PLUS BELLE LA MAIRIE : VOTERA ? VOTERA PAS ?

Ce soir, c’est Conseil Municipal. Et on vote le budget à Villejuif…

Si on était dans une série télé, le vote du budget, ce serait l’épisode de la fin de mi-saison. Avec à la fin un cliffhanger du tonnerre et en même temps la résolution de plein de conflits… Style genre : toute la majorité est enfin réunie sous une seule et même bannière, apparemment unie derrière son leader parce que – allez savoir ? – certains adjoints considérés comme trublions ont perdu leurs délégations, mais dans l’ombre, déjà ils préparent le prochain complot et le pouvoir judiciaire a des gros dossiers qu’on verra résolus dans la suite de la saison.

Vous situez l’ambiance ?

Franck se sent nerveux. Il se tient debout dans son bureau partiellement dans la pénombre et regarde dans le vague. Ce qui compte c’est de redresser la situation. Rigueur budgétaire et refus de négocier… Philippe a menacé de ne pas voter le budget. Il s’imagine que comme ça le préfet va mettre la ville sous tutelle… Un léger sourire illumine sa face : son cabinet d’avocat lui a assuré que c’était impossible, que tout était légal. Pourquoi, alors ce doute sournois qui s’insinue ?

Dans son bureau à lui, Philippe est tout rouge. Il compte et recompte le nombre des conseillers municipaux qui voteront comme lui ce soir. C’est maintenant ou jamais : lors du dernier Conseil, Franck a annoncé que le budget serait plus sincère que l’an dernier. Pas complètement sincère, donc ? Il se frotte les mains. S’il réussit son coup, il pourrait bien l’envoyer une fois pour toute au tapis, le Franck. Il lui restera que les yeux pour pleurer au Conseil Régional. Et ça ferait un beau tremplin pour les élections législatives, ça, de foutre la mairie sous tutelle trois semaines avant la présidentielle !

Ce soir, c’est le match, l’affrontement, la finale.

Ça va saigner.

Donc c’est à la fin de cet épisode ci qu’on saura si le budget de la ville sera adopté. Ou pas.

Et après on s’étonne que les gens n’aillent plus voter… On se souvient du slogan de l’Union Citoyenne : « Désormais, plus rien ne se décidera sans vous ! »

Pourtant, c’est en sortant d’un conseil municipal, sur le coup de quatre ou cinq heures du matin qu’on mesure à quel point on est loin de Saillans et de sa gouvernance collégiale et participative…

 

Pot commun pour soutenir la grève des travailleurs sans papiers du MIN de RUNGIS

Ils bossent ici, ils vivent ici, ils restent ici !

Depuis le 16 mars, plus de 120 travailleurs sans papiers ont engagé un mouvement de grève par l’occupation de la tour SEMARIS du Marché d’intérêt général (MIN RUNGIS) pour obtenir leur régularisation.   La CGT départementale du Val de marne leur apporte tout son soutien.

Ils dénoncent une situation insupportable:  un patronat trop heureux de pouvoir bénéficier d’une main d’œuvre sans droits donc corvéable et exploitable à merci et d’une hypocrisie de l’État parfaitement au courant !

Nous réaffirmons notre solidarité syndicale et internationaliste avec ces salariés:  Aucun travailleurs ne doit rester sans droits !    Après 13 jours de lutte exemplaire, la  mobilisation est toujours aussi grande et la détermination ne faiblit pas.

Les dossiers sont prêts mais il reste encore quelques employeurs qui trainent des pieds à fournir les documents nécessaires.

La grève continuera jusqu’à ce que les 126 travailleurs en lutte aient leur récépissé de la préfecture en vue attribution titre de séjour, et autorisation de travail.

Sans aucun revenus depuis 13 jours, pour les aider a tenir , voici le lien internet et toutes vos contributions financières (même les plus modestes…)   seront d’une grande aide:

https://www.lepotcommun.fr/pot/x85hpiau

Pour le soutien financier, outre ce pot commun, vous pouvez envoyer vos dons par chèque à l’ordre de l’union départementale CGT UD CGT 94

(11/13 rue des archives 94000 Créteil)

ELECTIONS PRESIDENTIELLES : LA CGT VOTE POUR LE PROGRES SOCIAL

A l’approche des élections présidentielles, la CGT souhaite continuer de porter des exigences économiques, sociales et environnementales durant cette campagne. C’est plus que jamais l’enjeu de la période et l’exigence des salariés, des retraités, des privés d’emploi et de la jeunesse. Cette campagne électorale s’éloigne trop régulièrement de ces attentes et des vrais problèmes, minée par des affaires ou des débats bien loin du quotidien et de la réalité du monde du travail.

