QUE S’EST IL PASSE A COMITE TECHNIQUE DU 7 SEPTEMBRE 2018

Les représentants CGT du personnel ont dénoncé :

  • La maltraitance exercée sur les agents ;
  • Les menaces à l’encontre des agents qui contactent le syndicat ;
  • L’avènement d’un management totalitaire par la sanction ;
  • Le non-respect des agents, de leur statut, et de leurs droits ;
  • Les mises au placard, les rétrogradations, les déclassements ;
  • Non-respect des instances du dialogue social…

A trois mois des élections professionnelles nous ne connaissons toujours pas les moyens qui seront attribués aux agents et à leurs représentants. On nous impose le vote électronique contre notre avis. Tout est fait pour entraver l’activité syndicale, l’expression des agents et la défense de leurs droits. Le but serait-il d’éliminer toute résistance ?

Pour toutes ces raisons, les représentants du personnel ont refusé de prendre part au simulacre qu’était censé être ce Comité Technique fantoche !

Ci dessous les interventions des représentants du personnel…


Mesdames et Messieurs,

Nous dénonçons la légitimité de cette séance du Comité Technique, organisée une nouvelle fois en dehors des règles et des délais fixés par le règlement intérieur.

La commission d’ordre du jour a été convoquée en plein été, le 31 juillet. Alors que le règlement stipule qu’il ne doit y avoir aucun CT en Juillet et Août. Nous avions convenu ensemble que pour des raisons de continuité de service public et des questions organisationnelles, cette période estivale où les effectifs dans les services sont divisés par deux et où les représentants du personnel ne peuvent pas rencontrer les personnels concernés par les dossiers qui passent en CT, il n’y aurait ni commission d’ordre du jour ni CT.

Un CT le 7 septembre, soit 4 jours après la rentrée, rend impossible la concertation avec les agents. Est-ce volontaire ? Y-a-t-il volonté manifeste d’entrave à l’activité syndicale ? S’il n’y avait que cet impair, nous pourrions dire que c’est une mauvaise anticipation du calendrier. Seulement voilà, nous le savons tous ici : c’est loin d’être le cas. Commission d’ordre du jour en dehors des horaires de travail, refus d’organiser des séances à la demande des représentants du personnel, interdiction de rencontrer les agents sur leurs dossiers, pas de réponses à nos questions, convocations pendant les périodes de congés, …

Pire cet « impair » s’organise alors même que nous avions écrit à la Présidente quelques jours avant pour demander une réunion de travail en urgence pour lever tous les dysfonctionnements et améliorer les conditions de travail des CT. Nous n’avons toujours aucune réponse et ce après 3 mois. Après, on dit que c’est la CGT qui refuse tout et n’est pas constructive. Madame la Présidente, par cette posture de refus de tout dialogue social, vous faîtes la démonstration du mépris que l’exécutif a à l’égard des représentants du personnel.

Nous pourrions en faire fi si cela ne concernait que vous et nous, représentants du personnel. Et non, le constat est même terrible. Les agents sont aussi méprisés, maltraités, leurs droits sont piétinés. La souffrance au travail s’est démultipliée de façon exponentielle en très peu de temps. Nous avons commandité une enquête sur les risques psycho sociaux, dont vous avez refusé de nous communiquer les résultats. Combien reste-t-il de directeur/trice(s) en place aujourd’hui qui étaient en fonction avant le changement de municipalité ?  Combien de chefs de service ? Combien d’agents sanctionnés avant 2014 et après 2014 ? Combien d’agents mis au placard avant 2014 et après 2014 ? Combien d’agents en arrêts maladie pour harcèlement moral avant 2014 et après 2014 ? La liste pourrait être encore longue. Nous pourrions aussi évoquer les menaces faîtes aux agents qui souhaitent se rendre aux AG ou au syndicat, les sanctions faîtes aux agents qui posent trop de questions, les déclassements faits aux agents soupçonnés d’être des « saboteurs », la politique de reclassement des agents qu’on met en maladie d’office jusqu’à épuisement de leurs droits et salaire alors que la loi dit qu’on doit travailler avec eux un projet professionnel etc…

