PREAVIS DE GREVE POUR LA MAIRIE DE VILLEJUIF

Depuis le début de la pandémie et du confinement, des dizaines d’agents municipaux sont en première ligne pour rendre le service public. D’après les informations que nous avons pu obtenir lors du comité technique du 24 avril dernier, 12% des effectifs étaient en présentiel. Nous avons tout lieu de croire que ce chiffre est incomplet. Qui plus est, nous n’avons aucune information sur les agents qui ont continué de remplir leurs missions en télétravail. Depuis le début de cette période de confinement, les syndicats CGT de la maire de Villejuif vous enjoignent de leur permettre d’exercer leurs missions tout en leur assurant la sécurité et la santé tout comme le prévoit l’article 23 de la loi 83-634.

Au lieu de s’attacher s’assurer de cette mise en sécurité de centaines de milliers de salariés, le gouvernement a pris le risque de favoriser la propagation du virus en menaçant de sanction les agents qui feraient légitimement usage de leur droit de retrait et en prévoyant un déconfinement le 11 mai. Il a également pris très rapidement des dispositions pour permettre aux collectivités de retirer des jours de congés annuels aux agents, qu’ils soient en poste physique, en télétravail ou en autorisation spéciale d’absence.

Alors qu’il aurait été normal, dans une période de crise que le gouvernement assume ses responsabilités, notamment envers les agents publics, il n’a eu de cesse de casser leurs droits.

Au regard des graves carences en matière de mesures sécurisantes pour les agents et salariés de la ville, salariés qui devraient reprendre une activité en présentiel, de l’absence de réponse aux légitimes revendications de ces mêmes salariés et agents publics, au regard des reculs sociaux imposés pendant la période de confinement, la fédération CGT des Services publics a pris une fois de plus ses responsabilités en déposant à nouveau un préavis de grève.

La date du 11 mai apparait dans le paysage comme la date du début du déconfinement choisi pour contraindre les salariés à retourner sur leur poste de travail alors que les masques manquent toujours, que les mesures barrières seraient difficilement applicables et qu’aucune mesure de dépistage cohérente n’ait été prise pour avoir une politique préventive vis-à-vis de la propagation du virus.

Comme l’indique le communiqué de presse de la CGT en date du 20 avril et intitulé « Pas de protection, pas de reprise dans les établissements scolaires » : À l’école comme ailleurs, pas de protection, pas de travail ! La CGT demande que la réouverture des crèches, des écoles et des établissements, soit reportée au moment où le consensus scientifique et la généralisation des mesures de protection et de test le permettront. C’est pourquoi nous exigeons des réponses, avant d’envisager une reprise à partir du 11 mai pour que celle-ci se déroule dans des conditions de sécurité sanitaire indiscutables. Cela passe par la disponibilité des gels hydroalcooliques et des masques à l’usage des personnels et étendus à l’ensemble des salarié.e.s et de la population, la systématisation des tests, ainsi que des mesures de surveillance épidémiologique opérationnelles.

Les organisations syndicales CGT des territoriaux de Villejuif portent les revendications suivantes :

  • L’arrêt de tous les services non essentiels à la continuité de la nation et la mise en autorisation spéciale d’absence des agents avec maintien intégral de traitement et des primes ;
  • La mise à disposition immédiate de moyens de protection des agents en première ligne dans les collectivités, assurant les services essentiels et indispensables envers la population ;
  • Un dépistage systématique et massif des personnels avant toute reprise d’activité ;
  • Refus de toutes suppressions ou imposition de congés et RTT comme la libre administration vous le permet ainsi que l’abrogation de l’ordonnance 2020-430 du 15 avril 2020 ;
  • Le respect plein et entier de la démocratie sociale, du syndicalisme, de son rôle de représentation des agents et de ses moyens de fonctionnement et d’intervention (Comité Technique, CHSCT, Comité médical …).

