AU CONSEIL MUNICIPAL CE SOIR : TROIS P’TITS TOURS ET PUIS S’EN VONT !

Ce soir, c’était le pompon ! Une représentation à la fois surréaliste et existentialiste, une métaphore de l’incapacité des hommes à communiquer entre eux, de l’impossibilité pour la démocratie d’exister en dehors des lois… Du fond et de la forme ! Du son et des lumières ! Un show total !

Dès même l’abord de la salle du Conseil Municipal, les figurants en uniforme accueillent les spectateurs. A 19h15, toutes les grilles de la mairie sont fermées. On aperçoit par les fenêtres les conseillers municipaux de la majorité qui viennent des coulisses et se dirigent furtivement, privilégiés, vers la salle. Les conseillers d’opposition, eux, attendent dans le froid que la maréchausée municipale daigne leur ouvrir les grilles.

A 19h30, précises, ça commence. Et dans la minute qui suit ça se gâte : les places des conseillers ont été modifiées sans leur avis, et quelqu’un a commis des impairs dans le plan de table. Le conseil enchaîne sur les comptes rendus et les questions diverses. Déjà ça rue dans les brancards. Certaines modifications n’ont pas été prises en compte, certaines interventions sont incomplètes, mais surtout on demande à Monsieur le Maire de justifier de l’absence aux comptes rendus d’un élément obligatoire : qui a voté quoi ? Et avec le vote électronique, personne ne comprend pourquoi puisque c’est justement l’objet : faciliter les votes et la retranscription de ceux-ci au comptes-rendus. Raté. Bon…

Vient ensuite le rapport sur le développement durable. Personne ne fait remarquer en séance que c’est le seul dossier présenté en couleur et sur du papier glacé (connaissant madame Casel on s’attendait plutôt à du papier recyclé ronéotypé) et à plusieurs voix ! Se succèdent madame Casel, monsieur Ducellier, madame Yapo, monsieur Carvalho, monsieur Bougnegta… Et tout est joli, tout est beau à Villejuif où l’environnement, le social et l’économique cheminent main dans la main vers des horizons radieux et se déclinent dans tous les services, dans tous les secteurs…

Oui mais un rapport sur le développement durable devrait plutôt proposer un bilan et des perspectives. Et même très joli, le document ne remporte pas tous les suffrages. Monsieur Harel va jusqu’à dénoncer un effet « marketing », sans contenu ! Les élus de l’ancienne majorité soulignent que la plupart des actions évoquées dans le rapport étaient déjà engagées en 2014, et ne sont donc pas le résultat du travail de l’équipe actuelle ! Le groupe EELV, mené par monsieur Lipietz et madame Gandais, s’insurge de la disparition du « Plan Vélo ». Monsieur Vidal exhibe alors la page 19 du dit document, celle dont le sommaire promet qu’elle traite des Risques Psycho Sociaux… Elle est blanche… Et tout ça est d’autant plus drolatique (si l’on sait prendre beaucoup de recul) que le vrai bilan, ce sont les conseillers d’opposition qui le font, rappelant les actions précises menées cette année par les services, les efforts en interne, le « zéro phyto » dont ils demandent un bilan, l’impact positif du travail des ateliers sur le bilan carbone de la ville… Le développement durable, il est partout, mais pas dans le rapport…

Heureusement, Monsieur le Maire reprend les rênes du débat : « Vous pouvez nous dire que vous n’êtes pas d’accord avec nous. Ca n’est pas pour ça que nous devons répondre à vos questions ! » Curieusement, à ce moment là certains conseillers municipaux se sont tournés ver les représentants syndicaux avec un air de franche commisération.

Pas de vote sur ce dossier, mais un « dont acte », qui permet au législateur de s’assurer que le débat a bien eu lieu…

Dossier suivant, le Rapport d’Orientation Budgétaire (ou ROB, à ne pas confondre avec le verbe anglais, to rob, qui signifie dérober – rien à voir !). Là encore, c’est un dossier bénin : il s’agit comme pour le précédent d’avérer auprès du législateur qu’un débat a eu lieu sur la question. Sauf que, cette fois-ci, il y aura un vote… (Musique inquiétante : Tin Tin TIN !!!)

Et là c’est l’explosion. Monsieur le Maire, visiblement content, présente une série de diapos qui ne… correspondent pas au rapport envoyé aux conseillers municipaux. Sa prestation, vaillamment menée d’un bout à l’autre sous les huées et les indignations de l’opposition, le pousse à nous dévoiler… Le rapport égalité femme-homme de la collectivité ! Celui-là même qui n’a jamais été présenté au Comité Technique et au Comité Hygiène Sécurité et Conditions de Travail ! Celui dont on nous disait qu’il… n’existait pas ! Les diapos, des tableaux et des graphiques, se succèdent trop vite pour que quiconque puisse en tirer quoi que ce soit. « Ce soir, c’est vraiment le soir où vous nous dîtes que vous nous prenez pour des cons ! » « Savez vous que les Villejuifois vous surnomment Le Bo Kim Jong Illec ? » L’un après l’autre, les groupes de l’opposition déclarent qu’ils ne pourront, en conscience, voter pour avérer que le débat a eu lieu. « Un enfant de cinq ans pourrait se rendre compte que votre présentation et le document que nous avons étudié n’ont rien à voir ! »

Et donc vote : 22 voix pour, 22 voix contre, une abstention.

L’opposition, excédée, quitte la salle. Plus de quorum. Fin du conseil.

La majorité, excédée par ce mauvais résultat, décline à toute vitesse le point suivant. Sans présentation, monsieur le maire fait voter la délégation des parcmètres et de la verbalisation à une société privée, sans présentation et sans quorum. 22 voix pour. « Vous étiez là quand j’ai ouvert le point ! » lance t’il à un élu qui s’insurge. « Il y avait encore le quorum ! »

Certaines mauvaises langues prétendent qu’à ce moment là, on l’aurait entendu ajouter : « Nananère ! »

Il restait une bonne vingtaine de points à aborder, dont celui du passage au RIFSEEP…

Le conseil sera reconvoqué dans les cinq jours.

Ca promet !

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