Oui, vous allez encore vous défendre en nous traitant de menteurs. Parlons alors des rapports que vous nous présentez ce jour. Celui de la RH où deux chefs de service sont rétrogradés ; celui de la direction jeunesse où on créait un poste d’adjoint après avoir supprimé il y a 2 ans le poste de directeur des Sports ; celui du pôle territoire et cadre de vie où on créait un poste d’adjoint à un DGA ? C’est une première mais bon pourquoi pas… S’il est en difficulté et qu’il a besoin d’aide ce n’est pas la CGT qui va lui refuser. Après tout, si les directeurs étaient mieux traités, peut-être qu’ils resteraient à Villejuif…

Vous passez un rapport sur la mise en place du vote électronique alors même que vous savez pertinemment que nous sommes contre. Nous vous l‘avons déjà exprimé de vive voix. Vous vous étiez engagés à mettre en place fin juin une réunion sur la préparation des élections professionnelles. Nous l’attendons toujours. A trois mois des élections nous ne connaissons toujours pas les moyens qui nous sont alloués pour mener la campagne électorale.

Nous exigeons, Madame la Présidente, le respect qui est dû au regard de notre légitimité en tant qu’élus du personnel. À cet égard, nous demandons qu’une date de réunion soit proposée immédiatement pour travailler ensemble à trouver des solutions aux problématiques que nous rencontrons pour exercer notre mandat syndical dans de bonnes conditions


Madame la Présidente,

Mesdames et messieurs les représentants de l’employeur,

Le comité technique est une instance qui se réunit et fonctionne selon un certain nombre de règles édictées en commun. Des règles qui sont régulièrement foulées au pied : pas de réponses à nos questions orales en séance, pas de réponses à nos questions écrites, convocations pendant les périodes de congés, commission d’ordre du jour en dehors des horaires de travail, refus d’organiser des séances à la demande des représentants du personnel… À tout le moins, on ne peut pas prétendre que la présidence de cette instance aura fait le moindre effort pour que les débats se passent calmement. Et c’est grave car cela entache la légitimité de cette instance et des avis qui s’y rendent, ou des décisions qui s’y prennent.

Les règles communes, c’est ce qui fait le fondement de toute société et en choisissant de vous en dédouaner, de les fouler au pied, non seulement c’est le mépris profond du personnel que vous manifestez, mais vous donnez, en tant qu’élus de la république, un piètre exemple. Ce que vous créez par ce comportement, par cette posture, c’est une zone de non droit. Non droit des agents, car les représentants du personnel, ma foi, ne sont jamais traités que comme ceux qu’ils représentent et nous ne demandons pas autre chose.

C’est pour ces sujets que nous avons adressé à Mme la Présidente, le 7 juin dernier, un courrier d’alerte et de demande de retour au droit, en spécifiant que nous ne pouvions siéger tant que nous n’aurions pas tous ensemble convenu des modalités de ce retour aux règles communes. Nous n’avons jamais eu de réponse, et ce malgré une attente de plusieurs mois. Pire, durant ce temps le CT a été réuni comme si nous n’avions rien écrit, a siégé volontairement sans représentant des personnels et a donc rendu des avis unilatéraux en contradiction avec la raison d’être de cette instance. Ceci illustre bien l’absence totale d’importance que vous accordez aux personnels, à ses représentants, au dialogue social, aux règles de la fonction publique, au droit tout simplement.

Et s’il ne s’agissait que du non-respect des personnels au travers de leurs instances de représentation et des lois, ce serait déjà inadmissible, mais ça ne s’arrête pas là ! Vous menez une politique managériale basée sur la peur. Pour mieux assoir votre pouvoir, vous réprimez, oppressez, punissez, rétrogradez, déclassez ; vous faites exercer des pressions psychologiques à l’encontre des agents qui manifesteraient des velléités de penser, de questionner, de proposer une amélioration du service qu’ils rendent, vous faites menacer tous ceux qui tentent de nous contacter pour se renseigner sur leurs droits.

Traitez mieux les agents de cette ville. Écoutez ce qu’ils ont à vous dire. Respectez les procédures. Garantissez leurs droits. C’est votre rôle en tant qu’employeur, en tant que représentants de celui-ci.

