PROTOCOLE PARCOURS PROFESSIONNEL

Nous reprenons ici un article de la confédération, tel quel. A la veille de notre AG, il nous concerne au premier chef…

Le gouvernement piétine la démocratie sociale
mercredi 30 septembre 2015 , par Marion Davaux

Après la décision prise hier par la CGT de ne pas le signer, le projet de protocole portant sur les Parcours professionnels Carrières et Rémunérations (PPCR) des agents de la Fonction publique ne peut pas faire l’objet d’un accord majoritaire tel que prévu par la loi sur le dialogue social dans la Fonction publique, accord majoritaire qui constitue un acquis démocratique pour lequel la CGT a milité et auquel elle demeure très attachée.

Confirmant son désintérêt pour la démocratie sociale, le Premier ministre vient d’annoncer que malgré cette impossibilité de parvenir à un accord majoritaire, le gouvernement appliquerait le protocole PPCR de manière unilatérale.

En échec politique avec les organisations syndicales représentatives de la Fonction publique, le gouvernement n’hésite donc pas à changer les règles du jeu et décide de passer en force.

Contrairement à ce qu’affirme Manuel VALLS, l’irresponsabilité et l’immobilisme ne sont pas du côté de la CGT qui a été force de propositions durant toute la longue négociation sur PPCR et qui a pris le temps de la plus large consultation démocratique des personnels avant d’arrêter sa position.

C’est bien le Premier ministre qui, en refusant d’entendre nos légitimes revendications sur le protocole et en passant outre le résultat des négociations, fait preuve de la plus grande irresponsabilité et d’une dérive autoritariste particulièrement préoccupantes et inacceptables.

Mis à la diète avec le gel de la valeur du point, confrontés aux suppressions d’emplois et la mise à mal des missions publiques, les agents de la Fonction publique sont aujourd’hui de surcroît méprisés dans leur expression démocratique.

La CGT appelle les personnels à construire la riposte la plus unitaire possible et à se mobiliser massivement le 8 octobre prochain à l’occasion de la journée d’action interprofessionnelle et au-delà pour obtenir les avancées indispensables à la Fonction publique et à ses agents.

Montreuil, le 30 septembre 2015

ASSEMBLEE GENERALE DU PERSONNEL (2)

Logo CGT Territoriaux VillejuifJuste un petit mot pour rappeler notre Assemblée Générale de demain, Jeudi 1er Octobre, à la Bourse du Travail de 9 h 30 à 10 h 30. Vous pouvez trouver notre tract en cliquant ici.

Ce sera l’occasion pour nous tous d’étudier nos revendications, de revenir sur les rencontres organisées par monsieur le maire ces dernières semaines avec le personnel, le mouvement du 8 octobre prochain, et bien sûr nos conditions de travail actuelles, notamment la question des services en sous effectif, mais aussi l’évaluation qui va remplacer la notation, notre régime indemnitaire, les problèmes de parking et d’une manière générale, l’ambiance qui règne actuellement.  Beaucoup de sujets à aborder pour cette assemblée générale.

Soyons nombreux, car c’est avec tout le personnel municipal que le syndicat peut avancer.

RENCONTRE DU MAIRE ET DES AGENTS : MISE ITA EST

Logo UgictLogo CGT Territoriaux VillejuifCe vendredi 25 septembre, monsieur le maire rencontrait ses agents au Pôle Technique, une semaine après les avoir rencontré en salle du Conseil Municipal le vendredi 18… Nous ne voulions pas vous spoiler le contenu de cette rencontre aussi, nous nous étions abstenus d’un article spécifique jusque là.

