UNE FERMETURE D’ECOLE ? NON MERCI…

pour-toutes-les-droites-definitivement-ce-qui-predomine-c-est-la-haine-des-fonctionnaires_5124182-MVous pouvez signer ici la pétition en ligne contre la fermeture de l’école Karl Marx.

Dans la série « il vaut mieux entendre ça que d’être sourd », nous avons eu droit récemment à une déclaration de monsieur le maire : « La priorité de l’équipe municipale c’est l’enfance et la petite enfance. »

Et puis, le vendredi soir suivant, en Conseil Municipal, on apprend que les rumeurs de fermeture de l’école Karl Marx qui courent depuis des mois sont fondées.

Principal argument pour cette fermeture : le coût financier des éventuels travaux à réaliser dans cette école dont les services savent pertinemment qu’il pourrait être pris partiellement en charge du fait qu’elle est classée monument historique. Qu’elle soit compliquée à entretenir, c’est un fait, mais l’État, qui la protège en l’ayant classée, est tenu de participer financièrement aux travaux de rénovation…

Au fait, pourquoi ? Tout simplement parce que l’école Karl Marx, inaugurée en 1933 est une pierre de rosette, un modèle pour tout ce qui allait se faire plus tard en matière d’école dans toutes les banlieues du monde. Aujourd’hui encore, des architectes du monde entier se déplacent pour la visiter.

Outre cette dimension culturelle, c’est une école de quartier à laquelle les parents sont attachés. C’est un équipement qui répond aux besoins de la population et la supprimer serait une réduction des moyens de rendre le service au public.

D’ailleurs, toujours en Conseil Municipal on apprenait aussi que si la population en âge d’être scolarisée stagnait cette année à Villejuif, les études montraient qu’elle allait continuer d’augmenter dès l’année prochaine.

Fermer cette école est donc un calcul sur du très court terme. Les élus locaux d’une ville de bientôt 70 000 habitants (c’est ce que nous annonce le maire) ne sont ils pas aussi comptables du moyen et long terme ?

En outre, l’idée de la céder au département en escomptant que celui-ci la transformera en annexe du collège revient à refiler la patate chaude à un autre territoire… Mais l’addition sera tout de même pour les Villejuifois puisque ce sont eux qui payent leurs impôts pour abonder les caisses du département… Ni vu ni connu je t’embrouille… D’autant plus qu’à priori, des travaux pour transformer une maternelle en collège sont plus coûteux que des travaux pour la remettre en état…

Il y a de quoi se demander si ce n’est pas parce qu’elle s’appelle Karl Marx et qu’elle a été inaugurée par Paul Vaillant Couturier qu’elle est dans la ligne de mire (comme une certaine place Georges Marchais) ? A moins naturellement que ce ne soit parce qu’elle est sise dans un quartier dit « populaire ». Est-ce que c’est moins grave que les écoles soient plus loin dans les quartiers des pauvres ?

On se perd en conjectures…

GOODYEAR : PREMIÈRE VICTOIRE

Ce sera la première victoire d’une longue série.

La prison ferme est évitée, la mise à l’épreuve abandonnée.

La condamnation à 24 mois de prison avec sursis reste un scandale immonde.

On a pu lire dans la presse que la sévérité envers les Goodyear par rapport à ceux d’Air France était injustifiée parce qu’à Goodyear aucune violence n’avait été exercée…

Pourtant dans les deux cas, deux violences ont bien été exercées : la violence des patrons qui licencient alors que leur entreprise engrange de confortables profits et que leurs actionnaires bénéficient de larges dividendes, et la violence de l’état qui envoie sa police pour faire le sale travail et arrêter chez eux ceux qui se battent pour garder leur emploi.

A l’heure où le « dialogue social » se résume trop souvent à un dialogue de sourds, il est grand temps que ceux qu travaillent rappellent à ceux qui gagnent de l’argent grâce à ce travail qu’ils ne sont pas des esclaves ou des serfs et que la justice vaut pour tous.

Les Goodyear ont raison.


Et vous pouvez retrouver toutes les images de la mobilisation du 19 et 20 octobre à Amiens sur le site de Là bas si j’y suis.

CA DÉMÉNAGE OU QUOI ?

