RIFSEEP : Rien pour tous et tout ça pour rien !

Le but du RIFSEEP, c’est de rapprocher le public du privé.

C’est pas la peine de faire semblant. Compétitivité, mise en compétition, division des agents, renoncement au principe d’égalité de traitement… C’est pour rapprocher le public du privé.

C’est oublier un peu facilement que le public n’a pas les mêmes salaires que le privé. D’ailleurs on a déjà eu l’occasion de montrer ce que le RIFSEEP allait faire sur nos fiches de paye

Heureusement, à Villejuif, fait rare – il faut le reconnaître – le maire dans son immense mansuétude a décidé d’assortir le passage au RIFSEEP d’une augmentation du budget alloué aux RH d’une enveloppe supplémentaire de 200 000 € pour 2017… On est contents : certains agents ont déjà prévu de pouvoir payer les parcmètres quand ils viennent pour une réunion de travail en mairie…

Et c’est là qu’on commence à s’embourber parce que… Dans les collectivités territoriales, les budgets ne se dépensent pas d’une année sur l’autre. Donc voter le RIFSEEP en décembre 2017 ne permet pas de dépenser ces 200 000 € en 2017.

Donc, pour commencer, les 200 K€ (comme disent les experts) prévus au budget en 2017 n’auront pas été dépensés. Où vont ils ? Nulle part. Ils vont rejoindre les 90 traitements non dépensés en 2017, qui viennent des postes gelés. Ou tous les autres budgets « non réalisés ». Les trucs qu’on avait prévu de faire, mais qu’on a pas fait. Des fois c’est parce qu’on ne pouvait pas. Des fois, on ne pouvait pas parce qu’on ne s’en est pas donné les moyens.

Et c’est comme ça que sont réalisées les économies sur le dos des Villejuifois et des agents : au début de l’année on prévoit qu’on va faire plein de trucs. En cours d’année, on en fait un peu moins. Et à la fin de l’année on est content parce qu’il reste des sous et que ça prouve qu’on a une bonne gestion.

Sauf que pour le citoyen, c’est comme d’acheter un hamburger et de découvrir qu’il y a pas de steak à l’intérieur. Le serveur lui répond : « Oui ! Mais c’est quand même un sandwich parce qu’il y a deux tranches de pain autour de la salade ! »  Et d’ajouter qu’au passage il n’a pas vraiment augmenté le prix des hamburgers, juste le taux du prix du pain… Au final, le citoyen paye pour un hamburger avec moins de choses dedans, un peu plus cher. Vous me direz que la vie municipale n’est pas comme un hamburger. Par contre, le budget voté par le conseil municipal, c’est comme un menu sur lequel la liste des ingrédients de tous les plats serait écrite. Et si au final vous n’avez pas ce qui est écrit sur le menu, vous avez été… trompé sur la marchandise…

Mais revenons au RIFSEEP. Donc en 2017, les agents ont reçu les promesses de l’adjointe en charge des Ressources Humaines et du Maire : « une augmentation, tout de suite ». Et au final, on l’aura en 2018. 15 € (maintenant qu’on a enlevé les catégories A de l’augmentation des primes, ce qui, au passage, n’est pas sympa pour eux).

Et faudrait qu’on soit contents ? C’est un peu comme si le hamburger qu’on nous a promis en 2017, sans steak, on nous le servait finalement en… 2018, non ? Avec une promesse que la viande arrivera en 2019 ?

Donc le RIFSEEP, qui va nécessairement diviser à terme les agents entre les bons et les mauvais élèves, entre ceux qui touchent le CIA et ceux qui ne le touchent pas, entre ceux qui évaluent et ceux qui sont évalués, entre ceux qui y ont droit et ceux qui y ont pas droit, entre les malades et les bien portants, entre les hommes et les femmes, c’est le contraire des mousquetaires du roi. Eux disaient « un pour tous et tous pour un » – ce qui n’es pas si éloigné que cela des valeurs du service public. Alors qu’avec le RIFSEEP, c’est « Rien pour tous et tout ça pour rien » !

