DROIT A LA DECONNEXION

Un droit à la déconnexion reconnu comme indispensable, mais qui peine à entrer concrètement en vigueur, toujours pas de reconnaissance du burn out.

En 2014, lorsque l’Ugict-CGT a lancé sa campagne pour un droit à la déconnexion et une réduction effective du temps de travail, beaucoup jugeaient la revendication idéaliste ou inutile. Grâce à notre campagne, cette revendication  est jugée comme indispensable, et 57 % des cadres et 64 % des professions intermédiaires et techniciennes la soutiennent1. Le droit à la déconnexion est désormais devenu un enjeu de santé publique. L’Ugict-CGT a également gagné l’inscription de ce droit dans la loi, avec l’ajout, à partir du 1er janvier 2017, d’un nouveau thème de négociation au sein de la négociation “qualité de vie au travail, égalité professionnelle”.

Cependant, en l’absence de sanction et de dispositions contraignantes, le droit à la déconnexion peine à entrer concrètement en vigueur. Ainsi, en 2017, seuls 5 % des accords d’entreprises (soit 1 500) portent sur la qualité de vie au travail, un pourcentage cependant en augmentation du fait du droit à la déconnexion. Tous, loin s’en faut, ne comportent pas de droit à la déconnexion. enfin, parmi la centaine d’accords qui affichent ce droit, nombreux sont ceux qui ne prévoient pas de dispositions concrètes pour le garantir. Seuls deux accords de branche portent sur le droit à la déconnexion, et concernent les branches de Pôle emploi et du personnel des institutions de retraites complémentaires.

Pour gagner enfin l’effectivité de ce droit et accompagner ses équipes syndicales, l’Ugict-CGT a édité le guide2 de la négociation du droit à la déconnexion, ainsi qu’un kit de campagne (affiches, consultation, tract).

La mise en place d’un droit à la déconnexion effectif est nécessaire pour lutter efficacement contre la hausse significative des pathologies mentales liées au travail.
C’est ce que révèle la fondation Pierre Deniker3, avec la récente et 1ère étude épidémiologique représentative de la population active française, présentée au CESE le 26 novembre 2018. Les auteurs de cette étude indiquent
que « le facteur de risque psychosocial le plus fortement associé à une détresse orientant vers un trouble mental chez tous les actifs, est le déséquilibre entre vie privée et vie professionnelle ». Selon cette étude, 22 % des actifs français présentent une détresse orientant vers un trouble mental.

L’étude Eleas4 de décembre 2018 montre que la surconnexion professionnelle pratiquée par les jeunes salariés (66 % utilisent leurs outils numériques professionnels le soir et 58 % pendant le week-end, selon l’étude) a pour conséquence de les mettre encore plus en difficulté dans leur exercice professionnel que leurs aînés. « De manière générale, la volumétrie des données à traiter intensifie le rythme de travail et peut induire un phénomène
de saturation des capacités d’analyse ou de synthèse. Les jeunes générations expriment avoir davantage de difficultés à suivre le rythme ainsi qu’à hiérarchiser et prioriser les données ».

Ainsi, outre le fait que le débordement de la vie professionnelle sur la vie privée représente un risque important pour la santé, il est aussi un frein à l’efficacité professionnelle personnelle.

Source : Syndicat Ugict-Cgt

 

1 Baromètre ugict-cgt / sécafi, réalisé par viavoice, mars 2018
2 lenumeriqueautrement.fr/les-outils/le-guide-du-droit-a-la-deconnexion/
3 fondationpierredeniker.org/programme/sante-mentale-des-actifs-en-france-un-enjeu-majeur-de-sante-publique
eleas.fr/limpact-des-outils-numeriques-professionnels-sur-les-18-29-ans/

Affaire des « fonctionnaires fantômes » du Var : l’arbre des 0,0002% qui cache mal la forêt de l’austérité

Communiqué de la Fédération CGT des Services publics

Alors que Conforama annonce 1 900 suppressions d’emplois, et que le gouvernement vient de confirmer le gel des salaires pour les plus de 5 millions d’agents de la Fonction publique, plusieurs médias régionaux et nationaux portent leur attention sur un rapport de la Chambre régionale des comptes de PACA relatif à une trentaine de fonctionnaires momentanément privés d’emploi (FMPE) pris en charge par le centre de gestion de la Fonction publique territoriale du Var.

Cette curieuse focale appelle plusieurs remarques.

La prise en charge de FMPE par un centre de gestion entre dans le cadre défini par la loi du 26 janvier 1984. Celle-ci prévoit que notamment en cas de suppression de poste, et en l’absence d’une autre proposition par la collectivité, la rémunération de l’agent est prise en charge par le centre de gestion, celui-ci ayant pour mission de contribuer à ce que l’agent trouve une nouvelle affectation.

Ce dispositif concerne donc des agents sans affectation du fait de leur employeur et dont le recrutement n’a pas été possible sur un nouveau poste, faute de proposition.

S’agissant des FMPE du Var, plusieurs ont vu leur poste être supprimé dans les années 1980 lorsque les municipalités de droite de La Seyne-sur-Mer et de Toulon ont privatisé respectivement la collecte des déchets et le service des eaux. A La Seyne, l’employeur a même prétendu révoquer 81 fonctionnaires de la collecte des déchets. Une longue et difficile lutte menée par la CGT de 1987 à 1989 a permis que ces collègues conservent leur qualité de fonctionnaire et, pour leur très grande
majorité, trouvent une nouvelle affectation.

Relevons aussi que d’après les derniers chiffres disponibles, le dispositif FMPE concerne au niveau national 442 fonctionnaires territoriaux, soit 0,0002% des 1 886 000 agents de la Fonction publique territoriale. Le caractère plus que marginal de ce dispositif interpelle donc fortement quant à l’écho médiatique donné au rapport de la Chambre régionale des comptes de PACA, un écho qui de toute évidence participe du « fonctionnaire bashing » et fait donc le jeu de la propagande gouvernementale.

Il s’agit bien de préparer les esprits à la mise en oeuvre du projet de loi Macron Dussopt sur la Fonction publique, qui prévoit de réduire les droits des FMPE en réduisant les conditions de prise en charge de leur rémunération, et de faciliter ainsi les privatisations et suppressions d’emplois.

La Fédération CGT des Services publics appelle les personnels à la vigilance et à la poursuite de la lutte pour la défense et le renforcement des garanties statutaires comme condition indispensable à la pérennité du service public.

Montreuil, le 3 juillet 2019

 

C’EST QUOI LE MERCOSUR

Depuis une vingtaine d’années, des tentatives d’accord de libre-échanges entre l’Union européenne (UE) et les pays du MERCOSUR1 ne trouvent pas de conclusion car des deux côtés de l’Atlantique la soumission des États aux transnationales transparaissent.
Explications sur les dangers de cet accord concernant 770 millions de personnes…

FETE NATIONALE

En ce jour de Fête Nationale, la CGT des Territoriaux de Villejuif adresse une pensée solidaire à toutes les victimes de violences policières, à tous les migrants refoulés sur les côtes européennes ou noyés en Méditerranée, à Steve, ce jeune de Nantes qui a savamment combiné la noyade et la violence policière…

On est une démocratie, aujourd’hui on fait la fête.