BB CGTPar un article du Parisien, nous apprenons qu’à Villejuif, la Police Municipale monte en puissance… A cette occasion on nous apprend que celle-ci va emménager dans les actuels locaux de la Direction des Finances, rue Georges Le Bigot. Ce qui signifie que la Direction en question déménagerait au préalable…

Problème : Apparemment, tout cela a été annoncé comme un état de fait en Conseil Municipal le vendredi 14 octobre 2016, au point que le Parisien s’en fait l’écho, avant même que le CHSCT ne puisse se prononcer sur le processus, la séance prévue à cet effet étant programmée pour le… 22 novembre.


Rapport n° 16-10-216 : Aménagement et changement d’affectation des locaux rue Georges-Le-Bigot  pour le Service de la Police Municipale – autorisation de permis de construire

Rapport n° 16-10-211 : Bail civil entre le département du Val-de-Marne et la commune de Villejuif pour la mise à disposition des locaux sis 153 – 155, rue Jean-Jaurès et 133 – 143, rue Jean-Jaurès à Villejuif cadastrés section v numéro 316 et v numéro 287


Comment vous dire notre… lassitude ?

La semaine dernière déjà (le 18 octobre pour être précis) nous avions écrit en ces termes à notre employeur (avant de savoir à quel point les choses semblaient coulées dans le bronze) :

Objet : Respect des instances

Monsieur le maire,

Une nouvelle fois, nous voici contraints de vous alerter sur la façon dont la parole donnée, l’engagement pris devant nous, sont battus en brèche sur le terrain par certains directeurs adjoints et directeurs peut-être par ignorance des engagements pris, mais le résultat est là !

Le 7 septembre, monsieur Salzenstein s’est engagé à ce que soit menée une concertation préalable à tout déménagement. Il nous semblait évident que c’était une étape nécessaire, entre autres au recensement des besoins des services, afin d’organiser au mieux les déménagements permettant aux services de remplir leurs missions pour les années à venir dans des conditions de travail que tous souhaitent améliorer… Cet engagement a du reste été confirmé par une note de monsieur le Directeur Général Adjoint du Pôle Aménagement Cadre de Vie en, date du 7 octobre.

Hier, lundi 17 octobre, en commission d’ordre du jour du CHSCT, madame Loudière et la Directrice des Ressources Humaines se sont à leur tour engagées sur le fait qu’aucun déménagement ne serait planifié sans l’avis de l’instance.

Pour autant, encore ce matin, certains continuent d’annoncer aux agents que « c’est fait », que « tout est décidé » et qu’on « ne peut revenir dessus ».

Pourtant, des questions importantes des services, qui impacteront leur quotidien et leurs missions, restent sans réponse. Une nouvelle fois, il n’est pas tenu compte ni de l’avis des agents, ni des impacts des décisions unilatérales de quelques-uns sur leurs conditions de travail. Le sens du mot « concertation » et l’intérêt du processus semble échapper à ceux qui veulent que les déménagements se fassent le plus vite possible.

Qui plus est, les projets sont faits dans le plus parfait mépris des instances, des normes et des lois. Pour preuve il a été annoncé à certains des services impactés qu’ils déménageraient au lendemain de la tenue du CHSCT de novembre alors même que celui-ci n’a pas encore pu examiner le moindre dossier sur ces thèmes. Nous vous rappelons que le CHSCT doit donner un avis PREALABLE !

Nous vous rappelons qu’à cet avis, l’administration devra se conformer. Comment peut-elle présumer du dit avis et prévoir des déménagements pour le 23 novembre alors que la séance se tient le 22 ?

Est-ce aux organisations syndicales, monsieur le maire, de demander que les engagements que vous avez pris soient respectés par les services en charge des questions auxquels ils sont afférents ? Faudra-t-il, à chaque fois que vous nous annoncez quelque chose, que ce soit nous qui devions monter au créneau pour que la parole que vous avez donnée aux agents à travers nous soit respectée ? Le renouveau du dialogue social qui nous a été annoncé lors de notre première réunion du 9 septembre avec monsieur le maire consiste-t-il  à passer en force provoquant ainsi de nouvelles maltraitances aux agents ?

Il était question de relocalisation des services. Ce qu’on nous annonce, ce que nous constatons, c’est qu’on souhaite remiser les agents de certains services, n’importe comment, le plus rapidement possible, dans le déni le plus total de leurs missions. Ils le prennent comme une sanction, comme un désaveu de l’exécutif et ils sont tout à fait fondés à le percevoir ainsi !

En tout état de cause, nous vous informons que nous déposerons un préavis de grève pour permettre à nos collègues de manifester leur dégoût de ces méthodes plus dignes du second empire que du XXIème siècle.

