RÉGIME INDEMNITAIRE : LES NÉGOCIATIONS AU POINT MORT ?

Juste une petite info comme ça en passant :  l’adjointe au maire chargée des RH nous a appris qu’elle avait demandé une enveloppe de 500 000 € pour réévaluer le régime indemnitaire des agents de la collectivité en 2017. Le groupe de travail chargé de ce chantier (qui s’est réuni deux fois en trois ans) était parti de l’hypothèse que le plus simple, qui bénéficiait au plus grand nombre, était de réévaluer la « prime de fin d’année » (celle que nous touchons en deux fois).

Soyons absolument clairs : ce que nous souhaitons en premier lieu c’est l’augmentation du point d’indice, parce que c’est le seul moyen d’augmenter non seulement nos revenus d’aujourd’hui, mais aussi la part mutualisée de nos salaires – c’est à dire, entre autres, nos retraites. Il a augmenté cette année de 0.6% après avoir été bloqué pendant 6 ans, ce qui ne correspond pas du tout à l’augmentation du coût de la vie. Bilan : 25% de perte de pouvoir d’achat pour les fonctionnaires en 10 ans.

Au final, après arbitrage par le Bureau Municipal avant le vote du budget, il ne resterait plus que 200 000 € d’enveloppe pour améliorer notre régime indemnitaire – et encore, c’est pas dit qu’on les touche, même si 7 millions d’euros ont été économisés sur le budget 2016, notamment sur le poste des ressources humaines à force de non remplacement des départs et de non mise au stage…

C’est en cela d’ailleurs que certains élus considéraient que le budget 2016 était insincère : il n’a pas été dépensé autant que prévu en 2016 (et ce grâce aux économies faites sur notre dos et, bien sûr, celui du public) alors que les impôts ont augmenté pour les Villejuifois… Donc au lieu d’un équilibre, la ville économise. Et ça, c’est insincère… Surtout quand ça porte sur des économies de bout de chandelle.

Ça va dans le même sens que les annonces de mises au stage des animateurs en CDD qui ne se sont jamais produites (promesse faite lors d’une rencontre avec les agents au mois d’octobre 2016) ou la promesse de la tenue de groupes de travail qui ne se tiennent qu’épisodiquement et qui ne débouchent sur rien : zéro volonté de progresser sur aucun dossier ou d’améliorer les conditions de vie et de travail des agents…  Sans doute parce que nous sommes considérés comme de simples larbins, voire des empêcheurs de tourner en rond… Il faudrait que nous soyons en permanence dans l’acceptation et que nous ne critiquions jamais et ne nous plaignions jamais…

Dans l’intervalle, nous, les agents du service public, on a qu’à se serrer la ceinture – comme les Villejuifois… Mais comment comprendre, alors même que le Conseil Municipal a accepté d’inscrire sur la liste des agents ayant droit à un logement de fonction le Directeur Général des Services, que d’autres n’aient jamais moyen d’être entendus ou pris en compte… Au bout d’un moment, on sent bien que ce n’est pas qu’une question d’argent… D’un côté, l’exécutif est prêt à dépenser pour avoir des cadres qui lui semblent de qualité, de l’autre ces cadres n’auront que de peu de moyens puisque peu d’agents pour remplir leurs missions… Dont acte…

Cela explique sans doute qu’il faut menacer de grève pour obtenir des primes auxquelles nous avons droit de par la loi (et dont on nous dit ensuite « Mais moi j’ai déjà signé il y a trois mois pour que vous la touchiez ») : la paralysie de tout effort financier vers les agents évoque la difficulté qu’Harpagon a à se défaire de sa cassette dans l’Avare de Molière.

Au final, il n’y a aucune réunion prévue sur l’augmentation du régime indemnitaire pour l’ensemble des agents – pourtant, ce chantier doit légalement être abordé tous les trois ans – et à l’aube d’une réattribution des délégations, on peut se sentir floués en constatant que l’adjointe au maire chargée des RH ne sera même plus en mesure de tenir les engagements qu’elle était visiblement la seule à avoir prise. Nous qui pensions que la parole d’un adjoint engageait celle du maire…

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