ET LA DÉMOCRATIE ?

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Comme nous avons pu le constater au cours des derniers mois, nous ne vivons plus tout à fait dans un état de droit.

Un état de droit, c’est un état où tous les citoyens sont traités à la même enseigne. En France, cela se traduisait par de nombreuses dispositions de l’état, auxquelles le gouvernement actuel, et dans une très large mesure également ceux qui lui ont précédé, renoncent les unes après les autres.

Il y a l’égalité de service, qui impliquait un équilibre entre centralisation et décentralisation du pouvoir auquel le désengagement de l’état et, pire encore, la loi NOTRe, est en train de mettre un terme.

Il y a l’égalité des chances, à laquelle l’état, par son désengagement dans les territoires, par sa politique stérile en matière d’éducation, est en train de tirer un trait.

Il y avait la hiérarchie des normes, qui faisait qu’une loi ne pouvait être contredite par une norme inférieure, et à laquelle le gouvernement veut renoncer en créant, avec la loi El Khomri, un précédent dans l’abandon de cette hiérarchie, pourtant garante d’une application équivalente de la loi pour tous – une des bases fondamentales de notre droit.

Et puis il y a les mesures d’exception, l’état d’urgence, et le recours systématique à la violence par les forces de l’ordre lors des manifestations – 12 manifestations depuis le mois de Mars.

On nous parlera des casseurs, mais nous savons bien que casseurs ou pas, c’est tous les manifestants aujourd’hui qui peuvent être arrêtés arbitrairement, placés en garde à vue et proposés au passage en comparution immédiate… Le droit de manifester est donc sévèrement remis en cause.

Et enfin il y a la violence constitutionnelle, celle là même qui pousse les ministres à user du 49-3 pour faire passer un texte dont ils savent qu’il ne passera pas la barrière des députés… C’est bien qu’ils pensent, du reste, que ce texte est indéfendable, puisqu’ils n’essaient même pas de le faire comprendre mais qu’ils l’imposent…

Déjà, dans notre pays, nous nous demandions où était passée la fraternité, nous trouvions qu’il fallait continuer d’y travailler.

Aujourd’hui, le gouvernement – qui applique les feuilles de routes de Bruxelles et de la Banque Centrale Européenne – est en train de renoncer à l’égalité.

Et pour ça, il n’hésite pas à rogner sur nos libertés.

Je vous invite donc à un été de luttes, et à une rentrée que nous espérons très très musclée en matière de lutte sociale. Cette fois ci, il ne faut pas que nous nous battions pour garder nos acquis : on est partis pour en conquérir d’autres. Parce que ça ne peut pas continuer comme ça…

APRES NOTRE ASSEMBLEE GENERALE…

Logo UgictLogo CGT Territoriaux VillejuifUne bien belle assemblée générale du personnel, ce matin, avec au moins 150 agents dans la Bourse du Travail, et plus encore qui nous avaient annoncé que bien que ne pouvant se joindre à nous, ils attendaient avec impatience un retour de ce qui se serait dit.

En dehors de la présence en début de séance de monsieur Vidal, adjoint aux finances à qui nous avons dû demander de quitter la salle afin de nous assurer que les agents municipaux pourraient bien s’exprimer sans crainte, pas d’incident. Au passage, nous tenons à rassurer monsieur Vidal : nous lui proposerons très prochainement de le rencontrer, car nous ne refusons nullement le dialogue avec la tendance politique qu’il représente au sein de la majorité municipale. Simplement, aujourd’hui n’était pas le lieu : aujourd’hui c’était une assemblée générale d’une heure, pour le personnel municipal mais pas pour l’exécutif…

A part cela, dès son départ, la parole a été unanime : Chacun fait remonter l’extrême souffrance ressentie dans les services en raison des conditions de travail, des coups de sabre dans les budgets de fonctionnement, du mauvais approvisionnement en fournitures, des difficultés que rencontrent les agents pour remplir leurs missions, alors qu’ils sont les premiers exposés aux usagers mécontents.

Le service entretien des écoles, notamment, tourne avec des effectifs réduits à peau de chagrin.

Et le tout dans un climat de réorganisation qui n’en finit pas de se faire sans consultation des agents, et dans une défiance à notre égard qui n’est plus tolérable.

Beaucoup d’entre nous avons consacré une longue carrière au service public. Certains, sans verser dans le mélo, y ont usé leur santé. Et nous sommes aujourd’hui traités comme si nous étions incompétents, voire obsolètes (comme en témoigne la récente rencontre avec monsieur le maire)…

Pourtant, la fonction publique territoriale de Villejuif, celle qui fait tourner les services municipaux, c’est nous. Et on ne pourra pas faire sans nous. Nous sommes conscients que notre travail est perfectible puisque c’est nous qui demandons depuis des années une réorganisation des services.

Alors pourquoi celle-ci se fait-elle sans consultation ? Pourquoi certains sont ils mis à l’écart ? Pourquoi nous demande-t-on toujours plus avec toujours moins ? Pourquoi n’obtient-on aucune réponse sur nos déroulements de carrière ? Pourquoi ceux qui réussissent un examen professionnel ne sont ils pas nommés ? Pourquoi le tableau des effectifs ne nous a-t-il pas été communiqué dans le cadre du Comité Technique ? Pourquoi les contractuels ne savent-ils pas ce qui leur arrivera à l’issue de leur contrat ? Comment rester opérationnels dans ces conditions ?

Comme si les attaques contre les fonctionnaires de la part des gouvernements successifs ne suffisaient pas, comme si le gel du point d’indice n’était pas suffisamment démotivant, comme si le fait qu’hier encore le premier ministre décide d’opérer un déni de démocratie pour faire passer une réforme de notre statut en force, comme si les attaques contre les trente-cinq heures n’étaient pas constantes, comme si l’austérité ne nous touchait pas assez durement… Comme si l’arrivée de la Métropole Grand Paris n’était pas assez anxiogène ? Il faut encore qu’à Villejuif notre maire mette des mois à constituer les instances de consultation du personnel, CT et CHSCT, et que les négociations qu’il annonce pratiquement depuis l’installation de son équipe soient toujours repoussées aux calendes, alors même que nos conditions de travail, notre moral, notre motivation s’érodent chaque jour un peu plus ?

Personne ne pourra continuer comme ça.

Et que les choses soient bien claires : nous sommes prêts à une réorganisation des services. Nous sommes toujours d’accord pour faire évoluer nos métiers au service du public. Mais pour être la troisième roue du carrosse et nous retrouver corvéables à merci, livrés à la vindicte, vilipendés sur les réseaux sociaux, sûrement pas ! Nous avons souhaité depuis le début être partie prenante de l’organisation de notre travail, et nous avons systématiquement été renvoyés à nos goals…

Le temps est venu de nous faire entendre.

Tract 8 octobre 2015 Villejuif