Communiqué de la Fédération CGT des Services publics

Vive agitation ministérielle, suite à un dépôt de préavis de grève en période souhaitée d’union nationale… Monsieur DUSSOPT aurait-il peur de la colère des territoriaux ?

Depuis 3 semaines, dans toute la France, les syndicats CGT interpellent des employeurs locaux qui poussent leurs agents à se rendre sur le terrain, c’est-à-dire rompre le confinement, alors que leur activité n’est ni vitale pour la collectivité ni nécessaire à la lutte contre la propagation de la pandémie. Ces interpellations ont largement été relayées auprès des préfets, auprès du ministre lui-même.

En effet, si nombre d’élus respectent les règles, ce dont nous nous félicitons, travaillent avec les IRP et les élus syndicaux pour veiller à définir précisément les conditions optimums de sécurité pour les agents, dont les fonctions nécessitent d’intervenir directement sur le terrain, force est de constater que ces conditions ne sont pas de mise partout.

Aujourd’hui encore, par dizaines de milliers, dans toute la France, des agents de la fonction publique territoriale, personnels soignants, agents des EHPAD, ATSEM, assitant.es maternelles, asistant.es familiales, égoutiers, éboueurs, pompiers, gardiens, techniciens ou administratifs d’astreintes … subissent d’inadmissibles injonctions pour aller travailler sans disposer des équipements de sécurité nécessaires pour se protéger du coronavirus. Il faudrait ne rien dire ?

Les agents de fonction publique territoriale sont massivement aux premières loges pour garantir le maintien des services publics essentiels à la population. La conscience professionnelle des territoriaux n’est pas à démontrer, et nous n’avons rien à prouver à Monsieur DUSSOPT.

Depuis quand Monsieur DUSSOPT ne sait-il plus lire un préavis de grève ? Le préavis déposé par la Fédération

expose précisément que :

« dans la période actuelle, afin de permettre aux personnels du champ fédéral, le cas

échéant après extinction de toutes les autres voies possibles, de se mettre en grève, pour défendre les intérêts des salariés et des agents, porter leurs revendications et de prendre des décisions d’action, la Fédération CGT des Services publics dépose des préavis de grève de 0 h à 24 h pour les journées suivantes (…) ». Il ne s’agit pas d’un appel à la grève dans toutes les collectivités. Il s’agit de permettre aux syndicats et aux agents confrontés à l’injonction inadmissible d’aller au travail, sur le terrain sans les équipements de sécurité nécessaire de dire non ! Il s’agit de permettre aux agents dont les fonctions ne sont pas vitales pour la collectivité de se rendre sur le terrain. Il s’agit de protéger les agents des abus du télétravail…

Que Monsieur DUSSOPT, au lieu de s’engager sur le sentier de la guerre contre la CGT, commence par consacrer son énergie à établir une circulaire en direction de tous les employeurs publics pour leur rappeler leur obligation de respecter l’article 23 de la loi du 13 juillet 1983 : qui établit que les « conditions d’hygiène et de sécurité de nature à préserver leur santé et leur intégrité physique sont assurées aux fonctionnaires durant leur travail »… et il n’y aura aucune raison pour les agents de faire grève !

Que Monsieur DUSSOPT et son gouvernement fournissent des masques FFP2, du gel, des blouses, des tests de dépistage et cela massivement pour tous les agents et salariés, dont les fonctions rendent la présence nécessaire sur le terrain, réquisitionnent des usines s’il le faut … et il n’y aura aucune raison de faire grève !

À la « surprise » de Monsieur DUSSOPT, habituellement moins prompt à répondre à nos courriers, nous opposons notre ferme volonté de défendre les vies des territoriaux, sans formules ni arrières pensées politiciennes.

Montreuil, le 26 mars, 18 h 30.

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CONFINEMENT ET GARDE D’ENFANT

Comme vous pouvez le constater sur la note du 16 mars d’Olivier DUSSOPT, ministre de la fonction publique les consignes en matière de confinement sont claires. En particulier il est bien précisé que les parents d’enfants de moins de 16 ans, qui n’ont pas d’autre possibilité de garde, peuvent rester à leur domicile en fournissant une attestation à leur employeur.

Cela s’applique bien évidemment à la mairie de Villejuif. La hiérarchie des normes fait qu’une note du ministre s’impose à une directive RH…

Ci dessous, un modèle d’attestation à envoyer à l’employeur à cet effet :

Un arrêté a été pris le 14 mars 2020 pour définir les différentes mesures de lutte contre la propagation du virus.

Pour autant, d’une collectivité à l’autre les consignes et les mesures de prévention apparaissent très différentes alors que, plus que le principe de précaution, ce sont des mesures radicales de précaution qui doivent être prises partout. D’où la nécessité de règles nationales qui s’imposent aux employeurs des collectivités locales :

– Aujourd’hui, ce qui doit primer sur tout le reste c’est la vie et la santé des personnels.

