Grand Paris : Qui a dit oui ?

536382-the-eiffel-tower-and-la-defence-business-district-are-seen-in-an-aerial-view-in-paris-on-bastille-daCe qui est étonnant, c’est qu’on ne parle pas plus du Grand Paris.

Vous en entendez parler, vous ? Nous non plus.

A part sur le blog de l’Avenir à Villejuif, où monsieur Lipietz nous explique que ce n’est pas très grave que qui que ce soit gagne les élections départementales parce que de toutes façons le Grand Paris va nous élaguer tout ça, il n’y a rien qui sort :

En réalité même cet enjeu (« faire basculer ») n’en était pas vraiment un, du moins pour « les vrais gens ». Personne ne sait le boulot qu’auront à faire les conseillers départementaux au delà du 1er janvier 2016, pas même les candidats, tels que moi, qui fréquentent les réunions de l’Association Paris-Métropole. On n’a pas voté dimanche « pour un nouveau collège » ou « pour la sauvegarde du parc des Hautes Bruyères ». En réalité, le département survivra (s’il survit) surtout comme distributeur de fonds du RSA et pour l’entretien des collèges, sans grande dimension politique.

Les bras nous en tombent ! Ne vient on pas, à grand renforts de médias et de montée du Front National de passionner la France et d’enflammer le peuple sur l’épineuse question des élections départementales pendant des semaines ? Les département n’étaient ils pas un enjeu majeur pour les partis ?

En vérité, non.

Ni les départements, ni les communes.

Parce que la réforme des territoires approche et que bientôt nous ferons tous parti d’une métropole qui sera sans doute divisée en territoires basés sur les actuelles communautés d’agglomération. Donc disparition des compétences politiques des départements et à terme, sans doute de celles des communes. Par exemple, le logement, l’aménagement de l’espace urbain, mais aussi tout projet dit « à caractère métropolitain » qui va de la prévention de la délinquance à l’organisation des zones d’activité culturelle.

Dans le

Ceux qui ont la mémoire longue se diront : « La CGT devrait être contente ! Le département va disparaître et elle était contre quand il a été créé. »

Mais ce que nous voyons surtout c’est que vous pouvez poser la question dans tout Villejuif, à part les éventuels conseillers généraux, les candidats à ce poste, deux ou trois syndicalistes et quelques fonctionnaires en mairie, vous trouverez moins de 1% de personnes qui savent seulement ce que c’est que la « Métropole du Grand Paris. » Il en a été question à la télévision, peut âtre, brièvement. Il y a eu des prospectus qui détaillaient les projets de nouveaux transports en commun.  Mais personne n’est allé expliquer aux banlieusards que nous sommes que leur OPHLM allait subitement se trouver mutualisé, que les moyens de leurs mairie allaient être subitement redistribués. A la CGT, on préfère quand on décide tous ensemble.

Au passage, on peut se demander l’urgence qu’il y a à doter Villeuif d’une police municipale quand on lit :

La loi modifie le code de la sécurité intérieure afin de prévoir la création du conseil métropolitain de sécurité et de prévention de la délinquance, qui coordonne les grandes orientations en matière de prévention de la délinquance sur le territoire de la métropole du Grand Paris.

Au premier janvier 2016, c’est eux qui décident.

La question, c’est : « Pourquoi ? »

Pourquoi es-ce que personne ne parle de quelque chose qui devrait arriver en 2016 ? Quand les gens seront-ils informés de ce que préparent dans une confortable discrétion, les maires de plusieurs communes et les eurocrates convaincus de la nécessité absolue d’une réforme des territoires qui permettra, soit disant et comme toujours, de réduire les sempiternelles dépenses publiques ?

 


 

Avant de répondre, prenons un instant pur nous remémorer les soupirs affligés des journalistes s’étonnant de ce que désormais, près de soixante pour cent des français, se retiennent d’aller dans les isoloirs. Et posons nous cette autre question :  Est-ce parce qu’ils n’en ont rien à faire, ou est-ce parce qu’ils en ont assez qu’on décide sans eux quoi qu’il arrive ? A peine quelques années après la mise en place des référendums locaux, qui les a utilisés ? N’y avait il pas moyen de faire de la pédagogie et de venir séduire parisiens et banlieusards pour qu’ils prennent une part active à l’organisation de leur territoire ? D’organiser un scrutin pour eux, pour bien faire valoir qu’en France, la politique (et surtout la politique locale) c’est l’affaire de tous ?

Ou bien n’y a t’il pas de choix démocratique face à un traité européen ?


 

La réponse à la question « pourquoi » c’est bien évidemment pour faire du profit, pour organiser les territoires en fonction de critères d’abord économiques et pour faire passer en force quelque chose dont les eurocrates qui nous dirigent pensent que si on le soumettait à un scrutin, comme en 2005, les français le rejetteraient.

En pleine période d’austérité, on va réorganiser les territoires pour qu’il y aie moins de fonctionnaires (qui coûtent très cher à l’état) et moins de services pour les habitants (qui coûtent sûrement très cher à l’état). Naturellement, on pourrait faire observer que les états ne devraient avoir que des dépenses publiques et certainement pas financer des banques vu que leur principale ressource ce sont les deniers des habitants – et que même ce que payent les entreprises leur vient avant tout de leur profits, donc du travail de leurs salariés… Mais tant qu’un monsieur en costard-cravate pourra affirmer que les français sont des veaux et que les fonctionnaires coûtent cher, tout passera !

En attendant, ils sont en train de décider sans nous…

Et devinez quoi ? Le 9 avril, une des raisons pour lesquelles nous serons dans la rue, contre l’austérité, c’est aussi cette réforme des territoires. Parce que personne ne doit décider à notre place.

 

Affiche 9 avil bis

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