DIALOGUE SOCIAL OU GUERRE D’USURE ?

Comment dire ?

Hier matin, une délégation syndicale a été reçue par le directeur général des services, la directrice générale adjointe et la directrice des ressources humaines… Le protocole d’accord a été largement évoqué, mais ce matin, quand nous sommes arrivés devant les agents nous n’avions…

… aucun écrit.

Deux mois de débrayages, deux mois de mouvement, deux mois de dialogue, d’alertes, pour…

… rien.

Le marché de Noël, lui, était prêt…

Anes

Donc ce matin, l’assemblée générale du personnel a décidé de se rendre dans le bureau du maire (actuellement la salle du Conseil Municipal) afin d’exiger ce protocole d’accord.

Finalement, nous avons été reçus par madame Loudière, adjointe en charge du personnel, qui nous a assuré que la souffrance des agents, leurs revendications, etc… etc… avaient bien été entendues.

20151127 Salle du CM 2

Mais ça ne suffit plus.

A l’issue de cette rencontre, l’Assemblée Générale a voté la grève.

 

20151127 - Appel Grève v2

 

Avis aux détracteurs locaux de la CGT (2)

 

Il y a deux semaines un billet du groupe UDI dans le journal de la Ville nous a choqués.

L’auteur épand en moins de vingt lignes un concentré pur et nauséabond de tous les clichés calomnieux de l’anti-syndicalisme primaire, atteignant des degrés inouïs d’hystérie et de manipulation au sujet de notre organisation.

Prenant chaque argument l’un après l’autre, nous allons démontrer le manque total d’honnêteté de ce billet de propagande contre le syndicalisme, élément essentiel de notre démocratie sociale et de notre constitution.

D’abord, il y a l’idée mille fois ruminée de la faible représentativité des syndicats français à l’échelle européenne. Voilà bien un classique du discours patronal et de la droite qui lui sert de laquais. Sauf que le plumitif rageur oublie de préciser que dans les pays européens où la syndicalisation atteint des taux très élevés, cela s’explique exclusivement par le fait que l’adhésion est obligatoire pour bénéficier des conventions collectives et de nombreux droits sociaux ! Un élément essentiel à mettre sur la table si on veut bien donner tous les éléments aux lecteurs… Visiblement ceci n’est pas un impératif pour l’épandeur.

De même faudrait-il signaler que les 8% de syndicalisation en France n’ont pas empêché les syndicats de l’Hexagone , CGT en tête , de mobiliser jusqu’à 4 millions de salariés en 2010 durant la contre réforme antisociale de Mr Sarkozy à laquelle la formation de l’épandeur applaudissait des mains et des pieds… On se souvient de la fébrilité des responsables politiques de droite : la morgue et la condescendance étaient alors subitement remplacées par la peur devant la légitime mobilisation des salariés, des retraités et des privés d’emplois qui prouvaient alors la grande confiance qu’ils avaient notamment en la CGT. Quelle autre organisation syndicale a été capable en Europe d’organiser ainsi récemment de telles manifestations ?

Bien sûr on comprend l’allusion au syndicalisme  « dinosaure » du plumitif local. Il veut dire par là que la CGT en ne renonçant pas à la défense acharnée des salariés serait un vestige préhistorique (et par la même souhaite qu’elle soit en voie d’extinction). Sans doute pour être moderne faut il accepter comme certains syndicats allemands dans la décennie 2000 des baisses de salaires ou des pertes de droits ? Et quelle est la modernité des élus de droite ? Ne s’inscrivent il pas dans une tradition politique de courbettes et de cirage des chaussures du patronat qui existe depuis la naissance du capitalisme industriel il y a 150 ans ?

Sur les subventions aux syndicats, on atteint un sommet dans la chaîne des monts de la bêtise ! L’épandeur s’offusque avec des accents de vestale outragée des subventions perçues par la CGT. Par là même, il remet en cause les fondamentaux de la démocratie sociale qui prévoit de façon précise les conditions matérielles d’existence des syndicats dans notre pays. Rappelons tout de même que notre constitution reconnait une place essentielle aux syndicats dans le cadre des libertés essentielles. Ce n’est que justice quand on connait le rôle de la CGT dans notre histoire récente, que ce soit dans la Résistance, dans l’engagement anti colonialiste, ou bien sûr dans la conquête de droits sociaux (Journée de 8heures, congés payés, genèse de la Sécurité Sociale, ect….) : parions que cet héritage ne plait guère à notre impétueux conseiller municipal.

