CT : La dernière séance

Emotion ? Nostalgie ? C’était ce mardi 20 novembre la dernière séance du comité technique… Malheureusement, une fois de plus les irrégularités – et notamment l’absence des comptes rendus des séances précédentes – rendait caduque tous les débats. C’est donc par la déclaration ci-dessous que se conclut le mandat des actuels représentants du personnel qui seront remplacés après les prochaines élections professionnelles :

Mesdames et messieurs les représentants de l’employeur,

Mesdames et messieurs de l’administration,

Nous pouvons considérer que cette séance est une des dernières sinon la dernière avant le renouvellement des représentants du personnel  aux élections professionnelles le 6 décembre prochain.

Il nous semble juste de partager avec vous notre bilan de ces quatre années de mandat. Quatre années pendant lesquelles nous n’avons eu de cesse de réclamer le respect du règlement intérieur, règlement intérieur qui pour rappel, a été rédigé et validé à l’unanimité des deux collèges, le respect de la loi, le respect de cette instance, le respect des représentants du personnel, le respect des agents… Mais pour paraphraser un DGA de cette collectivité : « il est plus facile de contourner la loi que de la respecter. »

Pendant ces quatre ans, vous avez fait passer les représentants du personnel  pour des enfants un peu attardés, capricieux et surtout irresponsables.

Alors que nous avons toujours eu pour objectif d’avoir une contribution positive et constructive au bon fonctionnement et au développement de la collectivité, à améliorer les organisations, les processus et les méthodes de travail. Nous avons eu pour attache de créer un climat de travail humain, positif et ouvert, porteur de sens.  Nous avons essayé de redonner du sens au travail, de remettre du collectif, du respect, des lois, des cultures, de l’épanouissement, du lien social.

Mais nous nous sommes heurtés au dogme de l’employeur qui est que « le salarié est un coût qu’il faut réduire ». Puis très vite, la position s’est amplifiée par  votre vérité que les syndicats, les représentants du personnel, la loi, TOUS ne sont que parasites inutiles, à éliminer, malintentionnés et saboteurs. Alors vous avez démarré lentement mais surement, et toujours de votre plein gré, l’organisation de la dégradation des conditions de travail, la casse des agents, la casse du service public…

Vous avez accentué vos méthodes dont l’exécutrice de vos basses œuvres est la direction de la RH. Celle-ci porte et répand avec zèle vos souhaits de briser le syndicat, les représentants du personnel, les agents. De se débarrasser de ceux qui remettent en cause les méthodes inhumaines, les injonctions paradoxales, qui font preuve de liberté de pensée, qui défendent un ou une collègue, qui ne sont  pas contrôlable, qui manifestent une forme plus ou moins aigue de contestation, de résistance. En fait, tous les agents qui étaient là avant le changement de municipalité, avant 2014. Il faut les briser, leur couper la tête,  les pousser à partir d’eux-mêmes, les opprimer, les humilier…

La répression est accélérée et centralisée en une seule Direction. Par celle qui doit être au service des agents et de la collectivité, celle qui doit protéger et former, celle qui est  garante du respect de l’intégrité physique, émotionnelle et psychique des agents. La Direction RH maîtrise l’art de s’occuper de ceux qui ne servent pas les ambitions de l’employeur.

Toute résistance est vaine et se paiera au prix de la santé des agents. Nous avons pu voir l’explosion des burn-out, des troubles psychosomatiques, le développement du mal-être au travail, la démotivation, le désengagement des agents, le mort d’un agent et la tentative de suicide d’un autre

Vous souhaitez des agents atomisés, lobotomisés, serviles, vous souhaitez des syndicats faibles ou collabos.

Ces quatre années n’ont pas été au service du dialogue social, au service de l’amélioration de l’organisation et du fonctionnement des services de la collectivité.

Encore aujourd’hui vous en faîtes la démonstration en nous imposant cette séance de CT en pleine campagne électorale des élections professionnelles. Séance, Madame la présidente, que vous avez décidé de manière unilatérale et autoritaire d’ajouter au calendrier, séance dont la commission d’ordre du jour s’est encore une fois tenue sans les représentants du personnel qui en avaient demandé le report pour cause de grève nationale le 9 octobre dernier.

Séance pour laquelle nous n’avons aucun des comptes-rendus des séances précédentes à approuver et ce malgré notre demande écrite. Pour mémoire, l’Art.22  du décret du  30 mai 1985 stipule qu’ « Un procès-verbal est établi après chaque séance du CT. Il est signé par le Président du CT, contresigné par le secrétaire et le secrétaire adjoint et transmis dans un délai de 15 jours à compter de la date de la séance aux membres du CT. ».

Tout est organisé pour faire de cette instance une chambre d’enregistrement, vous ne souhaitez ni dialogue social ni débat ni démocratie, vous faîtes parce qu’il faut faire.

Votre prédécesseure avait au moins le mérite de faire semblant, elle était polie et répondait aux courriers que nous lui adressions, elle participait aux réunions préparatoires aux dossiers  complexes qui devaient passer en CT. Eh oui nous en sommes même venus à regretter le pipeautage et l’enfumage, pour dire la médiocrité dans laquelle vous arrivez à nous mettre madame la présidente.

Pour conclure, nous dénonçons la légitimité de cette séance et nous ne siègerons pas.

 

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