LE CHŒUR DES COMPLOTISTES…

ULB-Delwit-coco-affC’est fou ce qu’on peut lire sur les blogs et les réseaux sociaux de la part des intervenants dans le dialogue social de la mairie de Villejuif…

Le dialogue social est censé être un processus entre plusieurs parties, de bonne foi, qui se mettent autour de la table pour faire fonctionner une entreprise ou une collectivité. Sans cette bonne foi, le dialogue social est vain et ne peut se dérouler dans des conditions satisfaisantes pour aucune partie.

Notre problème est précisément là.

Quand le maire ou ses conseillers écrivent que les agents ne sont en mouvement que pour des raisons « politiques » ou « électorales » et refusent la signature du protocole d’accord pour ces mêmes motifs, ce n’est qu’une démonstration de ce que les organisations syndicales dénoncent depuis plus d’un an : le dialogue social à Villejuif, cela ne fonctionne pas. La souffrance réelle des agents, l’employeur ne l’entend pas.

Comment peut-on croire aujourd’hui, qu’un agent de la fonction publique territoriale, qui a perdu près de 15% de pouvoir d’achat depuis dix ans, qui a vu le point d’indice gelé depuis 2010, choisit de risquer son salaire pour le simple plaisir de faire chuter l’électorat du maire aux élections régionales ? C’est juste du délire.

De la théorie du complot.

Le fondement de la théorie du complot, dont les principaux fans sont habituellement les extrémistes de tout poil, quel que soit leur religion ou leur bord politique, c’est qu’elle n’est pas démontable. Parce qu’à partir du moment où il y a un complot, le seul fait qu’on tente de démontrer qu’il n’y a pas de complot prouve qu’il y a un complot… Et si on ne voit pas de complot, c’est sans doute qu’il y en a un mais que ses membres sont si adroits qu’on ne les voit pas. Et bien sûr, les comploteurs nient être des comploteurs, puisqu’ils complotent…

Comme disait Pierre Desproges : « Je sais maman, je suis paranoïaque… Mais c’est pas parce que je suis paranoïaque qu’ils ne sont pas tous après moi ! »

Et à partir du moment où il a été décidé (établi, même selon eux) que la personne qui est en face fait partie d’un complot et n’agit que dans le strict cadre qui lui permettra de réaliser son complot, alors il ne peut plus y avoir de dialogue. Et quand on accuse les agents et les organisations syndicales d’être « à la solde des communistes », c’est de cela qu’il s’agit.

Les agents ne sont pas en mouvement social aujourd’hui pour nuire au maire, ou pour poser la première pierre d’un édifice qui amènera au soulèvement de la population pour l’amener à la dictature du prolétariat… Les organisations syndicales demandaient depuis mai 2014 la constitution de groupes de travail autour de leurs revendications et ne l’ont obtenu que le 17 septembre 2015 à 22 h, veille de la rencontre du maire avec les agents. Aucune de ces revendications n’avait donc avancé entre temps – parmi lesquelles le stationnement. Les agents des écoles, des crèches, de la jeunesse, se plaignent depuis des mois du manque d’effectifs.

Il n’est pas faux de penser que le maire étant en campagne, cette opportunité de faire pression sur un candidat (et pas juste un employeur) a été saisie. Mais ça « c’est le jeu, ma pauvre Lucette ». Comme quand on est candidat, on s’applique à plaire. Pas étonnant dans ce cas là que les gens vous demandent de leur faire plaisir, ou au minimum vous exposent leurs demandes. Si tout s’était déroulé pour le mieux en mairie de Villejuif, comme s’y était engagé la nouvelle municipalité auprès des agents lors de sa campagne, il n’y aurait pas eu de mouvement du personnel… Si un protocole d’accord satisfaisant avait été présenté dès le 9 octobre, il n’y aurait plus de mouvement. Et à ce moment là, personne ne savait (ou presque) que monsieur Le Bohellec serait sur une liste aux régionales…

Les premiers à avoir crié au scandale (et hurlé au complot) quand il s’est présenté ont d’ailleurs été… Ceux là même qui aujourd’hui dénigrent le mouvement des personnels municipaux et font tout pour qu’il perdure, par exemple en venant troubler les négociations sur la convention du CASC, ou qui font la promotion du CNAS sur leur blog, ou qui quittent la séance commune du CT/CHSCT… En refusant de répondre à nos revendications, ils alimentent et la fureur des agents et la grogne contre le maire qui leur profite…

Alors où est la manipulation ? Sont-ce vraiment « les communistes » qui cherchent à manipuler la CGT et à retourner les agents contre leur employeur ? Ou bien certaines composantes de la majorité « Union Citoyenne » ruerait-elle dans les brancards pour mettre le maire en difficulté ? A moins que tout simplement les agents en aient assez d’aller au travail et de ne plus pouvoir s’acquitter correctement de leurs missions, faute de moyens ? Y a t’il un seul complot des communistes ? Ou bien un complot plus insidieux venant du sein même de la majorité municipale ? Pourquoi n’y en aurait-il qu’un seul ?

Le prochain Conseil Municipal devrait nous en apprendre plus… Ou pas…

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