Plusieurs points importants dans le discours de cette année : la présentation des nouveaux directeurs, l’amélioration du service public pour tous par sa modernisation, « le défi est grand car le changement est nécessaire et doit être mené sans attendre« , l’annonce de nouvelles baisses des dotation de l’état – qui suscite la demande d’un moratoire de l’association des maires de France… Pour relever ce défi 4 principes devront être appliqués : « Mutualisation, Collaboration, Transversalité et Agilité« . Se faire confiance, faire confiance à sa hiérarchie… Il va falloir, je cite, que nous nous ouvrions à de nouvelles formes de travail collaboratif et que nous nous adaptions… Il reconnaît certains dysfonctionnements de son exécutif et de l’administration, et reprécisé que l’exécutif doit faire une commande technique à l’administration qui la traduit de manière fonctionnelle par des propositions. Nous devrons réfléchir, pour mettre en place à une nouvelle offre, à ce qu’il faudra qu’on arrête – et l’administration devra être source de propositions. Il faudra aussi lutter contre l’absentéisme et pour cela en venir à une revalorisation du régime indemnitaire incluant, sans doute, une prime de présence. Tout en gardant à l’esprit que puisque les ressources de la ville baissent, il est normal que la masse salariale doive s’accorder à cette baisse. S’en est suivi un petit couplet sur le fait que les syndicats ne faisaient pas remonter la souffrance des agents jusqu’à lui, et qu’il se faisait fort de venir la constater lui même dans les services, ce qui pourrait bien suffire en matière de dialogue social… Il a aussi énuméré les nombreux projets ambitieux à venir, et pour lesquels, donc il faudra faire le choix de ne plus faire d’autres choses… Et pour finir, il a remercié les agents présents pour la qualité de leur travail.

A ensuite parlé madame Loudière qui a réaffirmé sa volonté d’une politique Ressources Humaines dynamique, nous permettant par exemple un accès simplifié à la porte du CIG (l’allez donc voir ailleurs de la fonction publique territoriale)…  Nous sommes tous de très bons agents, mais il faut que nous devenions encore plus flexibles et que nous ayons pour objectif d’évoluer, voire de changer de branche…*

Au moins auront été épargnés au Pôle Technique les attaques frontales contre l’administration (quoique) et l’homélie sur la conduite des agents sur Facebook qui poussaient le premier magistrat à veiller toute la nuit pour constater les délits commis pars ses agents sur les réseaux sociaux…

Et maintenant réfutons…

1 – Les Syndicats ne font pas remonter la souffrance des agents. Vous vous attendiez à ce qu’on dise quoi ? Qu’il a absolument raison ? Évidemment que nous ne faisons pas remonter la souffrance des agents auprès de lui : il refuse de nous recevoir et se défausse systématiquement sur le Directeur Général des Services Municipaux – ce qui permet d’ailleurs de prétendre ensuite que c’est lui qui n’a pas fait le boulot. Futé. Et quand nous lui écrivons, nous n’obtenons pas de réponse. Non, le dialogue social à Villejuif ne va pas bien, et ce ne sont pas quelques visites du maire dans les services qui y changeront quoi que ce soit : sept mois pour mettre en place le CHSCT, des séances de CT fleuves pour débattre du salaire de certains directeurs, pas d’avancée concrète sur nos revendications (toutes reprises pourtant lors du discours de ce matin).

2 – L’Absentéisme des Fonctionnaires est une rengaine connue, et la prime de présence aura le merveilleux effet pervers de permettre aux gens qui sont riches et en bonne santé de devenir encore un peu plus riches pendant que ceux qui sont pauvres et malades resteront pauvres. Un congé maternité ? Frappé par le cancer ? Un accident de travail ? Paf, la prime saute et vous êtes payés moins. Ce n’est pas de cette société là que nous voulons. Le principe même est répugnant. Que l’exécutif se rassure, toutefois, nous serons présents pour cette partie là de notre travail. Défendre les agents de la ville, c’est justement notre crédo.

3 – Les Baisses de Dotation de Fonctionnement et l’arrivée de la Métropole. Selon les nouveaux critères, Villejuif sera même une ville riche. Bien évidemment, nous sommes opposés aux baisses de dotation de fonctionnement, qui sont une iniquité sans nom, surtout au vu des transferts de compétence de l’état vers les collectivités territoriales qui se sont succédés au cours des années. Pour autant, le maire nous signifie qu’il faudra équilibrer la charge salariale à l’aune de ces baisses de dotations, tout en nous demandant plus d’agilité et en déclinant nombre de projets ambitieux d’un service public pour tous ? Donc, le beurre c’est pour le public qui se satisfera des hausses de charges à venir (donc pas tout le public), l’argent du beurre c’est pour l’État et nous il nous reste nos yeux pour pleurer et de nous sentir inadéquats parce que pas assez agiles. Ça suffit.  Quant à l’arrivée de la métropole, elle va justement occasionner le transfert d’une partie des missions de service public ( l’urbanisme, entre autres) dont parle le maire et le transfert des personnels correspondant (ou au moins d’une partie)… Ce qui nous attend d’ici 2016/2017, nous n’en savons rien. Qui va nous répondre là dessus ? De quelle flexibilité va-t-il encore falloir que nous, fonctionnaires, nous fendions ? Et d’exiger que nous fassions confiance ? Et puis quoi encore ?

