Préavis de grève de 0 h à 24 h du 1er juillet au 31 août 2020

Madame et Messieurs les Ministres,

Par les dérogations démocratiques qu’elle impose, les choix des mesures anti-sociales au détriment de la solidarité et de la vie des salariés, de ceux qui se sont battus avec courage contre l’épidémie, par les attaques au statut et au droit du travail qu’elle soutient, par l’effort qu’elle fait peser toujours sur les mêmes, la loi d’urgence sanitaire, toujours en cours, n’a de cesse de nous inquiéter.

Durant toute cette période, le gouvernement a semblé découvrir que les agents de la Fonction publique, mis à mal par vos politiques d’austérité dénoncées par la Fédération CGT des Services publics, sont essentiels.

Alors que le dé-confinement se déroule au pas de charge, ce sont encore aux agents dans les écoles, les crèches, aux égoutiers, aux agents du traitement des eaux, aux agents auprès de plus fragiles, des personnes âgées, aux agents de la Fonction publique territoriale en charge de la continuité des services, à qui il est demandé toujours plus de sacrifice, eux qui sont, encore et toujours, en première ligne, à qui vous avez choisi de permettre aux collectivités de voler leurs droits à congés.

Et, vous divisez les travailleurs en instaurant des primes de 500 à 1500 euros à destination des personnels de la santé, de 1000 euros maximum pour les agents du titre III, soumises à votre bon vouloir, créant de fait une inégalité de traitement sur l’ensemble des territoires et, parfois même, parmi les agents d’un même service !

Pour cela, la Fédération CGT des Services publics, puisque vous reconnaissez vous-même que les salaires ne sont pas à la hauteur de l’engagement et que la période à venir sera encore plus difficile à surmonter, réclamera le 7 juillet prochain, lors du rendez-vous salarial annoncé, que la seule réponse soit le dégel immédiat du point d’indice et le rattrapage des dix dernières années.

Vos promesses gouvernementales, faites il y a de cela seulement quelques semaines, sont oubliées et les automatismes du « monde d’avant » reprennent leur cours pour ce « monde d’après ».

Vos politiques restent inchangées ! Pour preuve, les graves reculs induits par la Loi de Transformation de la Fonction publique se voient confirmés par les décrets parus et ceux à venir profitant de la trêve estivale qui s’ouvre, plus de privatisations, plus de casse des statuts, plus d’assouplissements des règlementations sociales et un retour de la contre-réforme des retraites !

C’est pourquoi les agents de la Fonction publique et les salarié.e.s relevant de la partie privée de notre champ fédéral (entreprises de l’eau et de l’assainissement, thanatologie, secteur privé du logement social), sur l’ensemble du territoire, ne mettent pas en suspens leurs revendications et ne se satisfont pas de la situation actuelle.

Nous ne pouvons ni nous taire, ni oublier que le désastre que nous venons de vivre et qui se poursuit encore, trouve sa source dans l’incurie de nos dirigeants politiques et dans l’avidité de ceux qui les soutiennent, en premier lieu, les multinationales et la finance !

La Fédération CGT des Services publics reste déterminée dans la période actuelle et avec les agents et salarié.e.s du champ fédéral, nous portons les revendications suivantes :
-  La sauvegarde et le développement de notre système de protection sociale et de retraite, et le retrait du projet de système par points voulu par le gouvernement ;
-  L’abrogation de la loi dite de « transformation de la Fonction publique » ;
-  Le maintien et le développement des libertés syndicales et démocratiques, dont le droit constitutionnel de grève ;
-  Le dégel immédiat du point d’indice de la Fonction publique et l’augmentation des salaires du public et du privé sur la base du SMIC à 1 800 €, des pensions et des minimas sociaux ;
-  L’arrêt des suppressions de postes et fermetures des services publics, la réouverture de services publics et sociaux de proximité pour répondre aux besoins des populations dans une organisation équilibrée et écologiquement responsable des territoires, le réengagement financier de l’État dans le financement des services publics ;
-  Le recrutement massif d’emplois statutaires et l’ouverture des postes nécessaires ;
-  L’arrêt de tout processus d’augmentation du temps de travail et sa réduction à 32h par semaine ;
-  Le rétablissement de l’Impôt Sur la Fortune et une contribution accrue du capital au financement des services publics ;
-  Le respect plein et entier de la démocratie sociale, du syndicalisme, de son rôle de représentation des agents et de ses moyens de fonctionnement et d’intervention (Comité Technique et CHSCT).

Dans la période actuelle, afin de permettre aux personnels du champ fédéral, le cas échéant après extinction de toutes les autres voies possibles, de se mettre en grève, pour porter leurs revendications et de prendre des décisions d’action, la Fédération CGT des Services publics dépose des préavis de grève de 0 h à 24 h pour les journées suivantes : 1er juillet 2020, 2 juillet 2020, 3 juillet 2020, 4 juillet 2020, 5 juillet 2020, 6 juillet 2020, 7 juillet 2020, 8 juillet 2020, 9 juillet 2020, 10 juillet 2020, 11 juillet 2020, 12 juillet 2020, 13 juillet 2020, 14 juillet 2020, 15 juillet 2020, 16 juillet 2020, 17 juillet 2020, 18 juillet 2020, 19 juillet 2020, 20 juillet 2020, 21 juillet 2020, 22 juillet 2020, 23 juillet 2020, 24 juillet 2020, 25 juillet 2020, 26 juillet 2020, 27 juillet 2020, 28 juillet 2020, 29 juillet 2020, 30 juillet 2020, 31 juillet 2020, 1er août 2020, 2 août 2020, 3 aout 2020, 4 aout 2020, 5 aout 2020, 6 aout 2020, 7 aout 2020, 8 aout 2020, 9 aout 2020, 10 aout 2020, 11 aout 2020, 12 aout 2020, 13 aout 2020, 14 aout 2020, 15 aout 2020, 16 aout 2020, 17 aout 2020, 18 aout 2020, 19 aout 2020, 20 aout 2020, 21 aout 2020, 22 aout 2020, 23 aout 2020, 24 aout 2020, 25 aout 2020, 26 aout 2020, 27 aout 2020, 28 aout 2020, 29 aout 2020, 30 aout 2020 et 31 aout 2020, pour l’ensemble des agents de la Fonction publique territoriale et pour les salarié.e.s relevant de la partie privée de notre champ fédéral (entreprises de l’eau et de l’assainissement, thanatologie, secteur privé du logement social).

