GREVE DES AGENTS DES ECOLES : LA RÉALITÉ EN FACE…

On a tenté de la jouer cool dans notre compte rendu de la rencontre des agents avec le maire.

Mais bon, des fois c’est dur…

Et ce qui a été particulièrement dur le vendredi 24 mai, quand nous avons été reçus par le maire et son DGS, c’est d’entendre une critique de tout ce qui se faisait avant (« cette ville a 20 ans de retard« ), de ceux qui travaillaient là avant (« on ne va pas faire le procès des absents, mais au moins avec nos nouveaux cadres tout va aller vite mieux…« ), et des partenaires avec lesquels les agents travaillent au quotidien (« les directeurs d’école sont de mauvaise foi« , « je connais des Atsem qui sont plus compétentes que certains instits« )…  Le DGS nous vante son opiniâtreté et sa grande tolérance pour tous les corps de métier : « J’ai fait l’armée, moi, ça ne me gêne pas de nettoyer la merde » (et c’est pour cela que ça ne le gêne pas d’aller faire des cantines le midi). Sans parler des chiffre qui nous ont été donnés sur « l’absentéisme » des fonctionnaires titulaires, opposé à celui des agents en CDD, qui étaient complètement faux.

Mais la réalité de la condition des agents, elle, est niée : il ne s’agit pas d’un problème organisationnel ou hiérarchique. Pas uniquement, au moins. Les agents sont en souffrance, comme ils l’expliquaient eux mêmes, et sont au bout du rouleau !

Par ailleurs, toutes les problématiques du type réorganisation sans concertation, non-prise en compte de la parole des agents, violence managériale, sont purement et simplement niées. Selon le directeur général des services, ça n’existe pas. Ou alors c’est normal. A minima, lui ça ne le choque pas. 

Par contre, il demande de la patience aux agents, même en souffrance : « On est pas dans un album d’Astérix. Je n’ai pas un gland magique. » 

En résumé, des agents sont venus simplement, avec des problèmes concrets, des question organisationnelles simples et se sont plaints d’un quotidien de plus en plus insupportable. Leur parole a été niée, pas juste remise en cause. La réalité est venue voir le maire en face, et il n’a pas été capable de la voir.

Les agents qui nous accompagnaient, eux, se sont pris une autre réalité en pleine face, derrière le déni, derrières les faux fuyants et les prétextes : ce que c’est que le mépris de classe…

D’ailleurs, c’est encore plus frappant quand on sait que les agents qui ont « suppléé » à l’absence des agents grévistes (certains diront « à ceux qui ont accepté d’aller casser la grève de leurs collègues ») ont été invités à un petit pot de remerciement au champagne, le mercredi 29 mai à 17h. Pas d’argent au quotidien pour embaucher assez de monde, mais suffisamment pour champagniser les chouchous, quand même…

En conséquence, le préavis de grève n’est pas levé, et il est fort possible que les grèves dans les cantines ce ne soit pas terminé : les agents ne demandent ni un Rambo, ni un gland magique, ni même du champagne. Juste de quoi travailler décemment pour que les enfants Villejuifois puissent fréquenter des écoles propres tous les jours de l’année.

 

GREVE DES AGENTS : LETTRE OUVERTE AUX PARENTS

Chers Parents de Villejuif,

Chers enseignants, chers directeurs d’école

 

Les agents d’entretien et de la restauration des écoles n’ont plus d’autre choix que de rentrer en lutte.

Par lettre ouverte du 18 avril 2019 accompagné du tract aux parents le Maire a été informé que les personnels des écoles n’avaient plus les moyens d’exercer leurs missions dans des conditions dignes. Le maire a préféré le passer sous silence comme tous les préavis de grève que la CGT a envoyé depuis janvier 2019.

En l’absence d’écoute de l’employeur et d’ouverture de dialogue, les agents ont décidé de se mettre en grève lors de la pause méridienne.

Le maire se contente de demander aux  personnels de la ville non formé de remplacer les gréviste prenant le risque de transgresser des règles d’hygiène, et mettant potentiellement en danger la santé des enfants de la ville.

Ils dénoncent des conditions de travail de plus en plus difficiles, ils sont mis sous pression par leur hiérarchie exigeant d’eux qu’ils remplissent des taches de 2 voire 3 agents.

Ils sont épuisés, cassés stigmatisés, brimés et pour certains humiliés.

Après 2 jours de mouvement, le Maire refuse de recevoir son personnel en souffrance et affiche un total mépris, tant pour les agents que pour les conditions dans lesquelles vos enfants sont reçus quotidiennement à la cantine. Les quotas d’agents d’entretien par école ont été revus à la baisse, ce qui dégrade considérablement les conditions de vie de vos enfants.

La politique managériale instaurée par le maire est basée sur la répression. Les agents sont menacés soit de sanction soit pour ceux étant sous CDD de se voir privés d’emploi.

Malgré cela, les agents ont le courage de se mettre en grève, tellement le service qu’ils rendent est mis en danger.

Aux effectifs déjà insuffisants dans toutes les écoles, se rajoutent actuellement:

  • Une organisation inadaptée avec le non remplacement systématique des départs à la retraite, des congés et des absences pour raison de santé.
  • Des demandes de remplacement au pied levé des collègues gardiens et responsables de restauration. Cette demande de polyvalence de trois métiers est inacceptable !
  • L’épuisement du personnel qui engendre du stress, des accidents et des maladies professionnels.
  • L’aide humaine ponctuelle délivrée par l’association AEF94 n’est plus disponible dans certaines écoles sans explication de la municipalité.
  • L’obligation d’utiliser des produits d’entretien ménager de très mauvaise qualité.

Les conséquences directes pour vos enfants sont :

  • Un environnement indigne car les agents ne peuvent plus fournir un travail de qualité !
  • Un entretien et une hygiène des locaux défaillants.
  • Des échanges et un relationnel quasi inexistants avec les adultes qui les entourent au
  • quotidien !
  • Une augmentation significative des délais d’attente avant d’être servis à table, ce qui entrave totalement le moment convivial et serein que doit être un repas.

La CGT revendique

  • Un plan de titularisation de tous les agents sous CDD sur des postes « vacants ».
  • Le recrutement de contractuels pour remplacer tout fonctionnaire en congés (maladie, maternité, …)
  • l’augmentation des effectifs à la hauteur des besoins des usagers et afin de prévenir les risques de maladies professionnelles liées à une surcharge de travail ou de cadences insoutenables.
  • L’arrêt de l’intervention d’entreprises privées au sein des écoles.
  • La mise en place d’un RIFSEEP basé sur des critères objectifs mettant fin à l’opacité d’attribution des primes.
  • Une réorganisation du service avec l’implication des personnels et des élus  représentants du personnel.

 Ces revendications valent également pour tous les autres services en souffrance à la mairie de Villejuif : les services d’entretien des écoles et la restauration scolaire ne sont que la partie visible de l’iceberg.

Les agents des écoles luttent pour la préservation  du service public, pour l’amélioration de ce service avec les moyens nécessaire pour le rendre.

Les personnels territoriaux ont à cœur leur devoir de servir la population villejuifoise mais pas au détriment de leur santé physique et mentale et de celle des enfants de cette ville.

 

Nous appelons Parents, enseignants, directeurs d’établissement

à venir soutenir ce mouvement en participant

au rassemblement devant la mairie de 12h30 à 14h00,

soit en envoyant un courrier de soutien aux agents (adressé au maire de Villejuif.)