ÉGALITÉ FEMME HOMME : C’EST PAS LE RIFSEEP QUI VA AMÉLIORER LES CHOSES…

Gros sujet, l’égalité femme-homme, ces derniers temps… C’est pas tellement que l’affaire Weinstein a enflammé les imaginations à cause de l’odeur rance de glamour hollywoodien perverti dans un cocktail de sexe d’argent et de pouvoir qu’elle dégage. On est pas des midinet.te.s. C’est que comme la majorité des affaires de harcèlement sexuel, elle s’est produite sur le lieu de travail. Si la souffrance des victimes des « porcs » que nous sommes censés balancer nous parle, c’est parce que, que nous le voulions ou non, que nous ayons été témoins directs ou non, nous savons qu’elle existe vraiment. Et que pour une très grande majorité d’entre nous, on en a marre…

L’égalité femme-homme, c’est quelque chose qui par excellence n’est pas difficile à atteindre – en théorie – et qui pourtant, telle l’arlésienne, s’échappe toujours…

Ce ne sont pas les effets d’annonce du gouvernement Macron qui vont suffire à lutter contre, du reste, comme le rappelle un excellent communiqué de la CGT. En ce moment il est question des violences sexistes et sexuelles, et elles sont directement liées à la question de l’égalité des droits, de l’égalité salariale, de l’égalité face à l’emploi… Est-ce pertinent ? On a pu entendre les journalistes poser la question…

Ce qui ne serait pas pertinent en tous cas, ce serait de continuer à entretenir la chape de plomb qui étouffe la question. De perpétuer les « allez les filles, on va en réunion, sortez le ouin-ouin ». De laisser affichées les pin-ups sur les murs des ateliers. De laisser faire le collègue qui a choisi pour hobby de serrer la secrétaire dans la salle de photocopie pour lui demander, l’air de rien, si elle est disponible pour prendre un verre ce soir – tout en lui coupant toute voie de sortie…

Ce qui n’est pas pertinent non plus c’est de fragiliser le peu d’égalité femme-homme là où elle existe, par exemple dans les statuts de la fonction publique. Et le RIFSEEP fait partie des dispositifs qui battent en brèche cette égalité : en ouvrant une part variable, au mérite, dans la rémunération des fonctionnaires, il ouvre la voie à une nouvelle inégalité salariale, dirigée encore une fois contre les femmes et contre les mères.

On pourra dire que c’est une exagération, que les hommes aussi peuvent s’absenter pour s’occuper de leur enfant malade – et à ce titre perdre du CIA pour manque d’assiduité, par exemple. Mais comme on ne vit pas encore dans le monde idéal ou l’égalité est atteinte, c’est un point de vue extrêmement naïf, qui tire légèrement vers la mauvaise foi… Les femmes restent les premières victimes de violence liées au sexisme, sur le lieu de travail comme au domicile. Leurs salaires sont en moyenne inférieurs de 23% à celui des hommes à qualification et emploi comparables. Et même si en mairie de Villejuif, les derniers chiffres sont plutôt satisfaisants, il existe toujours une inégalité, notamment en matière d’accidents de travail (ce sont majoritairement des femmes qui en souffrent) et de répartition (une proportion plus importante de femmes en catégorie C, qu’en catégorie B ou A). Les femmes passent aussi moins de concours et ont moins facilement accès à la promotion interne… Et puis à Villejuif, on ne fait pas exception : quand une famille se sépare, les enfants restent à la charge de la femme plus de 70% du temps. L’égalité est tout sauf atteinte, et la double-peine de la femme qui embauche dans son boulot de ménagère quand elle quitte son emploi reste un cas courant…

Par dessus cela, on met en place le CIA, et l’IFSE soumis à l’évaluation, qui vont demain venir récompenser ceux qui n’ont que le boulot dans leur vie, ne sont jamais absents, ne sont jamais malades, et soumet potentiellement l’évalué à la domination hiérarchique de l’évaluateur… On en reparle quand sonnera l’heure du bilan, mais à  priori, si ça permet de lutter contre un « absentéisme » supposé, ça ne fera que creuser les inégalités femmes-hommes, notamment sur le plan salarial.

