LE RIFSEEP AU CONSEIL MUNICIPAL

Etrange, ce conseil municipal…

Du moment où madame Ouchard annonce qu’elle a le pouvoir de monsieur Gaborit, mais qu’elle l’aurait refusé si il avait encore été affilié au Front National au refus de monsieur le maire de remettre le point voté en l’absence des conseillers municipaux d’opposition la semaine dernière, c’était déjà difficile à comprendre.

Quand le débat arrive au RIFSEEP, monsieur le maire commente la présentation du dossier et déclare que les représentants du personnel n’ont fait que suivre, « de leur propre aveu », les consignes de leur centrale. Apparemment, il n’a pas pris connaissance de nos lettres ouvertes… Il annonce une augmentation de la prime des catégories B et C de 194 euros par ans (soit 16 euros par mois), et laisse planer la menace ; « Si nous ne votons pas le RIFSEEP ce soir, il n’est pas garanti que les agents recevront leurs primes l’année prochaine. »

Tout est dit…

L’Adjointe chargée des ressources humaine s’excuse : ce n’est pas elle qui présente ce dossier parce qu’elle n’a retrouvé à l’intérieur aucun des engagements qui ont été pris devant les agents. Elle aurait préféré le présenter, pouvoir le défendre… Mais ce n’est pas le cas.

Monsieur Obadia se veut rassurant : comme ce n’est pas du maire, mais de l’évaluation par le supérieur hiérarchique que dépendra l’attribution du CIA, ça ne pourra pas être un outil de discrimination. On apprécie l’aveu sous entendu dans cette réassurance.

L’opposition dénonce le subterfuge de dialogue social, rappelle qu’au Territoire Grand Orly Seine Bièvre les élus de Villejuif ont voté contre la mise en place du RIFSEEP alors que la CGT s’est abstenue en Comité Technique (et donc n’a pas voté contre comme à Villejuif)… Elle ironise sur le côté « aie confiance, crois en moi » – un conseiller pousse la chansonnette – des promesses faites aux agents. Elle rappelle qu’aucune des pièces obligatoires pour les négociations n’ont été fournies aux syndicats. Elle dénonce la hausse de la CSG, et le rétablissement du jour de carence. Elle souligne qu’une augmentation de 16 euros par mois ne compensera ni le gel du point d’indice, ni ces ponctions sur les salaires des fonctionnaires. Elle suggère que c’est pour régulariser certaines situations dont personne ne veut parler qu’il est, en réalité, urgent de passer au RIFSEEP. Elle remarque que, contrairement à ce qu’indique le maire, il n’est obligatoire d’être passé au RIFSEEP qu’au 31 décembre 2019 (et pas au premier janvier 2018). Elle dénonce la vacuité du dossier : la délibération reprend la loi, rien que la loi, ne donne pas d’éléments de budget… Nous apprenons qu’en conseil d’administration du CCAS il a été dit que nous n’étions « pas des représentants du personnel, mais des syndicats (?!) » Elle dénonce le chantage sur la prime des agents à partir de janvier…

Avant de passer au vote, monsieur le Maire reprend la parole et s’engage solennellement. « Je peux vous l’écrire, dès demain matin ! » précise t’il : la mise en place du RIFSEEP ne fera pas baisser le salaire des agents. Il déplore le gel du point d’indice qui est la véritable cause des bas salaires de la fonction publique. Il s’engage à une seconde augmentation en 2018, dont bénéficieront les catégories A (sans préciser si c’est « aussi » ou « seulement »). Il confirme que le CIA ne sera pas mis en place avant le premier janvier 2019, et qu’il n’y aura pas de « CIA négatif » comme « des rumeurs le prétendent » (et c’est vrai que le CIA est un complément : ce que nous contestons c’est que tout le monde ne le touchera pas !) Il s’engage aussi à ce que les amputés de salaire soient rétablis dans leur ancienne rémunération.

En clair, il accepte que soit écrit au compte rendu tout ce que nous voulions qu’il nous mette par écrit comme il s’y était engagé lors de notre rencontre avec lui le 4 octobre… Tout ça pour ça ! Au moins, cette fois ci, c’est écrit !

23 voix pour, 21 voix contre et 1 abstention.

Le RIFSEEP est adopté.

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