Et pour les ATSEM ?

Petit rappel : à l’issue d’une réunion à laquelle ce n’était pas à l’ordre du jour, les ATSEM apprennent qu’elles changeront toutes d’école au mois de septembre. Panique, émoi, effroi. Les organisations syndicales rencontrent le maire, qui dit  que non, elles ne changeront pas d’école. La maire adjointe chargée de l’enfance et de la petite enfance dit que si. La maire adjointe chargée des RH dit que non. Le CT/CHSCT se déroule dans un vrai climat de tension, entre autres sur cette question, au sein du collège employeur, et finalement plus personne ne savait qui croire, que croire où à quel saint se vouer… Sauf les ATSEM, qui sont revenues voir les organisation syndicales…

Finalement, l’administration annonça : une réunion.

S’est tenue le mercredi 6 juillet une réunion à laquelle trois adjointes au maire, un directeur général adjoint, la directrice des ressources humaine, la directrice du secteur éducation et la chef du service scolaire ont rencontré les ATSEM, en présence des organisations syndicales.

Si au début il n’était pas question pour l’exécutif que les organisations syndicales prennent la parole, elles ont pu faire valoir qu’elles étaient là pour porter la voix des ATSEM, sur la sollicitation de celles-ci, et qu’elles étaient donc tout à fait légitimées dans leur intervention.

Et enfin, le dialogue a pu s’installer, les ATSEM ont pu s’exprimer, et si tous les doutes et toutes les appréhensions n’ont pas pu être levés, au moins la parole des agents et la volonté politique des élus ont pu être entendues !

Comme quoi nous avons raison d’insister…

Les politiques voient la mobilité, le fait de passer d’une école à l’autre, comme un moyen de faire monter les personnels en compétence. De leur côté, les ATSEM considèrent comme une punition déguisée le fait d’avoir à changer d’école, au moins dans les cas où elles se sentent bien sur leur poste. Elles ont tissé avec les familles, les équipes enseignantes, les enfants, des liens qu’elles ne veulent pas voir disparaître. C’est pour eux une part importante de leur quotidien, une partie de la compensation qu’elles retirent du fait de travailler dans les écoles.

La question de la valorisation, de la montée en compétence des personnels, de la formation (notamment à la communication non violente par une association promotrice du concept de bientraitance) a été évoqué – mais là encore il faudra passer le cap du traditionnel malentendu : revalorisation du métier ne signifie pas que ceux qui seront plus qualifiés pour le faire seront mieux payés qu’avant…D’où la nécessité de revoir le régime indemnitaire, à une autre échelle le point d’indice, et d’une manière générale la façon dont on conçoit « le métier » dans la fonction publique territoriale.

Beaucoup de bruit pour rien ? Pas du tout. Les ATSEM ont été légitimement inquiètes d’apprendre qu’elles pourraient toutes changer d’écoles à la rentrée et les élues présentes se sont excusé d’avoir pu susciter un tel émoi. Un groupe de travail sera constitué pour évoquer la mobilité, le champ d’intervention, les feuilles de congés, dès la rentrée. Les difficultés de l’encadrement ont été également évoquées : il n’y a plus de responsable des ATSEM depuis plusieurs mois. Des engagements pour que cette situation prenne fin ont été prononcés.

De la parole aux actes, il reste plusieurs pas à franchir. Au moins cette réunion a permis à tout le monde de se remettre dans la bonne direction : il n’est plus question d’une mobilité forcée de toutes les ATSEM à la rentrée de septembre, ou d’augmenter leur champ d’intervention sans passage en CT, et dans tous les cas de travailler sans concertation.

Les organisations syndicales en ont même profité pour remettre aux élus les pétitions récoltées par les ATSEM.

Des formations à la communication non violente… Ça fait rêver, non ?

classe millions

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