Bien entendu, après avoir analysé la situation et fait le constat qu’elle résulte des politiques menées depuis trop longtemps les revendications suivantes restent d’actualité :

  • La sauvegarde et le développement de notre système de protection sociale et de retraite, et le retrait du projet de système par points voulu par le gouvernement ;
  • L’abrogation de la loi dite de « transformation de la Fonction publique » ;
  • Le maintien et le développement des libertés syndicales et démocratiques, dont le droit constitutionnel de grève ;
  • Le dégel immédiat du point d’indice de la Fonction publique et l’augmentation des salaires du public et du privé sur la base du SMIC à 1 800 €, des pensions et des minimas sociaux ;
  • L’arrêt des suppressions de postes et fermetures des services publics, la réouverture de services publics et sociaux de proximité pour répondre aux besoins des populations dans une organisation équilibrée et écologiquement responsable des territoires, le réengagement financier de l’État dans le financement des services publics ;
  • Le recrutement massif d’emplois statutaires et l’ouverture des postes nécessaires ;
  • L’arrêt de tout processus d’augmentation du temps de travail et sa réduction à 32h par semaine ;
  • Le rétablissement de l’Impôt Sur la Fortune et une contribution accrue du capital au financement des services publics.

Notre organisation reste disponible pour toute négociation sur les revendications des personnels.

Bien évidemment, nos organisations restent disponibles pour toute négociation sur les revendications du personnel dans son ensemble :

  • Le respect des prérogatives des instances de représentation du personnel,
  • Une prise en compte réelle des maladies professionnelles et des accidents de service,
  • La mise au stage des agents en CDD ou CDI,
  • Le subventionnement du CASC,
  • Une solution de stationnement pour une plus grande partie du personnel,
  • La suppression du CIA et l’augmentation globale de l’IFSE dans le cadre du RIFSEEP tant que celui-ci n’a pas été abrogé par l’état,
  • Une meilleure prise en charge de la mutuelle,
  • Une négociation sur la prise en charge d’une assurance prévoyance pour vos agents, celle-ci n’ayant jamais eu lieu avant le passage en comité technique,
  • Une meilleure participation à la restauration des agents, et l’application du décret 2020-404 du 7 avril 2020 du 7 avril 2020 relatif à la prose en charge des frais de repas de certains personnels civils et militaire dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire.
  • Nous exigeons qu’une négociation s’ouvre sur les critères à retenir pour l’attribution de la prime exceptionnelle.
  • Et surtout un terme à la politique de management par la terreur menée par votre direction générale, et le respect de la procédure disciplinaire.

Dans la période actuelle, afin de permettre aux personnels municipaux, le cas échéant, après extinction de toutes les autres voies possibles, de se mettre en grève, pour défendre leur santé et leurs intérêts et ceux des usagers, porter leurs revendications et de prendre des décisions d’action, les syndicats CGT de la mairie de Villejuif déposent des préavis de grève de 0 h à 24 h pour les journées suivantes : 11 mai 2020, 12 mai 2020, 13 mai 2020, 14 mai 2020, 15 mai 2020, 16 mai 2020, 17 mai 2020, 18 mai 2020, 19 mai 2020, 20 mai 2020, 21 mai 2020, 22 mai 2020, 23 mai 2020, 24 mai 2020, 25 mai 2020, 26 mai 2020, 27 mai 2020, 28 mai 2020, 29 mai 2020, 30 mai 2020 et 31 mai 2020 pour l’ensemble des agents de la mairie et du CCAS.

Nous vous rappelons que le dernier alinéa de l’article L. 2512-2 du Code du travail est applicable à la Fonction Publique Territoriale et il impose aux parties à la grève (employeur et employés), de négocier pendant la durée du préavis. Ces parties ont 5 jours pour tenter de trouver une solution et ainsi éviter la grève.

Veuillez agréer, Monsieur le Maire, nos  salutations.

Laisser un commentaire