Alors à tous ceux qui trouvent que c’est très bien d’introduire une part variable dans la rémunération, pour pouvoir « sanctionner » ceux qui « ne bossent pas assez« , je leur souhaite sincèrement d’avoir à vivre l’angoisse du parent qui doit s’absenter parce que son enfant est à l’hôpital pour une maladie chronique et à qui son supérieur hiérarchique vient expliquer qu’il n’est pas assez impliqué dans son travail. Et pendant qu’il y est, qu’il fasse aussi l’expérience des douleurs liées à l’endométriose, pendant une réunion de la DRH sur la lutte contre l’absentéisme. Ou qu’il voie sa promotion à l’ancienneté lui passer sous le nez parce que cette année, il a dû travailler à temps partiel pour s’occuper de sa famille…

En attendant, le RIFSEEP on ne parle le premier décembre !

LE RIFSEEP et LES CADRES…

Pour l’encadrement de la mairie de Villejuif, le RIFSEEP ça va être double (ou triple) punition…

Outre que monsieur le maire a publié sur son Facebook (cherche pas, l’article a déjà été retiré) que seules les catégories B et C (donc l’encadrement intermédiaire et les agents d’exécution, rien pour les A) seraient concernés par l’augmentation de 200 000 € de l’enveloppe RH, ce sont les A et les B qui vont le plus souffrir de l’arrivée du RIFSEEP. Pourquoi ? Pour plein de raisons…

D’abord, ce sera sur eux que pèsera la responsabilité de l’attribution (ou non) du CIA (à partir de 2019 si rien ne change d’ici là) lors de l’entretien annuel d’évaluation. Et l’évaluation, à Villejuif, c’est une sacré usine à gaz. Il faut dire : quand on a cinq ou six agents sous sa responsabilité, consacrer une heure d’entretien, c’est pas si dur. Par contre, quand on en a soixante, c’est plus chronophage (on notera au passage que ce sont généralement des C+ et des B qui ont autant d’agents que ça). Et si jusqu’ici, « bâcler » l’évaluation n’avait pas de conséquence majeure, c’est plus la même chose quand ce qu’il y a sur la fiche de paie dépend de l’entretien… Rappelons que pour l’instant, nous ne savons toujours pas sur quels critères « opposables et équitables » seront évalués les agents…

Oui, oui… Des formations ont été promises. Mais les promesses n’engagent que ceux qui y croient et ce qui est simple depuis le point de vue d’un formateur l’est rarement autant sur le terrain… Sans même parler de ce qui arrive aux promesses qui n’ont jamais été écrites… Par ailleurs, nous rappelons que selon la loi l’IFSE peut être modulée à la baisse lors de votre entretien annuel d’évaluation (mais pas la première année) !

Ensuite, ce sont les cadres qui, étant appelés à prendre les décisions, notamment budgétaires, sont les plus susceptibles d’être concernés par un CIA en dent de scie. Et oui ! Ce sont les encadrants qui font remonter les doléances des agents vers la direction, et descendre les désidératas de la direction vers leurs agents… Donc, ils sont pris en tenaille, nécessairement. Et du coup, le même principe que celui du messager qui se fait engueuler parce que la nouvelle qu’il apporte est mauvaise, s’applique ! Sauf que maintenant, il y a une question financière en jeu ! A votre avis ? Qui sera « sanctionné » par une baisse de son CIA pour avoir dit « il y a pas assez de budget pour remplir cette mission » ? Le chef qui l’a dit à son chef qui lui a répondu « je veux pas le savoir », ou l’agent ?

Bref, si vous n’aviez pas encore assez de bonnes raisons de ne pas vouloir du RIFSEEP, en voici quelques unes de plus !

Mais celle qui les bat toutes à plates couture c’est la suivante : le RIFSEEP, le CIA, tout ça c’est de la rémunération qui compte pas pour la retraite et qui ne dépend pas du point d’indice. Donc, ça dépend du budget de la commune. Et qu’est ce qui va se passer avec la baisse des dotations aux collectivités territoriales ? Hein ? A votre avis ? Ça va baisser ou ça va monter ?