En ne le faisant pas, vous avez ouvert la voie – délibérément et en dépit de tous les avertissements – à l’échec de toute politique RH, de tout remaniement, de toute amélioration de notre administration. Parce qu’alors que vous aviez promis « Aujourd’hui plus rien ne se décidera sans vous », aujourd’hui vous avez choisi de vous isoler dans une posture d’opposition systématique et de blocage.

Le tout bien sûr en inversant les responsabilités… Sinon ça ne sera pas complet. À l’heure des bilans, nous espérons simplement que chacun se souviendra que ceux qui n’ont pas voulu discuter, qui n’ont rien voulu lâcher, qui se sont abaissés au mépris, c’est vous.

Du reste, la composition des dossiers qui nous sont proposés aujourd’hui n’est qu’une illustration de plus : le compte rendu d’un comité technique convoqué en dehors de règles du règlement intérieur ; une création de poste pour laquelle nous aurions voté si elle n’était pas qu’un sparadrap qui cache la diminution du nombre d’agents de terrain ; une évolution du Pôle Territoire et Cadre de Vie au moment même où le cadre de vie n’a officiellement plus de directeur depuis un an ; une évolution de la DRH sans la moindre concertation et rédigée dans une novlangue tellement indigeste que c’est à se demander si quelqu’un l’a lu ; un REC et un tableau des effectifs bourrés d’inexactitudes et de contre-vérités au point que certains chiffres sont remplacés par des € – ce qui rend le tableau faux et illisible ; et pour couronner le tout un rapport sur le vote électronique auquel nous avons décidé ensemble en mai dernier de ne pas recourir…

Attardons nous sur le dossier de la direction RH… Cette direction invoque des missions « axées sur l’humain » et rappelle que « la DRH est  garante de la réglementation et de l’équité générale ». On ne peut qu’être d’accord sur ces principes.  Mais ces mots n’ont plus aucun sens quand on sait comment le personnel est traité. Toute la pratique de la direction RH est un modèle du mépris et des d’humiliations que doivent supporter jour après jour les agents de cette collectivité. Elle rend les agents malades, quand elle ne les pousse pas au suicide.

Un petit rappel peut-être : aussi incroyable que cela paraisse, les agents sont des Humains.

Mais pour l’équipe municipale de la majorité, seule compte la réduction de la masse salariale. Et pour cela tous les moyens sont bons. Peu importe les drames humains engendrés, peu importe qu’aucune règle de droit ne soit respectée. L’objectif ? Réduire, dompter, asservir cette encombrante masse salariale.

Les agents, à qui on dénie toute compétence, tout professionnalisme – d’autant que ce n’est  pas ce qu’on leur demande – doivent n’être que des exécutants qui acceptent tout sans broncher. Ils n’ont aucun droit excepté celui d’exécuter sans comprendre des ordres  absurdes même illégaux. Et celui de se taire. À Villejuif, en revanche, on veut faire du management totalitaire (autoritaire n’est pas adapté, on a passé un stade) par la sanction et l’exclusion. Non seulement c’est totalement inefficace, mais cela met en danger la collectivité et ses usagers.

Aussi, nous dénonçons jusqu’à la légitimité de cette séance du Comité Technique, organisée en dehors des règles et des délais fixés par le règlement intérieur. Sachez toutefois que s’il avait fallu nous prononcer nous aurions refusé de prendre part aux votes pour information insincère.

Cette instance, nous avons voulu en 2014 lui donner les moyens de la concertation, nous espérions l’écoute, nous espérions construire, nous espérions avancer. Au lieu de cela, vous nous avez enferrés dans une opposition de principe, ne participant aux séances qu’à mesure de ce que vous avez besoin que cette instance rende un avis. C’est pour vous une corvée ? Alors abrégeons. Ne simulons pas, il n’y a ici aucun plaisir.

En déléguant des missions de service public à des prestataires extérieurs, en mettant en place des expérimentation sur les horaires, sans que cette instance soit dans la boucle, en reléguant les syndicats dans un local trop petit et sous la surveillance directe du maire, en ne tenant pas compte de la parole des agents ou de leur travail, vous ne manifestez que votre goût du totalitarisme et de la dictature, cela même que vous avez dénoncé quand ces thèmes servait votre résistible ascension au pouvoir…

Merci à vous, donc, de nous avoir montré vos vrais visages. Et merci de votre attention.

 

20180907 – Tract CT

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