C’est curieux : nous ce qui nous gène dans l’arrivée de la métropole, ce n’est pas juste qu’elle ponctionne la trésorerie des collectivités, c’est d’abord le déni de démocratie (pas d’information au citoyen, pas de décision du citoyen alors que la gestion des services qui le concerne s’éloigne de lui) et ensuite seulement qu’elle occasionne une incertitude pour notre avenir à nous. Mais la mise en place de la Métropole et la baisse des dotations de l’État ne devraient pas être mises sur le même pied ou dans la même catégorie de problèmes…

4 – L’évolution des fonctionnaires. Le discours est bien joli, quoi qu’assez lénifiant, mais il dissimule fort mal la volonté de nuire à des agents qui font leur maximum pour le service public et qui en sont bien contents… Ce qui nous chagrine, c’est d’ailleurs qu’il rejoint les propos récents d’Emmanuel Macron qui déclarait la semaine dernière que le statut des fonctionnaires n’était pas adapté à la société actuelle… Quand madame Loudière évoque les « nombreux » postes à  pourvoir qui constitueraient une évolution pour les agents de la ville, elle oublie un peu vite que ceux ci sont aussi arrivés dans le service publics parce qu’ils avaient un métier, que jusqu’ici le CNFPT n’est pas en mesure de nous former à de nouveaux métiers (manque de place dans les stages, par exemple de maîtrise de l’outil informatique qui manque beaucoup à certains agents qui du coup ont un peu de mal à se recycler) et que les vocations de policier municipal ne naissent pas forcément spontanément. En ce moment des fiches de poste à l’entrée de la DRH, il y en a cinq. Et en attendant, beaucoup de départs en retraite n’ont pas été remplacés et les charges de travail augmentent pour tout le monde… En ce qui nous concerne, c’est assez de flexibilité, assez de confiance et assez d’agilité comme ça…

Il a donc fallu que les secrétaires généraux des syndicats (UGICT et Ouvriers/Employés) remettent les pendules à l’heure, et qu’une élue CHSCT rappelle les conclusions du médecin du travail sur le soit-disant absentéisme des fonctionnaires (techniquement et pour faire court, qu’il est normal qu’une population d’actifs vieillissants et souvent maltraités soient parfois malades, parce qu’usés par leurs conditions même de travail).

Monsieur le maire entend réunir chaque année son personnel pour nous faire part de ses orientations et de leurs avancées. Ce sera très bien mais ça ne suffira pas : Le dialogue social se pratique avec nous et les agents, mais pas sans les uns ou les autres. Il passe par certaines instances et des temps de rencontres qu’on ne peut déléguer, ni à son élue, ni à son directeur général. La seule réponse qui est faite aux agents et aux syndicats ne peut pas être : « J’ai demandé la mise en place d’un groupe de travail. » Une fois de temps à autre, il faudra bien dire : « J’ai prévu au budget une enveloppe pour abonder votre revendication. »

Nous avons largement distribué ce matin notre appel à une assemblée générale le 1er Octobre, et un mouvement national est prévu pour le 8. Nous invitons tous les agents à se joindre à  nous, maintenant que nous savons à quelle sauce on a prévu de nous manger et que nous avons vu comment on essaie de nous diviser.


*Nous concédons bien volontiers qu’il s’agit là d’un raccourci tendancieux, mais c’est pourtant ce qui nous reste de l’intervention en question…

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Les textes ont été placés sur l’intranet ce matin, mais il y manque notamment les piques envers le syndicat et l’administration. Curieux oublis…

Rencontres de MLM avec le personnel -Discours de M. le Maire sept 2015

Rencontres de MLM avec le personnel -Discours de L. Loudiere sept 2015

Malheureusement, nous ne pouvons mettre en ligne l’enregistrement du discours – le format n’y est pas adapté – mais nous sommes prêts à le transmettre à qui souhaitera l’entendre…

PETITION POUR LA MUTUELLE DES PERSONNELS DE L’IGR

2eb3b1b1be08ce1df5d8b620c4e35f97[1].jpegUn petit clic sur le site de nos voisins et amis de l’IGR : LA MUTUELLE A L’IGR S’ADRESSE AUX BIEN-PORTANTS !

