DECLARATION DES ORGANISATIONS SYNDICALES AU COMITE TECHNIQUE

Le comité technique est re-convoqué ce matin, suite au vote contre le tableau des effectifs. Au moment même où paraissent ces lignes, voici la déclaration des délégués du personnel en séance…


Mesdames et messieurs,

Nous voici à nouveau convoqués pour débattre du tableau des effectifs sans qu’il ait été apporté la moindre correction à ce dossier. Pourquoi faire ? Pour reprendre les arguments de la dernière séance ? Parce que ce dossier n’est pas assez important ? Ça doit être ça. À moins que ce tableau ne soit décevant : il y a encore trop d’agents à la mairie de Villejuif.

La haine du fonctionnaire imprègne toute notre société. Lors de la récente campagne présidentielle, c’était à celui qui en supprimerait le plus. Et les abus de langages font qu’on veut bien supprimer les fonctionnaires, pas juste leurs postes. Repris au niveau local où l’unique logique qui guide les décisions politiques est celle de l’économie budgétaire. On ne remplace pas, on ne recrute pas,  on ne met pas en stage pas mais on précarise encore et toujours.

Alors quoi ?

Alors afin de parvenir à ses fins, on bloque le dialogue social en faisant le contraire de ce que l’on dit. On prétend qu’on en fait sans en faire. On dit qu’on veut lutter contre les risques psychosociaux, mais on ne le fait jamais ou pire on fait semblant. Et on attend que, les situations iniques, absurdes, ubuesques et ultimement douloureuses se multipliant les gens, les agents, partent.

Vous voulez un exemple concret ? La ludomobile qui devait, promesse de l’exécutif, rouvrir dès octobre 2015, puis dès juin 2016. Deux agents en errance, un qui est parti et un service public qui a disparu. L’agent qui reste remplira sans doute avec douleur le questionnaire sur les risques psychosociaux.

Un autre exemple concret : le fait de prétendre que des agents ont approuvé un open space quand manifestement ce n’est pas le cas, et de réorganiser leur travail, leur quotidien, l’endroit où ils passent sept heures par jours sans tenir compte ni des normes en vigueur, ni de leur expérience, ni de leur input – puisqu’il faut utiliser des anglicismes.

Savez-vous bien que se priver de la parole des agents, c’est se priver de la force vive du service public ? Tout ne se règle pas à coup de décisions à l’emporte-pièce et de diktats.  Et les représentants des agents, jusqu’à preuve du contraire, c’est nous.

Un dernier exemple concret : L’amputation des salaires des chargés de mission, en fait de tous les cadres qui sont accusés d’être des  « rouges », des syndicalistes comme à l’époque de la chasse aux sorcières orchestrée par le maccarthysme!

Pire, vous diffusez la nouvelle à tous les agents alors que dix personnes seulement sont concernées. Non seulement cela n’a fait qu’instaurer la peur et la révulsion, démotiver encore un peu plus les agents, augmenter les risques psychosociaux sur cette collectivité. Pire, vous jetez l’opprobre sur ces agents laissant croire que ce sont des voleurs, des agents sur-payés.

Tout ça pourquoi ? Pour que les gens partent d’eux-mêmes !

Parce qu’en fait, vous n’avez pas du tout envie d’avoir à examiner un tableau des effectifs et vous préféreriez qu’il n’y ait pas d’agents dans cette ville.

Mais des agents, il y en a. Des syndicalistes, il y en a. La Démocratie, il y a. Ne vous en déplaise, vous, exécutif, vous qui leur faites violence. Et il y en assez, et ils en ont assez.

Nous sommes tous ici pour œuvrer ensemble au service public, pas pour exercer des vendettas ou pour nous quereller comme des poissonniers. Il serait temps que tout le monde dans cette mairie en prenne la mesure.

Quoi qu’il arrive, nous voterons contre ce document qui n’a pas été corrigé.

Merci de votre attention.

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