L’ENTRETIEN PROFESSIONNEL

Logo UgictNous avons tous été informés, d’abord par l’intranet municipal puis par courrier, que la campagne d’entretiens professionnels, mis en place pour remplacer la notation qui avait cours jusqu’ici, commençait. Jusque là, pas de surprise, nous autres cadres avons suivi des formations pour pouvoir mener ces entretiens à bien au cours de l’année 2015. Il s’agit de se mettre en conformité avec la loi, puisque celle-ci nous impose cet entretien d’évaluation depuis 2014.

Sauf qu’encore une fois, ce n’est pas parce que les choses doivent changer qu’elles ne doivent pas changer en suivant certaines formes ou certains circuits. Et pas seulement pour la forme, mais également pour le fond. Car pourquoi le législateur a prévu qu’il y ait des examens de dossiers relatifs aux conditions de travail dans des instances comme le CT (autrefois dénommé CTP) ? Pour permettre aux employeurs intelligents d’en tirer profit. Les organisations syndicales faisant bien leur travail portent la voix des agents et attirent l’attention sur ce qui posera problème, proposent des améliorations, alertent au vu des dangers éventuels, et même peuvent faire des propositions constructives. C’est à ça que ça sert de les consulter…

Nous avons donc rappelé que le CT n’avait pas été consulté comme il aurait dû l’être – ça aussi, c’est prévu dans la loi… Encore une fois, notre secrétaire général s’est trouvé dans la désagréable position d’écrire au Directeur Général des Services Municipaux :

Monsieur le Secrétaire Général des services municipaux,

Depuis plusieurs jours apparait sur le site intra net de la ville « la mise en place de l’entretien professionnel ». Cela nous surprend et nous étonne, surtout après nos demandes répétées et cela depuis plusieurs mois, d’un passage en CT de ce projet, comme prévu d’ailleurs dans le décret.

Je vous rappelle qu’il est passé en CTP la demande d’autorisation de la mise en place d’un projet expérimental donc le bilan devait être présenté avec les préconisations au CT afin de valider la démarche. Tout cela n’a pas été fait.

Auriez-vous l’intention de faire l’entretien professionnel (évaluation des agents) sans l’avis du CT ou laisser croire qu’un avis a été donné ? Aujourd’hui pour la commune, seule la notation est le cadre tant que l’évaluation ne fera pas l’objet d’un passage en CT. Tous ses persiflages ne sont pas de nature à créer un climat de confiance entre nous tous.

Je vous demande par conséquent de bien vouloir faire le nécessaire pour informer que la notation est la règle et que l’évaluation est non obligatoire et donc laissée au choix de l’agent

Espérant vous lire, je vous remercie de votre attention et je vous prie de recevoir, Monsieur le Directeur Général, nos salutations.

Pour les deux organisations syndicales,

Serge MILLOT

Secrétaire General de l’UGICT

A quoi, il nous est répondu que c’est nous qui interprétons mal et que la concertation a bien eu lieu et que donc tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes (cette dernière expression nous rappelant « Candide » est bien sûr de l’auteur) :

Les faits. Rien que les faits.

Est présenté au CTP DU 22 mai 2012 un rapport dont le titre est « Déclinaison des critères devant servir de support à l’entretien professionnel ». Il est indiqué que l’entretien professionnel est à ce stade proposé à titre expérimental par le législateur. 4 critères sont proposés qui « sont ceux fixés par les textes »

1/ L’efficacité dans l’emploi et la réalisation des objectifs

2/ Les compétences professionnelles et techniques

3/ Les qualités relationnelles

4/ La capacité d’encadrement ou, le cas échéant, à exercer des fonctions d’un niveau supérieur

Il est précisé, lors des débats au CTP du 22 mai 2012, par la DGA-RH de l’époque que « Dans un premier temps, un travail « d’expérimentation » de la démarche d’évaluation a été envisagé. Elle précise qu’il n’est pas prévu pour le moment de mettre en place les entretiens dans tous les services ». L’élu en charge du personnel de l’époque indique « Avec l’expérience nous verrons s’il faut le modifier ou non »

Des fiches de poste, travaillées dans un groupe de travail, sont proposées.Des modifications sont suggérées. Le débat se termine par les propos de la DGA-RH d’alors « Dans le cas d’un accord sur ce dossier, en dehors des modifications, un test sera proposé à certains services volontaires, afin d’évaluer les grilles ».

Le rapport conclue que « Dans une premier temps, il est demandé au CTP d’émettre un avis sur la déclinaison des critères, tels que proposés dans les fiches jointes ».

Aucun bilan n’a été présenté au CTP, puis CT depuis lors. Aucune évaluation. Le 2ème temps qui devait permettre d’affiner voir modifier les grilles que tous les cadres ont entre les mains n’a pas eu lieu.

Et cerise sur le gâteau, (c’est toujours meilleur), il n’y a plus 4 critères, mais 5 puisqu’en est rajouté un qui n’avait pas été présenté (qui est lui-même décliné en 5 sous-critères) « La contribution à l’action du service ou de la direction ».

Alors verdict ? C’est nous les organisations syndicales qui ne comprenons rien ! Tout a été bien fait, on vous dit. C’est comme ça, et pas autrement. Point final. Que ceux qui osent porter la contradiction s’évaporent en fumée. Circulez, il n’y a rien à voir.

Et maintenant concrètement, la question du temps. Si on en parlait !

L’évaluation prend plus de temps (1 heure à minima par agents) que la notation. Certains cadres vont donc devoir multiplier par 4 ou 5 le temps qu’ils consacraient à leurs agents. C’est sans doute faisable quand on en a qu’un ou deux, mais quand on est n+1 d’une cinquantaine d’agents comme cela arrive aux cadres intermédiaire du service entretien (pour ne citer qu’eux) comment trouver 50 à 75 heures ?
Il faudra surmonter ces difficultés pour faire bénéficier les agents d’un « moment privilégié dans le management des équipes »… Des moyens supplémentaires ? Pas question. Un allégement d’autres tâches ? Même pas en rêve… Comme le précise la note de la DRH : « Cette démarche nécessite d’y consacrer un certain temps à une période déjà très chargée de l’année. » Et pour les moyens, on nous précise « qu’il n’a pas été possible de traiter le document d’évaluation par informatique » et que toute la procédure se fera sur papier…

Encore un gain de temps…

–  » Pff, ces syndicats , des empêcheurs de tourner en rond,
moi, j’vous l’dit, ma brave dame !

– C’est ben vrai, M’sieur Dugenou, vous l’avez dit, quand on payait pas tous ces feignants, c’tait quand mêm’ aut’ chose !
(dialogue de l’auteur qui pense très sérieusement à une reconversion en scénariste . Le titre du film est déjà tout trouvé : Villejungle en Folie)

Encore une raison de plus pour débrayer Vendredi 16 octobre de  9h à 11h…

Laisser un commentaire