Il y a une pétition à aller signer, et ce sera bientôt notre tour d’étudier cette revendication avec notre employeur…

 

COURTE HISTOIRE DE LA CGT (1)

logo 120 ans Irise BonLa CGT a 120 ans, la sécurité sociale en a soixante-dix, les congés payés en auront quatre-vingt l’an prochain… La première guerre mondiale fête son premier centenaire, la seconde se terminait il y a soixante-dix ans.

Lorsque nous avons conçu ce blog, nous souhaitions de temps à autre pouvoir revenir sur l’histoire de la CGT, du syndicalisme, des luttes, des hommes. Parce que pour construire le futur, pour comprendre le présent, il faut souvent connaître l’Histoire. La grande Histoire qui n’est faite que de petites histoires…

Dans ce cadre nous vous présentons aujourd’hui le discours de Jacques Aubert, président de l’Institut d’Histoire Sociale de la CGT94. Nous avons cherché surtout à enrichir le texte par de nombreux liens vers des sites ressources…

 

La CGT a 120 ans et c’est un bien drôle d’anniversaire !

Par Jacques Aubert, président de l’Institut d’histoire sociale – CGT- du Val de Marne.

Car c’est au moment de souffler les 120 bougies que l’on constate que nous sommes en face d’une attaque du patronat sans précédent où l’ensemble des acquis sociaux sont remis en cause.

C’est à ce moment-là que le chômage est au plus haut, que les salaires sont au plus bas, que même la réglementation du travail est attaquée et que les effectifs du syndicat sont au plus bas.

C’est à ce moment-là que nous sommes amenés à nous interroger sur nos formes d’actions, sur l’efficacité des manifestations, sur la difficulté de recourir à la grève.

C’est à ce moment-là que notre stratégie de soutien à un gouvernement de gauche se trouve remise en cause par un gouvernement qui n’a plus de gauche que le nom.

C’est à ce moment-là que notre stratégie d’union syndicale se trouve confrontée à des partenaires syndicaux de plus en plus réformistes. C’est à ce moment-là que le patronat nous prend par les épaules et tout en nous étranglant, nous appelle partenaires et nous invite aux dialogues.

Et je ne parle pas des dysfonctionnements internes, récents, chacun sait à quoi s’en tenir.

De fait la CGT se retrouve aujourd’hui isolée dans sa stratégie de luttes des classes et dans son ambition de construire une alternative à l’exploitation de l’homme par l’homme.

Alors oui c’est un drôle d’anniversaire !

Mais voyez-vous camardes, cela aussi c’est une leçon de l’histoire : des moments où les militants CGT n’avaient pas de problèmes, où les adhésions arrivaient sans qu’on ait rien demandé, où les revendications étaient acceptées avant même qu’on déploie la banderole et où les décisions se prenaient à la CGT sans qu’il y ait confrontation des idées ! Ça, nous ne l’avons jamais vu !

Jusqu’en 1883 date à laquelle les syndicats sont enfin autorisés les camarades se battaient dans l’ombre. On risquait la prison et quand une manifestation était organisée c’était l’armée qui se dressait en face des militants. Et trop souvent les morts parmi les militants ouvriers se comptaient par centaines.

Rappelons-nous qu’en 1871 c’est l’ensemble du mouvement ouvrier qui a été fusillé lors de la Commune et que le mouvement ouvrier a dû repartir de zéro avant d’arriver à ce 23 septembre 1895 à Limoges où allait s’ouvrir le congrès fondateur de la CGT.

En 1895 certes le syndicat est légal et l’on peut enfin s’afficher comme CGT mais croyez-vous qu’il a été facile de faire travailler ensemble, les camarades des fédérations de métiers et les camarades des bourses du travail ?

Les deux organisations avaient leur propre conception de l’organisation et des luttes. Les premiers ne juraient que par le lien organique avec le mouvement socialiste et la confrontation de classe avec l’employeur et les seconds prônaient l’unité interprofessionnelle de la classe ouvrière et la grève générale hors des partis. Le moins que l’on puisse dire c’est que les réunions entre Révolutionnaires, Anarcho-syndicalistes, Guesdistes, ou Réformistes étaient pour le moins musclées pour ne pas en dire plus et il en a fallu des débats pour aboutir à la charte d’Amiens et à la reconnaissance de l’indépendance syndicale.

