LES AGENTS DE LA VILLE APPELLENT AU SECOURS

Depuis trois ans, nous, organisations syndicales CGT, alertons notre administration générale et les élu(e)s municipaux de la souffrance des agents : par manque de moyens humains, par manque de moyens de fonctionnement.

Depuis 3 ans, malgré nos rendez vous avec M. Le Maire et sa direction générale, malgré les séances à rallonge des Comités Techniques (CT) et Comité d’Hygiène, Sécurité et Condition de Travail (CHSCT) nous constatons une désespérance chez nos collègues et une dégradation des services publics, aux causes multiples :

Manque de moyens humains : ADMINISTRATION : 326 postes inscrit au budget en 2014, 313 en 2017 soit déjà 13 postes de moins : seuls 282 postes pourvus soit une économie de 31 postes pour juste 2017 ! TECHNIQUES: 501 postes inscrits en 2017, seulement 478 postes pourvus soit une économie de 23 postes ! ANIMATION : 161 postes inscrit au budget en 2014, 163 inscrit en 2017 soit 2 postes de plus, mais en avril seuls 160 postes sont pourvus soit une économie de 3 postes pour 2017 sachant que 25 animateurs et animatrices sont encore contractuels (15,63%).

Au total en 2017 ce sont 93 postes qui ne sont pas pourvus et qui font cruellement défaut. À Villejuif on privilégie la précarité en multipliant les Contrats à Durée Déterminée au lieu d’emploi public titulaire.

Refus de maintenir le dialogue social. Annulation des réunions de groupes de travail sur le régime indemnitaire, refus de travailler collégialement des questionnaires destinés aux agents sur les problématiques du stationnement, refus de tenir les engagements pris en instances paritaires…

Mépris des agents. La dernière illustration de ce mépris fut l’application parcellaire du plan canicule. En effet, pendant que les agents souffraient des hautes températures dans les bureaux, les écoles, les crèches, dans les centres municipaux de santé, le cabinet du maire se serait fait livrer une climatisation flambant neuve. Par contre, livrer des ventilateurs, des brumisateurs, équiper les agents qui travaillent à l’extérieur de casquettes et de tenues adéquates ce n’est pas une priorité (malgré les engagements pris en CHSCT).

Permettre aux gardiens des écoles de cette ville d’avoir une organisation de temps de travail répondant aux contraintes légales  et des logements dignes de ce nom n’est pas une priorité, alors qu’offrir un logement de fonction aux frais du contribuable villejuifois à l’agent le plus payé de cette ville en est une pour notre exécutif.

Et pour les conditions de travail : le manque de matériel pour remplir nos missions : rationnement du papier, des stylos, des imprimantes, du papier toilettes, non-remplacement des véhicules vieux ou endommagés du service propreté-urbaine… Sans parler des missions de plus en plus difficiles à remplir à cause des manques d’effectifs… Les salariés de Villejuif, déconsidérés, se retrouvent chez le Médecin du Travail et la Psychologue du travail soit 31,70% des personnes réorientées, nous constatons la multiplication d’arrêt maladie pour dépression.

Les fonctionnaires se plaignent du manque de lisibilité des actions publiques, des mensonges, des règles bafouées ou modifiées en cours de route et sans préavis par notre administration générale. Ils en ont assez de devoir faire, ou défaire, selon qu’ils sont pris en otage dans une querelle entre adjoints ou pas… Ils viennent au travail la boule au ventre. Et comme si cela ne suffisait pas, les représentants du personnel sont pris pour cibles : carrières bloquées, mises au placard, amputations de salaires, déni de mobilité… Voire injonction de trouver eux-mêmes leur propre bureau ! Le pire du management du privé appliqué au public, par un exécutif qui refuse de discuter ou de prendre en compte les besoins et l’expérience de ses agents ou de sa population ! Un comble pour ceux dont le slogan était : « À partir de maintenant plus rien ne se décidera sans vous ! »…

Résultat : Un service public en miettes

Constat affligeant pour les villejuifois : ALORS QUE L’IMPÔT A ÉTÉ AUGMENTÉ LE SERVICE PUBLIC NE CESSE DE SE DÉGRADER ! Budgets  des Maisons Pour Tous divisés par 2, fermeture de l’Annexe Pasteur des centres de santé le matin, disparition de la Ludomobile  depuis l’été 2015, deux ans pour remettre la mairie en état après l’incendie, disparition de certaines structures ouvertes pour la jeunesse, fermeture arbitraire pendant une semaine des Accueils de Loisirs pendant une semaine en Août 2016…

Nous alertons sur l’entretien du patrimoine de la ville, sur les éventuelles ventes annoncées pour équilibrer des budgets, mais qui ne se réalisent jamais, sur l’insincérité des budgets qui annoncent systématiquement plus de dépenses sur le budget de fonctionnement qu’il n’en est réalisé : alors même que les villejuifois paient plus, on a économisé sur leur dos près de 7 millions d’euros rien qu’en fonctionnement et en budget du personnel ! Où sont les écoles, les gymnases, les services supplémentaires pour accueillir les quelques soixante-dix mille villejuifois attendus à l’horizon 2025 !

