LE RECOURS AU VOTE ELECTRONIQUE

A la fin de cet été, les organisations syndicales CGT du personnel de la mairie de Villejuif, ont eu la stupéfaction de découvrir que le Maire avait décidé de recourir au vote électronique comme unique moyen de vote pour les élections professionnelles du 6 décembre 2018.

A notre grand regret et malgré nos nombreuses demandes, une seule réunion de préparation à ces élections s’était tenue le 26 mars 2018 à laquelle participait Mme Loudière, Adjointe au maire aux ressources Humaines,  et l’administration. Le sujet avait été abordé bien entendu mais très vite balayé car trop onéreux et le calendrier ne s’y prêtait pas.

Nous ne pouvions que nous en satisfaire car la CGT est bien entendu opposée au vote électronique depuis des années. Cette position est renforcée par le rapport du Conseil constitutionnel de juin 2007 qui reconnait que « l’intrusion des machines à voter (…) rend opaque ce qui était visible » et le rapport sénatorial de 2014 qui confirme dans ses analyses l’incapacité à concilier parfaitement la technique du vote électronique avec les principes fondamentaux de notre démocratie.

La municipalité a présenté le rapport sur le vote électronique au comité technique du 7 septembre dont le quorum était atteint pour tenir régulièrement la séance. Elle, seule, a décidé d’interrompre la séance et de convoquer à nouveau l’instance au 25 septembre, séance à laquelle nous avons pris connaissance d’un rapport complémentaire que l’administration avait omis de communiquer aux représentants du personnel. Ces derniers, ont répété leur position contre le vote électronique, déjà énoncée à la séance du 7 septembre. La municipalité a alors décidé de reconvoquer une troisième fois l’instance le 4 octobre. Nous n’en avons pas été surpris car nous avions vécu la même chose sur le changement du régime indemnitaire en novembre 2017. Nous savons pertinemment que lorsque la municipalité n’est pas à l’aise avec un rapport qu’elle présente, elle multiplie les erreurs juridiques. Nous ne pouvons que constater le gaspillage des deniers publics à financer toutes ces réunions. Il était inutile pour la municipalité de convoquer trois fois l’instance, la loi le précise pourtant que deux fois sont suffisantes pour récolter les avis de ses membres.

La CGT est un caillou dans la chaussure du maire. Elle l’empêche au quotidien de mener sa politique d’acharnement sur les employés de la mairie, il n’a de cesse depuis son arrivée en 2014 de vouloir se débarrasser du plus grand nombre d’employés présents avant 2014, sous n’importe quel prétexte. Les représentants du personnel, depuis 2015 dénoncent les méthodes de la municipalité qui visent à maltraiter le personnel, les menaçant, les intimidant, les mettant au placard, les rétrogradant, les humiliant, en mettant fin à leur contrat de travail à un mois de leur date sans aucun motif…

La CGT qui a fait plus de 70 % de participation aux dernières élections professionnelles de 2014, est un ennemi à abattre pour le maire de Villejuif. Car elle accompagne les agents, les soutient, les défend et surtout affiche les droits des agents. Ce qui est insupportable pour le maire qui ne souhaite qu’anéantir toute opposition, toute forme de débat contradictoire, de démocratie, de libre arbitre…

Après avoir menacé les agents de sanctions disciplinaires si ils se rendaient aux réunions syndicales, aujourd’hui le maire accentue sa campagne de dénigrement des syndicats CGT de la ville, il mise sur le recours au vote électronique. A quelle fin peut-on s’interroger alors que cela coûtera plus cher ? Ce que nous savons c’est qu’à ce jour, nous n’avons pas connaissance du choix du prestataire, de son nom et sa qualité, aucun retour de l’expertise pourtant obligatoire à mettre en oeuvre avant la mise en place du vote électronique ou encore de la formation de ces membres. Par contre le maire a refusé de signer un protocole pré-électoral définissant les moyens mis à disposition au personnel et à la CGT pour la campagne électorale. Nous savons que les professions de foi ne seront pas diffusées par courrier à chaque agent comme habituellement et que près de la moitié des agents n’ont pas d’ordinateur professionnel, et que ceux qui seront mis à disposition, seront placés à la Direction des ressources humaines !

Dans une ville où dire bonjour à son représentant du personnel est passible de sanction, aller voter pour l’organisation syndicale CGT sans aucune garantie de confidentialité, ne nous laisse pas augurer d’une forte mobilisation du personnel. Aujourd’hui « garder son emploi »est plus qu’une priorité et à Villejuif, et pour cela, il faut être prêt à mettre de côté sa liberté d’opinion et de pensée, ses droits de citoyen, pendant les heures de travail…

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