Scènes de la vie quotidienne en période d’austérité…

L’AGENT – Quand même, tu aurais pu me prévenir que mon contrat n’était pas renouvelé !

LE CHEF DE SERVICE – Quoi ? Mais de quoi tu parles ?

L’AGENT – J’ai reçu un courrier de la DRH. Mon contrat s’arrête le 30 juin. Je suis renouvelé pour… cinq jours.

LE CHEF DE SERVICE – Mais qu’est ce que tu me racontes ? Je suis pas du tout au courant !

L’AGENT – Ça fait plus de trois ans qu’on bosse ensemble, alors je m’attendais quand même à ce que tu m’en parles… Qu’est ce que j’ai fait qui…

LE CHEF DE SERVICE – Mais arrête le délire ! Je t’assure que personne ne m’a prévenu ! Ça ne vient absolument pas de moi !

L’AGENT (exhibant sa lettre de la DRH) – Et ça ? Je l’invente, peut-être ? Ils t’ont forcément prévenu.

LE CHEF DE SERVICE (Il lit la lettre) – Mais pas du tout ! Personne ne m’a rien dit ! Attends… Nous sommes en pleine préparation du programme de l’été et je te disais hier que je voulais que tu prennes en charge les activités des 12-15 ans !

L’AGENT : Oui, mais le premier juillet, je serai plus là !

 

Voilà le genre de scène auxquelles on a pu assister ces derniers jours dans les services de la mairie de Villejuif. En effet, depuis de nombreuses années, la mairie embauche des contractuels sur des missions spécifiques, ou pour répondre à des besoins ponctuels. Ils sont embauchés sous des Contrats à Durée Déterminée, pour une période donnée. Inutile de préciser que ce n’est pas une pratique dont nous sommes satisfaits, mais cela fait partie des réalités.

Par exemple, parmi eux, il y a les anciens « emplois jeunes » ou les « emplois d’avenir ».

Ex abrupto, un certain nombre d’entre eux viennent de recevoir des courriers leur annonçant tout simplement que leur contrat ne sera pas renouvelé ou qu’il sera reconduit pour une période de quelques jours, le temps que la période de carence de la convention entre la ville et Pôle Emploi soit passée (cette adhésion a été validée en décembre dernier par le Conseil Municipal).

Cette décision n’est motivée à aucun moment. Il ne s’agit pas de se séparer de gens dont les missions sont terminées, mais de délester le budget en se débarrassant d’agents qui font parfaitement leur travail et ont accumulé avec les années une expérience, une technicité et une connaissance du terrain qui ne sera pas retrouvée même avec un remplacement.

Naturellement, cela sème un grand désordre dans les services, parce que personne n’a été mis au courant du départ prochain de ces agents. Donc, alors que les services sont au bord d’une grande réorganisation censée être effective au mois de septembre, alors que les services d’animation préparent les programmes de l’été et de la rentrée, ils découvrent que, contrairement à ce qui a été annoncé  à plusieurs reprises, il y aura non seulement une baisse du budget de fonctionnement (ça, on le savait), mais aussi une baisse des effectifs ! En attendant, on demandera à ceux qui reste d’arriver au même résultat, d’encadrer le même nombre d’activités, ou d’enfants, ou encore de surveiller le même nombre de chantiers, de passer le même nombre de marchés !

Et bien sûr, le sourire au lèvre et la motivation au cœur alors que leurs collègues partent les uns après les autres, alors qu’ils ne savent même plus si du coup, conséquence directe, leur service ne va pas disparaître.

Parce qu’il y a tout de même des cadres légaux à ces activités, et certaines sont subventionnées : s’il faut prendre un cas concret, les structures ouvertes très menacées par cette réduction de personnel sont soumises aux normes Jeunesse et Sports en ce qui concerne l’accueil des enfants… Il faut un nombre minimum d’animateurs pour ouvrir. Donc, si ceux-ci ne sont pas présents, que se passe-t-il ? L’activité disparaît.

 

 

Lettre ouverte aux agents en CDDOutre la démarche même que nous n’hésitons pas à qualifier de « maltraitante », nous nous élevons aussi contre le fait qu’une fois encore, pour des raisons bassement financières, la charrue est mise avant les bœufs. Le service public ? Les agents qui restent s’en débrouilleront bien… La réorganisation des services ? Elle aura lieu bien assez tôt et on travaillera avec ce qui reste… L’intérêt général ? C’est avant tout de réduire les dépenses ! Tant pis pour les gamins qui resteront devant les centres fermés, pour les écoles qui ne seront pas nettoyées et pour les travaux qui ne seront pas faits !

Alors que les habitants veulent des services publics forts et efficaces, il est décidé de les déshabiller progressivement afin de les rendre totalement inefficaces (puisqu’il deviendra impossible de rendre nos missions dans certains services) et donc indéfendables ! Et tout ça après avoir affirmé que la CGT racontait n’importe quoi et que tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes pour les agents et les Villejuifois !

Les contractuels ,première variable d’ajustement budgétaire. À qui le tour, si tous, nous ne réagissons pas comme il se doit ?

La CGT sans vous n’est rien. Soit nous bougeons tous, soit ce sera inutile de pleurer : on sera tous complices.

Nous vous tiendrons informés des suites de cette affaire.

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