– Dans les collectivités en dehors des urgences, des astreintes techniques et administratives (voire sur la base du volontariat avec tout l’équipement de protection nécessaire et la possibilité de faire des tests) nous demandons des mesures exceptionnelles : tous les agents restent chez eux et tous doivent être payés intégralement primes comprises.

– Tous les agents qui n’auront pas la possibilité de fournir un certificat médical (crainte de sortir, risques dans les salles d’attente…) doivent être couverts par des ASA et si nécessaire une délibération de l’exécutif doit fournir cette garantie.

Les crèches et les écoles étant fermées à compter du lundi 16 mars 2020 et jusqu’à nouvel ordre, les parents peuvent être contraints de rester chez eux pour garder leurs enfants agés de moins de 16 ans et non 12 ans comme cela circule aussi de notre administration (voir Décret n° 2020-227 du 9 mars 2020). Il leur sera alors possible de bénéficier d’un arrêt de travail indemnisé.

Cet arrêt est accordé pour toute la durée de fermeture de l’établissement accueillant l’enfant. Pour en bénéficier, l’employé doit remplir certaines conditions :

  • Les enfants doivent avoir moins de 16 ans le jour du début de l’arrêt ;
  • Les enfants doivent être scolarisés dans un établissement fermé ou être domiciliés dans une des communes concernées (les listes des communes sont régulièrement mises à jour sur les sites internet des rectorats) ;
  • Un seul parent (ou détenteur de l’autorité parentale) peut se voir délivrer un arrêt de travail (le salarié doit fournir à son employeur une attestation sur l’honneur certifiant qu’il est le seul à le demander à cette occasion.

Crise de Santé Publique

Salut à tous,

Comme vous le savez, notre pays traverse une crise sanitaire majeure nécessitant des mesures de confinement. En ce qui concerne la fonction publique, nous avons été destinataires du communiqué de presse suivant :

Nous sommes conscients des difficultés et des incertitudes qu’engendre cette situation et intervenons auprès de l’administration pour que les agents de la ville obtiennent la bonne information.

Vous pouvez joindre vos représentants du personnel via les numéros de téléphone portable du syndicat (06 17 44 09 82 ou 06 12 54 60 76). Nous tâcherons de vous renseigner au mieux.

Ci-dessous le formulaire d’attestation de déplacement dérogatoire dont vous devrez vous équiper :

Attestation_de_deplacement_derogatoire


Et ci-dessous le mail que nous avons envoyé ce matin au directeur général des services :

Monsieur le Directeur Général Service,
 
Nous sommes interpellés par de nombreux agents de nombreux services qui sont inquiets du flou des informations qu’ils reçoivent. Nous constatons une grande disparité de fonctionnement entre les différentes directions. 
 
Certains dès lundi 16 mars fin de journée ont informé leurs agents soit de la nécessité de rester chez eux soit d’être mobilisés, certains préparaient des listes de personnels qui pourraient bénéficier d’attestations pour venir travailler mais oubliaient de prévenir les agents qui devaient rester chez eux, certains renvoient les agents chez eux sans rien leur écrire ou même rien leur dire, certains informent leurs agents de rentrer chez eux à partir de 11h, d’autres à l’heure où nous rédigeons ce courriel ne donnaient aucune information à leurs agents qui ne savent toujours pas s’ils doivent rentrer chez eux ou pas. D’autres encore, qui pourront travailler, se demandent s’ils obtiendront un justificatif leur permettant de se déplacer.
 
Enfin, tous les agents se demandent si, bien qu’ils ne soient pas en position de télétravail,  seront quand même payés et ce que sera leur situation administrative (sauf erreur de notre part, selon les informations reçues par la Fédération CGT des services publics, les agents sont en autorisation spéciale d’absence). 
 
Nous comprenons fort bien que tout ce qui se passe actuellement est inédit. Il est vrai également que des informations ont été données par le Président de la République et le Ministre de l’intérieur. Mais il est important  et rassurant que tous les agents soient informés correctement par leur employeur de ce qui se passe, tant par courriel que par courrier, ou encore sur le site de la ville. Ils doivent savoir ce qui est attendu d’eux, ce qui sera mis en place, et les garanties de leur rémunération. Nous proposons que toutes ces informations soient également sur  le site intranet.
 
Nous demeurons bien évidemment à votre disposition pour aider à la transmission de l’information aux agents. A cet effet, pourriez vous nous indiquer quels services fonctionnent et quels services sont confinés d’office ?
 
Nous vous en remercions par avance.
 