Nous nous félicitons que les luttes de centaines de milliers de salariés, permettent qu’aujourd’hui, les questions du travail, de la précarité, de la protection sociale, de l’égalité femmes-hommes, des salaires, de l’industrie, des services publics, et de paix trouvent une place dans le débat public. Elles doivent s’imposer dans cette campagne politique.

Depuis plusieurs mois, la CGT porte des propositions alternatives économiques et sociales en adéquation avec les exigences, les possibilités de notre époque et les aspirations des travailleurs, retraités, privés d’emplois.

Elle porte au cœur de sa démarche, la question du travail. Derrière ce mot, nous parlons de son organisation, du paiement des qualifications et de l’expérience, de la formation initiale et continue, des souffrances qu’il peut générer sur la santé.

Il est insupportable que certains perdent leur vie au travail, pendant que d’autres la perdent parce qu’ils n’en n’ont pas.

C’est pourquoi, nous revendiquons notamment une augmentation des salaires et des pensions avec, comme référence, le SMIC à 1800 euros, une réduction du temps de travail avec, comme référence, une durée de 32 heures hebdomadaire, un nouveau statut du travail et une sécurité sociale professionnelle, une protection sociale de haut niveau, des moyens supplémentaires pour les services publics, comme par exemple la santé, la culture et l’éducation, et la construction d’une véritable Europe sociale.

Nous nous félicitons que, pour une part, ces propositions soient reprises par certains candidats.

Dans un pays où les 40 plus grandes entreprises viennent de dégager 75 milliards d’euros de bénéfices et de verser à leurs actionnaires près de 500 milliards en 10 ans, les moyens existent.

Nous alertons le monde du travail contre ceux, à l’extrême droite, dont le FN est l’un des porte-drapeaux, qui prônent la division des travailleurs du fait de leur origine, leur statut ou leur situation sociale. Diviser pour mieux régner, c’est un vieux dicton toujours d’actualité aux yeux de certains. C’est aussi une façon de ménager et de servir les véritables responsables de la crise qui continuent de s’enrichir de façon insolente. Alors qu’au contraire les salariés ont besoin d’être unis.

Ceux qui veulent faire porter au syndicalisme la responsabilité des problèmes de notre pays, jouent à un jeu dangereux. Restreindre le rôle et la place du syndicalisme en imposant de nouvelles règles de démocratie sociale, en favorisant la création de pseudo syndicats ou d’associations pour accompagner les décisions patronales ou gouvernementales, ce n’est pas un signe de modernité et cela dessert l’intérêt des salariés.

Il faut d’abord renforcer le rôle et la place des syndicats en faisant respecter une liberté essentielle, le droit de se syndiquer, de militer et de revendiquer sans peur des représailles.

La liberté syndicale fait partie des droits fondamentaux.

Voter est un droit dont beaucoup de citoyens dans le monde, sont privés. C’est la marque de la démocratie, les travailleurs doivent s’en saisir. Les exigences et les choix du peuple doivent être respectés avant, pendant et après les élections. Les salariés doivent être entendus lorsqu’ils se mobilisent, lorsqu’ils revendiquent et qu’ils proposent des alternatives.

Nous refusons d’avoir le choix entre le pire et le moins pire. Nous voulons le meilleur.

Montreuil, le 24 mars 2017

CICE :Le comité de suivi confirme le gaspillage d’argent public

Suite à une demande du Comité de suivi du Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi (CICE), le rapport 2016 du Comité a fait l’objet de plusieurs travaux complémentaires.

Les enseignements de ces travaux viennent d’être rendus publics par France Stratégie.

Ces travaux « ne conduisent pas à remettre en cause » les résultats précédemment obtenus.

Ils confirment l’absence d’effets du CICE sur la création ou la sauvegarde d’emplois, les exportations, l’investissement, la recherche-développement…

Seul, l’objectif initial porté par le gouvernement et le patronat de « l’amélioration sensible des marges des entreprises » apparaît « un peu plus nettement qu’auparavant ».

