Pourquoi un rassemblement contre les N.A.P. le 9 Avril ?

reforme-peillon-jm-copie-2C’est quoi les N.A.P. ?

Même si en Anglais a nap est une sieste, il est peu recommandé de la proposer aux enfants dans le cadre des Nouvelles Activités Périscolaires. C’est bien de cela qu’il s’agit. Et qu’est-ce qui se cache derrière cet acronyme ronflant ?

En réalité, même si le site de l’éducation nationale vante les mérites de la nouvelle organisation du temps scolaire, la réforme a avant tout pour effet de morceler la journée des enfants. Cet état de fait a été dénoncé par les professionnels (instituteurs, animateurs) et les usagers (parents d’élève) dès les premières expérimentations des nouveaux horaires en 2013. De plus, les villes qui ont mis en place la réforme à la première rentrée 2014  font apparaître des premiers bilans très contrastés avec des inégalités d’une ville à l’autre, voire d’une école à l’autre dans une même commune.

L’État en a-t-il tenu compte ? Non. On a presque envie d’ajouter : comme d’habitude.

Elle est bien loin l’école de la république. Quid du principe d’unité du territoire et de l’égalité des chances ?

De nombreuses communes ont fait part de leurs difficultés à mettre en place de nouvelles activités, et Villejuif en faisait partie. L’an passé, Monsieur Le Bohellec, notre maire, avait informé l’inspection de l’éducation nationale de l’impossibilité de mettre en place ces nouveaux horaires à la rentrée de septembre 2014, mais il a tout de même fallu le faire, sans moyens supplémentaires.

Nous, la CGT des territoriaux de Villejuif, ce qui nous gène, c’est d’abord la question des principes. Derrière une soit-disant volonté d’aménager la journée des enfants pour plus de confort des bambins – ce qui à priori est un objectif tout à fait louable – se cache une réalité toute autre  : C’est aux communes d’assumer l’organisation scolaire et les conséquences des nouveaux rythmes en mettant en place des activités  – les fameuses N.A.P. qui doivent permettre l’ouverture à la culture, au sport, au numérique… Il est évident que toutes les communes n’ont pas les même moyens à y mettre, et il n’y a pas de compensation de l’état qui prenne en charge cette nouvelle mission, seulement un fond d’amorçage de 50€ par enfant, très loin de faire le compte.

Donc, dans les communes riches, il y aura des N.A.P. en dentelle, alors que dans les communes pauvres, il y aura des N.A.P. en papier.

Auparavant la totalité du temps scolaire était prise en charge par l’Éducation Nationale, et donc l’État. C’est bien d’une forme déguisée de désengagement de l’État, d’une nouvelle charge pour les communes, qu’il s’agit… Cela creuse l’écart entre les riches et les pauvres y compris à l’école, jusque là un bastion du travail à l’égalité des chances. Le principal outil pour réduire les inégalités entre les français, en fait. Après ça, on dira que l’ascenseur social est en panne…

Donc au lieu d’améliorer le quotidien des bambins dans l’objectif de leur réussite scolaire, on fait des économies sur leur dos, et au passage le gouvernement met en difficulté les agents territoriaux, les parents, les enseignants et les associations en les opposant les uns aux autres, provoquant moult tensions au plan local.

Là où, plus précisément encore, la chose bloque à Villejuif, c’est qu’en dépit de projets et de scénarios dressés tout à fait intéressants – de l’aveu des personnels et des parents d’élèves – il y avait achoppement sur la question de contenu des activités et des moyens déployés. Les N.A.P. seront gratuites (comme l’école laïque et obligatoire, a-t-on envie de dire et nous ne l’envisageons pas autrement), et à partir de là on pouvait espérer une fréquentation de celles-ci par 90% des élèves. Alors se pose la question : Qui les encadre et où est-ce qu’on les met, ces élèves ? Parce que c’est une chose de décider qu’il y aura des choses à faire en plus. Si on ne décide pas qui les fait, on patine. Et on ne peut pas décider de but en blanc que les ATSEM se changeront en animateur(trice)s ou que les gens qui surveillent le repas des enfants vont subitement être en capacité d’encadrer des activités culturelles ou sportives. Qui plus est, ces activités ne pourront avoir lieu dans les classes. Alors, où ?

En l’absence de réponse, les vingt-trois conseils d’école (composés d’élus locaux, de représentants des parents d’élèves et d’enseignants) ont donc voté majoritairement contre la mise en pratique des Nouvelles Activités Périscolaires à la rentrée prochaine, ce qui met les agents territoriaux et les enseignants dans une position d’équilibristes, puisqu’ils doivent jongler sur une corde raide entre l’existant et la mise en œuvre d’une réforme sans les moyens qui correspondent. Et si la corde raide c’est la situation, les balles ce sont les enfants… En effet, comment juguler la fatigue des enfants constatée par tous puisque non seulement ils travaillent une demi journée de plus (le mercredi matin) mais dont la journée s’allonge le reste de la semaine ? Quelle prise en charge des contraintes que cela entraîne pour les parents, eux aussi aux prises avec leurs propres horaires ? Et quelles modifications pour les enseignants, les ATSEM, les animateurs, jusqu’aux agents d’entretien, qui eux aussi subissent les impacts de cette réforme ?

Mais ça… C’est l’Austérité ! Et même si nous n’aimons pas ça, nous commençons à en avoir l’habitude.

C’est pour cette raison que le rassemblement prévu devant la mairie le 9 avril trouve toute sa place dans une journée de lutte contre l’austérité et nous vous invitons à vous trouver nombreux sur l’esplanade Pierre Yves Cosnier ce jour là à partir de 10 h.

Tract 9 Avril

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