LA VENTE DE LA BOURSE DU TRAVAIL, ON EN PARLE MEME PAS !

Ambiance au Conseil Municipal : dès 18h, les militants ont convergé sur la place de la mairie. Dès qu’on aura les photos, on vous les montrera. Nous étions nombreux, et bien remontés. A nos côtés, l’UL, l’UD, toute la CGT du Val de Marne et les membres de l’intersyndicale (FO, CNT et mes excuses à ceux que j’oublie). Pas mal de Villejuifois, naturellement…

Ci-dessous, le texte de l’intervention des territoriaux de Villejuif :

BoBourse du Travail Bien Communnjour à tous,

Merci d’être venus si nombreux à l’appel des syndicats pour défendre la Bourse du Travail de Villejuif.

Les camarades qui ont parlé avant moi ont rappelé quelle est l’importance d’une bourse du travail le sens historique de ce réseau primordial pour les travailleurs. C’est par les bourses du travail qu’est née en France notre conception du syndicalisme toujours en quête d’une unité. Privez les syndicats, privez les travailleurs de cet outil, et vous les priverez d’un instrument essentiel pour aller sur des revendications communes.

Dans le contexte actuel, ce serait particulièrement grave.

Et justement, alors que le conseil municipal s’apprête à examiner un document d’orientation budgétaire, le plus drastiquement contraint qu’on ait vu à Villejuif, il est grand temps de replacer les choses dans un contexte, et de parler de la cause des causes.

Car aucun de nous ce soir ne serait là ce soir si elle ne nous était pas imposée, à nous travailleurs, comme au maire de Villejuif, depuis le sommet de la pyramide : l’austérité.

C’est elle que nous, territoriaux de Villejuif, tenions à dénoncer ce soir, car elle est à l’origine de ce qui nous a amenés à être tous ici. Les banksters de la BCE ayant choisi de demander à leurs États de réduire les dépenses publiques par tous les moyens, dans des échéances ridiculement contraintes, les États bradent leurs services publics : éducation, hôpitaux, police, baisse de dotations aux collectivités…

Quel autre choix pour les collectivités que de réduire leurs prestations, leurs services, leur patrimoine ? Dans ce contexte d’économie, l’équipe municipale opère des arbitrages qui se font au dépend de l’exercice des droits syndicaux, d’un service public de qualité, de l’aide aux plus démunis.

Nous, syndiqués CGT de la ville de Villejuif, dénonçons cette politique d’austérité, qui met en grand péril le service public auquel nous sommes attachés plus que tout. Ce n’est pas seulement nos emplois le problème, c’est nos conditions de travail et la qualité du service qui ne nous est plus possible d’assurer à cause de cette austérité.

Et je mets au défi n’importe quel fonctionnaire dans n’importe quelle administration de dire aujourd’hui tout va bien…

Chaque jour nous subissons, dans toutes les fonctions publiques, réductions de budget de fonctionnement et réductions de personnel.

Le tout en portant la faute collective sur nos épaules : car qui est pointé du doigt par les banksters et les lobbyistes de Bruxelles – ceux- là même qui organisent la fuite des fonds publics vers les banques et ne sont élus par personne, c’est l’action publique – c’est encore nous, les fonctionnaires.

Ici, l’autorité territoriale ne s’est pas gênée pour étaler sur les réseaux sociaux sa défiance vis à vis de nous : nous répandrions des rumeurs et nous serions à l’origine de mauvaises décisions ?

J’apporte une réponse à cela : les fonctionnaires territoriaux de Villejuif n’ont pas le couteau entre les dents. Nous sommes des professionnels. Nous sommes attachés au service public. Plus que tout nous sommes attachés aux Villejuifois et nous savons respecter leurs choix démocratiques. Nous appliquons les décisions prises par l’exécutif, comme nous l’avons toujours fait. Ce n’est pas des services municipaux qu’émanent les décisions telles que d’inscrire la vente de l’Union Locale dans le Document d’Orientation Budgétaire.

Alors que cessent ces attaques contre nous, fonctionnaires. Assumez vos choix ! Assumez votre politique ! Assumez aussi votre posture de premier magistrat, censé assurer notre protection fonctionnelle et certainement pas nous livrer à la vindicte populaire ! Nous exigeons que ces diffamations soient retirées des réseaux sociaux, et que les responsables présentent leurs excuses.

Et si ces décisions d’austérité sont trop lourdes à porter, alors ne vous privez pas, surtout pas aujourd’hui, de l’outil de lutte contre l’austérité qu’est la Bourse du Travail Gaston Monmousseau. N’affaiblissez pas le tissu syndical, ni ici, ni ailleurs et soutenez le tissu associatif, si essentiel aux couches les plus défavorisées de la population.

Il est évoqué une mutualisation, une mise en commun des locaux des associations et des syndicats. Faut-il entendre que pour que l’argent circule bien les pauvres doivent se serrer un peu ? Est-ce bien aux associations, aux syndicats et aux collectivités, aux citoyens, de supporter encore un peu plus le poids de l’incurie des bourses, des banques et des financiers ? Ils n’ont pas à se serrer ou à mutualiser, eux, ils s’arrangent entre eux pour tirer leurs profits du jeu !

Nous, syndiqués des territoriaux de Villejuif, demandons le retrait du tableau comprenant la vente des bâtiments notamment de la Bourse du Travail et de la Croix Rouge, du document d’orientation budgétaire, et l’engagement écrit du maintien d’une Bourse du Travail à Villejuif au 16 rue Jean Jaurès pour la durée du mandat.

Pour lutter contre l’austérité, c’est à la bourse qu’il faut s’en prendre, mais pas aux bourses du travail !

Merci à tous.

 

A 19h, nous avons investi la salle du Conseil Municipal, puis nous avons attendu l’arrivée de monsieur Le Bohellec, en vain.

Vers 21h, il finit par recevoir le délégué FO, le délégué de l’UL et le délégué de Union Départementale : ils ne veut rien savoir, il veut pouvoir discuter de ses orientations budgétaires sans la pression des syndicats, et souhaite avoir la possibilité d’envisager même la vente de la Bourse du Travail. Seulement, pour nous, ça n’est pas quelque chose qui se discute.

Le recul de nos droits sociaux ne se discute pas ! Il se combat !

Nous refusons de quitter la salle du Conseil.

Vers 22 h, finalement, refusant de céder à nos revendications, refusant même d’en discuter, monsieur le Maire pénètre enfin dans la salle du Conseil Municipal pour annoncer que le Conseil Municipal est annulé.

 

 

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