Croyez, Monsieur le Directeur Général des Services, en l’assurance de nos salutations respectueuses,


 

ELECTIONS MUNICIPALES : Les réponses des candidats (3)

Nous avons publié la semaine dernière notre courrier aux candidats progressistes des élections municipales à Villejuif. Déjà, certains nous ont répondu. Les premiers  à nous avoir répondu sont le parti d’Europe Ecologie les Verts :

Reponse à CGT-UGICT

 

Noël avant l’heure…

Alors que nous revendiquons depuis six ans la mise au stage des agents contractuels pour lutter contre la précarité au sein du personnel municipal, sans que cela semble émouvoir qui que ce soit le moins du monde, d’un coup, à moins d’une semaine des élections, ça y est ! L’urgence est entendue (au moins pour certain d’entre eux) !

Nous nous félicitons, bien sûr, de cette victoire qui est à mettre entièrement à notre crédit – car combien de fois nous l’avons réclamé !

Enfin, l’employeur cède ! Sans la moindre arrière pensée électoraliste ?

Bien sûr, nous aurions préféré que cela arrive avant, que cela concerne  tous les agents qui peuvent y prétendre… Et pour ceux qui nous ont indiqué avoir été proposés en CDI (nous rappelons que la CGT est surtout favorable à la mise au stage car c’est préférable pour la carrière de l’agent) , nous souhaitons aux agents que le contrôle de légalité validera les CDI car quoi qu’il en soit, nous sommes opposés à la précarisation.

Pour tous les agents concernés pas des CDD multiples sur des postes vacants, et à qui la proposition n’aurait pas encore été faite, allez en RH. Apparemment, c’est le bon moment.

ELECTIONS MUNICIPALES : Les réponses des candidats (2)

Nous avons publié la semaine dernière notre courrier aux candidats progressistes des élections municipales à Villejuif. Déjà, certains nous ont répondu. Les seconds à nous avoir répondu sont Décidons Villejuif :

Bonjour,

Tout d’abord, nous vous remercions de nous avoir adressé vos questions.

Nous sommes nombreux au sein de Décidons Villejuif à avoir été alertés au sujet des conditions de travail extrêmement délétères des agents municipaux depuis déjà plusieurs années. Également, nous en sommes touchés à plus d’un titre alors que nous défendons les droits de chacun et chacune à travers notre soutien et notre mobilisation contre la loi de réforme du système de retraite : travailler mais aussi prendre sa retraite dignement est important pour nous.

Nous vous adressons donc nos réponses. Bien entendu, vous pouvez les publier sur votre blog et les remettre à toute personne intéressée par cette question.

Si vous souhaitez davantage d’informations au sujet de notre démarche et sur nos valeurs, vous pouvez vous rendre sur notre site : decidonsvillejuif.fr

En matière de consultation du personnel et de dialogue social

Le dialogue social, devenu inexistant doit être rétabli avec les organisations syndicales, les plus à même de transmettre les difficultés, les interrogations et suggestions des agents du service public local. Nous souhaitons favoriser l’expression par les agents de leurs vécus de professionnels : acteurs du service public local, les agents sont sur le terrain, au plus près des habitants et de leurs attentes et incompréhensions parfois face aux démarches administratives. Les modalités de ces consultations des agents seront discutées avec les organisations syndicales : formulaires anonymes, réunions thématiques ou de secteur, etc. Cette démarche va de pair avec le type de management que nous appelons de nos vœux.

En matière de management : favoriser l’innovation publique territoriale

Les agents du service public sont les premiers questionnés par les habitants. Leur expérience professionnelle les a amenés à tester différentes procédures, organisations de leurs services. Ce vécu est une richesse et les agents doivent pouvoir exprimer leurs réserves, leurs suggestions d’amélioration sans craindre des représailles ou sanctions. La démarche de l’innovation publique territoriale vise à trouver avec les agents, les usagers, les habitants la meilleure organisation et procédure administrative en acceptant de tester une configuration, de se tromper, donc de l’ajuster, la faire évoluer. Cela n’est possible que si une relation de confiance est rétablie et elle passe par un management où les agents ont la parole et où leur expertise est reconnue. Le service public est de plus en plus décrié. Le faire évoluer intelligemment avec les habitants et les agents est la meilleure manière de faire la démonstration de son rôle essentiel.

Lutter contre les inégalités femme-homme au sein de la collectivité

L’égalité femme-homme est une exigence qui se travaille sur plusieurs fronts. D’abord une analyse des traitements et progressions de carrière par genre qui doivent être alignés. Ensuite par tout un travail de sensibilisation, à Villejuif comme partout en France. Un congé de maternité ne peut faire l’objet de reproches, de frein à la carrière, pas plus que les aléas que connaissent tous les parents d’enfants en bas âge (et ce n’est pas que le problème des mères). Et évidemment toute remarque sexiste et plus généralement discriminatoire est à proscrire, même sous couvert d’un soi-disant humour. Car l’enjeu est de promouvoir des relations professionnelles saines.