Nous vous invitons à rappeler à tous l’importance des procédures et du respect des instances et les engagements que vous avez pris en matière de dialogue social.

Nous réitérons notre alerte sur le climat délétère et l’ambiance de risques psychosociaux dans lesquels se trouve l’ensemble du personnel, sur son extrême fragilité.

Il n’est pas temps de jouer avec les allumettes devant la poudrière !

Bisou

Difficile pour nous d’être plus clairs…

Et cela semblait avoir suffi puisque le Maire, lorsqu’il a reçu les organisations syndicales vendredi 21 au matin s’est dit prêt à tout faire pour que ce dossier puisse passer et être conforme pour la séance du 22 novembre.

Malheureusement, en sortant de chez lui, on nous a fait lire l’article du Parisien…

Et en visitant l’ancien Espace des Solidarités vendredi après midi, on a vraiment eu l’impression qu’on nous prenait pour des vélos…

Donc soyons absolument clairs :

Les déménagements annoncés dans le Parisien n’ont en aucun cas été approuvés par le CHSCT. En tout état de cause, y compris dans le cas de la police municipale, ils posent de nombreuses questions en matière de respect des normes relatives aux conditions de travail qui n’ont pas été prises en compte. Nous appelons les agents à ne prévoir aucun déménagement avant que ces questions aient pu être examinées en séance et que les doutes en question aient pu être levés. Si ceux-ci persistent, nous mettrons tout en œuvre pour faire en sorte que les conditions de travail des agents ne soient pas dégradées que ce soit par le biais du dialogue social ou par la saisine du préfet et des autorités compétentes ou toute autre forme d’action dans lesquelles les personnels voudront bien nous accompagner.

Qui plus est, la visite du 21 octobre, organisée en l’absence des membres du collège employeur du CHSCT ne saurait compter pour une visite statutaire dans la mesure où elle n’était assortie d’aucun document, aucun projet écrit… Nous n’avons pas eu de réponses aux questions que nous posions quant à la répartition d’agents dans les bureaux. Nous n’avons pas visité les locaux de la Direction des Affaires Financières.

Affaire à suivre…

 

 

COMPTE RENDU SUCCINCT DE LA RENCONTRE AVEC MONSIEUR LE MAIRE DU 21 OCTOBRE 2016

BB CGTEn introduction Monsieur le Maire se félicite de la poursuite du dialogue social. Les groupes de travail stationnement, gardiens des écoles et niveaux de responsabilités ont été (ré) activés. Des dates prochaines de rencontres sont annoncées.

 

 

Les engagements du Maire :

  • Question des OS sur le Plan de titularisation: Les services n’ont pas de réponses sur leur demande de mise en stage de leurs agents, voire des refus sur des situations non légales :
  • Il n’y a pas de volonté de bloquer les mises aux stages actuelles, il est prévu une rencontre en novembre entre monsieur le maire et madame Loudière pour y travailler et répondre aux attentes des chefs de service. Une transmission aux OS se fera à la prochaine réunion le 9/12. Une note à l’encadrement sera diffusée pour attirer l’attention aux fins de contrats et suivre la loi sur les CDD, notamment pour les CDD positionnés sur des emplois vacants. Un chantier plus large sur le cadre politique général sera lancé pour le 1 er semestre 2017 pour clarifier l’orientation politique.
  • Question des OS sur la mise en place d’un service dédié à la GPEEC avec un conseiller en évolution professionnel en charge notamment du reclassement:
  • Le souhait est d’améliorer la RH pour qu’elle soit un réel service d’appui avec la montée en compétences des agents est un axe politique. Une étude sera lancée sur la RH en 2017 avec un cahier des charges : état des lieux + propositions des actions à menées et moyens à mettre en place. Cela sera inscrit dans la lettre de cadrage politique.
  • Question des OS sur le Régime indemnitaire (problématique sur les Niveaux de Responsabilité) : Partageons-nous la même philosophie de tirer vers le haut l’ensemble des agents et dédier une enveloppe budgétaire 2017 pour améliorer le régime indemnitaire des agents ?:
  • Un travail sur les Niveaux de Responsabilité, réflexion en cours sur l’enveloppe budgétaire pluriannuelle qui sera attribuée afin de revaloriser et favoriser l’attractivité de la ville pour le recrutement et de répondre aux futurs enjeux de la ville de Villejuif. Priorisations à faire, chantier à ouvrir sur les astreintes pour remise à plat et l’absentéisme. Nous échangerons à nouveau sur la question en décembre 2016.
  • Question des OS sur le Déménagement : les agents sont mécontents, les locaux sont inadaptés, les concertations pas tenues et l’engagement de la mise en place d’une équipe de suivi non tenu et le CHSCT pas respecté :
  • Les déménagements actuels sont une étape transitoire qui s’inscrit dans un plan plus vaste avec la construction d’un nouveau bâtiment administratif dans 4 ans. Le maire a nommé un pilote administratif (actuellement DGS par intérim) et comme pilote politique, madame LOUDIERE. Le Grand Paris ne sera pas accueilli rue Jean Jaurès. Mise en place de processus favorisant l’accord du CHSCT aux déménagements lors de la séance du 22 novembre. Le pilote adminsitratif doit recenser le nombre d’agents au service état civil pour savoir si les locaux rue de la Paix peuvent accueillir l’arrivée du 8e agent en novembre. Affaires générales pourront continuer d’utiliser les locaux Paul Bert pour les élections. Faire déménager la DAF est prioritaire et avant la construction budgétaire et le service des retraités avant l’inscription aux activités fin d’année (banquet…). Une lettre aux agents sera diffusée pour expliciter le sens de ces déménagements et le calendrier.
  • Question des OS est-il demandé à la CGT de quitter ses locaux rue Sevin ?:
  • Monsieur le Maire se renseigne actuellement sur quelles sont ses obligations légales en termes de mise à disposition de locaux pour les OS et qu’il n’est pas question de faire partir les OS pour l’instant du 21 rue Sevin.