Et il voudrait et il le dit clairement que toute aide financière à la CGT soit liquidée dans la ville ? Mazette ! Pourtant s’il s’étend sur les 200 millions que la CGT reçoit de subventions dans un cadre légal et structurel depuis des décennies il omet de piper mot sur les 200 MILLIARDS que les entreprises reçoivent dans ce pays soit disant pour créer des emplois alors que le chômage explose à 6 millions de personnes ! Que dit l’épandeur du petit journal local sur les 30 milliards d’exonérations du Pacte de Responsabilité ? Ou sur les 20 Milliards du Crédit Impôts Compétitivité Emploi  ? Ou sur les 6 Milliards du Crédit Impôts Recherche ? Ou les 7 Milliards de la niche Copé ? Pas grand-chose…Visiblement cette tendance des élus « Citoyens » Villejuifois a une conception très orientée de la façon dont l’argent public doit être dépensé. Et le fait que l’on dilapide des dizaines de milliards en subventions aux employeurs qui s’en servent non pas pour créer de l’emploi ou augmenter les salaires mais pour augmenter les salaires des chefs d’entreprises ou les dividendes aux actionnaires (la France est le pays qui rétribue le mieux les actionnaires dans l’UE) ne l’empêche pas de dormir !

Il en est de même sur les condamnations judiciaires. L’épandeur s’épanche douloureusement sur la condamnation de la CGT dans l’affaire du CE d’EDF… Dont acte.

Mais les condamnations judiciaires de la CGT sont rarissimes ! Celles du patronat sont constantes. Pour autant on a pas encore lu de billet d’humeur émanant de la pensée intransigeante du phare municipal s’en prenant au MEDEF avec une telle violence. Pourtant entre le procès des caisses noires de l’UIMM ( où la CGT est totalement hors de cause…), les innombrables condamnations de patrons pour abus de bien sociaux ou malversations, les 80 milliards d’euros d’évasion fiscale, les 25 milliards que les employeurs fraudent à la Sécurité Sociale selon la Cour des Comptes le nouvel inquisiteur de la moralité publique, aurait de quoi pointer son doigt accusateur sur le patronat…

Mais bon que voulez vous on ne peut pas être sur tous les dossiers…

On se demande comment un esprit pourvu d’une telle intégrité peut supporter les si nombreuses mises en examens des principaux membres de l’ancienne majorité au pouvoir dans notre pays avec qui sa formation est acoquinée. Heureusement qu’il y a les syndicats et la CGT en particulier pour étancher sa soif de probité.

Le syndicat CGT des Territoriaux de Villejuif fustige donc avec énergie et détermination cette expression partisane et antisyndicale dans le journal municipal prouvant que l’Union Citoyenne se positionne idéologiquement contre les salariés, contre les fonctionnaires territoriaux, contre le droit social et syndical.

Arrête de VGT

CASC : ÉTAT DE PROVOCATION

BB CGTUnLogo CGT Territoriaux Villejuif certain élu, qui s’invite à la table des négociations de la subvention du CASC, ferait bien de se remettre en question et d’être un peu plus à l’écoute de son maire…

En effet, lors de nos rencontres, celui-ci s’est dit attaché à la solution de proximité que représente le CASC et ne pas vouloir du CNAS.

Un protocole d’accord dans ce sens devrait très prochainement être signé.

Nous, pour notre part, nous n’avons rien contre le CNAS tant qu’il vient en plus du CASC, comme c’est le cas pour les agents territoriaux de la Communauté d’Agglomération du Val de Bièvre, par exemple. Ils ont les deux.

Comme quoi c’est possible.