Pourtant c’est cette dualité entre organisations soit par fédérations de métiers soit par Union territoriale qui a fondée l’identité de la CGT et c’est encore cette même organisation qui fait la force de la CGT aujourd’hui.

A ce stade de l’histoire, comment, en évoquant les débuts de la CGT ne pas évoquer la mémoire de Fernand Pelloutier qui présidait les bourses du travail et qui défendait l’idée qu’il ne pouvait pas y avoir d’action revendicative sans éducation des travailleurs. Il a eu cette phrase remarquable : « il faut apprendre à la classe ouvrière la science de son malheur » Il devait mourir à 31 ans mais l’histoire du mouvement ouvrier lui doit beaucoup.

Par la suite, croyez-vous que les débats ont été faciles en 1914 quand les plus lucides appelaient à refuser l’union sacrée et que la majorité des dirigeants du syndicat faisait le choix de rallier la guerre bourgeoise et allait permettre que des millions de pauvres bougres aillent mourir dans les tranchées.

Croyez-vous qu’il fut facile après cela de reconstruire l’organisation syndicale.

D’autant plus qu’en 1921 le syndicat fait le choix de la division. C’est le moment où Léon Jouhaux va présider le syndicat des confédérés et où Gaston Monmousseau va prendre la direction de la CGTU. La déchirure de cette époque-là allait créer une cicatrice encore visible aujourd’hui.

Certes en 1936, il y eu la réunification et ce fut une grande période de conquêtes.

Rappelons-nous que les accords Matignon ont été signés conjointement par l’Etat, le Patronat et la CGT et que le lendemain de ces accords, on a dansé dans les usines.

Mais la fête fut de courte durée. Qu’on se rappelle 1939 et les camarades communistes exclus du syndicat. Qu’on se rappelle le sinistre René Belin membre de la direction confédérale et qui allait devenir Ministre du travail sous Pétain. C’est lui qui signera la Charte du travail et l’interdiction des confédérations.

Et chacun sait ici le lourd tribu que la CGT a payé pour libérer la France de l’occupation nazie. Les camarades fusillés, torturés, déportés, prisonniers se comptent alors par milliers.

Quand Guy Môquet part distribuer ses tracts un jour d’octobre 1940 à la gare de l’Est il ignore qu’il lui reste bien peu à vivre. Honneur à tous ceux-là.

Honneur à ceux de Châteaubriant sur 48 fusillés 25 sont des dirigeants de la CGT. Honneur à ceux de l’affiche rouge, à la M.O.I. dont faisait partie un certain Henri Krasucki. Honneur à ceux qui très nombreux donneront leur vie pour la France et leur idéal.

Honneur à ceux qui dans la nuit du 17 avril 43 vont signer les accords du Perreux sur la réunification syndicale. Honneur à Louis Saillant qui pied à pied, dans la clandestinité, va négocier le programme du CNR. Honneur enfin à toutes celles et ceux militants CGT qui libérèrent la France.

A la libération la CGT comptait 5 millions d’adhérents mais combien de Camarades ne sont jamais revenus à la fin de cette guerre.

Là encore la fête fut de courte durée.

Qu’on se rappelle la scission de 1947 et les débuts de la guerre froide.

Qu’on se rappelle la grève des mineurs en 1948 : 6 morts, des centaines de blessés, 3000 arrestations, 1500 peines de prison.

Il parait qu’à cette époque ce fut les trente glorieuses !

Elles ne le furent pas glorieuses pour ceux qui partirent en Algérie.

Là encore, contre tous, la CGT a su prendre ses responsabilités et soutenir les peuples en luttes pour leur indépendance. Rappelons-nous Charonne : sur les neufs morts neuf sont CGT.

Et souvenons-nous de 1968. Là encore ce fut une grande victoire.

Rappelons-nous de cette manifestation où nous défilions au cri de « Séguy au pouvoir ».

Mais rappelons-nous aussi des débats face au mouvement étudiant, face à la contestation gauchiste, face à la division de la gauche et de ce moment où il a bien fallu terminer une grève.

Certes on pouvait être fier d’être CGT dans ces année-là tant ce que nous avions gagné était important, mais comment oublier ce soir de Juin 68, où aux législatives, la droite fait 60% des voix.