 

LIBERTES SYNDICALES…

GoodyeaLa CGT donnait rendez-vous aujourd’hui à Amiens comme dans plus de 40 villes dans toute la France, aux salariés et aux citoyens qui refusent la criminalisation de l’action syndicale.

Aujourd’hui comparaissaient en appel au tribunal 8 salariés dont 5 militants CGT de Goodyear ; 10000 manifestants ont accompagné les camarades jusqu’au palais de justice et leur ont apporté leur entière et franche solidarité.

Une journée confédérale d’action rythmée par un meeting permanent sur Amiens, alimenté de prises de paroles de plusieurs responsables syndicaux comme Philippe Martinez, mais aussi du monde du spectacle, du secteur associatif et des personnalités politiques. Tous sont venus soutenir les Goodyear mais aussi défendre les libertés syndicales et demander un autre traitement de l’action collective dans ce pays.

Un grand moment de débats, d’expressions et de fraternité pour dire non à l’arbitraire patronal et gouvernemental, car pour la CGT comme pour beaucoup d’autres mobilisés ce 19 octobre, il ne s’agit là que d’une décision éminemment politique visant à poursuivre la criminalisation de l’action syndicale et une attaque grave contre les libertés d’expressions, contre ceux qui contestent les contours d’une société imposés par les libéraux ou pseudo libéraux de tous bords.

Trop régulièrement, les militants syndicaux sont discriminés, intimidés, mis à pied, bloqués dans leur carrière, licenciés, quand ils ne sont pas traînés devant les tribunaux. La liberté syndicale est un droit humain universellement reconnu, parce que, sans elle, «  il n’y a pas de conquêtes sociales  », il s’agissait aujourd’hui de lancer sur tout le territoire et particulièrement d’Amiens un signe fort de mécontentement, de colère au gouvernement, au patronat, et à certaines formations politiques.

La CGT sera toujours aux côtés de ceux qui luttent pour un avenir meilleur. Parce que les salariés qui ont décidé de ne plus rester seul face à leur direction et de se rassembler avec d’autres collègues dans un syndicat et de porter leurs aspirations, leurs revendications, ne sont ni des criminels, ni des délinquants mais aspirent tout simplement à mieux vivre dans et hors du travail.

Parce que le mouvement syndical permet de gagner des avancées sociales et de défendre le salarié dans l’entreprise et qu’il ouvre par son renforcement de véritables perspectives d’émancipation, le droit syndical doit être renforcé et non pas stigmatisé ou criminalisé. Dans ce sens, la CGT demande la relaxe des huit de Goodyear, l’arrêt de toutes les entraves à l’action syndicale et une loi d’amnistie pour tous les militants syndicaux condamnés ou traduits devant la justice.

