

Sauf qu’encore une fois, ce n’est pas parce que les choses doivent changer qu’elles ne doivent pas changer en suivant certaines formes ou certains circuits. Et pas seulement pour la forme, mais également pour le fond. Car pourquoi le législateur a prévu qu’il y ait des examens de dossiers relatifs aux conditions de travail dans des instances comme le CT (autrefois dénommé CTP) ? Pour permettre aux employeurs intelligents d’en tirer profit. Les organisations syndicales faisant bien leur travail portent la voix des agents et attirent l’attention sur ce qui posera problème, proposent des améliorations, alertent au vu des dangers éventuels, et même peuvent faire des propositions constructives. C’est à ça que ça sert de les consulter…

Nous avons donc rappelé que le CT n’avait pas été consulté comme il aurait dû l’être – ça aussi, c’est prévu dans la loi… Encore une fois, notre secrétaire général s’est trouvé dans la désagréable position d’écrire au Directeur Général des Services Municipaux :

Monsieur le Secrétaire Général des services municipaux,

Depuis plusieurs jours apparait sur le site intra net de la ville « la mise en place de l’entretien professionnel ». Cela nous surprend et nous étonne, surtout après nos demandes répétées et cela depuis plusieurs mois, d’un passage en CT de ce projet, comme prévu d’ailleurs dans le décret.

Je vous rappelle qu’il est passé en CTP la demande d’autorisation de la mise en place d’un projet expérimental donc le bilan devait être présenté avec les préconisations au CT afin de valider la démarche. Tout cela n’a pas été fait.

Auriez-vous l’intention de faire l’entretien professionnel (évaluation des agents) sans l’avis du CT ou laisser croire qu’un avis a été donné ? Aujourd’hui pour la commune, seule la notation est le cadre tant que l’évaluation ne fera pas l’objet d’un passage en CT. Tous ses persiflages ne sont pas de nature à créer un climat de confiance entre nous tous.

Je vous demande par conséquent de bien vouloir faire le nécessaire pour informer que la notation est la règle et que l’évaluation est non obligatoire et donc laissée au choix de l’agent

Espérant vous lire, je vous remercie de votre attention et je vous prie de recevoir, Monsieur le Directeur Général, nos salutations.

Pour les deux organisations syndicales,

Serge MILLOT

Secrétaire General de l’UGICT

A quoi, il nous est répondu que c’est nous qui interprétons mal et que la concertation a bien eu lieu et que donc tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes (cette dernière expression nous rappelant « Candide » est bien sûr de l’auteur) :

Les faits. Rien que les faits.

Est présenté au CTP DU 22 mai 2012 un rapport dont le titre est « Déclinaison des critères devant servir de support à l’entretien professionnel ». Il est indiqué que l’entretien professionnel est à ce stade proposé à titre expérimental par le législateur. 4 critères sont proposés qui « sont ceux fixés par les textes »

1/ L’efficacité dans l’emploi et la réalisation des objectifs

2/ Les compétences professionnelles et techniques

3/ Les qualités relationnelles

4/ La capacité d’encadrement ou, le cas échéant, à exercer des fonctions d’un niveau supérieur

Il est précisé, lors des débats au CTP du 22 mai 2012, par la DGA-RH de l’époque que « Dans un premier temps, un travail « d’expérimentation » de la démarche d’évaluation a été envisagé. Elle précise qu’il n’est pas prévu pour le moment de mettre en place les entretiens dans tous les services ». L’élu en charge du personnel de l’époque indique « Avec l’expérience nous verrons s’il faut le modifier ou non »

Des fiches de poste, travaillées dans un groupe de travail, sont proposées.Des modifications sont suggérées. Le débat se termine par les propos de la DGA-RH d’alors « Dans le cas d’un accord sur ce dossier, en dehors des modifications, un test sera proposé à certains services volontaires, afin d’évaluer les grilles ».

Le rapport conclue que « Dans une premier temps, il est demandé au CTP d’émettre un avis sur la déclinaison des critères, tels que proposés dans les fiches jointes ».

Aucun bilan n’a été présenté au CTP, puis CT depuis lors. Aucune évaluation. Le 2ème temps qui devait permettre d’affiner voir modifier les grilles que tous les cadres ont entre les mains n’a pas eu lieu.

Et cerise sur le gâteau, (c’est toujours meilleur), il n’y a plus 4 critères, mais 5 puisqu’en est rajouté un qui n’avait pas été présenté (qui est lui-même décliné en 5 sous-critères) « La contribution à l’action du service ou de la direction ».

Alors verdict ? C’est nous les organisations syndicales qui ne comprenons rien ! Tout a été bien fait, on vous dit. C’est comme ça, et pas autrement. Point final. Que ceux qui osent porter la contradiction s’évaporent en fumée. Circulez, il n’y a rien à voir.

Et maintenant concrètement, la question du temps. Si on en parlait !

L’évaluation prend plus de temps (1 heure à minima par agents) que la notation. Certains cadres vont donc devoir multiplier par 4 ou 5 le temps qu’ils consacraient à leurs agents. C’est sans doute faisable quand on en a qu’un ou deux, mais quand on est n+1 d’une cinquantaine d’agents comme cela arrive aux cadres intermédiaire du service entretien (pour ne citer qu’eux) comment trouver 50 à 75 heures ?
Il faudra surmonter ces difficultés pour faire bénéficier les agents d’un « moment privilégié dans le management des équipes »… Des moyens supplémentaires ? Pas question. Un allégement d’autres tâches ? Même pas en rêve… Comme le précise la note de la DRH : « Cette démarche nécessite d’y consacrer un certain temps à une période déjà très chargée de l’année. » Et pour les moyens, on nous précise « qu’il n’a pas été possible de traiter le document d’évaluation par informatique » et que toute la procédure se fera sur papier…

Encore un gain de temps…

–  » Pff, ces syndicats , des empêcheurs de tourner en rond,
moi, j’vous l’dit, ma brave dame !

– C’est ben vrai, M’sieur Dugenou, vous l’avez dit, quand on payait pas tous ces feignants, c’tait quand mêm’ aut’ chose !
(dialogue de l’auteur qui pense très sérieusement à une reconversion en scénariste . Le titre du film est déjà tout trouvé : Villejungle en Folie)

Encore une raison de plus pour débrayer Vendredi 16 octobre de  9h à 11h…