Ces travaux viennent aussi démentir que le CICE n’est pas utilisé pour baisser le pseudo « coût du travail » mais augmenter les marges notamment des grandes entreprises. Nombre d’entre elles n’ont pas hésité à détruire en masse des emplois et à distribuer de confortables dividendes aux actionnaires.

Transformer le CICE en exonérations générales de cotisations sociales, comme proposé par certains responsables politiques entraînerait non seulement la disparition de toute évaluation de l’impact du CICE notamment sur l’emploi, mais surtout vise, à maintenir les cadeaux en tout genre fait au patronat et à remettre en cause le salaire socialisé et la protection sociale.

Concernant les bénéfices du CICE sur l’emploi, l’effet « probable (…) est de l’ordre de 50 000 à 100 000 emplois créés ou sauvegardés sur la période 2013-2014 », effet « d’ampleur relativement modeste », identifié par une seule équipe de recherche, est de nouveau mis en avant.

100.000 emplois au maximum pour 29 milliards d’euros, soit 290.000 euros par emploi créé ou sauvegardé !

La CGT revendique au contraire que :
– l’ensemble des aides publiques soient évaluées dans le comité de suivi des aides publiques ;
– la suppression des aides publiques qui n’ont pas démontré leurs effets sur l’emploi, les salaires et l’investissement dans la recherche et l’outil de production ;
– la mise en place de comités régionaux de suivi et d’évaluation des aides régionales ;
– le droit pour les comités d’entreprises de suivre, d’évaluer et de suspendre le cas échéant les aides publiques, exonérations de cotisations perçues par l’entreprise.

Ce sont pourtant les législations encourageant la rentabilité financière, court-termiste qui ont entrainées les crises et la déqualification économique et sociale française principalement dans les industries manufacturières et européenne qui sont à l’ordre du jour des programmes politiques. A l’inverse, la CGT place l’amélioration de l’emploi, des salaires, de l’investissement, et le progrès social au premier plan de ses objectifs.

Montreuil, le 23 mars 2017

Loi Travail : le 1er cas de referendum d’entreprise confirme les critiques émises par la mobilisation

Aimeriez-vous qu’un collègue d’un autre service décide de votre temps de travail, de la manière dont vous serez rémunéré, et des contraintes qui vous seront imposées ? L’entreprise RTE (Réseau de Transport de l’Electricité) va être la première à utiliser le référendum créé par la loi Travail de Myriam El Khomri pour tenter de faire valider un accord en contournant l’opposition du syndicat majoritaire. Ce référendum est malheureusement la démonstration parfaite de la mise en opposition des salarié-es et de la fracturation du collectif de travail dénoncée lors de la mobilisation contre la loi Travail.

Le referendum s’adresse aux 4200 salarié-es de RTE alors que seuls les 2000 salarié-es de la maintenance sont concerné-es.

L’objectif de la direction est simple : instrumentaliser les ingés, cadres et agents de maîtrise pour remettre en cause les droits des équipes de maintenance. Ce referendum risque de fracturer le collectif de travail au détriment de la qualité du travail de l’équipe et sa productivité et fragilisera l’entreprise au long terme.

Refusées par la CGT car elles suppriment le volontariat qui prévalait jusque là pour les chantiers urgents organisés en dehors du temps de travail, les modifications vont remettre en cause la vie sociale et familiale des salarié-es de la maintenance et baisser leur salaire moyen. Elles vont mettre les managers et l’encadrement en première ligne, qui sera sommé d’imposer aux personnels de maintenance de travailler en dehors de leurs horaires, soirs et WE compris.

C’est donc la double peine pour les ingés, cadres et techs : instrumentalisés pour faire passer un accord refusé par les principaux concernés, et ensuite envoyés en première ligne pour contraindre les équipes à travailler en dehors de leur planning !

La CGT appelle les ingés, cadres et agents de maîtrise à refuser l’instrumentalisation et ne pas participer à ce referendum pour laisser la maintenance décider de ce qui la concerne !

Le Front National n’aime pas les agents territoriaux

Une petite vidéo vaut mieux qu’un long discours : « Je crois qu’il y a trop de fonctionnaires territoriaux dans notre pays », disait la candidate de l’extrême droite. Ne l’oublions pas au moment de voter…

AU CONSEIL MUNICIPAL CE SOIR (2)

Encore une sacré représentation au Conseil Municipal de vendredi soir dernier – le 17 mars.