Notre organisation reste disponible pour toute négociation sur les revendications des personnels.

Nous vous adressons, Madame et Messieurs les Ministres, nos sincères salutations.

Pour la Fédération CGT des Services publics Natacha POMMET,
Secrétaire générale

« Rendez-vous salarial » du 7 juillet : Dix ans, ça suffit. L’urgence est à la revalorisation du point !


La crise sanitaire a souligné le rôle essentiel des services publics et l’engagement sans faille des agent.es publics au service de l’intérêt général, des conditions de vie et de la santé de la population. Avec le gel interminable de la valeur du point d’indice et le démantèlement des carrières, le gouvernement poursuit une politique d’austérité qui paupérise les personnels et conduit à la perte de l’attractivité de la Fonction publique et à son affaiblissement. Ces derniers mois ont confirmé la gravité de la situation dans la Fonction publique et l’urgence pour le gouvernement à répondre aux légitimes revendications salariales.

Dans ce contexte, les personnels des hôpitaux, des établissements de santé, du sanitaire, social et médicosocial, dont les EHPAD, attendent du « Ségur » de la santé de véritables réponses à leurs aspirations notamment en termes de rémunérations et de carrière, ainsi que l’amélioration de leurs conditions de travail passant par l’augmentation des effectifs.

Pour une reconnaissance globale des agents de la Fonction publique en matière salariale, la CGT attend aujourd’hui du gouvernement qu’il annonce des mesures générales pour les salaires et les carrières de tous les agent.es, titulaires et contractuels, de la Fonction publique.

La politique poursuivie depuis 20 ans de décrochage du point d’indice par rapport à l’inflation, aggravée par le gel depuis 10 ans, doit cesser.
La perte de pouvoir d’achat du point par rapport à l’indice des prix à la consommation s’élève à 8,27 % depuis le 1er juillet 2010 et à 18 % depuis le 1er janvier 2000 ! En 10 ans, le point d’indice n’a évolué que de 1,20 %, et
de 10,36 % en 20 ans ! Le gel de la valeur du point d’indice génère un processus de smicardisation des carrières frappant des centaines de
milliers d’agents. Déjà aujourd’hui plus d’un million d’agents sont payés
entre le SMIC et le SMIC + 10 % (et c’est encore beaucoup moins pour ceux qui sont à temps incomplet imposé). C’est deux fois plus qu’il y a 20 ans !

• Un agent de catégorie A est aujourd’hui recruté à peine à 20 % au-dessus du SMIC. Son salaire de recrutement était 50 % au-dessus du SMIC il y a 20 ans !
• Un agent de catégorie B déroulant sa carrière complète sur deux grades connaît une amplitude indiciaire (indice de recrutement rapporté à l’indice sommital) de 56 %. C’était 72 % il y a 20 ans et pour une durée de carrière moins longue !
• Un agent de catégorie C déroule une carrière complète sur deux grades et bénéficie d’une amplitude de carrière de 28 %. C’était 40 % il y a 20 ans avec une durée de carrière plus courte de 6 ans.
Ces mécanismes ont aussi pour effet de conduire, année après année, à une baisse drastique des pensions et retraites servies aux fonctionnaires et non titulaires qui partent à la retraite.

En 2020, le pouvoir d’achat d’un nouveau retraité sera inférieur à celui d’un retraité parti avec le même indice en 2010 ! Pour en finir avec ces politiques d’austérité budgétaire, et rendre à nouveau attractives nos missions et la Fonction publique, pour une amélioration significative et pérenne du niveau de rémunération des personnels et pour reconnaître leurs qualifications, il est indispensable :
››› De procéder à des mesures de revalorisation immédiate et significative de la valeur du point d’indice, devant trouver sa traduction immédiate dans le Projet de loi de finances de 2021, ainsi que des retraites et des pensions ;
››› De revaloriser les carrières et les grilles de rémunération de tous les agent.es de la Fonction publique ;
››› D’instaurer des mesures fortes en matière d’égalité professionnelle et salariale entre les femmes et les hommes en actionnant le levier de la valeur du point plutôt que la part aléatoire de la rémunération qui, de manière constante
joue en la défaveur des femmes. L’urgence est aussi la reconnaissance des qualifications acquises dans les filières à prédominance féminine, notamment dans la santé et le socio-éducatif, avec un budget dédié à la revalorisation des
carrières et des grilles indiciaires.

C’est cela qu’attendent les personnels. C’est ce qu’ils ont exprimé avec force en particulier les 16 et 30 juin derniers.

C’est pourquoi la CGT Fonction publique appelle dans l’unité à un rassemblement lors du « rendez-vous salarial » le 7 juillet à partir de 12h à Bercy.

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