Régime indemnitaire

La transparence est une des règles que Décidons Villejuif souhaite promouvoir à tous les niveaux et donc en matière de rémunération notamment. Nous proposerons aux organisations syndicales d’échanger sur les modalités d’attribution des primes et de progression de carrière afin d’en assurer la transparence et l’équité. Les critères doivent être écrits, choisis en concertation avec les OS, valables pour tous les services et consultables.

Activités sociales et culturelles

Les agents seront consultés sur cette question afin que l’action sociale et culturelle corresponde à leurs besoins et attentes. Il est essentiel que tous les agents aient connaissance et accès aux prestations et activités subventionnées, ce qui n’est pas toujours évident avec un prestataire privé.

En outre au moins pour certaines activités locales, qui ne seront jamais proposées par un prestataire national privé ou en tout cas pas au même niveau, il semble pertinent que les agents bénéficient d’un budget qu’ils géreraient.

Recrutements et titularisations

Pour un besoin permanent, un recrutement précaire n’est jamais qu’une solution de fortune. Si le besoin est permanent, la solution doit l’être afin de permettre une formation de l’agent recruté et un service public de qualité. De même, les titularisations (ou CDIsations) doivent être proposées, lorsque les textes le permettent et que les agents ont fait preuve de leur qualité. C’est tout l’intérêt de la Ville de fidéliser les agents et de les accompagner dans leur déroulement de carrière en favorisant la formation.

Arrêt des privatisations et retour en régie

La privatisation n’est intéressante que pour des prestations ponctuelles ou d’une technicité très spécifique. Les services publics ont vocation à être assurés par des agents du service public et ce d’autant que, contrairement aux entreprises privées, la préservation des marges n’est pas un critère de décision.

Complémentaire santé et maintien de salaire

Mutuelles, prévoyance, la Ville doit accompagner les agents pour éviter le non recours aux soins faute de moyens, un fléau dans la ville comme pour certains des agents. De même, le jour de carence n’a pas fait preuve de son efficacité et doit, comme dans certaines conventions collectives du privé, être pris en charge par la collectivité.

Bien à vous,

Sophie, pour Décidons Villejuif

 

A l’heure actuelle aucun autre candidat n’a répondu à notre courrier ou ne nous a autorisé explicitement à publier sa réponse.

ELECTIONS MUNICIPALES : Les réponses des candidats (1)

Nous avons publié la semaine dernière notre courrier aux candidats progressistes des élections municipales à Villejuif. Déjà, certains nous ont répondu.

Mais avant même que nous n’envoyions ce courrier, Villejuif Ensemble avait contacté les syndicats CGT de la mairie, pour entendre les besoins du personnel et avait adressé ce message aux personnels :

Il est vrai qu’il ne répond pas directement à notre courrier car il a été rédigé juste avant que nous n’envoyions celui-ci… Nous choisissons donc de diffuser ce message, qui répond pourtant bien à des questions que nous n’avions pas encore formulées (au moins certaines d’entre elles)…

Ça nous change : dans le cours habituel du dialogue social à la mairie de Villejuif, personne ne répond aux questions que nous posons…

Les réponses des autres candidats seront éditées à partir de demain…

BILAN DU MANDAT MUNICIPAL

Vous l’aurez remarqué : c’est la saison des élections municipales.

En cette période de fin de mandat, les bilans fleurissent, et les promesses de campagne abondent. Vous avez certainement pu découvrir sous le slogan « Un bon maire on le garde » celui de l’actuel exécutif.

Pourtant tout n’est pas rose pour le service public rendu aux Villejuifois, et il y a fort à dire sur la période 2014-2020. Si l’exécutif est satisfait de son action, les agents de la ville que représentent nos syndicats ont un point de vue tout différent. C’est en nous appuyant sur leurs témoignages, et sur nos constats que nous avons dressé le nôtre.

En tant qu’agents de cette ville, depuis 2014, nous avons eu à faire face à une profonde dégradation de la qualité du service que nous rendons aux Villejuifois, pour notre plus grand regret. Nous avons tenté, tant bien que mal, en dépit de l’hostilité de l’exécutif, de maintenir un service de qualité à chaque fois que cela a été possible, mais force est de constater que nous rendons moins de services, et toujours dans des conditions plus difficiles pour nous.

CONCRETEMENT :

En 2015 : Une demande de passeport était immédiate.

En 2020 : 3 semaines d’attente pour demander un passeport.

Pour une attestation d’accueil : En 2015, une semaine.  Aujourd’hui  deux semaines en moyenne.

Pour le recensement militaire : En 2015 c’était immédiat, aujourd’hui il faut dix jours.

