QUE PENSER DE LA SITUATION EN GRECE

2eb3b1b1be08ce1df5d8b620c4e35f97[1].jpegLoin de nous l’idée de nous improviser commentateurs de l’actualité internationale, mais la CGT a eu l’occasion à plusieurs reprises de communiquer sur la situation du peuple grec face à la Troïka. En effet, nous avons rencontré des syndicalistes grecs, invités notamment lors de notre dernier congrès départemental. Une délégation de l’Union Départementale s’est d’ailleurs rendu à Athènes au mois de mai dernier…

Donc qu’en penser ?

D’abord, qu’il existe d’excellents documentaires, dont ceux de Yannis Youlountas, comme Ne Vivons Plus Comme des Esclaves, sur la souffrance du peuple grec et que nous vous invitons fortement à aller les visionner.

Ensuite qu’on ne peut que s’émouvoir de voir un peuple condamné par les banques à souffrir, à voir s’évanouir tous ses avantages sociaux : allongement du temps de travail et de la durée du travail, paiement des salariés en nature plutôt qu’en financier, disparition de la sécurité sociale, suppression des services publics, augmentation du taux de décès notamment péri-natal (+40% en 2 ans)… Bien sûr, on ne peut que se demander si nous ne serons pas les prochains, comme beaucoup d’indicateurs semblent le démontrer…

Naturellement, on ne peut aussi que penser à nos camarades espagnols, portugais, italiens… A Villejuif, où nous sommes jumelés avec Mirandola en Italie et Vila Franca de Xira au Portugal, nous avons eu l’occasion d’entendre nos homologues nous raconter comment, par exemple, un cadre A est contraint de prendre un deuxième boulot parce que son salaire n’arrive plus sur son compte tous les mois et qu’il faut bien payer le loyer… (En réalité il s’agissait de l’équivalent chez nous d’un DGA).

La situation de la Grèce est absolument tragique, et un peuple est concrètement en train de subir de plein fouet une crise économique comparable à celle de 1929 quand les dividendes pleuvent dans les caisses des banques et des multinationales. La commission d’enquête sur la réalité de la dette grecque sont unanimes : les procédures n’ont pas été respectées, des délits d’initiés et autres irrégularités garantissant l’enrichissement des groupes financiers aux dépends du peuple sont légion… Est-il normal qu’un groupe bancaire puisse spéculer sur la faillite d’un pays, c’est à dire s’enrichir sur la misère d’un peuple ?

Encore une fois, c’est le capital qui coûte. Le travail, lui, rapporte. Les profits sont issus du travail du vivant (ouvriers) et du mort (machines). Les grecs, eux, paient les intérêts. Donc ils paient pour que des gens qui n’ont pas mis la main à la pâte s’enrichisse. Et cela est hautement immoral.

Maintenant, il y a cet accord accepté par Tsipras et qui divise même son parti, Syriza. Comme la CGT le soulignait le 10 juillet dernier, il s’agit de sauver l’Europe en évitant qu’un pays la quitte – parce que le premier pays qui franchira ce pas là en entrainera d’autres… D’où cette crainte du Grexit. Est-ce une raison suffisante pour qu’un peuple se laisse assassiner ? Le portugal est sur la même voie et là bas, le parti communiste prône une sortie de la zone euro.

N’est-il pas temps d’œuvrer à construire cette Europe des peuples pour supplanter une Europe des financiers ?

En attendant, nous vous invitons à participer à toutes les initiatives qu’il vous sera possible pour soutenir le peuple grec, à commencer par le rassemblement parisien du 20 juillet prochain à la place de la république à 20h.

Parce que le combat pour la Grèce est aussi un combat pour tous les européens, nous y compris.

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