Montreuil, le 19 octobre 2016

PASSE LES BORNES Y A PLUS DE LIMITE…

C’est dans la nuit de vendredi à samedi, à l’issue du Conseil Municipal, à deux heures trente du matin que monsieur le maire a choisi de décharger de ses fonctions Bernard Salzentstein, jusque là directeur général des services de la mairie de Villejuif.

Nous avions déjà eu l’occasion de nous exprimer sur le sujet.

Tant sur la forme que sur le fond cette démarche doit interroger toute l’administration.

Virer ainsi quelqu’un presque en douce alors que les conseillers sont en train de replier leurs manteaux, c’est une tactique… Ce n’est pas quelque chose qu’on fait à son corps défendant. On y a réfléchi…

Mais ça c’est la forme…

Sur le fond, le maire qui se sépare de son DGS, ce sont des choses qui arrivent, même si là, les motifs invoqués semblent fort peu reluisants et liés à l’affaire de la « chasse aux sorcières ».

Dont acte.

Nous conseillons au personnel municipal d’exercer strictement son devoir de réserve et de ne surtout pas commenter cette affaire, en aucun cas auprès des élus. Nous conseillons aux agents de la ville de s’en tenir avec eux à des relations polies et de surface, et à les inviter à passer par la hiérarchie et par l’administration pour toute information relative au service. Nous fonctionnons selon un certain nombre de règles et en l’absence d’un DGS, il appartient à chacun de rappeler celles-ci aux élus et de renvoyer les informations vers nos supérieurs pour qu’ils les répercutent à l’exécutif, qui à son tour nous transmettra les objectifs politiques de celui-ci.

Une assemblée générale du personnel est organisée mardi après-midi à 14 h à la Bourse du Travail. Nous y aborderons les suites à donner à cette situation – parmi d’autres sujets (qui garderont le premier plan), dont l’avenir du CASC, les déménagements des services, etc…

Et à Bernard Salzenstein, nous renouvelons notre soutien : personne ne devrait être traité de cette façon.

RELAXE POUR LES GOODYEAR

Ci dessous, un message de Mickael Wamen, ancien secrétaire de la CGT Goodyear, qui nous appelle tous à être présents le plus nombreux possibles les 19 et 20 octobre à Amiens, pour soutenir les 8 anciens employés de l’usine, syndicalistes, condamnés à 24 mois de prison pour avoir « séquestré » leur ancien DRH dans le cadre d’un mouvement social généré par l’annonce de la fermeture de leur usine.

Bien évidemment les organisations syndicales des territoriaux de Villejuif ont, comme la Fédération CGT des Services Publics, déposé un préavis de grève pour ces deux journées.

Le combat des Goodyear, qui a commencé longtemps avant les arrestations et les salles d’audience, c’est malheureusement notre combat à tous, que nous soyons syndiqués ou non. C’est un combat que nous menons toute notre vie, que nous le voulions ou non. Toute notre vie, nous devons lutter pour assurer notre subsistance. Et constamment, la société qui se prétend solidaire, qui nous reconnaît même dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, le droit à travailler, le droit à  nous loger, impose que nous gagnions notre vie.

Ce que les patrons de Goodyear ont fait, c’est d’empêcher ces gens, et tous leurs collègues de l’usine, de gagner leur vie.

On pouvait entendre ce matin un candidat à la primaire de droite affirmer qu’il fallait en finir avec le chômage de masse et que la suppression des allocations inciterait les chômeurs à se remettre au travail. Mais le chômage de masse est avant tout causé par la disparition de l’emploi, pas par un manque de volonté de travailler. De quel droit peut-on culpabiliser les gens ainsi pour un état de fait qui leur est complètement étranger ?

Nous sommes à la merci de nos employeurs.

Et ce qui nous défendait de l’esclavage, jusque là, c’était le droit.

Aujourd’hui, la justice se retourne contre des syndicalistes.

Aujourd’hui des collectivités veulent supprimer les Bourses du Travail.

On oublie un peu facilement quel prix la classe ouvrière a payé pour que nous en soyons aujourd’hui à une société de service, où la majorité de l’emploi est dans le tertiaire. On oublie les morts, les fusillades pendant les manifestations du début du XXème siècle, les morts… Par exemple lors de la manifestation de 1908 à Villeneuve Saint Georges

On a oublié tout cela. On a oublié comment le syndicalisme est né, et pourquoi.

Mais pour que la justice et l’État veuillent aujourd’hui mettre ces camarades en prison, alors qu’ils ne faisaient que lutter pour le maintien de leurs emplois et ceux de tous leurs collègues, il faut bien que dans ces sphères certains se souviennent que les syndicalistes sont la voix de ceux qui n’en ont aucune autre. Et c’est cette voix là qu’ils veulent faire taire.