Dans le public, le but n’est pas de dégager une marge, mais d’offrir à tous un service adapté à la composition et à la taille de la collectivité ! En cassant le service public, c’est l’habitabilité future de Villejuif qui est menacée !

Et pendant ce temps-là, le Territoire Grand Orly Seine Bièvre continue de se développer en toute opacité, et absorbera demain des secteurs sans que qui que ce soit ait eu son mot à dire : Urbanisme ? Crèches ? Services chargés de l’emploi ?  Tout cela sera potentiellement transféré au T-GOSB (ex T12) sans que qui que ce soit ait été même consulté ! Avec quelle garantie de continuité du service pour les Villejuifois ? Aucune !

Trop, c’est trop !!!!!

En 2014, il aurait fallu dire : « Avec nous, vous ne déciderez plus de rien ! »

Aussi nous appelons les agents comme les habitants à un

RASSEMBLEMENT SOLIDAIRE DE PROTESTATION

DEVANT LE CONSEIL MUNICIPAL

Vendredi 30 juin et le Mercredi 5 juillet à 19 h

(Esplanade Pierre Yves Cosnier)

20170623 – tract Au Secours

AU CONSEIL MUNICIPAL CE SOIR (2)

Encore une sacré représentation au Conseil Municipal de vendredi soir dernier – le 17 mars.

D’abord, on est médusé par le coup de théâtre : alors que même Le Parisien annonçait l’absence du maire à ce Conseil, il est bien là ! Donc dès le début, ça se divise en deux camps, ceux qui ont gagné leur pari et ceux qui l’ont perdu…

On enchaîne avec les lapsus de monsieur le maire qui annonce que c’est ce soir son « bicentenaire » (en fait ses cinquante ans) et, dans la lecture du compte rendu d’une des séances précédentes – confond le mot « votants » avec le mot « figurants » – ce qui était du plus mauvais effet puisque c’est des conseillers municipaux qu’il s’agissait… Les plus malicieux y verront un effet freudien révélateur…

Trois points à l’ordre du jour : le rapport sur le développement durable préalable obligatoire au rapport d’orientation budgétaire, le rapport d’orientation budgétaire et l’examen du marché des assurances de la ville…

On ne va pas tirer sur l’ambulance : c’est trop facile et, à force, c’est très répétitif. Quand on se lance dans un Conseil Municipal à la mairie de Villejuif, on sait qu’on en a pour longtemps (trois points, cinq heures de séance) et les critiques deviennent de vieilles rengaines : un manque de perspectives, des rapports qui dressent des constats (souvent contradictoires) et n’affichent pas les ambitions pour l’avenir, une absence de lisibilité des volontés politiques, du vague, un flou, un refus de voir la situation en face et un déni de dialogue… Et au final, même si tout le monde est plus ou moins d’accord pour dire qu’on aurait pu faire mieux, c’est quand même voté.

Un exemple de flou : en présentant le ROB, le rapporteur parle de 1118 agents. Par contre, quand il s’agit du nombre d’agents à assurer pour le dernier point, le même rapporteur nous parlera de 1300 agents…

On retiendra tout de même l’intervention des parents d’élèves de Jean Vilar qui se plaignent d’un manque de dialogue avec eux, de ce qu’on ne répond jamais à leurs questions… Au point qu’on aurait pu croire qu’ils faisaient la lecture d’une lettre du CHS CT au maire…

On notera aussi que l’ambiance délétère – pour ne pas dire nauséabonde ou explosive – que les représentants du personnel s’usent à dénoncer s’étend maintenant au sein même de la majorité municipale dont il est de plus en plus évident qu’elle ne tiendra peut-être même pas jusqu’à mi-mandat. C’est comme d’assister à à la sempiternelle engueulade du dîner familiale entre Tonton Gaston et le Cousin Fernand : c’est pénible, à force ça devient ridicule, on sait déjà comment ça va finir, et on reste parce qu’on était venu pour le pot-au-feu…

Et bon, y a pas le choix…

Par contre, quelle surprise de découvrir à la fin de la séance que le marché des assurances doit passer en urgence parce que les agents et les biens de la mairie ne sont plus couverts depuis le 1er janvier… On savait qu’on était sans service juridique depuis le premier septembre, mais là, c’est le pompon ! D’ailleurs, l’opposition aura beau se plaindre de ce qu’elle n’a aucun élément dans le dossier, le vote aura lieu tout de même et la majorité l’emportera : un fameux chèque en blanc quand on considère l’enjeu et les sommes impliquées, sans même parler du fait qu’à minima, encore une fois, cela faisant partie des conditions de travail des agents les instances du personnel auraient dû être consultées…

Mais ça… Ça fait tellement longtemps qu’on le dit qu’à force on a l’impression qu’on pourrait en faire une chanson. Un vieux crincrin. Du Berthe Sylva.