On nous a dit « meilleure organisation du travail » nous avons vécu « moins de services pour les Villejuifois ».

Nous avons repris les titres employés dans le bilan de l’Exécutif sortant. Nous ne nions pas que sur certains dossiers, il y a eu des améliorations. Nous n’idéalisons pas ce qui se passait « avant », il ne s’agit ni de nostalgie, ni d’amnésie. Simplement, nous constatons :

Des finances assainies ?

Mise au placard de l’ancien chef du service des marchés publics et disparition des cellules financières dans les directions… Plus de visibilité pour les fonctionnaires, pas de garantie de sincérité des budgets, très peu de temps pour monter les budgets dans les services et donc faire en sorte qu’ils  reflètent les besoins de la population.

 Proximité, Citoyenneté, Démocratie.

Les associations dénoncent massivement un favoritisme dans l’attribution de salles, de subventions… Menaces de fermeture des équipements de quartier, comme les mairies annexes, au profit de l’e-administration, qui aggrave la fracture sociale.En ce qui concerne les démarches, passeport, carte d’identité, justificatif de recensement, le délai d’attente des usagers a augmenté. Des postes ont été supprimés à l’État Civil et aux Affaires Générales.

Et en matière de lutte contre l’exclusion et les discriminations : Diminution de 2/3 du budget dédié à la lutte contre les discriminations et de ¾ de celui de la démocratie participative après 2015. Et toutes les actions visant à l’intégration des Roms et à la protection de leurs enfants (scolarisation) ont été arrêtées à l’été 2015, et remplacées par une politique d’expulsion systématique.

Disparition d’une Ludo mobile, qui allait dans les quartiers, au profit du café-ludo.

 Solidarité, égalité femme-homme

La mise en place de nouveaux critères a entraîné une restriction d’accès et une diminution de distributions aux usagers. L’aide alimentaire financière municipale octroyée par la commission sociale a été suspendue pendant deux ans, soit disant pour financer l’épicerie solidaire gérée pourtant par une association. Les populations en grande précarité ont de moins en moins d’accès à la solidarité, et les différences de traitement entre les usagers se sont généralisées… Le nouveau logiciel d’inscription aux activités périscolaires a posé de gros problèmes aux familles…

 Sécurité, médiation, prévention

La mise en place d’une police municipale, longtemps décrite comme le secteur phare du programme municipal, mais avec des moyens de fortune (un poste de police sans aménagement pour les agents, par exemple : ni douches, ni vestiaires). La médiation, la prévention, ont perdu tous leurs moyens : une quarantaine de policiers municipaux pour la sécurité, deux agents pour la prévention, et rien pour la médiation.

 Culture

Signalons d’abord la fermeture et l’absence complète de soutien à des lieux alternatifs et associatifs comme le Chêne ou le Portail, malgré leur popularité. Aucun nouvel équipement, une réorganisation de la médiathèque et une ouverture des PULPs à effectifs constant ce qui met toutes les équipes en tension en cas de congés ou de maladie. La disparition d’un poste de direction des maisons pour tous qui entraîne un isolement des équipes et un flou de leurs missions. Bilan : moins d’activité et prévalence de logiques comptables, au détriment de la qualité et des usagers.

 Jeunesse

La disparition des Structures Ouvertes et la disparition de plus de 70% des postes d’animateurs a entraîné une baisse de fréquentation chez les 11-17 ans. Pour les 18-25 ans, plus de structure, juste des contacts réguliers, et des activités ponctuelles et consuméristes… Quant à l’accompagnement vers l’emploi il se résume à des partenariats avec peu d’entreprises, ou des séances de job-dating peu fréquentes.

 Urbanisme et Habitat.

La réduction du parc de logements sociaux et le manque d’agents au service logement a entraîné un nouvel allongement des délais et l’augmentation du nombre de demandeurs… En matière d’urbanisme, de nombreux usagers dénoncent un manque de transparence et une absence de concertation alors que cela concerne leur cadre de vie. Le sentiment général c’est que les enfants des Villejuifois d’hier ne pourront plus vivre dans une Villejuif bétonnée et devenue trop chère.

 Nature en ville & Propreté

La ville est censée être plus propre, mais le nombre d’agents a diminué, avec le recours à des entreprises privées. Les agents dénoncent des effectifs insuffisants, leurs difficultés à obtenir du matériel ou des équipements de protection individuelle pour travailler efficacement. Et un déséquilibre de traitement entre le centre-ville et les autres quartiers.

 Éducation.

