En route pour les 32 heures !


Une des plus grandes conquêtes du début du XXe siècle a été la journée de 8h. 8h de travail, cela permettait 8h de repos et 8h pour la vie personnelle et aussi la vie citoyenne.

La durée légale de la journée de travail est ensuite passée à 39h en 1982 puis à 35h en 1998.

L’instauration des 35h a été cependant marquée par une intensification du travail, une aggravation de la flexibilité et la mise en place de l’annualisation du temps de travail.

Il existe ainsi de moins en moins d’horaires de travail collectifs et réguliers, à temps plein et fondés sur le décompte hebdomadaire de la durée du travail. La tendance à la réduction du temps de travail, toutefois moins observable pour les cadres, s’est accompagnée de multiples dispositifs de flexibilité permettant aux employeurs d’organiser la durée du travail de manière atypique (aménagement du temps de travail sur l’année, temps partiel, travail de nuit et dominical…). De plus, les créations d’emplois n’ont pas été d’un niveau suffisamment élevé à la mise en place des 35h, faute d’obligations imposées aux employeurs : l’hôpital public est un exemple criant en la matière, ce qui s’est traduit par une explosion des heures supplémentaires et la dégradation des conditions de travail.

Plus récemment, les encouragements au « travailler plus pour gagner plus » ont encore affaibli le repère collectif des 35h. Avec le télétravail, la frontière entre activité professionnelle et vie personnelle est devenue de moins en moins étanche.

Avec la loi de Transformation de la fonction publique (TPF), le gouvernement a pris la responsabilité de rouvrir le dossier du temps de travail de manière conflictuelle, en faisant des 1607 heures un plancher annuel obligatoire. Dans la Fonction publique territoriale, cela signifie la suppression de tous les accords passés avec un temps de travail inférieur à 1607 heures. La remise en cause de ces accords représente souvent entre 5 et 12 jours de congés supprimés !

Personne n’est dupe sur les intentions du gouvernement et de nombreux employeurs : l’augmentation du temps de travail avec le même effectif permet de supprimer des postes, de réaliser des économies, de faire baisser la masse salariale. Les personnels sont considérés comme une variable d’ajustement économique. À la clé,des cadences plus difficiles, une charge de travail croissante, une aggravation des risques psycho-sociaux.

La loi TFP n’entrave par contre en rien l’inflation des heures supplémentaires et ne prévoit aucun dispositif empêchant par exemple qu’une partie des millions d’heures supplémentaires travaillées dans la Fonction publique puisse n’être ni récupérée ni payée, comme on le constate à l’hôpital public ou au ministère de l’Intérieur.

Cette situation absurde appelle des mesures fortes pour créer les postes nécessaires et respecter les agents en augmentant leurs salaires afin qu’elles et ils ne soient plus contraint·e·s de s’épuiser au travail pour gagner leur vie sans avoir la garantie que tout leur travail supplémentaire soit reconnu !

La réduction du temps de travail est humainement nécessaire et économiquement possible.

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