Si la CGT a toujours été à l’avant-garde du combat pour l’égalité des salaires et l’émancipation des femmes, rappelons-nous que la disparition du journal Antoinette s’est faite dans la douleur.

Rappelons-nous les débats autour du programme commun ! Et fallait-il se réjouir de l’élection de Mitterrand quand déjà le tournant de la rigueur approchait et que la réaction populaire n’était pas au rendez-vous ?

Alors oui on a fait caler Juppé, oui on a fait capoter le CPE, mais quand le mur de Berlin est tombé est-ce qu’une partie de nos espoirs n’est pas tombée avec lui ?

Pas simple non plus quand nous avons vu monter les coordinations ou quand il a fallu constater qu’une partie de la classe ouvrière se laissait tenter par l’extrême droite.

Et que dire de la position de la CGT et des débats en interne au moment du Référendum sur la constitution européenne ?

Et quelle leçon devons-nous tirer des manifs gigantesques de 2010 qui n’ont pas pu empêcher le recul sur les retraites ?

 

Non ! Camarades à aucun moment de notre histoire cela aura été facile d’être militant CGT et de défendre nos principes tout en accompagnant un monde du travail en pleine mutation.

Il y a eu des hauts et des bas mais au soir de ces 120 ans d’histoire la CGT peut être fière de ce qu’elle a fait.

La CGT peut-être fière d’avoir su préserver ce qui est sa raison d’être, à savoir que dans un monde dominé par l’exploitation de l’homme par l’homme, elle a toujours été du côté des opprimés, elle n’a jamais abandonné l’espoir que demain un monde nouveau naîtra où cette exploitation aura disparue.

Il n’y a pas un jour où les médias ne nous expliquent qu’il n’y a pas d’alternative au libéralisme. Il y a 3000 ans on disait déjà à Spartacus qu’il n’y avait pas d’alternative à l’esclavage puis on a dit aux serfs qu’il n’y avait pas d’alternative à la royauté, qu’elle était d’essence divine et aujourd’hui on nous ressort le même discours pour justifier le libéralisme.

Mais camarade l’histoire est là pour en faire la démonstration contraire, les opprimés ont toujours trouvé une alternative à leur oppression et c’est cela le message que porte la CGT.

Pour conclure, je crois qu’il nous faut en toute objectivité nous poser cette question : que serait le monde si les travailleurs ne s’étaient pas défendu, si notre syndicat n’avait pas existé, si les militants, si vous, vous n’aviez pas lutté toute votre vie ?

N’ayons pas peur de le dire : grâce à la CGT, avec tous ses problèmes, ses contradictions, ses difficultés, mais aussi les luttes qu’elle a mené, celles qu’elle a gagné, avec la fraternité qui l’anime, avec sa volonté de ne rien lâcher, grâce à ses militants, grâce à vous, la dignité humaine, le monde, à fait un pas de géant vers le bonheur et la liberté.

Avec les 120 ans, c’est tout cela que l’on fête : le chemin parcouru et les victoires de demain.

Jacques Aubert Président de l’IHS CGT 94

BOURSE DU TRAVAIL DE BOBIGNY

Logo CGT Territoriaux VillejuifComme déjà 2 000 personnes, signez la pétition contre la fermeture de la bourse locale du travail par le maire de Bobigny.

Expulsions, attaque de la culture, casse de la dynamique syndicale : une seule boussole pour les élus de la majorité : à droite toute ! moins de droits, moins de défense pour les gens en difficultés.

Mercredi 30 septembre « Tous ensemble ! » présents au rassemblement à 18 h sur le parvis de la mairie de Bobigny où se déroulera le Conseil municipal.

SIGNEZ, DIFFUSEZ, RELAYEZ cet appel et pétition, partout auprès de vos camarades, ami(e)s et connaissance, à Bobigny, en Seine Saint Denis, en Ile de France et partout où il est possible de le faire !

http://petition.ulcgtbobigny.fr/ et http://paris.demosphere.eu/rv/41702

Petit bilan de rentrée…

Logo UgictAlors, est-ce que pour vous la rentrée s’est bien passée ?

Pour nous on ne peut pas dire.