Tous à Amiens.

Parce qu’aujourd’hui, tous les syndicalistes veulent que le dialogue social fonctionne. Mais ce sont les seuls à vouloir jouer le jeu.

Et que si la punition doit être la prison, ou pire, quand le dialogue n’aboutit pas, alors nous ne sommes plus dans une démocratie – et cela impose d’en tirer les conséquences.


Les 19 et 20 octobre 2016 à Amiens avec les 8 Goodyear : LE MESSAGE de Mickaël WAMEN

À nos camarades, collègues, frères de lutte ….

Les 19 et 20 octobre 2016 à Amiens nous serons 8 ex Goodyear devant la cours d’appel pour exiger une relaxe , nous avons été condamné à 24 mois de prison dont 9 fermes.

Cette condamnation nous a plongé dans un profond désarroi, une profonde colère face à une injustice énorme.

Chacune et chacun d’entre vous aurait pu être à notre place, Comme l’a dit le procureur, dommage pour vous c’est votre nom qui a été donné !!!

Nous étions plus de 1000 quand Goodyear a fermé notre usine et vous étiez plus de 1000 à m’applaudir alors que je m’effondrais de savoir que plus jamais nous ne serions tous ensemble dans notre usine.

Aujourd’hui encore, je souffre énormément de savoir que ce groupe qui fait des milliards de profits nous a jeté à la rue comme des moins que rien…

Nous sommes une grande majorité à n’avoir trouvé aucune solution viable pour notre avenir, malgré les annonces mensongères de Goodyear, la réalité pour nous c’est le chômage …

Mais pour 8 d’entre nous, c’est en plus le risque d’aller en tôle et là être détruit totalement !!!

Je n’ai jamais compté mes jours, mes mois, mes années à vous défendre, j’ai souvent été l’homme à abattre , j’ai mis toute mon énergie à vous défendre le mieux possible ET j’aurai tant aimer de pouvoir encore aujourd’hui vous rencontrer sur le site, sur les machines et dans les bureaux…

J’ai vécu la fermeture comme la chose la plus difficile à vivre de toute ma vie, j’ai perdu énormément le jour où le site à cessé de produire et à fermé ses portes …

Pendant des mois, dans les commissions de suivi, j’ai œuvré avec mes camarades à améliorer sans cesse le contenu de vos droits et alors que j’essayais d’avancer. Ce jugement est venu me rappeler que Goodyear avait comme allié l’État pour ce venger !!!

Cette condamnation est aussi la vôtre, elle vient nous rappeler à toutes et tous que la multinationale n’a jamais accepté notre combat de plus de 7 ans et qu’ils veulent nous le faire payer !!!

Les 19 et 20 octobre, je serai aux côtés des 7 autres condamnés, tous des frères de lutte qui n’ont rien fait de plus ou de moins que celles et ceux qui, pendant cette période, sont entrés et sortis de cette salle …

Je n’ai jamais hésité une seule seconde à venir dès qu’il fallait vous défendre, j’ai toujours mis en avant notre combat et il est toujours passé avant d’autres intérêts pour moi …

Aujourd’hui j’ai besoin de vous, nous avons les 8 condamnés besoin de vous, de votre présence en nombre, depuis la condamnation nous avons parcouru toute la France et même au delà des frontières, partout nous avons eu le même accueil de personnes à la fois choquées et déterminées à venir le jour de l’appel à Amiens.

Il y aura énormément de monde pour venir nous soutenir et au delà soutenir tou(te)s celles et ceux qui souffrent de répression dans notre pays, votre place à vous les Goodyear est donc d’être à nos côtés comme je l’ai toujours été quand vous en aviez besoin.

Au nom des 8 martyrs de Goodyear je vous remercie par avance de votre présence et vous donne rendez avec mes 7 autres camarades devant le tribunal d’Amiens les 19 et 20 octobre 2016.

Nous vous donnons rendez-vous à 8h au parc Saint Pierre devant la scène, je prendrai la parole dès 8 heures et vous nous accompagnerez, nous les 8 de Goodyear jusqu’au tribunal.

Fier d’être un Goodyear, fier d’être des vôtres…

Pour les 8 condamnés

Mardi 11 octobre 2016
Mickaël WAMEN
Secretaire CGT Goodyear