Enfin bref, on a de quoi se demander pourquoi le CIA s’appliquera à Villejuif, mais ni aux agents du Territoire 12 (Grand Orly Seine Bièvre, ou GOSB, ce qui est la même onomatopée que quand un agent voit ce qui reste sur sa fiche de paie après l’augmentation de la CSG) ou à ceux de la région… Où est l’équité là dedans ?

Bien sûr, on en parle tous ensemble vendredi 1er décembre, à 9h ou à 14h, à la Bourse du Travail (16 rue Jean Jaurès), lors des deux Assemblées Générales du Personnel autour du RIFSEEP.

OBSÈQUES DE NOTRE CAMARADE JEAN CLAUDE FEVRE

Les obsèques de Jean-Claude FEVRE se dérouleront le jeudi 30 novembre à 14 h 00 au crématorium de Clamart
Selon les volontés de Jean-Claude : NI FLEURS NI COURONNES
ENVOYEZ VOS DONS A L’ARAC, LE PARTI COMMUNISTE FRANCAIS, LE SECOURS POPULAIRE, le journal L’HUMANITE, l’IGR.
Merci de diffuser le message.

RIFSEEP : CA VA CHANGER QUOI SUR NOS FEUILLES DE PAYE ?

Depuis le temps qu’on explique à la Direction Générale des Service et aux élus que nous avons parfaitement compris ce qu’est le RIFSEEP – et depuis le temps qu’ils nous expliquent qu’on a pas compris pour pouvoir continuer à nous expliquer sans jamais changer une virgule de leur projet… C’est au point qu’hier en séance du Comité Technique on nous a encore re-réexpliqué… Mais nous c’est pas ça qu’on veut !

Parce qu’on a fort bien compris :

 

MAIS IL N’Y A AUCUNE FATALITÉ !

 

 

20171123 – Tract Pétition RIFSEEP v2

CT ECLAIR !

A l’issue d’une improbable – parce que non statutaire – « re-convocation » de la séance du 9 novembre, nous avons étudié un document en tout point semblable à celui de la dernière fois, avec une administration qui nous scande que de toute façon c’est la loi et y a pas le choix, et des élus du collège employeur qui nous expliquent carrément qu’il ne peut y avoir de dialogue social qu’avec des gens qui acceptent de discuter – ce qui est tout de même un comble !

Ce que nous pensons du RIFSEEP, nous l’avons écrit ouvertement, au maire et à tout le monde ici, ici et ici.

Nous savons que le RIFSEEP doit s’appliquer à toutes les collectivités (à terme) et qu’il permettra de régler la question des collègues amputés de salaires. Nous savons aussi que les agents du T12 ont obtenu que leur régime indemnitaire augmente grâce au RIFSEEP, sans mise en place du CIA (la fameuse partie au mérite). Nous savons aussi que ce n’est pas l’augmentation de 12€ que le maire nous promet qui va compenser la mise en place de la journée de carence, le gel du point d’indice ou l’augmentation de la CSG.

Ça na pas changé. D’ailleurs nous avons voté contre, ce qui fait que le dossier a été rejeté. Il y a eu aussi 2 voix contre (sur 8) au sein du collège employeur.

Ça, c’était la première phase…

La deuxième phase, c’est aux agents de la construire et c’est à cet effet que nous tiendrons non pas une mais deux assemblées générales :

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU PERSONNEL
VENDREDI 1er DÉCEMBRE

de 9h à 11 h et de 14h à 16h
à la BOURSE DU TRAVAIL
16, rue JEAN JAURÈS

 

 

DECES DE NOTRE CAMARADE JEAN CLAUDE FEVRE

C’est avec tristesse et émotion que nous apprenons le décès de notre camarade Jean Claude Fèvre, ancien secrétaire général de la CGT UGICT des Territoriaux de Villejuif.

Nos pensées vont à sa famille et à ses proches.

Jean Claude a allumé le flambeau que nous continuons à nous passer les uns les autres et il veillait encore, avec beaucoup de bienveillance, à maintenir la flamme.

Nous avons d’ores et déjà reçu de nombreux témoignages de ses collègues et de ses camarades, unis dans la peine.

Une registre de condoléances et une collecte sont ouverts au CASC.