POURQUOI UNE AFFAIRE DE DIFFAMATION ?

Le  3 mai 2016, 17 conseillers municipaux affiliés à la Nouvelle Dynamique pour Villejuif ont insulté et diffamé les organisations syndicales représentant le personnel de la mairie. Le 25 septembre 2018, c’est l’individu ayant publié le communiqué qui comparaissait devant la justice. C’est très confortable pour les 17 conseillers municipaux en question et pour le maire de Villejuif.

Cet écrit a été l’une des nombreuses manifestations d’un état de fait que nous n’avons de cesse de dénoncer depuis : la maltraitance des personnels de la mairie de Villejuif.

C’était là le premier stade de la démarche qui consiste à dire de son chien qu’il a la rage afin s’en débarrasser sans subir le jugement d’autrui.  Car au-delà de la diffamation de la CGT, cette lettre ouverte était insultante pour tous les personnels de la ville.

Elle répondait aussi à la nécessité de discréditer l’organisation syndicale, afin de garantir l’échec de toute tentative ultérieure de dialogue social, que ce soit par la négociation ou dans les instances de représentation du personnel, et de diviser les agents.

Hausse du nombre de contractuels, augmentation sans précédent des accidents de service, des arrêts maladie, mises au placard, rétrogradations, amputations de salaire, blocage des carrières, intimidation des agents souhaitant nous consulter, ayant pour conséquences dépressions, tentative de suicide, suicide… Les agents de la ville de Villejuif  sont victimes depuis quatre ans d’une chasse au sorcière organisée et voulue, mise en œuvre de façon implacable et appliquée indistinctement à tous ceux qui contestent la désorganisation, les agissements à la limite de la légalité… Il faudrait que le fonctionnaire soit un simple exécutant qui ne peut enrichir l’action publique de son expérience ou de sa réflexion.

C’est, pour les professionnels que nous sommes, tout simplement insupportable.

Certains sont d’ailleurs déclassés, déplacés de leurs postes, sans la moindre procédure disciplinaire. Pas de procédure, pas de défense des salariés…  Nous assistons à la création d’une zone de non droit, inacceptable et incompréhensible dans la fonction publique, où le principe d’égalité n’a plus cours.

Nous ne sommes pas une variable d’ajustement budgétaire. Nous sommes des professionnels, animés par une vocation au service public, un réel souci d’agir pour les administrés qui sont le cœur de notre activité. Nier cet état de fait, et nous punir pour avoir voulu faire notre travail correctement, toujours rogner sur nos conditions d’exercice et nos salaires est non seulement injuste et immérité, c’est un gâchis sans nom…

C’est la maire qui propose à la commission paritaire les dossiers des agents promouvables. Avant 2014, les représentants du personnel pouvaient s’assurer que les droits de chacun étaient respectés. Aujourd’hui ils ne le peuvent plus, plus aucune liste ne leur étant communiquée par l’employeur.

Prétendre que la CGT est attachée à un pouvoir qu’elle n’a jamais eu, c’est non seulement méconnaître notre organisation et l’attachement qu’elle porte à l’équité en matière d’évolution de carrière des agents, mais aussi c’est jeter le discrédit sur les élus du personnel, leurs instances, et sur l’ensemble des agents ayant bénéficié d’une promotion, en prétendant que c’est à la connivence et non à la compétence qu’ils l’ont obtenue.

Et ce que nous constatons, c’est qu’alors que les représentants du personnel pouvaient jouer leur  rôle jusqu’en 2014, on les en empêche désormais en ne leur communiquant plus les informations.

Le meilleur moyen d’exister politiquement était d’avoir un adversaire et cet adversaire ce fut la CGT – ce que démontre du reste l’attaque contre l’union locale et la fermeture de la Bourse du Travail, ou encore la volonté de nous installer dans les locaux inadaptés à notre activité sans la moindre consultation préalable.

Nous espérions, nous, nous trouver face à un employeur qui accepte le dialogue, l’échange, le débat d’idées, un employeur qui saurait enrichir son mandat et son action politique de la richesse humaine, de l’expérience, du professionnalisme de son personnel.

Ces pratiques, la maltraitance du personnel, l’opacité en matière de salaires avec la mise en place du RIFSEEP, l’entrave à l’action du CHS CT, la fin de la subvention du CASC alors que 60% des agents s’étaient prononcés pour son maintien, le conflit concernant le local syndical, les tentatives d’intimidations des agents, la pression sur les cadres intermédiaires, les chefs de service, les directeurs, toutes les tentatives d’empêcher les représentants du personnel de rencontrer les agents et de les accompagner, et les insinuations insultantes et diffamatoires de l’exécutif à l’encontre de notre syndicat doivent cesser pour le bien de tous.