SYNDICALISTES, PAS VOYOUS : Solidarité avec notre camarade d’Hénin Beaumont

Afficher l'image d'origineC’est avec beaucoup d’émotion que les syndicats CGT ouvrier/employé et UGICT de la mairie de Villejuif, ont appris la mise en garde à vue de notre camarade René Gobert, secrétaire général du syndicat CGT des territoriaux de Hénin-Beaumont, par le communiqué suivant de l’Union Départementale du Pas-de-Calais :

Communiqué de l’Union Départementale CGT du Pas-de-Calais, de la Coordination Syndicale Départementale CGT des Services Publics du Pas-de-Calais et de la Fédération CGT des Services Publics | Hénin-Beaumont : non à la criminalisation du mouvement social !

Nous avons appris ce matin la mise en garde à vue de notre camarade René Gobert, secrétaire général du syndicat CGT des Territoriaux d’Hénin-Beaumont.

Selon nos informations, cette garde à vue est consécutive à une plainte déposée par le maire FN d’Hénin-Beaumont relativement à des contenus mis en ligne sur Facebook par notre camarade.

Depuis plusieurs mois, notre camarade est victime de pressions, mutation arbitraire, sanction disciplinaire. Cette situation a retenu toute notre attention et nous a conduits à engager différentes démarches de soutien à René et à son syndicat.

Ce matin, une rencontre était prévue avec le maire qui devait recevoir une délégation composée des secrétaires généraux de l’UD, de la fédération et des principaux responsables de la CSD. Compte tenu de la mise en garde à vue de notre camarade, la délégation CGT a décidé d’annuler sa participation au rendez-vous.

Nous affirmons notre soutien à René Gobert et notre refus de la criminalisation du mouvement social. Nous appelons nos militants à la vigilance et les informerons rapidement de l’évolution de la situation.

Lens, le 30 septembre 2016

A leur tour, les organisations syndicales des agents territoriaux de la ville de Villejuif souhaitent manifester leur soutien et leur solidarité avec René Gobert. Les pratiques décrites dans ce communiqué sont inacceptables.

A l’heure où le gouvernement met en place la « loi travail » supposée permettre un renouvellement du dialogue social, la criminalisation de l’action syndicale va à bride abattue, avec les Goodyear, avec les seize d’Air France, avec tous les camarades arrêtés ou blessés lors des manifestations contre la loi travail, et avec tous ceux qui voient leur emploi, leur vie quotidienne, mis en danger par la justice pour les punir de leur engagement syndical. 

Que dire d’une société où on voudrait faire croire à l’opinion publique qu’il est plus tolérable de supprimer des milliers d’emplois que d’arracher une chemise ? D’une société où un employeur peut impunément bafouer les lois en mettant en place des mesures non discutées dans les cadre du fameux dialogue social, et de l’autre compter sur l’appui de la justice quand il s’agit de réprimer ceux qui cherchent juste à faire valoir leurs droits ?

Être syndicaliste, c’est chercher à faire valoir le droit. Une société qui met en prison ceux qui réclament la justice, fut-elle sociale, mérite-t-elle le titre de démocratie ?

C’est malheureusement la question que doivent nous amener à nous poser les traitements réservés aux camarades arrêtés, inculpés, et demain peut-être, incarcérés.

Syndicalistes, pas voyous, nous sommes là pour nous assurer que chacun peut gagner sa vie dans des conditions de travail décentes et dans le respect de sa condition de salarié (ou de fonctionnaire).

Si cela est criminel, alors il faudra débaptiser les rues aux noms de tous ceux qui, à un moment ou un autre de l’histoire de France, ont dit « non » et se sont élevés contre un régime injuste : ils font pour tous ceux qui pourraient vouloir contester, un très mauvais exemple, un très dangereux précédent. 

Espérons que l’histoire donnera raison à ceux qui, pour protester contre la disparition de 15 000 emplois, ont osé quelque jour arracher une chemise.

Espérons que la justice donnera raison au secrétaire général des Territoriaux de Hénin-Beaumont, en première ligne de l’iniquité de son employeur.

 

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