Ce à quoi la crise sanitaire a mené…

On dit que le chemin qui mène à l’Enfer est pavé de bonnes intentions… C’est ce qu’ont pu découvrir les agents de la ville, déjà éprouvés par la crise sanitaire.

Alors qu’une note de la direction indiquait que des agents seraient mobilisés pour assister leurs collègues de la restauration scolaire « sur la base du volontariat », plusieurs se sont sentis contraints, voire menacés, par leur hiérarchie, d’aller suppléer dans les cantines sur leur temps de repas ou encore d’aller travailler en centre de vaccination. Ça n’est pas que la chose ait été systématique, ou qu’elle soit appelée à se reproduire du moins pour la restauration scolaire maintenant que la situation sanitaire se rapproche de la normale.  

Toujours est il que cela a donné lieu à des échanges musclés entre la CGT et la direction générale, tant par voie épistolaire, que lors du comité technique.

Une drôle d’idée de la bienveillance…

Bien sûr, il faut que le service public soit rendu. Bien sûr que beaucoup d’agents ont été malades et que faire fonctionner les cantines ou assurer la bonne tenue du centre de vaccination pendant la crise sanitaire a été et reste une gageure. Bien sûr que la grandeur du Service Public est d’être présent en cas de besoin.  Bien sûr que la meilleure façon de défendre l’existence même du Service Public souvent mise à mal est de l’assurer y compris dans des conditions difficiles voire inquiétantes. Mais quand on annonce qu’on comptera sur le volontariat, on ne réquisitionne pas. Surtout pas en dehors de tout cadre. Les agents en question avaient aussi leurs missions habituelles à remplir, parfois dans des secteurs eux-mêmes sous tension,  et ce n’est pas comme si la considération que les fonctionnaires retirent de leur diligence habituelle avait débouché sur, par exemple, un dégel du point d’indice ou un renforcement de leur statut. Au contraire, puisque la loi de transformation de la fonction publique continue d’avancer à marche forcée.

Notre collectivité qui est une collectivité abimée par des années de maltraitante et de mépris, de déconsidération, n’est pas encore parvenue à se relever. Elle est encore malade. Il faut l’entendre et chercher à y remédier. Ne pas trouver dans notre collectivité, qui était si solidaire avec le service public au coeur, d’avantage d’agents volontaires est certes regrettable mais c’est un signe de malaise profond sur lequel il convient de se pencher pour lui permettre de se redresser. Or nous sommes encore loin du compte et avons le net sentiment de n’être pas entendus quand nous le signalons. 

Lorsque les volontaires ne sont pas au rendez-vous, il y a deux solutions quand on veut faire malgré tout travailler les agents : la carotte ou le bâton. Nous notons que ce n’est pas la carotte qui a été employée.

20210506 – Lettre Ouverte Volontariat

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