Mais le second adjoint, chargé des finances, souhaite pour sa part abandonner le CASC. Il le dit clairement : Il préfère le CNAS.

Pourquoi alors, le maire nous dit-il le contraire ? Et pourquoi nous dit-il que ce n’est pas son second adjoint, mais l’élue chargée du personnel, madame Loudière, qui mène les négociations ?

L’élu en question a déclaré aux agents médusés : « Le maire peut dire ce qu’il veut, ce n’est pas à lui de décider… C’est le bureau politique qui décide à la majorité de 3 sur 4″.

Logo UgictEncore une fois, nous nous trouvons en butte aux divisions de l’Union Citoyenne. Ça n’est pas quelque chose dont nous aimons parler, mais c’est une réalité quotidienne pour nous autres, agents territoriaux de Villejuif, depuis l’arrivée de cette nouvelle « équipe ».

Mesdames, messieurs, est-ce que vous pourriez vous mettre d’accord et cesser de jouer de l’individualisme, de l’égo et du velléitaire quand vous discutez des décisions qui affectent les salariés ou la collectivité ?

Merci d’avance.

 

L’ETAT D’URGENCE NE SAURAIT ETRE UN ETAT PERMANENT

 

Article publié sur http://www.ugict.cgt.fr/articles/billet/urgence-etat-permanent.

 

Vigipirate

Prononcé avant même la fin de l’assaut au Bataclan, le mot « guerre » n’en finit plus de résonner tel un leitmotiv propice à justifier toutes les surenchères et à appeler à « l’union nationale » comme en 14-18. Oui, les armes qui ont tué 129 personnes et blessées des dizaines d’autres sont bien des armes de guerre.

Frederic Legrand – COMEO / Shutterstock.com

Oui la France mène bien des actions militaires. Oui des citoyens sont morts dans les rues, aux terrasses des cafés, dans une salle de concert. Mais pour autant, sommes-nous en guerre ? Même si nous avons repris le chemin du travail lundi dernier sonnés et inquiets, nous ne vivons pas sous la menace permanente de bombardements, nous sommes loin d’un front de bataille, nous avons envoyé nos enfants à l’école.

L’État continue de fonctionner, ce n’est pas, loin s’en faut, le chaos indescriptible de la guerre. C’est même tout le contraire lorsque l’on voit le rôle admirable et l’efficacité des fonctionnaires et agents des services publics lors de ces heures funestes.
Nous avons basculé en 2001 dans une ère de crimes terroristes de masse et la terreur est amplifiée par la médiatisation et l’accélération de l’information. La banalisation de la rhétorique guerrière est pernicieuse car la guerre justifie tout ou presque. Les Français sont sous le choc, ils s’interrogent sur la manière dont la sécurité publique est garantie, mais ils ne sont pas prêts à se laisser déposséder de leurs libertés.

La prolongation par les parlementaires de l’état d’urgence avec des mesures pour trois mois pose des problèmes de libertés publiques et individuelles. Ce qui est en cause, ce n’est pas l’indispensable lutte contre le terrorisme, « c’est l’extension dangereuse des pouvoirs de l’Etat sans aucune garantie judiciaire», souligne la Ligue des Droits de l’Homme. Cette mise en cause n’est pas un fantasme, elle est une perspective proche dans la veine de la loi sur le renseignement adoptée après les attentats de janvier contre Charlie et l’Hyper-Cacher.

Rappelons que les principales mesures de cette loi préexistaient aux attentats de janvier qui ont servi de caution. Lors de son comité confédéral national la semaine dernière, la CGT s’est dite favorable « à un renforcement de la sécurité et des libertés des citoyens. Il ne faut pas confondre des moyens et des effectifs de police et gendarmerie supplémentaires avec une restriction des libertés individuelles et collectives. De même, combattre, écarter les formes de radicalisation passe avant tout par le respect des droits fondamentaux d’accès à l’éducation, à la culture, à la santé et à l’emploi. »

La CGT s’inquiète de la révision constitutionnelle annoncée par François Hollande avec notamment la création d’un « régime civil d’état de crise ». Elle met en garde contre l’instauration d’un « état d’urgence permanent » qui musèlerait les mouvements sociaux. Là non plus, il ne s’agit pas d’un fantasme : d’ores et déjà ce sont les manifestations en marge de la COP 21 qui vont faire les frais de cet état d’urgence.