Dès 2015, les agents d’Entretien dénoncent la dégradation de leurs conditions de travail et le manque de matériel. Les ATSEM, les Gardiens d’école, les Animateurs, font les mêmes constats. Une école (prévue depuis 2012) a été construite, mais sera insuffisante pour faire face à l’augmentation de la population. Un manque de personnel est également signalé par les agents, notamment pour l’encadrement de la restauration scolaire, Ce qui peut parfois aboutir à des sollicitations de certains agents sur des tâches qui ne sont pas les leurs.

Au service enfance, on n’embauche plus de fonctionnaires : tous les personnels sont embauchés en CDD, et donc moins bien formés sur le long terme et moins impliqués. Une baisse de fréquentation des Accueils de Loisirs a été observée sur les petites vacances et toujours des difficultés d’encadrement des enfants dues à un manque d’effectif.

 Sport

Des conditions toujours plus difficiles pour les agents chargés de l’entretien des équipements, pris entre les injonctions des clubs sportifs et des directives contradictoires des élus et de leurs hiérarchies… Certains clubs sont mis à l’index, d’autres se voient accordés des privilèges… C’est l’un des domaines où l’inégalité de traitement entre les usagers est la plus flagrante…

 Economie, Emploi, Commerces de proximité

Dès le début du mandat, mise à l’écart puis renvoi des agents chargés de ces questions. Aujourd’hui, il n’y a plus de lisibilité sur ces domaines où la mairie n’est que partenaire, et jamais à l’initiative.  La mise en place du stationnement payant dans le centre-ville, supposé améliorer le quotidien des commerçants semble avoir eu l’effet inverse. Régulièrement, l’arrivée de « grandes enseignes » est annoncée par le maire, mais on ne les voit jamais…

 Des animations populaires

Surtout des animations ramenées vers le centre-ville, et promouvant l’œuvre des élus plutôt que l’identité de notre ville ou la créativité des habitants. Les fêtes de quartier organisées souvent avec l’appui des associations et de la jeunesse, ont majoritairement disparu, ce qui contribue à éloigner le service public des quartiers de Villejuif.

 Petite enfance

Alors que la population augmente, le nombre de crèches publiques, lui, stagne. Des crèches privées ont été implantées, mais il est difficile d’y obtenir des places et la place de l’enfant s’y efface derrière la rentabilité de l’entreprise. A nouveau, les agents déplorent un sentiment que leur technicité et leur professionnalisme, mis en compétition avec le privé, ne soient pas pris en compte. Ils ont les moyens d’offrir un meilleur service, mais l’occasion ne leur en est pas offerte.

 Seniors, santé…

Les prestations aux retraités sont en diminution, notamment pour les aides à domicile, au bénéfice du secteur privé, encore une fois. De nombreux EPAHDs privés sont sortis de terre mais demeurent vides en raison des tarifs pratiqués…

En matière de santé, les agents des centres municipaux (menacés de fermeture dès le début du mandat) se sont vus de moins en moins nombreux, et plongés dans un climat de tension, qui rejaillit parfois sur les patients. La logique de rentabilité entrave à nouveau l’objectif initial – un accès à la santé pour tous – et les agents se voient ordonner d’obtenir un paiement immédiat des soins : « Si ils n’ont pas les moyens de se soigner, les gens n’ont qu’à rester chez eux », s’entendent-ils dire… Et au final, l’un des équipements (le SaMi) a vu ses horaires d’ouverture diminués. Les médecins de ville se plaignent d’un manque de coordination et de l’absence de réaction du maire à leurs alertes devant le départ de plusieurs d’entre eux. La fermeture de la radiologie au CMS Rouquès est prévue…


DES ANNONCES EN CONTRADICTION PERMANENTE AVEC LES FAITS.


À chaque fois qu’on nous a dit « concertation », le personnel a été écarté de l’élaboration des projets ou de la prise de décision. Notre avis n’a pas été pris en compte. Concerter et informer, ce n’est pourtant pas pareil.

Les lignes directrices de la méthode :

