L’avenir des services publics : le TISA

Une fois de temps à autre, on trouve dans la presse un article qui fait frémir, qui fait froid dans le dos... Et puis, c’est tellement gros qu’on finit par se faire une raison, par le ranger dans un coin de nos mémoires et par faire comme si ça ne pouvait pas exister. C’est le cas de l’article paru dans l’Humanité le 25 juin 2014 sur l’Accord sur le Commerce des Services (ACS).
Pourtant, l’ACS – plus connu sous son acronyme anglophone de TISA – est bel et bien en préparation. Il s’agit grosso-modo d’un accord négocié en secret entre les États-Unis et la Communauté Européenne pour libéraliser les services publics. C’est un corollaire du TAFTA.  Pour faire court, il s’agit d’harmoniser les économies européennes et américaines en libéralisant – c’est à dire en faisant passer au privé dans l’espoir de les rendre « rentables » – les services publics : écoles, universités, transports, sécurité sociale, hôpitaux, caisses de retraite, transports, etc… Comme souvent avec l’Union Européenne, cela résonne avec le fantasme que les fonctionnaires coûtent trop cher et qu’il faudrait donc les supprimer. Quoi de mieux que de les faire passer au privé ?
Qui y gagne ? Ceux qui récupèrent ces nouveaux marchés.
Qui y perd ? Les usagers, bien sûr. Finie l’école gratuite et obligatoire pour tous, par exemple…
Il est bien sûr choquant que sur un sujet aussi grave, le peuple ne soit pas consulté – mais nous commençons à avoir l’habitude. C’est aussi ce qui se pratique avec la loi de métropolisation ou le TAFTA… Et puis si c’est pour ne pas tenir compte de notre opinion comme ce fut le cas en 2005 avec le non à la constitution européenne ou ce qui vient de se passer en Grèce, alors effectivement autant y aller en secret, dans notre dos… Il demeure que cette modification majeure de la société est en train de se préparer sans note avis. Une fois le Traité élaboré et signé, il sera trop tard et nos politiciens n’auront plus qu’à dire : « Au fait… Il fallait que je vous parle de ce truc là… »
Imaginer une société où il y a moins de services publics qu’en France n’est pas très compliqué, puisque nous avons l’exemple des Etats-Unis que nous connaissons assez bien – dès que nous sommes capables de nous rendre compte que la réalité des américains est bien loin de ressembler aux clichés sur la Californie ou la Floride véhiculés par les séries du type Beverly Hills ou Alerte à Malibu. Il vaut bien mieux si on veut l’appréhender aller regarder les films de Michael Moore comme Roger et Moi, Bowling for Columbine, Sicko ou Capitalisme : Une Histoire d’Amour. Cette société est devant nous, elle existe, nous sommes capables d’en décrire les failles et les conséquences…
Non que la situation soit toujours idéale dans nos pays européens, ou même en France, mais tout de même… Si nous sommes loin de ce que devrait être un pays dont la Déclaration des Droits de l’Homme est du Citoyen sert de préambule à la Constitution, nous tendons vers cet objectif. En tous cas, nous l’appelons de nos voeux : la satisfaction des besoins essentiels est censée être le but de l’organisation de notre État. En privatisant les services publics, on renonce à la fois à nos droits essentiels – comme le droit à l’éducation – mais aussi à notre maxime, « Liberté, Egalité, Fraternité », puisque tout devient sujet à condition de ressources…
Que faire ?
Pourquoi pas commencer par écrire au président de la république pour lui signifier notre désaccord avec le contenu du TISA, du TAFTA et d’une manière plus générale avec la politique menée par l’Union Européenne. C’est gratuit, et ça peut être un début.
Nous pouvons également demander à notre maire, qui a déjà déclaré Villejuif ville hors-TAFTA, de nous déclarer également ville hors-TISA.
Et surtout, nous pouvons continuer à lutter pour nos droit pied à pied, au quotidien, avec ou sans la CGT. En sachant que si vous voulez faire avec, nous sommes là et nous acceptons les nouveaux syndiqués…
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