Etat d’urgence ou pas, l’agenda social ne va pas connaître de pause dans les semaines et les mois à venir. Peut-on imaginer et considérer comme acceptable que les salariés ne puissent user de leur liberté de manifester ?

Publié le lundi, 23 novembre 2015 dans Billets de la semaine

RÉFLÉCHIR AUX ATTENTATS DU 13 NOVEMBRE

Info

http://www.ugict.cgt.fr/lectures-attentats

Depuis le choc du vendredi 13, nous avons tous été plus ou moins victimes d’une certaine forme de surcharge informationnelle et émotionnelle. À des degrés très divers, les médias jouent leur rôle et rapportent, analysent et complètent l’information.

Face aux traumatismes individuels et collectifs, nous cherchons à présent à nous documenter afin de mieux comprendre ces terribles évènements et réfléchir à l’avenir et aux débats (géo)politiques qui nous attendent.

Afin de vous aider à y voir plus clair dans le trop plein d’informations, ou de porter à votre attention des contenus que vous auriez peut être ratés, les équipes de l’Ugict-CGT ont sélectionné près d’une soixantaine d’articles, interviews, émissions de télévision ou de radio, et documentaires.

Nous avons volontairement privilégié les contenus courts et abordables. Cette sélection n’a ni la prétention d’une bibliographie universitaire, ni le positionnement d’alternative aux médias. Il s’agit simplement d’une aide à la digestion médiatique.

Ces ressources constituent donc ensemble un fonds documentaire forcément orienté, forcément incomplet, et sans ordre ni hiérarchie particulier. Ceci étant, nous l’avons estimé utile et pertinent et vous invitons à le compléter et à le diffuser massivement autour de vous.

Vous pouvez utiliser les commentaires et ce formulaire, pour compléter la liste, et nous vous incitons à partager cette compilation par mail, Facebook, et Twitter pour faire connaitre cette initiative.

Bonne lecture, et merci à celles et ceux qui ont contribué à cette sélection forcément incomplète, mais tellement indispensable.

Merci à l’équipe de l’UGICT-CGT et bonne lecture !

Arrête de VGT

LA CONFIANCE LES YEUX OUVERTS

 

20151123 - Tract Rassemblement

Le personnel réuni en assemblée générale le 20 novembre dernier a donc décidé de poursuivre le mouvement. En effet, nous sommes toujours en attente de réponses claires en ce qui concerne le stationnement et le CASC. Qui plus est, nous restons vigilants face à notre employeur pour tout ce qui a trait aux contrats à durée déterminée et la fameuse réorganisation des services qu’on attend comme le loup blanc ou l’arlésienne…

Bref, le mouvement continue, tous ensemble, pour décider ensemble si nous avons reçu le protocole d’accord.

Et sinon…

UNE VICTOIRE A L’ACTIF DES TERRITORIAUX !

Nous vous avions parlé il y a déjà quelques temps du CNFPT et de l’attaque qu’il subissait de la part du gouvernement qui voulait réduire ses ressources de 10%. Le vote à eu lieu, et c’est une victoire pour les territoriaux puisque les parlementaires ont supprimé l’article 62 du projet de loi de finance !

Hola pour la CGT !

Communiqué de la Fédération CGT des Services publics

 

20151117 - com-presse-1_cnfpt_sans_signature

20 NOVEMBRE : C’EST PAS ENCORE TOUT A FAIT CA

Logo CGT Territoriaux VillejuifLogo UgictRéunis en assemblée générale ce matin, les salariés de la ville de Villejuif ont entendu le compte rendu de la délégation s’étant rendue à la rencontre du maire. Celle-ci était composée de Nadia Ait-Amer Courgeau (secrétaire générale Ouvriers/Employés), Serge Millot (Secrétaire Général UGICT), Valérie Bourdais, Myriam Krid, Nathalie Boucher et Vincent Ginsburger-Vogel.