Nous avions de grandes espérances, naturellement puisque nous rencontrions notre employeur pour entamer les négociations sur le régime indemnitaire le 4 septembre et qu’il y avait un comité technique le 11… Et le 18, monsieur le maire recevait les agents…

Le moins qu’on puisse dire c’est que la grogne de rentrée, elle, était bien au rendez-vous, dans la continuité de ce que nous connaissons déjà fort bien

En ce qui concerne notre régime salarial, pour faire court et citer Coluche, il s’agissait principalement que nous énoncions nos besoins pour qu’on nous explique comment nous en passer… Nous avons quitté la réunion du 4 septembre pas plus avancés qu’en y entrant avec une promesse de calendrier de travaux qu’on nous a communiqué quinze jours plus tard… Pourtant, cette réunion était prévue et décidée depuis le mois de juillet. Nous avons répondu au directeur général à ce sujet. Et les élus continuent de se défausser sur le Directeur Général des Services qui devra traiter avec nous à leur place comme si c’était lui qui décidait des budgets… Nous ne sommes pas d’accord…

Au CT, nous avons assisté à un numéro de haute-voltige et eu à traiter deux dossiers sur lesquels nous reviendrons plus précisément. Il en ressort en tout cas que la conformité entre les dossiers qui nous sont proposés et ceux qui arrivent sur la table n’est pas une priorité pour notre employeur. Bilan : quatre heures de CT pour traiter du régime indemnitaire du chef de la police municipale et de la réorganisation de la DTRU (Direction de l’Urbanisme). Il s’agissait de se mettre en conformité en nous faisant acter des changements qui ont déjà eu lieu, et encore une fois nous n’avons pu vérifier que les services avaient bien été consultés…

Nous avons été un peu surpris de ne pas entendre parler du transfert de la compétence urbanisme à la métropole, par ailleurs, mais c’est une autre histoire…

Au moins, nous avons enfin eu le compte rendu du Comité Technique du mois d’octobre 2014…

Et vendredi dernier, lorsque le maire a rencontré son personnel, nous avons assisté à un tour de chant visant à incriminer la Direction Générale pour tous les dysfonctionnements qui touchent la mairie. Nous nous sommes faits écornifler au passage – il paraît que nous ne faisons pas remonter à monsieur le maire toutes les souffrances des agents… La deuxième représentation a lieu vendredi 25 au Pôle Technique. Inutile de préciser que nous serons au rendez-vous…

Une mention spéciale à l’annonce de monsieur le maire qui déclare ne dormir que deux heures par nuit et en profiter pour consulter les comptes Facebook des agents – un bonheur, de quoi se sentir à la fois en confiance et assainir l’ambiance délétère qui règne et sur la web-sphère et dans les couloirs de la mairie…

Fort heureusement, peu d’agents étaient dupes de ce qui se passe en réalité : à l’heure où les Collectivités Territoriales de région parisienne sont en passe de voir leur missions, leurs finances, et leurs agents absorbées par la Métropole, où notre premier ministre attaque violemment le statut des fonctionnaires, notre employeur joue la carte du gain de temps. La baisse des dotations de l’état pour les mairies n’est pas propice à des politiques favorables aux agents – et pourtant, les élus sont prêts à reconnaître que notre condition n’est pas confortable, loin de là…

Nous sommes l’une des catégories socio-professionnelles les plus touchées par la crise. Le point d’indice qui règle nos salaires n’a pas augmenté depuis dix ans, ou si peu… Rien de commun avec l’inflation. 14% de perte de niveau de vie, des catégories C qui passent au dessous du SMIC et une peau de chagrin qui nous est promise, comme on agite la queue d’un Mickey, pour 2017, peut-être. Et à Villejuif, nous avons en plus le bonheur de travailler dans un contexte de réorganisation qui s’éternise depuis un an et demi, sans chaîne de commandement claire – et comment le serait-elle quand le Directeur Général des Services est remis en cause publiquement par le maire quand il reçoit ses agents – dans une ambiance de soupçon, voire de chasse aux sorcières. C’est très désagréable… Surtout quand les missions augmentent et que la machine administrative (transmission des courriers, des bons de commande) ralentit tout.

Donc, oui, la rentrée s’est bien passée : pour les usagers. Pourquoi ? Parce que comme toujours les agents de la ville de Villejuif se sont débattus de leur mieux et pour des queues de cerise pour qu’elle se passe bien.

Pour le reste, notre exécutif perpétue ce que nous connaissons depuis plusieurs longs mois : nous continuons de voir nos revendications et notre vécu écartés d’un revers de la main ou d’un sourire condescendant…

Combien de temps cela pourra-t-il continuer ?