D’abord, on est médusé par le coup de théâtre : alors que même Le Parisien annonçait l’absence du maire à ce Conseil, il est bien là ! Donc dès le début, ça se divise en deux camps, ceux qui ont gagné leur pari et ceux qui l’ont perdu…

On enchaîne avec les lapsus de monsieur le maire qui annonce que c’est ce soir son « bicentenaire » (en fait ses cinquante ans) et, dans la lecture du compte rendu d’une des séances précédentes – confond le mot « votants » avec le mot « figurants » – ce qui était du plus mauvais effet puisque c’est des conseillers municipaux qu’il s’agissait… Les plus malicieux y verront un effet freudien révélateur…

Trois points à l’ordre du jour : le rapport sur le développement durable préalable obligatoire au rapport d’orientation budgétaire, le rapport d’orientation budgétaire et l’examen du marché des assurances de la ville…

On ne va pas tirer sur l’ambulance : c’est trop facile et, à force, c’est très répétitif. Quand on se lance dans un Conseil Municipal à la mairie de Villejuif, on sait qu’on en a pour longtemps (trois points, cinq heures de séance) et les critiques deviennent de vieilles rengaines : un manque de perspectives, des rapports qui dressent des constats (souvent contradictoires) et n’affichent pas les ambitions pour l’avenir, une absence de lisibilité des volontés politiques, du vague, un flou, un refus de voir la situation en face et un déni de dialogue… Et au final, même si tout le monde est plus ou moins d’accord pour dire qu’on aurait pu faire mieux, c’est quand même voté.

Un exemple de flou : en présentant le ROB, le rapporteur parle de 1118 agents. Par contre, quand il s’agit du nombre d’agents à assurer pour le dernier point, le même rapporteur nous parlera de 1300 agents…

On retiendra tout de même l’intervention des parents d’élèves de Jean Vilar qui se plaignent d’un manque de dialogue avec eux, de ce qu’on ne répond jamais à leurs questions… Au point qu’on aurait pu croire qu’ils faisaient la lecture d’une lettre du CHS CT au maire…

On notera aussi que l’ambiance délétère – pour ne pas dire nauséabonde ou explosive – que les représentants du personnel s’usent à dénoncer s’étend maintenant au sein même de la majorité municipale dont il est de plus en plus évident qu’elle ne tiendra peut-être même pas jusqu’à mi-mandat. C’est comme d’assister à à la sempiternelle engueulade du dîner familiale entre Tonton Gaston et le Cousin Fernand : c’est pénible, à force ça devient ridicule, on sait déjà comment ça va finir, et on reste parce qu’on était venu pour le pot-au-feu…

Et bon, y a pas le choix…

Par contre, quelle surprise de découvrir à la fin de la séance que le marché des assurances doit passer en urgence parce que les agents et les biens de la mairie ne sont plus couverts depuis le 1er janvier… On savait qu’on était sans service juridique depuis le premier septembre, mais là, c’est le pompon ! D’ailleurs, l’opposition aura beau se plaindre de ce qu’elle n’a aucun élément dans le dossier, le vote aura lieu tout de même et la majorité l’emportera : un fameux chèque en blanc quand on considère l’enjeu et les sommes impliquées, sans même parler du fait qu’à minima, encore une fois, cela faisant partie des conditions de travail des agents les instances du personnel auraient dû être consultées…

Mais ça… Ça fait tellement longtemps qu’on le dit qu’à force on a l’impression qu’on pourrait en faire une chanson. Un vieux crincrin. Du Berthe Sylva.

Et puis, vient le moment des vœux. Il n’y en a qu’un, mais comme il est porté par l’un des groupes de la majorité qui se rebiffait contre le ROB, le reste de ladite majorité s’envole tel un banc de moineaux, si bien que la présidente de séance annonce : « On ne votera pas, puisqu’il n’y a plus le quorum ! Et puis les questions orales, on y répondra par écrit. » A une heure et demie du matin, même les plus protestataires finissent par céder et chacun rentre chez lui, avec le sentiment que la prochaine séance sera pire, comme d’habitude, et que le budget n’est pas voté d’avance…

Ce lundi matin, il ne reste au personnel municipal qu’à aller travailler en se disant que ce n’est que dans quinze jours qu’il saura réellement à quelle sauce il sera mangé et à se demander s’il est encore couvert par une assurance ou pas…