Ils ont été reçus par monsieur Le Bohellec, madame Loudière et le directeur général des services municipaux.

Les revendications portaient sur les points suivants :

  • Remplacement des Personnels – C’est en cours mais il convient de rester vigilants !
  • Respect des instances – Nous avons reçu des excuses et des engagements ont été pris !
  • Stationnement des agents – La piste du badge/carte est à l’étude et nous aurons une réponse dans la semaine ! Le chantier sur l’accès à un parking sécurisé commencera dès janvier !
  • Calendriers des groupes de travail sur les dossiers Mutuelle/Prévoyance et Régime Indemnitaire – Nous sommes censés les recevoir dans la semaine.
  • Réorganisation des services municipaux – Nous sommes censés avoir une réunion sur ce sujet dans 15 jours, puis il y aura un passage au CT (censé garantir la consultation des personnels).
  • Maintien du CASC – Il est maintenu mais la négociation de la subvention continue !
  • Mise au stage des CDD – 99% des contrats sont renouvelés à l’identique et le Comité Technique va étudier la possibilité de mettre au stage les agents dont les contrats ont été renouvelés plusieurs fois…

Nous avions déjà obtenu la garantie, en ce qui concerne la promotion et l’avancement de grade 2016, qu’une réunion serait organisée dès février 2016.

A l’heure actuelle, les réponses apportées par notre employeur doivent apparaître dans un protocole d’accord, que nous devons recevoir la semaine prochaine.

Mais les agents assemblés ce matin étaient tous d’avis qu’il valait mieux voir l’écrit que de se satisfaire de promesses ! Nous allons donc attendre de recevoir ce document et de le présenter aux agents avant de décider ou non de la poursuite du mouvement !

Avant de savoir si nous le signons ou non, nous allons donc demander aux agents municipaux ce qu’ils en pensent :

NOUVEAU DÉBRAYAGE

LE VENDREDI 27 NOVEMBRE DE 9 h A 11 h

Bourse du Travail, 16 rue Jean Jaurès

Soyons nombreux !

 

Qui plus est, les employés municipaux de la ville de Villejuif resteront vigilants et mobilisés sur les sujets du point d’indice, de la baisse des dotations de l’état et de la Métropole Grand Paris…

20151116 - Tract Point d'Indice

 

DECLARATION DU COMITE CONFEDERAL NATIONAL DE LA CGT

20151120 - Tract CCN 1 20151120 - Tract CCN 2

 

Plus de justice social comme facteur de paix ? Encore une fois, nous ne saurions mieux dire, et ajouterons simplement que c’est par une égale répartition des ressources et en créant du bonheur qu’on peut mettre fin à la misère et au malheur qui engendrent la haine. Mais n’était-ce pas une évidence ?

A quoi sert le service public ?

La question est légitime, après tout ?

Le service public, nous avons l’air, nous autres fonctionnaires de ne pas pouvoir nous en passer. Mais sommes nous bien objectifs ? Après tout, les bucherons ne vont pas se plaindre du bois, et même ils en réclameront toujours plus à couper pour être sûrs d’avoir encore un travail demain.

La notion de service public peut désigner :

Au sens matériel, une activité d’intérêt général, assurée sous le contrôle de la puissance publique, par un organisme (public ou privé) bénéficiant de prérogatives lui permettant d’en assurer la mission et les obligations (continuité, égalité, mutabilité) et relevant de ce fait d’un régime juridique spécifique (en France : le droit administratif)

Au sens organique, l’organisme public gérant un service public (soit le plus souvent une administration ou un établissement public).

Source : Wikipedia

Le point d’achoppement est la notion d’intérêt général, naturellement. Elle est antinomique avec les intérêts privés, ou les intérêts particuliers. En effet, toute entreprise privée a avant tout un intérêt privé et particulier : le sien. Puisqu’elle est tenue au profit alors que la puissance publique est censée ne pas l’être…

Je vous invite à lire un communiqué de la Commission Départementale Services Publics des Alpes Maritimes, suite aux inondations du mois dernier…

Et l’actualité s’est chargée le week-end dernier de rappeler l’utilité de la fonction publique à tous.