  • « Avant ce n’était pas bien.» Alors que l’exécutif avait promis à son arrivée une transition en douceur, très rapidement le personnel a réalisé que la logique était de casser les fonctionnements antérieurs. Même ceux qui avaient fait leurs preuves… De nouvelles méthodes  été imposées sans tenir compte des réalités du terrain ou des usagers. Cela a très entraîné des carences : moins de réactivité, moins d’efficacité, un service public moins bien rendu…
  • Aucune transparence. Les décisions sont prises de façon autoritaire, sans respect des instances de représentation du personnel, sans concertation avec les agents, sans prendre en compte leur expérience. Ainsi, personne ne connaît les critères appliqués à l’attribution des primes (dans le RIFSEEP, particulièrement). Cela génère en plus des divisions et des jalousies, et induit une ambiance délétère.
  • Une réorganisation des services jamais aboutie. Réorganiser les services de la ville faisait partie de nos revendications. C’était une nécessité. Une méthode a été établie en 2015 : on commençait par les directions et on descendait vers le bas, le tout en concertation avec les agents. Ce n’est pas du tout ce qui s’est produit. Des bouts de chandelle ont été réorganisés, et le résultat est qu’aujourd’hui la ville n’a plus d’organigramme. Cela continue d’entraîner un manque de lisibilité sur le fonctionnement de la mairie, pour les agents comme pour les usagers. Concrètement, dans certains cas, on ne sait plus qui fait quoi.
  • L’absence de circuits de décision. Il n’y a pas grand-chose de pire pour une administration, et c’est pour les renforcer que nous voulions une réorganisation : quels sont les circuits de validation ? Qui donne les ordres ? Qui prend les décisions ? Comment l’information est-elle diffusée pour permettre de travailler ? Ce sont ces questions aujourd’hui que se posent les agents, parfois empêchés de remplir leurs missions parce que personne n’a réfléchi à comment ils pouvaient les remplir…
  • La Qualité de Vie au Travail. Alors qu’on nous explique depuis le début de l’année 2019 que la QVT est l’objectif majeur de l’année, les agents constatent tous qu’ils perdent le sens de leurs missions et que leurs conditions de travail continuent de se dégrader. L’opposé du résultat espéré quand on met en place une charte Qualité de Vie au Travail. Dans tous les secteurs, ils se plaignent de devoir travailler toujours sur le fil du rasoir et dans l’extrême urgence. Les injonctions viennent polluer les missions régulières…
  • La disparition de l’égalité de traitement. Et comme si tous ces facteurs n’étaient pas déjà suffisamment anxiogènes pour les usagers comme pour les agents, d’un coup plus aucune règle ne s’applique à personne. Tout est à la tête du client. Les prestations ? L’octroi d’un document ? Les processus d’exception ? Le déroulé des carrières ? L’attribution des primes ? Ca dépend à qui l’usager demande, ou qui est l’usager. Il n’y a plus une seule règle pour tous, mais une collection d’exceptions. Les règles sont à géométrie variable… C’est l’opposé de ce que devrait faire une administration. Sans cadre clair, il n’y a pas moyen de savoir si on fait bien ou mal son travail. Se sentant toujours en faute, ou en risque de l’être, les agents s’épuisent.
  • Le management par le cri. Ultimement, c’est le résultat : de plus en plus souvent, manager ou diriger, ça n’est plus expliquer et motiver, c’est crier, menacer, sanctionner. Et le DGS montre l’exemple en se vantant lors des « petits déjeuners du maire » de l’augmentation du nombre de sanctions, preuve que la collectivité serait bien gérée… Et les sanctions pleuvent pour des motifs de plus en plus fantaisistes…

En résumé :

  • Les conditions de travail se sont massivement dégradées, y compris pour des services désignés comme prioritaires comme la Police Municipale, l’environnement ou l’éducation. Cela se traduit aussi dans une baisse des effectifs.
  • Les agents voient certaines de leurs missions déléguées au privé pour un coût équivalent et un résultat souvent inférieur. Le privé est là pour faire du profit, pas pour l’intérêt général.
  • Le manque de clarté du projet politique entraîne une baisse de la qualité du service rendu au Villejuifois.
  • Une fracture se creuse entre les usagers et l’administration puisque l’objectif n’est pas de rendre le meilleur service, mais d’abord de réduire les coûts de fonctionnement…

Notre message aux Villejuifois, aujourd’hui, c’est qu’il faut préserver un service public à la hauteur de vos besoins, et des besoins des Villejuifois de demain !

 

LETTRE OUVERTE AUX CANDIDATS AUX ELECTIONS MUNICIPALES

Mesdames et Messieurs les candidats à l’élection municipale 2020 à Villejuif,

Vous avez décidé de présenter une liste pour briguer au mandat vous plaçant en position de gérer les affaires de la commune de Villejuif. Comme vous en avez certainement conscience, celui-ci implique non seulement d’organiser la vie de la commune et le service public rendu aux Villejuifois pour les affaires courantes comme pour les années à venir,  mais vous placera également en position d’employeur pour près de 1200 agents.

Nous, représentants du personnel CGT, souhaiterions recueillir votre positionnement sur ce que représentent pour vous d’une part  le service public, et d’autre part ceux et celles qui œuvrent à sa bonne exécution, à savoir les agents.

La situation des agents de la ville est critique : d’un côté, la précarisation des fonctionnaires est aggravée à cause de réformes gouvernementales, de l’autre, les agents de Villejuif souffrent d’une ambiance délétère et de conditions de travail très difficiles. Du mouvement social initié suite à une insuffisance des fournitures (parfois aussi basiques que le papier toilette dans les écoles) en 2015, au droit de retrait exercé par les agents de l’Épi d’Or en janvier dernier parce que le site était encombré de déchets à la suite d’une panne de leur outil de travail, les agents de Villejuif n’ont pas cessé de dire qu’ils voulaient mieux servir les Villejuifois mais qu’on ne leur en donnait plus les moyens.