Et puis, vient le moment des vœux. Il n’y en a qu’un, mais comme il est porté par l’un des groupes de la majorité qui se rebiffait contre le ROB, le reste de ladite majorité s’envole tel un banc de moineaux, si bien que la présidente de séance annonce : « On ne votera pas, puisqu’il n’y a plus le quorum ! Et puis les questions orales, on y répondra par écrit. » A une heure et demie du matin, même les plus protestataires finissent par céder et chacun rentre chez lui, avec le sentiment que la prochaine séance sera pire, comme d’habitude, et que le budget n’est pas voté d’avance…

Ce lundi matin, il ne reste au personnel municipal qu’à aller travailler en se disant que ce n’est que dans quinze jours qu’il saura réellement à quelle sauce il sera mangé et à se demander s’il est encore couvert par une assurance ou pas…

NOURRI, LOGE, BLANCHI…

Comme un coq en pâte, il va être, notre nouveau Directeur Général des Services : le seul moyen de convaincre quelqu’un de venir travailler à Villejuif, semble-t-il, c’est de lui octroyer des avantages en nature. Alors lors du dernier Conseil Municipal, il a été décidé de l’ajouter sur la liste des agents pouvant bénéficier d’un logement de fonction

Est-ce que ça veut dire que les directeurs généraux adjoints et les directeurs, qui ne bénéficient pas du même avantage, ne feront plus d’astreintes ? Parce que dans la loi, c’est clair, il y a un certain nombre de contraintes pour encadrer l’octroi d’un logement de fonction, tout de même, et notamment la notion de nécessité absolue de service. Somme toute, le DGS peut bénéficier d’un logement de fonction uniquement si son service exige qu’il soit présent 24h/24 sur la commune… L’avenir nous dira en combien de temps il arrive au burn-out…

Et pendant ce temps-là, que se passe-t-il pour le dossier des gardiens d’école – qui explosent tout en matière de temps travail effectif justement du fait qu’ils ont un logement de fonction ? Bah, rien ! Il est au point mort. Deux ans qu’on planche sur leur cas pour trouver une solution à leur surexploitation, sans résultat.

Et pendant ce temps-là, que se passe-t-il pour revaloriser le régime indemnitaire des agents qui permettrait aussi à la Ville d’être attractive pour recruter des gens compétents ? On n’en parle pas non plus ! La perte de pouvoir d’achat de plus de 25% en 15 ans des fonctionnaires territoriaux, et de la nécessité de revaloriser le point d’indice ou, à défaut, le régime indemnitaire ou les primes ne sont pas à l’ordre du jour…

Mais surtout, surtout, il ne faudrait pas compter combien d’argent par an coûtent tous les emplois fonctionnels qui ont été proprement débarqués en 3 ans, comme l’ancien directeur général des services (qui, lui, apparemment, n’avait pas besoin d’un logement de fonction), et qui se trouvent cantonnés chez eux parce que l’exécutif estime qu’il ne peut pas travailler avec eux…

Nous, nous  avons fait le calcul : 2 DGS, 2 DGA ça correspond au montant d’au moins à 15 postes en équivalent temps plein. Soit autant de postes qui manquent sur le terrain dans l’animation, dans les écoles… en dépit de l’engagement du maire de mettre au stage une quinzaine de contractuels (engagement jamais suivi d’effets)…

Alors à l’heure où on demande aux services de faire des efforts, de travailler à flux tendu, de faire sans ceux qui sont partis en retraite ou qui ont quitté la collectivité, où quand on veut créer un poste il faut en supprimer un dans le même service (trouver la logique ?) alors que le nombre d’habitants – et donc le besoin en service public et la charge de travail des agents – grimpent en flèche, payer le logement du DGS est la priorité du Maire !

A Villejuif, tout est bon pour faire des économies sur le dos des agents, sauf le délit de « sorcellerie » (puisqu’on parle bien de chasse aux sorcières depuis plusieurs mois). Si vous êtes accusé de sorcellerie, il faut d’urgence que vous soyez écarté du lieu de travail, des instances de décision, de votre emploi… Par contre, le nouveau DGS dont certains nous ont déjà annoncé qu’il venait remettre bon ordre dans toute cette chienlit, lui il aura son appartement.

Encore une fois, les collègues qui dorment dans leur voiture apprécieront qu’on passe ça en urgence au Conseil Municipal alors qu’on a lancé aucun groupe de travail, aucune démarche, pour réfléchir à leur cas, en dépit des alertes des représentants du personnel, du CASC et de l’assistante sociale du travail…

Quant au régime indemnitaire, le groupe de travail qui lui était consacré s’est réuni deux fois en 2016 et nous attendons toujours de savoir si il sera possible de dégager une « enveloppe » pour abonder une quelconque augmentation…

C’est curieux comme certaines décisions ne peuvent pas être prises tout de suite alors que d’autres, si.