Et oui, nous autres, les agents du service public, nous faisons tourner les hôpitaux, nous entretenons les routes, nous nettoyons les écoles, les rues, nous encadrons les centres de loisirs, nous animons les équipements culturels, nous organisons l’accès à l’éducation, au logement, les élections… Rien qu’en mairie de Villejuif, c’est quatre-vingt métiers différents.

Alors se pose la question : puisque notre société lutte contre le racisme, l’homophobie et la haine de l’autre sous toute ses formes, pourquoi continue-t-on de détester le fonctionnaire ? Parce qu’il coûte trop cher ? Parce qu’il est inefficace ?

C’est en tous cas la thèse du président du MEDEF, qui au lendemain des attentats estime que « la hausse du budget consacré à la sécurité ne doit pas remettre en cause la baisse générale des dépenses publiques. »

 

Soyons sérieux.

Nous vivons une époque où les allégations d’incompétence publique vont de pair avec une condamnation générale des fonctionnaires, à l’exception, on ne le dira jamais assez, de ceux travaillant pour la défense nationale. La seule forme de discrimination toujours autorisée – pour être plus précis, encore encouragée – aux États-Unis est la discrimination à l’endroit des employés du gouvernement fédéral, en particulier dans les activités relevant de la protection sociale.

John Kenneth Gallbraith,
L’art d’ignorer les Pauvres.
Source : Le Monde Diplomatique

Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage. Et c’est ce que ne se prive pas de faire les serviteurs de ce que certains appelleront le Grand Capital. C’est une ironie suprême que le discours anti fonctionnaires soit relayé non seulement par toute une tranche du fonctionnariat européen, qui se gargarisera d’être seule compétente pour juger de l’incompétence de ses pairs, mais aussi d’un fonctionnariat d’état qui, dans un soucis d’économie publique, soit-disant, prône que les missions normalement dévolues aux communaux, aux agents du département, à une certaine frange des agents de l’État, soit désormais dévolue aux intérêts privés. C’est dans la logique de la privatisation de missions jusqu’ici considérées comme étant de service public.

Il est grand temps que notre société toute entière s’interroge à nouveau sur le sens de ce service public. Peut-il réellement être dévolu au privé et surtout, pourquoi ? Est-ce pour faire en sorte que les travailleurs publics, loin de former un seul corps capable de se mobiliser pour une de ses parties, se retrouve divisé et dans l’incapacité de s’organiser en un ensemble ? Est-ce parce qu’on veut réduire les dépenses publiques – et dans ce cas a t’on réellement des chiffres qui prouvent le prix excessif des fonctionnaires par rapport au privé ? Est-ce parce que le statut, qui protège le travailleur qui consacre sa carrière au service d’autrui mieux que n’est protégé le travailleur privé, est trop contraignant et qu’en clair, on ne peut pas virer ces feignants comme on voudrait ?

Sans doute un peu des trois.

Pourtant, toutes sortes d’indicateurs, à commencer par les chiffres de l’absentéisme indiquent qu’en France, non seulement le service public est efficace, mais qu’il est aussi compétitif sinon plus que le privé.

Il y a du beurre à se faire pour le privé dans la gestion des écoles, des gymnases, du nettoyage, du nettoiement, de la restauration collective en écoles ou en lycée, dans l’organisation des loisirs de nos gosses. Que le privé veuille s’en emparer pour en croquer c’est une chose. Que nous, fonctionnaires, ne soyons pas capables de nous en acquitter en est entièrement une autre.

Aussi, c’est plus facile de pointer la colère des gens contre ceux qui ne les satisfont pas totalement mais qu’ils ont en face d’eux à longueur de temps, que de la laisser s’exprimer contre ceux qui coûtent véritablement cher à la société et qu’ils ne voient jamais (ou qui doivent être réélus au mandat suivant). Que pèse le traitement (le salaire) des fonctionnaires dans l’équilibre des finances publiques, quand il faut sauver les banques en pleins crise des subprimes ?

Qui coûte cher à l’État ?