À cela s’ajoutent les problèmes liés à des décisions prises sans transparence, et sans jamais associer les personnels en matière d’organisation du travail.

Les agents de la ville se posent des questions concrètes :

  • Quels sont vos engagements en matière de consultation du personnel et de dialogue social ?
  • Comment comptez-vous lutter contre les inégalités femme-homme au sein de la collectivité ?
  • Êtes-vous prêts à remettre à plat les questions de régime indemnitaires, et à faire en sorte que les critères et les conditions soient transparents, objectifs et accessibles par tous ?
  • Êtes-vous favorable à la prise en charge des activités sociales et culturelles par les agents eux-mêmes, par le biais du Comité d’Action Sociale et Culturelle, géré par les agents, plutôt que par le biais d’un prestataire privé ?
  • Êtes-vous prêt à l’arrêt de recrutements de précaires sur des besoins permanents ?
  • Êtes-vous prêt à développer une démarche de management alternatif au « management par la terreur et par le cri » actuellement en place ?
  • Êtes-vous prêt à de titulariser les agents en contrat à durée déterminée, leur permettant ainsi de sécuriser leur emploi, et d’accéder plus facilement, par exemple, à des logements ?
  • Êtes-vous prêt à l’arrêt des privatisations et le retour en régie de toutes les délégations de service public vendues au privé par l’exécutif sortant (entretien des rues, des écoles, travaux dans les bâtiments municipaux, etc…) ?
  • Êtes-vous favorable à une prise en charge des complémentaires « santé » et « maintien de salaire » pour les fonctionnaires à la même hauteur que celle pratiquée dans le privé (c’est-à-dire au minimum de 50%) ?

Nous espérons que vous voudrez bien apporter des réponses à ces questionnements. Nous ne manquerons pas de faire parvenir à nos syndiqués, et à tout agent qui réclamerait ces informations, voire, avec votre accord, à publier vos réponses sur notre blog.

Nous vous prions de croire, Mesdames, Messieurs, en l’expression de nos salutations distinguées.

QUALITE DE VIE AU TRAVAIL

La QVT représente « les conditions dans lesquelles les salariés exercent leur travail et leur capacité à s’exprimer et à agir sur le contenu de celui-ci, déterminant la perception de la qualité de vie au travail qui en résulte »

(ANI 2013).

EN D’AUTRES TERMES, LA QUALITE DE VIE AU TRAVAIL DEPEND DE L’EPANOUISSEMENT QU’ON RETIRE DU FAIT DE TRAVAILLER  ET DE CONTRIBUER A AMELIORER SOI MEME SES RESULTATS ET SON ENVIRONNEMENT !

Rappel : Le CHSCT (Comité d’Hygiène, de Sécurité et de Condition de travail) n’a jamais obtenu la restitution des résultats de l’enquête sur les Risques Psycho Sociaux, alors que les représentants du CGT du CHSCT étaient à l’origine de celle-ci. Que veut cacher la direction ?

 Et fin Décembre nous avons découvert avec nos fiches de paye un document sur la QVT (Qualité de Vie au Travail) cousu de fil blanc ! Malheureusement, en guise de qualité de vie :

  • les actions préconisées dans le plan d’action ne sont jamais au cœur de l’organisation du travail ;
  • Aucun dispositif n’est prévu pour permettre aux agents de s’exprimer sur le sens de leur travail, ni sur les actions qu’ils pourraient corriger pour rendre un meilleur service ;
  • L’environnement de travail est absent du document, les conditions de vie extraprofessionnelle ne sont pas mentionnées ;
  • Les seules réunions auxquelles sont conviés les agents sont tenues pour l’expression des seuls objectifs et valeurs de la Direction : il ne s’agit pas d’échanger mais de recevoir la parole de la Direction ;
  • Pas d’autonomie au travail pour les agents et pas de possibilité d’agir sur le travail prescrit ce qui est précisément le contraire de l’esprit d’une démarche pour améliorer la Qualité de Vie au Travail;
  • Les seules évaluations de résultats mentionnées sont les évaluations individuelles qui mettent sous pression les agents et évacuent la notion de travail collectif bien qu’on ne travaille jamais seul ;
  • Le travail « apprenant», qui constitue un enrichissement à la fois personnel est collectif, n’est pas mentionné…

CONCLUSION : La Direction dévoie le sens de la QVT pour développer une culture d’entreprise basée sur la compétition, l’individualisme et management de la terreur procédant une nouvelle fois à une inversion de langage opportuniste et hypocrite !!!